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FCA/Renault : A peine présentés et déjà séparés

Même pas encore fiancés et déjà séparés !

Dans la nuit, par l’intermédiaire d’un bref communiqué le groupe italo-américain FCA a fait savoir : « Le conseil d’administration de FCA, réuni ce soir sous la présidence de John Elkann, a résolu de retirer avec effet immédiat sa proposition de fusion faite au groupe Renault.
Il est devenu clair que les conditions politiques n’existent pas en France pour qu’une telle association fonctionne avec succès.
FCA reste fermement convaincu de la logique forte et transformatrice d’une proposition qui a été largement appréciée depuis sa soumission. »

Réuni depuis hier soir 18h00 et jusque tard dans la nuit, le conseil d’administration de Renault SA ne s’est finalement pas prononcé de manière définitive au sujet de cette possible fusion entre les deux groupes industriels.
Il semble que les membres du CA de Renault, surement à raison, attendaient les résultats du voyage du ministre de l’économie, Bruno Le Maire, au Japon pour le G20 Finance Japan 2019, pour prendre une position plus ferme et argumentée en faveur ou non de cette fusion.

Il n’en sera rien puisque c’est le groupe FCA, apparemment impatient (ou bientôt dans la galère…) qui a décidé de retirer cette nuit sans prévenir son offre de projet de fusion.

Bruno, Jean-Dominique et Hiroto plus forts que John !

C’est un peu l’idée qui transparaît ce matin à la lecture des déclarations officielles. Ainsi l’état français fait savoir qu’il regrette la rétractation précipitée de la proposition FCA mais assume de se donner du temps nécessaire et approprié pour travailler avant de prendre une décision importante.
Toutefois, ce projet mettait du baume au coeur de notre ministre de l’économie qui, semble apprécier de vendre ou de faire partager nos entreprises avec les groupes étrangers.
Aussi il avait fait savoir hier qu’il avait mis les formes et conditions pour que ce dossier de « fusion à 50/50 » avance. Cela ne semble donc pas avoir suffi aux dirigeants de FCA qui semblaient vouloir agir dans un état de quasi urgence.

Sinon on en croit les propos d’une source proche du groupe automobile français , la majorité des administrateurs étaient favorables au projet de fusion avec Fiat, à l’exception du représentant du syndicat CGT qui s’est prononcé contre et des deux administrateurs du constructeur japonais Nissan qui se sont abstenus lors du vote.
Toujours selon cette même source, Jean-Dominique Sénard avait demandé à Elkann et Manley de patienter encore petite une semaine avant un nouveau vote du CA de Renault qui aurait du avoir lieu le 11 juin prochain.
Hélas, FCA a refusé cette proposition qui n’était pas recevable au regard de la qualité du plan proposé !

On peut aussi penser que dans cette affaire, le constructeur japonais a joué discrètement sa partition et profité de l’occasion pour s’affirmer au sein de l’Alliance.
En effet, le directeur de Nissan, Hiroto Saikawa, avait fait savoir qu’il ne voyait pas d’objection à une fusion Renault-FCA.
Toutefois, et dans les petites lignes il avait clairement prévenu Renault que cette nouvelle situation « modifierait de manière significative la structure du partenariat avec Renault et « nécessiterait une revue fondamentale des liens actuels ».
Autant dire que les choses risquaient fort de se corser entre les deux alliés de 20 ans et ce, pour un mariage avec un groupe automobile sans véritable intérêt sauf celui de se faire quasiment et discrètement piller des technologies et de la trésorerie.

Reste que ce projet avorté, pourtant porté et travaillé (en secret) par Jean-Dominique Sénard depuis quelques semaines, sonne comme un échec pour le récent patron de Renault qui avait mis son « poids » dans l’affaire.

Et la suite ?

La fin de cette épisode risque d’être un peu difficile pour Renault.
L’Alliance avec Nissan est presqu’au point mort, JD Sénard a d’un coup d’un seul perdu de sa superbe ou de son « autorité » et on pourra aussi voir un nouvel échec de l’état français lorsqu’il s’agit d’intervenir dans les affaires d’une entreprise privée.
Reste que cette nouvelle situation, après 15 jours d’agitation, va peut être permettre à Renault de retravailler et de revoir les conditions de fonctionnement de l’Alliance avec Nissan et Mitsubishi pour mieux avancer faire les prochaines années.

Si le projet est mort, on pourra toutefois se dire que ce n’est pas une catastrophe pour tout le monde puisqu’on aura à l’esprit que la semaine dernière le directeur exécutif de FCA, Mike Manley, a vendu quelques 3.5 millions de dollars d’actions de FCA alors que la cotation du groupe qu’il dirige était au plus haut à Wall Street.
Officiellement, Manley avait besoin de cet argent pour couvrir ses (grosses) dépenses personnelles. Nous n’en dirons pas plus en l’absence, pour l’instant, d’enquête ou de doutes avérés de la part du gendarme de la bourse new yorkaise.

Reste désormais à voir vers qui FCA, en difficulté sur presque tous ses marchés et pour l’ensemble de ses marques, va se retourner.
N’oublions pas que le groupe est très en retard technologiquement, n’a guère de projets (faute d’argent) pour ses marques et va devoir très vite payer de gros contrats qu’il a récemment signé. On pense notamment au deux milliards de l’accord « émissions de CO2 » passé avec Tesla.

Via AFP, Reuters, LeMonde.

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