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Malus écolo : Bruno n’aime plus les grosses autos

Quand il n’y en a plus, il y en a encore !
Alors que l’on croyait en avoir fini avec l’affaire du Malus écolo retoqué cette fin de semaine au sujet de ses modalités d’application en 2020, Bruno Le Maire, ministre de l’économie et des finances du gouvernement d’Edouard Philippe a remis le couvert.
Il a ainsi ré-ouvert le débat sur ce thème lors d’un entretien donné ce jour dans le cadre de l’émission BFM Politique BFM-Le Parisien.

Bruno Le Maire mène la charge

Dans une envolée quasi lyrique, le ministre a fait savoir que la bataille du CO2 était une cause quasiment perdue du fait d’une « explosion » des ventes de véhicules de grosse cylindrée sur le marché automobile français.
Pour mettre un terme quasi définitif à ces monstrueuses automobiles productrices de CO2, le ministre s’est prononcé en faveur d’un déplafonnement du malus écologique automobile.
B. Le Maire a par ailleurs regretté que le malus écolo soit plafonné à 173 g de CO2/km et seulement 12.500€.
B. Le Maire a aussi abordé le cas de la future règle européenne qui associe les niveaux d’émissions de CO2 au poids des véhicules. Et selon lui, ce projet n’est pas pertinent, il doit être revu. Il assure qu’il va travailler dans les prochaines semaines à convaincre les partenaires européens d’aller vers une révision de cette règle. Il poursuit en assurant qu’il désire l’ouverture d’un débat à l’échelle de l’Union Européenne afin de voir et de déterminer à plusieurs si ces règles indexées sur les émissions de CO2 et sur le poids des véhicules ont encore du sens dans le monde actuel.
En agissant de la sorte, Bruno Le Maire vise plus ou moins directement les constructeurs automobiles qui vivent en dehors de l’hexagone.
En effet, nous devons garder à l’esprit que les firmes automobiles française ne produisent plus de gros moteurs [ndla : comme le V6 PRV 3.0 L par exemple…] puisque les voitures nées en France n’utilisent plus que des blocs thermiques dont la cylindrée se situe entre 0.9 L et 2.0 L en 3 et 4 cylindres essence ou diesel.

Profitant de sa bonne forme dominicale et sur sa lancée, Bruno Le Maire s’en est aussi pris aux constructeurs qui, selon lui, la cause de tous nos malheurs climatiques.

Pour agir contre les producteurs de CO2, le ministre a fait savoir qu’il est favorable à ce que les publicités automobiles inscrivent sur leurs diverses communications (4×3, presse, internet et catalogues) que tel ou tel véhicule a un impact négatif sur l’environnement.
Après la loi Evin, il pourrait donc y avoir la loi Le Maire qui reprendrait à son compte les règles en vigueur pour les cigarettes et l’alcool.
Toujours selon le ministre, c’est l’automobile qui pollue et non le conducteur, ce qui laisse entendre que la vitesse et les erreurs de conduite ne seraient plus les principales causes de mortalité routière ce qui reste à vérifier.
En pleine crise existentialo-écologique, B. Le Maire s’est lâché et de demander pourquoi les constructeurs automobiles auraient la possibilité de faire un marketing offensif pour les véhicules qui polluent le plus sans que les « clients citoyens » ne soient prévenus au sujet des risques de pollution engendrés par ces horribles véhicules à « grosses motorisations ».

Un malus écolo réformé pour compenser la perte d’une taxe automobile ?

Tout ceci n’est, pour l’instant, qu’un propos politique mais il pourrait toutefois devenir une réalité en 2021. Le ministre de l’économie assure qu’il va en discuter d’abord avec les ministres concernés avant d’aller dans un sens… ou alors ne rien faire.

A l’heure où le marché des automobiles électriques progresse doucement, il semble que certains dirigeants ou élus cherchent tous les moyens pour nous faire « préférer l’électricité » notamment en passant par la voie fiscale.
On ajoutera que cette idée pourrait hélas bien prendre corps non pas en 2020 mais en 2021 lorsque l’état mettra fin à la « taxe additionnelle sur les véhicules VIP » qui est fixée depuis 2 ans à 500€ par cheval fiscal à compter du 36ème cheval fiscal. Le montant total de la taxe ne doit pas excéder 8.000€ par an.
En fait, un malus écolo « unlimited », conforme au droit européen, pourrait compenser discrètement la disparition de la taxe additionnelle sur les véhicules VIP tout en assurant le remplissage des caisses de l’état.
Ceux qui ont une lecture plus politique de ce dossier verront dans cette annonce imprévue autant qu’imprévisible un coup allant dans le sens des prochaines élections municipales et visant à verdir l’image du parti au pouvoir afin de séduire un électorat écologiste désormais très présent et faiseur de roi… ou dans le cas présent, de maire.

Le downsizing est aussi émetteur de CO2

Puisque Bruno Le Maire semble faire une fixation sur les niveaux d’émissions de CO2, nous sommes surpris qu’il n’aborde pas le cas des poids lourds ou celui du downsizing automobile, tendance forte depuis quelques années.
Nous le savons tous, ce type de motorisation est générateur de hauts niveaux d’émissions de CO2 quand il est présent sur des véhicules automobiles lourds, de grand gabarit ou pouvant être lourdement chargés.

Dossier à suivre.

NDLA : Retrouvez en lien un article du Monde datant de 2 ans et qui abordait le désamour des français pour l’automobile de luxe (celle qui a des gros moteurs…), c’est en cliquant ici.

Via AP, BFM, Citepa, LeMonde, LeParisien.

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