Après les fameuses ZFE (Zone à Faible Emission), la maire de Paris envisage de créer dans le centre de la capitale française, une grande ZTL ou Zone à Trafic Limité afin d’apporter aux habitants un meilleur cadre de vie en créant des zones apaisées.
Dans cette nouvelle zone, le trafic sera limité et la circulation réservée à certains catégories de véhicules.
C’est en tout cas ce que dit le document officiel publié hier par les services de la ville.

Anne Hidalgo à vélo et sa « task force » cycliste

Une ZTL, c’est nouveau à Paris mais ça existe déjà ailleurs !

La Zone à Trafic Limité (ZTL) est un outil utilisé par plusieurs grandes villes européennes comme Madrid, Milan ou Rome mais aussi françaises comme Nantes (2013-2013) et Grenoble (2018) pour diminuer le flux de véhicules en centre-ville.
Ce dispositif revient à réserver la voirie aux piétons, vélos, transports en commun et à certaines catégories d’usagers (riverains, livreurs, artisans, secours, etc) qui seront précisées dans le cadre d’une consultation mise en place par les services municipaux.
Mais dans une ZTL, le trafic de transit (véhicules traversant la zone sans s’y arrêter) y est généralement interdit.
Si on en croit le propos de la ville de Paris, ce nouveau dispositif doit permettre un mouvement de reconquête de l’espace urbain ou de centre ville qui est habituellement dédié à l’automobile.
Selon les éléments officiels, cette reconquête se fera au profit exclusif de nouveaux usages plus conviviaux dans l’espace urbain, sur la voirie et ils seront moins polluants (air, bruit, vue).

Quatre objectifs primordiaux

La ville de Paris explique en 4 points ses objectifs, les voici :

  • Rééquilibrage de l’espace public au profit des piétons, des cyclistes et des usagers des transports en commun, alors que près de 50% de l’espace public est à ce jour destiné à l’automobile et à la moto.
  • Diminuer le volume, le bruit et la vitesse des véhicules motorisés dans la ZTL pour faciliter et sécuriser les déplacements à pied ou à vélo.
  • Faciliter la circulation des riverains, des commerçants et des services publics dans le coeur de la capitale
  • Proposer des rues plus accueillantes où les habitants de « tous les âges » pourront se rencontrer, discuter et jouer en sécurité pour les plus jeunes. [NDLA : un bon goût de démagogie sociale]

Par ailleurs, la municipalité parisienne avance des arguments qu’elle dit « objectifs » au sujet de la circulation dans les rues ou sur les boulevards de la ville.
Le document officiel nous explique que sur l’ensemble du trafic passant par le centre de la capitale, une part importante est constituée d’un flux quasi permanent dit de transit, c’est-à-dire de personnes au volant de véhicules ou de deux-roues motorisés traversant le centre de Paris sans s’y arrêter.
Ce trafic de transit est composé en majorité de parisiens et de franciliens qui disposent pourtant de nombreuses alternatives à l’usage des modes motorisés, qu’ils soient thermiques ou électriques.
La mairie de Paris explique par ailleurs que l’essentiel de ces flux de circulation est composé de voitures et deux-roues motorisés utilisés quasi exclusivement pour des déplacements domicile-travail simples et sur des plages horaires connues de tous, le matin et la fin de journée.
Les véhicules dits de service (VU/VUL, PL, Taxis) ne représentent qu’un tiers du trafic total.
Au final, la municipalité assure que seulement 30% des transiteurs ont absolument besoin d’un véhicule pour effectuer leur trajet (port de charge lourde ou encombrante, trajets complexes, absence de solutions en transport en commun) mais pour les 70% restants, la voiture est avant tout une facilité de déplacement souvent utilisée par une seule personne.

