Watergate, Colgate, Golden Gate, Diesel Gate, ça se gâte : Volkswagen, autrefois rayonnant avec ses TDI n’est plus en odeur de sainteté depuis le scandale de 2015. Corollaire ? Certains en ont profité pour taxer, stigmatiser, amalgamer, re-taxer et interdire, si possible en taxant. Le marché français du diesel ne sera plus le même, et son hégémonie autrefois en partie dictée par des arbitrages politiques et énergétiques est désormais contestée par les seuls politiciens. Bref : il est plus que jamais pertinent d’essayer le Volkswagen T-Roc en motorisation essence. Outre le fait que le T-Roc TSI 190 DSG7 4Motion coûte 1 900 € de moins que la version TDI 150 équivalente, elle aura le mérite de pouvoir se dispenser des prochaines restrictions de circulation en vigueur dans certaines agglomérations. Plus de chevaux, moins d’Euro, et si c’était elle la bonne version ? Verdict ici.

T-Roc da house

Pour les détails de présentation du véhicule et de son habitabilité, je vous invite à relire [relire implique que vous l’ayez déjà lu mais j’ai foi en votre fidélité au site…] l’essai du VW T-Roc TDI 150 déjà paru.

Notre configuration du jour semble au premier abord moins convenue que la livée « Smashing Pumkin » de la première, mais ne vous fiez pas aux apparences : malgré son gris métal, son absence de peinture biton et ses projecteurs halogènes dépourvus de la jolie signature en LED, notre exemplaire cache une sympathique personnalisation intérieure. Youri n’est certes plus qu’un affreux cauchemar mais le rouge n’est pas mort : Il siège à bord de la voiture à travers les décors de planche de bord, une jolie peinture laquée rouge brillant tel Dany, ainsi qu’une sellerie en tissu noire avec empiècements gris clair et surpiqûres rouges. Les décours rouges rappellent furieusement ceux de notre Multivan essayé l’an passé, d’ailleurs. Le tout est associé à la personnalisation Sport comprenant la garniture de pavillon noire (ici honteusement dépourvue de l’indispensable option toit ouvrant panoramique à 1 350 €), des étriers de frein rouges et à des jantes de 19’’ baptisées Suzuka [et non Suzuki].

Bref, avec les différentes teintes et packs intérieurs, vous pourrez personnaliser votre voiture afin qu’elle ne ressemble pas au T-Roc à Billy. Ou à celui de qui que ce soit d’autre, d’ailleurs. En fait, vous auriez même tort de ne pas verser dans une option extérieure ou intérieure sortant de l’ordinaire : quitte à composer avec des matériaux vraiment loin des standards de Volkswagen (une Polo est bien mieux lotie), autant profiter de l’occasion pour avoir une voiture un peu délurée ou affirmée.

On a donc à disposition un T-Roc en finition Sport… non disponible en France. Il s’agit d’une définition allemande à l’équipement inférieur à la First Edition française. Celle-ci dispose de série de l’Active Info Display (compteurs numériques à 540 €) et des projecteurs full LED (1 170 €), contrairement à la Sport allemande. Dotée de toutes les options présentes, à savoir, jantes de 19’’ (640 €), hayon électrique (420 €), sièges chauffants (510 €), palettes au volant (140 €), système audio Beats (600 €) et chargeur de Smartphone à induction –couplé à un second port USB (450 €), le modèle allemand revient à 36 695 € (37 300 € pour la version française mieux équipée mais sans étriers de freins rouges). Bref, notre marché est un peu mieux loti que celui d nos voisins en ce qui concerne le rapport prix/équipements. De là à en faire l’affaire du siècle… Vous n’avez toujours pas de caméra de recul, de keyless ou d’ouverture céleste pour ce tarif. Bref, il est temps de voir ce que ce 2.0 TSI a dans le ventre.

T-Roc & roule !

On s’installe à bord de ce T-Roc et, ô surprise, nous disposons des compteurs analogiques. La version standard, donc. Et vous voulez mon avis ? [ne répondez pas] Je les trouve plus jolis que les compteurs numériques optionnels (l’Active Info Display à 540 €), un comble ! Un design sobre mais certainement pas pauvre, leur look s’harmonise bien avec le reste de la planche de bord. Pourquoi dépenser plus ? Il est grand temps d’aller à la plage pour crapahuter un peu. Disposant de la transmission intégrale 4Motion (système Haldex), ce T-Roc peut se permettre quelques incartades hors des routes bitumées. Dans notre cas, une séance photo sur la plage, on vit dangereusement. Une molette située en aval du levier de vitesse vous permet de sélectionner le mode Offroad qui joue sur la gestion de la boîte de vitesse, la transmission intégrale et l’antipatinage. Ça rassure en terrain meuble, c’est certain et ça suffira à bien des clients, mais ça n’en fait pas une Subaru.

