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MBF Aluminium : La fonderie jurassienne mise en liquidation

Malgré des mois de combat contre la fermeture de leur usine de St Claude, les 270 salariés de l’entreprise ont appris ce mardi 22 juin la décision du tribunal de commerce de Dijon, la mise en liquidation judicaire de MBF Aluminium.

Après la mise en redressement, la liquidation est arrivée

En sursis depuis le début du mois de novembre 2020, date du placement en redressement judiciaire de la fonderie, les employés de MBF Aluminium étaient pour leur part en grève depuis le 31 mars 2021. Ils ont multiplié les actions pour se faire entendre et alerter sur cette possible liquidation de l’entreprise.
La fonderie du Haut-Jura fabriquait des carters de moteurs et des pièces de boîtes de vitesse.
MBF Aluminium était l’un des principaux spécialistes européens de l’injection sous pression, de l’usinage et de l’assemblage de pièces en aluminium, de grandes séries pour l’industrie automobile allant jusqu’à 10 kg.
L’entreprise s’annonçait même comme un partenaire incontournable des constructeurs automobiles et poids-lourds.
Toutefois si on en croit les syndicats de l’entreprise, les deux clients quasi-exclusifs de MBF Aluminum, Renault Group et Stellantis, n’ont pas honoré ces dernières années leurs commandes de pièces à hauteur des engagements prévus par contrat.

Un combat mené sans le soutien de autorités locales et gouvernementales

Cette mise en liquidation judiciaire touche un sous-traitant automobile qui était le premier employeur privé de la ville jurassienne.
La colère est générale dans la ville et ses environs. Les représentants du personnel s’en sont d’ailleurs directement pris au ministre de l’économie Bruno Le Maire et à sa secrétaire d’Etat Agnès Pannier-Runacher qui, ont été selon eux, les fossoyeurs, une fois de plus, d’une entreprise française à la belle réputation.
Nail Yacin, un des représentants syndicaux le dit :
« Nous avions du boulot jusqu’en 2025, et là on doit fermer tout de suite la boutique. En nous laissant seuls, l’Etat a ouvert la porte aux constructeurs automobiles pour qu’ils s’échappent, c’est leur stratégie actuelle. Le gouvernement a fait le choix de liquider les fonderies : FVM, Fonderie du Poitou Fonte, maintenant MBF, à qui le tour ? ».
Avec ironie, on pourrait ajouter La Fonderie de Bretagne qui est une filiale de Renault Group*.

Afin de sauver l’entreprise, les plus de 270 salariés mais aussi leurs familles, les emplois indirects et la vie de la ville, l’intersyndicale pourrait faire appel de la décision du tribunal de placer l’entreprise en liquidation. Les représentants du personnel pourraient bien être suivis dans cette démarche par la mairie de Saint-Claude qui réfléchit elle aussi à une telle action en justice.
Face à la situation, le maire de la ville attaque la présidente du conseil régional Bourgogne-Franche Comté qui a toutefois su verser ces derniers mois quelques 500.000€ pour payer les salaires, mais qui aurait dû aller au-delà puisqu’elle avait la main sur dossier depuis des mois.
Jean-Louis Millet, le premier magistrat de la ville se dit abattu, écœuré car il pensait que les juges du tribunal de commerce dijonnais donneraient une chance au dossier du repreneur.
Il se laisse aller et assure que l’Etat et par la Région ont commis un « assassinat public ». Toujours selon l’édile jurassien, l’Etat et la Région ont refusé d’accompagner la reprise, il faudra expliquer pourquoi assure t-il.
L’homme rappelle par ailleurs que la Région a donné 1.5 million d’euros pour sauver 32 emplois à Jacob Delafon près de Dôle, et que rien n’a été fait pour MBF Aluminium qui employait près de 9 fois plus de salariés.

L’offre de reprise rejetée

L’unique offre de reprise de MBF Aluminium, faite par l’homme d’affaires Mikaël Azoulay, prévoyait de conserver 84% des contrats CDI c’est à dire 229 des 272 salariés mais elle a « étonnamment » été rejetée par les juges.
Le jugement est difficile à comprendre car deux nouveaux éléments importants avaient pourtant été ajoutés au dossier ce lundi 21 juin.
Ainsi, on découvre que d’une part, une banque s’était engagée et avait accepté d’apporter les fonds nécessaires pour constituer le capital social exigé par le Tribunal pour la reprise de l’entreprise et, d’autre part, le groupe Stellantis s’était engagé par écrit à continuer à travailler pour plusieurs années avec la fonderie jurassienne.
Enfin, on gardera à l’esprit que fin mai, l’état, par la voix d’Agnès Pannier-Runacher, la secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire, avait fait savoir qu’il ne soutiendrait pas le plan de reprise. Allez savoir pourquoi ?

MBF Aluminium sous enquête

Hier, jeudi 24 juin, le procureur de la République de Lons-le-Saunier a fait officiellement savoir qu’une enquête pour  abus de biens sociaux  avait été ouverte au mois d’avril dernier après des révélations autour de mouvements de fonds suspects effectués par l’entreprise MBF Aluminium.
Si on en croit le journal Le Progrès, MBF Aluminium aurait transféré il y a quelques semaines une somme d’environ 8 millions d’euros vers une holding britannique détenue par un actionnaire pour des raisons inconnues et non précisées dans la comptabilité de l’entreprise.
Un représentant syndical ne se dit pas surpris par cette enquête judiciaire mais elle arrive bien trop tard pour avoir un réel effet sur la situation de MBF puisque l’intersyndicale avait lancé l’alerte publiquement il y a déjà deux années mais elle n’avait jamais été entendue ni suivie d’effets.

ndla : Fonderie de Bretagne* – Après avoir été en grève du 27 avril au 18 juin, les salariés l’entreprise implantée à Caudan, ont repris le travail ce lundi 21 juin mais l’activité industrielle restera très faible jusqu’à la fin du mois, la fonderie travaillant pour l’instant uniquement sur des boîtiers pout BMW mais pas pour Renault.

Via LeProgrès, AP, CGT on Facebook, LeTélégramme, LeMonde.

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