C’est la seconde fois que Ford nous invite à essayer sa gamme Performance mais cette fois-ci, la gamme SUV/Pick-up y est associée. Et pour l’occasion, cet évènement ne se déroulera pas sur le circuit de la Ferté-Gaucher comme en 2015, mais sur le circuit de l’ouest parisien, situé à Dreux. Cette journée, appelée Ford Adrenaline Day, nous promet un programme très alléchant avec pour apothéose, un baptême en passager, de la Ford Mustang Shelby GT350R. Et c’est parti !

Commençons par regarder le panel proposé. A notre arrivée, bien évidemment, cette cavalerie monopolise notre attention. Tout autour, nous retrouvons les modèles que nous pourrons essayer au cours de la journée sous la forme de 3 ateliers thématiques. En arc de cercle, une partie de la gamme Performance constituée d’une Fiesta ST200 pour l’initiation au RallyCross, d’une Focus RS et d’une Mustang GT pour la partie circuit. Pour que la gamme fusse complète, il eût fallu y ajouter une Focus ST, mais surtout la GT. Peut-être l’année prochaine…! Sur le côté, la gamme SUV et pick-up constituée elle d’un Kuga, d’un Edge et d’un Ranger. Tous les véhicules que nous allons essayer aujourd’hui ont fait l’objet d’essai individuel sur notre site. N’hésitez pas à les découvrir ou redécouvrir en cliquant sur les liens.

Les prémices : en recherche d’adhérence

De bon matin, il vaut mieux commencer en douceur. Nous débutons donc par la gamme SUV et ses capacités de franchissement sur un petit parcours qui mettra bien en exergue les différences des 3 modèles proposés ; un Kuga TDCI 180 ch AWD en finition ST-line, un Edge toujours en ST-Line mais cette fois en TDCI 210 ch. Et enfin, le vrai franchisseur de la gamme, le Ford Ranger en TDCI 200 ch.

Avec les 2 premiers, nous ne tenterons pas de passer la première bosse. Cependant sur les franchissements suivants, il faut avouer que le Kuga m’a bluffé par la gestion électronique du système AWD. Cela n’en reste pas moins une situation que beaucoup de ce modèle ne verront jamais mais au cas où, on pourra compter sur lui pour se sortir d’une situation d’adhérence surestimée.

Le Edge lui fera parler la puissance. Plus lourd que le Kuga, il s’en sortira de manière tout aussi honorable. La caméra en face avant vous rendra également un fier service quand l’angle de la pente ne vous permet plus de voir que le ciel. Au moins on sait ou on pose ses roues. Lors des descentes, il nous faudra modérer notre vitesse sous peine d’endommager les faces avant de nos belles versions ST-line -ces SUV n’ayant pas une garde au sol très haute.

Alors que pour le Ranger, ce parcours était une simple promenade de santé. L’attaque de la première bosse, interdite aux deux premiers, impressionne déjà. L’instructeur nous demande de nous arrêter au milieu de la pente et de tenter un redémarrage. Exercice parfaitement réussi sans sourciller. Dans la plus pentue des descentes nous avons pu tester également le système de contrôle en descente (HDC). Et pour finir un sentier chaotique conçu pour tester les suspensions. Pour le coup, l’extrême aisance du Ranger sur ce parcours nous laisse sur notre faim. On aurait aimé un parcours plus technique. Mais la matinée n’est pas terminée et nous allons nous rendre quelques centaines de mettre plus loin sur le circuit de RallyCross.

Du Rallycross en Fiesta ST200

Deux Ford Fiesta ST200 nous attendent, équipées de pneus spécifiques à fort pouvoir adhérence. Ces enveloppes ne seront pas de trop sur ce tracé mixte, asphalte, gravier, sable caillou, etc. En somme, une multitude de tenue de route qu’il va falloir apprivoiser l’espace de 5 tours. La Ford Fiesta ST est équipé d’un 1.6 l 4 cylindres de 200 ch mais sera bientôt remplacé par un 1.5 l 3 cylindres développant la même puissance.


Pour moi, ce fut une première : je n’avais jamais pratiqué cet exercice. Mais tout comme pour la session off road, nous ne serons pas seuls. Des instructeurs nous aideront bien volontiers dans nos péripéties. Grâce à leurs conseils avisés, les trajectoires s’améliorent, la vitesse augmente, les changements de revêtements ne deviennent presque plus qu’une formalité. Je commence à me prendre pour un pilote et à me dire que cinq tours ce n’est pas suffisant !

Oui mais voilà, ensuite on inverse les rôles. De « pilote » je deviens passager. Et là… mon orgueil en prend un coup. On est dans un autre monde. Ce n’est plus le même circuit. Il devient beaucoup plus petit, plus glissant, plus technique. Là où je faisais le tour du circuit sans changer de rapport ou presque, mon instructeur exploite parfaitement la plage d’utilisation du moteur et les limites de freinage, sur 4 voire 3 roues. Elle a de beaux restes cette Ford Fiesta ST200 ! Menée par un pro, en toute sécurité sur un circuit, la découverte du rallycross… est un bien beau moment pour finir la matinée.

