La saison 2018 de Formule 1 est sur le point de débuter, le premier Grand Prix étant programmé pour le 25 mars prochain à Melbourne en Australie. Durant les deux dernières semaines, les équipes ont pu s’échauffer lors de deux sessions de quatre jours d’essais hivernaux et nous avons eu la chance de pouvoir assister à l’une d’entre elle, alors suivez le guide !

Vamos a la playa Catalunya

Nous vous présentions ici même les monoplaces 2018 il y a quelques jours par le biais des photos officielles fournies par les écuries, mais quoi de mieux que d’aller les découvrir pour de vrai, en situation, lors de leurs premiers roulages d’avant saison ?

Ni une, ni deux, embarquons pour l’Espagne : direction le circuit de Catalunya situé à Montmeló, non loin de Barcelone, afin de voir évoluer en piste les nouvelles F1 et leur très controversé Halo !

Une fois débarqué de l’avion, mauvaise surprise : le temps se couvre très sérieusement… Il ne va quand même pas pleuvoir, non ? Eh bien si, la route vers le circuit se fait sous de belles averses ! Mais la chance est avec nous, en approchant du but le ciel se fait plus clément et la pluie disparaît, de quoi envisager la journée qui arrive dans de bonnes conditions !

Avant toute chose, petit élément de contexte : je suis un fan absolu de F1 depuis de longues années, je suis tous les Grands Prix à la télé (sauf cas de force majeure de type explosion nucléaire ou tsunami), l’actualité des pilotes et des écuries sur le web, mais je n’ai jamais assisté pour de vrai à la moindre course. Blasphème ! Cette session d’essais hivernaux passée aux côtés du team Renault Sport F1 est donc l’occasion parfaite pour rattraper ce fâcheux manque !

A peine arrivé sur le circuit, on pénètre directement dans le paddock : il y a pire comme entrée en matière ! On ne voit pas encore les F1, mais on les entend. Oui, les V6 turbo hybrides font du bruit, peut-être pas autant que l’on pourrait l’espérer, mais ce n’est pas si terrible que cela. Alors certes, on est bien loin des hurlements stridents des V10 ou V8 du passé, mais au moins il n’y a plus besoin de porter des protections auditives, c’est déjà ça de gagné !

Le paddock, donc : il est un peu moins fourni et « luxuriant » que celui que l’on peut apercevoir à la télé lors d’un weekend de course, cependant on trouve tout de même les énormes motorhomes des écuries, regroupant les installations d’accueil pour les ingénieurs, les pilotes et les invités. La débauche de moyens est assez impressionnante ! L’avantage des essais hivernaux, c’est qu’ici il y a beaucoup, beaucoup moins de monde que lors d’une manche du championnat du monde : pas de bouchons sur la route, tribunes désertes, paddock accessible plus facilement, bref, des conditions idéales pour une belle première approche du monde de la F1 !

Nous avions la chance d’être invités sur place par Renault, mais tout un chacun peut assister à ces deux semaines d’essais hivernaux, moyennant un ticket d’entrée ultra accessible comparé à celui d’un GP (moins de 20€, c’est « cadeau » !).

Ça tourne !

La première semaine a été marquée par des conditions météorologiques plutôt capricieuses, avec une alternance entre pluie et beau temps (mais froid !) mais aussi et surtout une apparition remarquée de la neige ! Les écuries ont donc du faire avec, manquant pas mal d’occasions d’accumuler de précieux kilomètres nécessaires au bon développement des monoplaces. Pour rappel, les essais privés étant désormais bannis (excepté quelques sessions officielles lors de la saison), les différentes équipes n’ont eu droit qu’à ces deux fois 4 jours de roulage pour finaliser la mise au point de leurs F1 avant la première course à Melbourne, autant dire que la moindre minute passée en piste est cruciale !

