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80 km/h : Edouard Philippe lâche du lest mais garde sa posture

Edouard Philippe était ce matin l’invité de France Info, et il a profité des 30 minutes d’interviews qui lui étaient accordées pour revenir sur l’épineux sujet de la limitation de la vitesse à 80 km/h sur les routes secondaires.
Le premier ministre était obligé d’aborder ce sujet sensible car il fut énormément mis en avant dans les fameuses contributions citoyennes qui sont apparues durant le GDN (Grand Débat National) récemment clôturé par le chef de l’état.

Un geste envers les présidents de département !

Même s’il persiste dans la posture « J’assume cette mesure impopulaire et c’est pour le bien de tous », E.Philippe vient de mettre de l’eau dans son vin en faisant une annonce qui s’appuie sur un amendement déposé par le groupe LREM à l’Assemblée nationale dans le cadre du projet de loi sur les mobilités initié par Elisabeth Borne.
Cet amendement proposé par les députés du camp présidentiel fait dire à Edouard Philippe qui si les présidents de conseils départementaux souhaitent prendre leurs responsabilités, il n’y voit aucun inconvénient, dès l’instant qu’elles seront systématiquement assortie de mesures permettant le plus haut niveau de sécurité routière possible sur les routes concernées.

En clair, le chef du gouvernement confirme implicitement que les présidents des conseils départementaux pourront désormais déroger à la règle des 80 km/h et si besoin, revenir à celle des 90 km/h.

L’affaire devrait être traitée dans le cadre du débat sur le projet de loi d’orientation sur les mobilités, qui revient ces jours ci dans l’hémicycle de l’Assemblée Nationale.
On se rappellera par ailleurs que le Sénat, sous domination des partis de droite traditionnels était majoritairement défavorable à cette limitation de vitesse à 80 km/h.
On restera toutefois attentifs face aux futures dispositions législatives qui pourraient décharger une fois encore la responsabilité de l’état tout en augmentant la responsabilité politique et civile des présidents des conseils départementaux.
En effet, ceux-ci pourraient être tenus, en cas d’accident grave survenu sur une route revenue à 90 km/h, comme uniques responsables de l’affaire.

C’est pas moi, c’est eux

Pour ne pas se dédire et pour conserver sa posture de « Père la sécurité routière » [ndla : pour la Mère sécurité routière, nous avons déjà Dame Perrichon], Edouard Philippe d’ajouter assez clairement : « Les présidents de conseils départementaux sont conscients de la nécessité d’un haut niveau de sécurité sur les routes, mais ce sont des décisions qu’ils pourront prendre seront lourdes et il faudra les assumer en conscience. Ceci notamment si on a à l’esprit les bons chiffres de la sécurité routière en France en 2018 ».
Dans cette dernière phrase, on perçoit clairement le sous-entendu qui veut dire que ces bons chiffres sont en grande partie du aux 80 km/h.

Enfin nous garderons à l’esprit que dans une dizaine de jours ont lieu des élections et qu’en cette veille de scrutin, il vaut mieux brosser l’électeur dans le bon sens plutôt qu’à rebrousse poil.

Affaire à suivre pour connaitre les évolutions législatives de cette annonce… très politique, tout comme la sortie médiatique de la présidente de la LCVR.

Via France Info.
Crédit photo E.Philippe : AFP pour Ouest France.


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