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FCA/PSA : L’heure des calculs

Etait-ce une des conditions imposées discrètement par l’état italien pour qu’il garantisse le prêt de 6.3 milliards d’euros obtenu par le groupe automobile italo-américain ? Nous ne le savons pas.
Toujours est-il que Fiat Chrysler Automobiles réfléchit à modifier sa position sur l’affaire des dividendes exceptionnels qu’il avait promis et qu’il doit verser à ses actionnaires dans le cadre de sa fusion avec PSA.

Une affaire de dividendes et même un peu plus…

Si on en croit les médias économiques italiens, FCA envisagerait sérieusement une réduction voire même une annulation du versement de ce dividende exceptionnel de 5.5 milliards d’euros.
Elkann et Manley mettent en avant le fait que cela permettrait au nouveau groupe de disposer d’une trésorerie plus importante qui aiderait à faire face à une conjoncture toujours très difficile pour le monde industriel et automobile.
La crise économique est une chose mais on évoque aussi la nécessité de faire des investissements importants aux USA avec comme perspective la mise en place de nouvelles normes environnementales aux USA qui va nécessiter de revoir les offres moteurs.

Par ailleurs, si on en croit le quotidien Il Sole 24 Ore, FCA et PSA travaillent actuellement à l’éventualité de plusieurs cessions d’actifs importants ou des importantes modifications des structures notamment via les versements des dividendes.
Plutôt que de verser un dividende exceptionnel, FCA envisagerait de distribuer à ses actionnaires sa participation dans Sevel, co-entreprise avec PSA qui a en charge la production des utilitaires des deux groupes.
De son coté, PSA pourrait renoncer à distribuer à ses actionnaires sa participation dans Faurecia dont il détient pour l’instant la majorité du capital.
FCA réfléchit aussi à la possible scission de ses marques Alfa Romeo et Maserati.
Les deux groupes ont assuré que les discussions l’affaire des dividendes en sont encore au début et qu’actuellement aucune décision n’a été prise. Pour en savoir plus à ce sujet, il faudra encore patienter quelques semaines.
Vendredi, à la Bourse de Milan, l’action FCA abandonnait -1.54% à 8.86€, tandis qu’à celle de Paris, le Groupe PSA lachait 2.43% à 14.27€. On gardera aussi à l’esprit que le mondes financiers et boursiers valorisent FCA essentiellement grâce à sa situation en Amérique du nord et un peu en Amérique latine, sachant que seul le marché US apporte du profit depuis la création du groupe le 1er janvier 2014.

Le processus de fusion se poursuit malgré la conjoncture

Une chose est sure, la situation économique actuelle a un vrai impact sur cette possible fusion et elle rend le montage financier de plus en plus complexe d’autant que les capitalisations boursières des deux entreprises se sont effondrées tout comme leurs ventes sur les marchés automobiles mondiaux.
A la rentrée 2019, le groupe italo-américain valait plus de 20.2 milliards…
FCA est actuellement valorisé aux environs de 13.5-13.8 milliards d’euros aujourd’hui après avoir eu un point bas à 10.6 milliards il y a moins d’un trimestre ce qui veut dire qu’en 6 mois environs, le groupe a perdu 50.0% de sa valeur, ce qui est tout sauf anodin surtout quand on se rappelle que cette valorisation financière était un des éléments qui avait prévalu pour le groupe français au lancement de la possible fusion FCA/PSA.

De son coté, le groupe français est un peu dans une situation similaire puisqu’en octobre 2019, profitant de ses très bons résultats commerciaux, PSA avait dépassé la valeur de 23 milliards d’euros avant de tomber à 10.9 milliards d’euros en pleine épidémie et de remonter ces derniers jours aux environs de 12.9 milliards.
Autant dire qu’avec une valorisation qui a perdu 56.0% en six mois, PSA ne tire aucun avantage de la situation et en ce début juillet 2020, ce sont deux groupes affaiblis qui tentent de poursuivre leurs négociations.

La situation se vérifie d’ailleurs dans les chiffres puisqu’au premier trimestre 2020, FCA a annoncé une perte nette de près d’1.7 milliard d’euros alors qu’un an plus tôt il mettait en avant un bénéfice de 508 millions ce qui représente un différentiel négatif non négligeable de 2.208 milliards d’euros. Celui-ci devrait d’ailleurs perdurer avec les chiffres du deuxième trimestre et accroître le flux négatif de trésorerie qui s’établit actuellement aux environs de 5 milliards d’euros.

Loin des chiffres initiaux mais près de la Commission Européenne

Nous sommes sommes bien loin des bases d’accord et des ratios annoncés en fin d’année 2019 et selon plusieurs analystes et banquiers, aucun des deux groupes ne serait en capacité de confirmer et d’assurer les annonces faites il y a sept mois au moment de la confirmation du lancement du protocole de fusion. On ajoutera un début d’année compliqué sur les marchés pour PSA ainsi que pour FCA, on gardera à l’esprit l’enquête lancée par la Commission Européenne afin d’apprécier la proposition de concentration entre les constructeurs automobiles Fiat Chrysler Automobiles et Peugeot S.A. en vertu du règlement de l’UE sur les concentrations.
La Commission craint en effet que l’opération envisagée ne réduise réellement la concurrence sur le marchés des VUL (véhicules utilitaires légers) de moins de 3.5 tonnes dans l’Espace économique européen et plus spécifiquement sur ceux de 14 états membres de l’UE et ainsi qu’au Royaume-Uni.

Aussi bien du coté de PSA que de celui de FCA on assure que l’importante crise économique qui touche durement le marché automobile n’entrave en rien la marche vers la fusion qui est attendue non pas pour la fin d’année 2020 mais plus probablement dans la seconde moitié du premier trimestre 2021 comme l’a laissé entendre John Elkann il y a peu.
Enfin, si un porte parole de FCA assure que le processus de fusion se poursuit normalement, du coté de PSA, on doit être plus circonspect puisqu’on s’abstient de commenter ses annonces.
En cette période tendue, on ne semble pas vouloir prendre le risque de faire grogner les actionnaires qui ont dit oui à un protocole détaillé et argumenté mais pas à autre chose qui pourrait sortir des chapeaux de Tavares, Elkann et Manley dans les prochains mois.

Via AP, WSJ, LaRepubblica, Investir, IlSole24Ore.

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