Vous imaginerez donc aisément l’un des autres avantage d’assister à ces essais hivernaux : on voit les voitures rouler, beaucoup ! Sauf si, bien entendu, vous tombez sur un jour de neige… Si un Grand Prix dure entre 1h30 et 2h, une journée d’essais de pré-saison commence à 9h et se termine à 18h (avec une pause d’une heure à la mi-journée), de quoi parcourir plusieurs dizaines de tours et une distance cumulée de plusieurs GPs. L’idéal pour prendre le temps d’apprécier et de faire des images !

Malgré tout, le temps passe vite : à peine le temps de profiter de quelques passages rapides depuis la terrasse située au dessus du bâtiment abritant les stands qu’il est déjà l’heure d’aller interviewer Carlos Sainz Jr ! La journée commence décidément très fort !  Arrivé chez Renault en cours de saison dernière (il a disputé les 4 derniers GPs dans l’écurie française après avoir effectué le reste de la saison chez Toro Rosso), l’espagnol de 23 ans est l’un des espoirs de la catégorie reine du sport auto. Pour découvrir cet entretien, restez connectés, il sera mis en ligne très (très) prochainement sur The Automobilist dans un article séparé. Il n’est d’ailleurs pas le seul que nous ayons rencontré, puisque nous avons également pu poser quelques questions à son collègue pilote Nico Hulkenberg ainsi qu’à Nick Chester, directeur technique châssis chez Renault Sport F1 team. Un beau programme à suivre dans les prochains jours, donc ! Pour patienter, vous pouvez en guise d’introduction lire ou relire l’interview de Cyril Abiteboul réalisée par François.

In the box

Autre réjouissance de cette journée bien remplie : la possibilité d’entrer dans le garage de l’écurie française afin d’observer de plus près le travail des mécaniciens et ingénieurs sur la R.S.18. Une seule monoplace est partagée entre les 2 pilotes, et ce pour toutes les écuries. Attention donc à ne pas l’abîmer sous peine de pénaliser l’équipe toute entière, d’autant qu’en cette période de pré-saison le nombre de pièces de rechange et extrêmement limité, voire inexistant pour certaines. La seconde voiture présente dans le stand est un show car basé sur une monoplace de l’an dernier, et ne sert donc que de « décor de luxe ». Notez aussi la présence de « l’autre » Carlos Sainz, venu en spectateur voir son fils travailler.

Impossible de filmer ou de photographier en détails l’intérieur du stand malheureusement, notamment lorsque le capot de la F1 est retiré, pour d’évidentes raisons de confidentialité. On ne plaisante pas avec l’espionnage industriel ici ! Tout ce qu’on peut vous dire, c’est que sous ses habits de carbone, tout est très compact et l’espace optimisé à fond !

Néanmoins, nous avons pu prendre le volant d’une F1, littéralement.

Le jeu de mot était facile, certes, mais pouvoir tenir entre ses mains cette pièce à plusieurs dizaines de milliers d’euros reste un plaisir incroyable. Il est plus lourd qu’il n’y parait, mais il faut dire qu’avec toute l’électronique embarquée, il y a de quoi alourdir sérieusement la structure en carbone. Je vous laisse compter le nombre de boutons et molettes, c’est aussi efficace que les moutons pour s’endormir facilement. Notez également les 6 palettes à l’arrière, qui contrôlent à la fois les passages de vitesses mais aussi l’embrayage, un point essentiel désormais avec des procédures de départ totalement manuelles, ou le pilote doit trouver lui même le point de patinage idéal en fonction des conditions pour garantir une mise en vitesse optimale lors de l’extinction des feux.

Ce passage dans le box m’aura également permis de me rendre compte que le V6 turbo hybride n’est pas si aphone que ça quand on est placé directement derrière ses échappements…

On met la gomme !

