Brèves de course ou comment vous faire partager en quelques lignes l’ambiance surchauffée qui règne en terre mancelle en un jour de course des 24 Heures du Mans. Ce 17 juin est surtout synonyme de grand beau temps, de chaleur, de vitesse de passion et d’émotion dans la Sarthe.

Grand beau sur Le Mans

C’est important évidemment. Bien souvent, comme on dit ici, ça peut  »r’naper et on se retrouve tout guénés. Ben dame, on est pas bénézes ». En général, la pluie vient du sud ouest, mais les nuées d’orage peuvent s’amuser à narguer les plus aguerris des météorologues. Pour l’heure, en cette édition 2017, pas de problème. Les patrons de la course ont même dû  »pondre » un additif réglementaire : en cas de température supérieur à 32°C, obligation pour les pilotes de voitures sans clim de ne pas effectuer plus de 80 minutes de conduite consécutive. Soient deux relais. Chez Porsche, pour une fois les ingénieurs la jouent  »rusés » en affirmant qu’il existe différents systèmes de refroidissement de l’habitacle. Mais ils ne parlent pas de clim…

En fait, même s’il a fait chaud, plus personne samedi en fin d’après midi ne parlait de cela alors que ça avait mis le feu la veille. Comme quoi…

La mémoire courte

C’est Chase Carey, le nouveau patron du F1 Circus qui a été invité à donner le départ de cette édition par Pierre Fillon, le président de l’ACO. Visiblement tout le monde est heureux de cette collaboration entre la FIA et la vénérable association propriétaire et organisatrice de l’épreuve. Sauf, sans doute, quelques contribuables locaux et un peu âgés qui se souviennent que ce fut grâce à eux si subsiste encore cette course.

En effet la FISA (ancêtre sportif de la FIA), alors dirigée par Max Mosley et en sous main par son ami Ecclestone, avaient décidé à la fin des années 80 de faire la peau des 24 Heures qui avaient le gros défaut de ne pas répondre à leurs injonctions. Ils imposèrent des infrastructures dantesques. Fort heureusement, un sacré grand petit homme dirigeait alors l’ACO. Juriste émérite, Michel Cosson ne baissa pas les bras et bien assisté de Jean-Paul Moreau le directeur général d’alors, ils surent convaincre Robert Jarry, le maire du Mans, les responsables du Conseil Général de la Sarthe et ceux de la Région Pays de la Loire de mettre la main à la poche pour mettre en place une Société d’Economie Mixte.

Toutes tendances politique confondues, les trois collectivités locales mirent en œuvre un gigantesque chantier. Dans les délais furent livrés les nouvelles infrastructures. Au grand dam de Mosley et Ecclestone qui durent remettre leurs désirs de tuer Le Mans à plus tard. Ils ne réussirent jamais. C’est sans doute un message puissant mais il serait quand même dommage que les dirigeants de la FIA oublient que c’est grâce à tous les Manceaux qu’existent encore les 24 Heures du Mans. Un peu de respect des spectateurs payants serait, par exemple un premier pas. La prolifération des zones VIP, inaccessibles pour le vulgum pecus est peut-être une bonne nouvelle pour le business. On sait que le soutien local et populaire d’une telle épreuve est aussi une arme fantastique pour que survive la Légende mais aussi l’ACO.

Si le business, les relations publiques, les rois du selfies, les pros de l’auto (durant 24 heures), les quasi spécialistes du WEC entre la parade des pilotes du vendredi et le verre de départ le dimanche après midi vers 16h30 sont nécessaires à la vie de l’évènement, il ne faut pas oublier les centaines de milliers de passionnés anonymes qui sont le cœur et les poumons de l’épreuve mancelle au fil dans ans et pas seulement le temps de quelques coups de buzz sur les réseaux sociaux comme c’est hélas le cas pour beaucoup de ceux qui sont bénéficient d’une invitation ou d’un pass VIP.

Crédits photos : ACO.


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