Alors retour sur la terre ferme pour profiter du moteur de notre T-Roc : c’est ici le 2.0 TSI 190 ch qui s’y colle, toujours couplé à la boîte à double embrayage DSG à 7 rapports. Un joli chiffre mais DSK compte sûrement plus de rapports que DSG. Quoi qu’il en soit, la boîte est encore une fois très agréable, dépourvue d’à-coups et presque sans hésitation (le mode Sport corrigeant un éventuel manque de panache en montée). Pas de surprise, un bel organe. Digne de… Non, on va arrêter ici la comparaison. Le caractère du TSI est finalement un peu linéaire, malgré un indéniable punch. Pour une définition si puissante, peut-être aurait-on aimé plus de sensations. Mais les performances sont au rendez-vous, les chiffres également avec un moteur de 190 ch à 4 200 tr/min pour un couple max de 320 Nm disponible dès 1 450 tr/min. Que reste-t-il au diesel avec de telles valeurs ?

Une consommation inférieure, certes : avec une moyenne de 8,5 l / 100 km, le TDI reste plus compétitif pour les gros rouleurs. Pour le reste, le bloc essence fait preuve d’une belle élasticité et d’une bonne discrétion. Bref, du bon côté agrément, d’autant plus que son poids de 1 420 kg le rend plus léger que son homologue Diesel (35 kg de gagnés sur le train avant). Ca se ressent légèrement côté comportement. La voiture n’est pas transfigurée, simplement plus agréable à manier dans les virages. Mais le T-Roc reste une Volkswagen : neutre, rassurant, presque indolore. Pas forcément passionnant mais probablement suffisant pour la plupart des clients et très bien exécuté. A noter que notre 2.0 TSI 190 est obligatoirement associé à la transmission 4Motion. Si vous souhaitez disposer d’une traction, le bloc le plus puissant sera le 1.5 TSI 150 ch, bientôt disponible (BVM6 ou DSG7).

T-Roc TSI 190 ch, le bon choix ?

Un bloc TSI un peu plus agréable que le TDI, un tarif catalogue inférieur, une puissance supérieure, une conso pas trop déraisonnable : ça partait plutôt bien pour cette version essence. Mais voilà, la voici abattue en plein vol par un malus écologique de 2 010 €, la rendant inapte au succès commercial en France. Et c’est là toute l’aberration de la politique actuelle concernant l’automobile : une fiscalité pro CO2 qui favorise nettement le Diesel sur l’essence et des restrictions de circulation visant à éliminer purement et simplement les motorisations Diesel (et leurs conducteurs ?) de plusieurs agglomérations. Alors oui, avec ce bloc essence TSI, vous pourrez rouler partout en France. Mais à condition de vous acquitter d’un malus écologique de 2 010 €. Oui, une compacte 4 cylindres est taxée à 2 010 €, vous ne rêvez pas (et ce n’est pas un cas isolé) ! Un malus éco comme boulet à traîner ou une motorisation Diesel à peine surtaxée (140 €) mais partiellement interdite. Comprenne qui pourra. Dommage, ce TSI est très agréable et punchy.

Mon avis ? Si vous savez vous passer de la transmission intégrale 4Motion, contentez-vous du 1.5 TSI 150 ch bientôt disponible en France et sans doute nettement moins pénalisant fiscalement. Il est annoncé sans plus de précision pour le premier trimestre 2018. Outre l’économie du malus, le fait de vous passer du 4Motion et de descendre en puissance fera singulièrement baisser la facture. Pas forcément de quoi faire du T-Roc une bonne affaire, mais de quoi le rendre un peu moins dispendieux. Car à 37 k€ hors malus, notre T-Roc est loin d’être donné. Reste que pour 5 k€ de moins, une Megane GT 205 ch vous offrira plus de sensations pour une habitabilité proche et un look plutôt à l’avenant, tandis qu’une Subaru XV 150 ch Lineartronic en finition Luxury peut constituer une alternative intéressante à ceux pour qui la transmission intégrale est importante. Le T-Roc n’a sans doute pas dit son dernier mot, on sait VW souvent bien placé en LOA ou LLD.

Crédit photos : The Automobilist


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