Le coeur de Paris en ZTL

La mairie de Paris envisage de passer dès 2022, l’hypercentre de la capitale.
Le projet « hidalgesque » prévoit ainsi de passer en zone à trafic limité le secteur dit de « Paris Centre » mais pas seulement puisque les rues situées au nord du Boulevard Saint-Germain dans les 5eme, 6eme et 7eme arrondissements sont elles aussi concernées.
Toutes les rues situées dans cette future ZTL sont concernés par la limitation de trafic.
Par contre les Grands Boulevards et le Boulevard Saint-Germain seront eux ouverts à la circulation mais des ajustements sur le périmètre pourront être faits après une série de discussions avec les services de la Préfecture de Police de Paris.

Accéder à la ZTL avec véhicule sera t-il encore possible ?

Le dossier de la mairie explique que les personnes résidant dans la ZTL, les autobus de la RATP, les personnes bénéficiant d’une carte pour personne à mobilité réduite ou d’une carte européenne de stationnement seront autorisés à pénétrer dans cette zone protégée. Toutes ces personnes disposeront d’un macaron à apposer sur le pare brise ou d’un laisser passer (sur smartphone ou sur papier)
A ces cas clairement identifiés, la mairie de Paris va ajouter des exceptions dont en voici quelques une :

  • Les vélos (mais pas les scooters, même électriques).
  • Les services de Police.
  • Les services de secours comme les pompiers, le SAMU, les ambulances et les services médicaux.
  • Les ayants-droit ponctuels (avec justificatif) comme les Titulaires d’une AOT (Autorisation d’Occupation Temporaire) (déménagement, dépôt de bennes), les clients d’hôtel, les taxis et VTC amenant des clients dans les hotels et les livreurs à vélo.

Une ZTL inscrite dans une restructuration de la ville à la façon Hidalgo

Cette future ZTL qui semble bien avancée dans l’esprit de la maire de Paris s’inscrit dans deux autres projets, plus globaux qui s’appellent « Embellir mon quartier » et « le Manifeste pour une nouvelle esthétique parisienne« .

Le premier thème vise à plus de végétalisation, plus des zones piétonnes, plus de pistes cyclables, plus de mobilier urbain adapté aux nouveaux usages et à la nouvelle vie parisienne, plus de lieux de rencontres et d’échanges au quotidien entre les habitants et plus de commerces de proximité pour moins de véhicules motorisés.
Le second thème vise à faire que Paris soit toujours la plus belle ville du monde en prenant en compte la crise climatique qui a modifié les repères.
Ce projet veut imposer la nécessité d’une végétalisation massive de la capitale, le développement des mobilités dites douces, la « débitumisation » ou, plus simplement, il veut transformer radicalement la capitale française comme c’est déjà le cas, selon Anne Hidalgo, dans toutes les grandes métropoles mondiales.
Paris doit être totalement repensée dans sa façon d’être, son mode de vie grâce à un nouveau paysage urbain qui va devoir impérativement associer le végétal et le minéral mais aussi une esthétique et une architecture « zéro carbone » adaptée à notre temps avec des matériaux biosourcés et réutilisables afin de préserver les personnes, l’environnement et la ville.

Beaucoup de belles paroles et de beaux discours déjà connus, une écologie de salon et urbaine rêvée par quelques « grands penseurs verts » [ndla : il faudra parler un jour des projets de ré-affectation des parking souterrain en pépinière à start-up, entreprises artisanales ou… lieu d’agriculture souterraine !] mais dans ces projets, nous voyons surtout un moyen d’éradiquer en masse les moyens de déplacement individuels, qu’ils soient d’ailleurs thermiques ou électriques, nécessaires pour vivre et travailler.
On remarquera aussi qu’au delà des ZFE, de cette ZTL, la municipalité n’aborde aucunement les moyens de transports de substitution sauf le vélo.
Anne Hidalgo rêverait-elle de transformer le Paris des années 2020-2026 en Pékin des années 80 ? Ce sera à voir dans les prochaines années tout en suivant ses projets de transformation de Paris et de la vie parisienne.

Un dossier à suivre dans les prochains mois.

ndla : Si vous voulez donner votre avis sur le projet de ZTL « Paris Respire Zone Apaisée », c’est ici en cliquant sur ce lien.

Via LeParisien, MairiedeParis, SortiràParis, LeMonde, 20Minutes.

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