Direction ensuite le camion Pirelli pour découvrir le lieu où sont montés les pneus sur les jantes. Toute la gamme 2018 est exposée, dont les 2 nouveaux composés SuperHard et HyperSoft, qui ne sont pas des nouveaux membres des Avengers mais bien deux types de pneus situés respectivement aux deux extrémités de la gamme. Par rapport à l’an passé, chaque composé évolue d’un cran vers le bas : un SuperSoft de 2018 équivaut à un UltraSoft de 2017, par exemple. Curiosité des allées du paddock : le métier mal connu de laveur de jante, visiblement très répandu 🙂

Reste à voir si ces nouvelles gommes permettront d’avoir plus de spectacle, ou si au contraire on retombera sur des cas où les performances s’effondreront au bout de 2 tours avec les mélanges les plus tendres…

Au plus près de l’action

Autre bonus de la journée, l’accès à la pitlane. Pouvoir approcher les F1 en mouvement d’aussi près n’est pas courant, et assister aux changements de pneus à quelques centimètres des mécaniciens se révèle être vraiment impressionnant : tout se passe tellement vite qu’on a l’impression que la voiture s’est à peine arrêtée ! Et encore, les pit-stops auxquels nous avons assisté étaient effectué à un train de sénateur, en course ils sont 2 fois plus rapides !

Nous avons pu également profiter d’un tour du circuit (en Renault Trafic, et pas en R.S.18 malheureusement) afin de découvrir d’autres points de vue sur la piste et d’apprécier les vitesses de passage en courbe assez hallucinantes. L’occasion aussi de découvrir que certains des spectateurs présents disposaient de voitures perso plutôt sympathiques… (oui, il y a bien une Mazda MX-5 !)

Trêve de blabla, pour vous permettre de mieux vous rendre compte de l’ambiance sur place, voici une vidéo récapitulative de cette journée mémorable :

Terminons sur « quelques » autres photos de cette journée d’essais hivernaux, avec parmi elles quelques-unes de pilotes que nous avons pu croiser, dont Tatiana Calderón, troisième pilote chez Alfa Romeo Sauber et seule représentante féminine, Charles Leclerc, le talentueux monégasque ou encore un Fernando Alonso très souriant aux côté des « anciens » Pedro de la Rosa et Alexander Wurz.

Les essais hivernaux en résumé

Au terme des deux semaines de roulage, voici le tableau des meilleurs temps :

Le tour de Sebastian Vettel en 1.17.182 représente le nouveau record absolu de la piste (cette dernière a toutefois été resurfacée il y a quelques semaines, rendant plus difficiles les comparaisons avec les années précédentes ). Le voici en vidéo 360° :

Mercedes n’a pas chaussé les pneus HyperSoft, en gardant ainsi un peu sous le pied… Rendez-vous à Melbourne pour découvrir les performances « réelles » de toutes les écuries !

Toro Rosso et son nouveau moteur Honda a semblé plus en forme que McLaren à la même époque l’an dernier avec le même bloc, affichant une fiabilité plutôt intéressante, tandis que du côté de l’écurie de Woking on a connu « quelques » soucis, et ce même avec le moteur Renault fraîchement arrivé ! L’équipe de Fernando Alonso reste celle qui aura parcouru le moins de distance durant ces essais hivernaux, comme le montre ce résumé chiffré :

Mercedes : 1040 tours / 4841 km

Ferrari : 929 tours / 4324 km

Toro Rosso : 822 tours / 3826 km

Williams : 819 tours / 3812 km

Renault : 795 tours / 3700 km

Sauber : 786 tours / 3658 km

Red Bull : 783 tours / 3644 km

Force India : 711 tours / 3309 km

Haas : 695 tours / 3235 km

McLaren : 599 tours / 2788 km

Mais nous ne sommes pas à l’abri d’une bonne surprise ! Pour le découvrir, rendez-vous dimanche 25 mars à 7h10 pour le premier Grand Prix de la saison en Australie. A vos réveils !

Crédits photos et vidéos : Romain Bresadola pour TheAutomobilist.fr


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