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Renault : Des problèmes avec plusieurs centaines de milliers de moteurs

L’UFC Que Choisir accuse Renault d’avoir laisser produire et vivre un moteur présent sur plusieurs centaines de milliers de voitures vendues à travers l’Europe.
L’association de consommateur met clairement en cause le constructeur français pour ne pas avoir pris les devants et les dispositions nécessaires vis-à-vis des acheteurs de véhicules équipés du moteur essence L4 1.2 L TCe.

La nature du problème

Si on en croit le propos de l’UFC, qui a repris et étayé les éléments collectés et regroupés au sein d’un collectif lancé par un informaticien breton, le moteur essence mis en cause est un bloc fabriqué par Renault en Espagne. Ce L4 1.2 L suralimenté présenterait un défaut de consommation d’huile et aurait une forte tendance à la surconsommation de lubrifiant.
Si on va un peu plus loin dans les détails, on constate qu’il y a un défaut de pression dans le conduit d’admission qui se matérialiserait par une surconsommation d’huile du bloc moteur L4 1.2 TCe.
Ce moteur dit de H ou baptisé très exactement H5Ft (normes Euro5) pourrait avoir de grosses défaillances qui, outre la surconsommation, se matérialisent par l’allumage du voyant d’huile présent au tableau de bord, des fumées d’échappement bleues ou, pire encore, des bruits anormaux en provenance du moteur. Cette situation peut amener une dégradation des soupapes d’échappement et aboutir à une possible casse moteur.
Enfin pour que le tableau soit complet, ces dysfonctionnements peuvent entraîner une nette baisse de puissance qui peut être préjudiciable à l’agrément de conduite mais aussi à la sécurité.

Renault ne semble pas vouloir d’un rappel

La marque au losange examine les réclamations des clients au coup par coup mais devant l’ampleur du problème, l’UFC Que choisir veut un rappel généralisé et européen et non une gestion à la petite semaine et dans la discrétion de ce dossier.

On se rappellera qu’il y a un peu plus de deux ans, en mars 2016, L’Argus faisait paraître une enquête basée sur des notes techniques confidentielles du constructeur qui révélaient déjà des problèmes de surconsommation d’huile sur les moteurs 1.2 L TCe (produits du 1er janvier 2012 au 25 juillet 2015). Une note technique additionnelle publié en interne le 13 avril 2016 confirmait que Nissan et son moteur 1.2 L DIG-T était lui aussi touché par le même problème.
L’UFC Que choisir assure par ailleurs qu’une nouvelle note de service très discrète aurait par ailleurs été publiée sur le sujet il y a environ une année. Elle aurait été diffusée aux services concernés (R&D, production, concessions, MRA) mais a priori sans grand effet sauf… celui d’accélérer l’arrivée sur le marché du récent L4 1.3 L TCe qui a pris la succession du 1.2 L TCe.

Si l’UFC Que choisir met Renault en demeure d’agir, les marques Nissan, Dacia et Mercedes-Benz sont elles aussi concernées par ce qui apparaît assez clairement comme un vice de fabrication qui pourrait coûter très cher aux utilisateurs puisque l’UFC parle d’un budget allant jusqu’à 10.000€ en cas de casse de l’ensemble propulseur.

Renault a mollement répondu à l’UFC Que choisir par le biais d’un communiqué transmis à l’AFP qui précise : « Tous les véhicules équipés du moteur 1.2 L TCe ne sont pas concernés par ce phénomène. Une surconsommation d’huile moteur peut provenir de différentes causes – lubrifiants, conditions d’utilisation… et le respect du programme d’entretien (constructeur) est un préalable à l’examen d’un accompagnement commercial. En fonction de ces critères, une prise en charge pourra être envisagée au-delà du terme de la garantie constructeur. »
Enfin, la note de Renault explique que les taux de défaillance seraient de 2% pour les véhicules qui seraient aux environs des 100.000 km. Un kilométrage des plus courant et que de très nombreux véhicules concernés ont déjà parcouru ou s’apprêtent à dépasser dans les mois ou années à venir.

Combien de modèles impliqués ?

Au total, ce sont quelque 400.000 véhicules qui seraient concernés en France par ce problème et près de 600.000 au niveau européen.
Les moteurs impliqués dans cette affaire sont les groupes propulseurs 1.2 L TCe (Renault, Dacia), 1.2 L DIG-T (Nissan) et 1.2 L 115 ch (Mercedes-Benz) produits entre le 1er octobre 2012 et le 20 juillet 2016, c’est à dire durant près de 4 ans.

Quels modèles concernés ?

Chez Renault, ce sont les véhicules équipés du L4 1.2 TCe en 115, 120 et 130 ch, c’est à dire Clio 4, Captur, Kadjar, Kangoo, Mégane 3 (toutes carrosseries), Scénic et Gd Scénic 3.
Chez Dacia, seul le 1.2 L TCe 115 ch était alors utilisé et ce sont les Dokker, Lodgy et Duster qui sont potentiellement à risque.
Chez Nissan, c’est le moteur L4 1.2 L DIG-T dans sa version 115 ch qui est mis en cause. Ce bloc est présent sur les Juke, Pulsar et Qashqai 2.
Enfin, chez Mercedes-Benz, le 1.2 L 115 est présent sous le capot du cousin du Kangoo, le Citan.

Pour clore cette première approche de ce dossier « moteur 1.2 L TCe », sachez qu’un collectif de victimes de la « casse moteur Renault-Nissan » vient de faire connaitre ses doutes concernant les moteurs équivalent mais à la norme Euro6. Si cela était avéré, c’est plus du double de véhicules qui seraient impliqué puisqu’on évoque le chiffres de 1.3 à 1.4 million d’unités.

Un dossier à suivre.

Via UFC Que choisir, AFP, AP, L’Argus.

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