La suite : retour sur l’asphalte

Après la pause-déjeuner, nous attaquons par une petite séance photos de nos montures et par un petit tour de reconnaissance du circuit, histoire de nous mettre en mémoire les points de corde et les zones de freinage. Le circuit de Dreux n’offre pas beaucoup de lignes droites mais plutôt des virages, pour certains assez techniques. De quoi profiter des qualités comportementales de nos montures.

 

On va commencer en douceur, si j’ose dire, par une Ford Focus RS, équipée d’un 2.3 l 4 cylindres de 350 ch. Toujours bien assisté par notre accompagnateur, les tours de pistes s’enchainent. La RS est efficace, sûre, rassurante et la boîte est très agréable en utilisation rapide. Bien maintenu dans notre siège, les vitesses de passages en courbe sont rapides et les freinages mordants. Grâce à cela, on peut se concentrer pleinement sur la trajectoire et les recommandations adaptées à notre conduite et à notre niveau. Encore une fois, j’en voudrais plus. Mais la journée avance et je peux encore essayer la Mustang avant de terminer par la cerise sur le gâteau…

Prenons donc maintenant au volant de la sportive la plus vendue au monde en 2016. Pour cet essai, nous avons un V8 de 5 l en boîte 6 mécanique développant 421 ch. Contact. On change de sonorité. On reconnaît sans doute possible un V8 de fabrication américaine. Je ressens également le poids de la Ponycar. Et en conduite, ce n’est pas qu’une impression. La boîte aussi est… différente. Précise, elle a besoin de caractère pour être manipulée, ce qui la rend un peu lente en conduite sportive. un peu lourde, son couple fera merveille en sortie de virage pour la relancer vers le suivant. Clairement il va falloir que je sois plus attentif à mes trajectoires pour optimiser ma conduite. Sportive mais pas forcément adepte de ce type de circuit, il lui manque une bonne grande ligne droite pour s’exprimer. Pour autant, je ne boude pas mon plaisir et c’est une belle entrée en matière pour ce qui m’attend.

Le clap de fin en Mustang Shelby GT350R

Nous y voilà. La fameuse Mustang Shelby GT350R ! Elle vient nous rendre une petite visite. Malheureusement, on ne pourra pas en croiser d’autres. Elle n’est pas commercialisable en Europe en raison de ses échappements trop chantants et dépassant allégrement les 100 db… Elle sera donc cantonnée aux circuits.

Par rapport à la Mustang précédemment essayée, le V8 passe à 5.2 l avec un vilebrequin à plat lui autorisant une zone rouge à 8250 tr/mn. La puissance gagne plus de 100 ch au contraire du poids qui lui perd le même chiffre en kilogrammes en supprimant la banquette arrière et d’autres accessoires pas complètement utiles sur ce type d’engin. Évidemment, nous ne sommes pas autorisés à prendre place derrière le volant et pour ma part je dirais, c’est tant mieux. Je vais pouvoir profiter de la conduite d’un pilote professionnel, qui va en tirer le maximum sur ce circuit définitivement trop petit.

Comme prévu, ça pousse fort. La vitesse de passage en courbe est hallucinante et le freinage surpuissant (il faut bien cela pour arrêter les 1.6 tonne de la bête), bien aidé par le montage de pneus semi slicks. L’accroche sur le bitume est phénoménale. La puissance arrivant de manière progressive nous permet d’atteindre près de 180 km/h sur le petit bout de ligne droite. Par contre moi à l’intérieur, je ne suis pas à la fête. Bien que solidement harnaché et équipé d’un casque, j’en prends pour mon grade. Je ne suis pas un gringalet et pourtant je suis balancé vers le pare-brise à chaque freinage et renvoyé immédiatement en arrière en sortie de virage. Pour autant cela ne saurait me gâcher ce moment qui passe à la vitesse d’un cheval au galop !

Le dernier tour, pour refroidir le moteur et les freins, m’offre un moment de répit avant de descendre et de me tourner pour féliciter le pilote. Un beau moment qui clôt cette journée Ford Adrenaline Day.

Conclusion

Que retenir de cette journée ? Que Ford a vraiment eu une très bonne idée de réunir sa gamme Performance sur un circuit et d’y associer une partie plus ludique avec le franchissement. C’est quand même plus sympa de pousser nos bolides sur un circuit ou de faire du hors-piste tout en sachant que quoi qu’il arrive, on ne passera pas la nuit planté a attendre une âme charitable.

Or justement, cet atelier m’a laissé perplexe. D’un côté j’ai été bluffé par la capacité de franchissement des deux SUV pas vraiment adaptés à la situation mais qui s’en sortent plus qu’honorablement. De l’autre, un gout de trop peu au vu des capacités de franchissement du Ranger. Le Rallycross est une véritable découverte et finalement une très bonne surprise qui demande à être approfondie, d’autant plus que la Fiesta y été parfaitement à son aise.

Enfin, sur la partie asphalte, la Focus RS et la Mustang GT aux caractères bien différents étaient une très bonne façon d’appréhender le tracé avant de terminer avec une exceptionnelle voiture qui assure le clou du spectacle. En espérant pouvoir renouveler l’événement et si l’occasion se présente, passer derrière le volant de ce merveilleux bolide jaune, si tant est qu’il repasse un jour sur nos circuits.

Crédits photos: Olivier B. pour The Automobilist


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