Essai Volvo S90 T8 Inscription Luxe

Si l’année 2017 a été marquée pour Volvo par des ventes records en France et dans le monde, elle aura aussi été l’occasion de fêter le 90ème anniversaire de la marque suédoise. Symbole du meilleur de la sécurité automobile et du haut-de-gamme, Volvo a également profité de cette période clef pour lancer sa motorisation hybride rechargeable T8 Twin Engine sur son vaisseau amiral, la S90. Réinvente-t-elle réellement ce segment du luxe ? Se positionne-t-telle comme un challenger de poids face à la domination allemande ? C’est ce que nous avons voulu vérifier avec l’essai de la Volvo S90 T8 Twin Engine dans sa finition ultime, Inscription Luxe.

« T’as de beaux yeux tu sais »

Volvo présentait au salon de Francfort, il y a déjà cinq ans, un concept-car arborant pour la première fois une nouvelle signature lumineuse avec des phares avant en « marteau de Thor ». Faisant allusion à la forme du marteau utilisé par le dieu scandinave du tonnerre, ce symbole est depuis resté un trait stylistique propre au regard de toutes les nouvelles Volvo.

La berline S90 n’y déroge pas et rend son regard terriblement séduisant avec un éclairage faisceau de route actif à LED intégral. Au centre, la large calandre noire aux barres verticales chromées accueille avec élégance le logo de la marque. Le soin du design est remarquable et l’élégance de l’intégration des chromes est particulièrement réussie. Ici pas de sophistication inutile, la pureté du design global fait tout le travail.

Longue de 4,96 mètres, toute la ligne s’élance avec fluidité vers l’arrière. Le profil du véhicule laisse alors apparaître sur les côtés des contours de fenêtres chromés ainsi que des moulures de seuil brillantes chromées avec le gaufrage du logo « Inscription » de la finition. L’auto est posée sur d’imposantes jantes en aluminium 20 pouces couleur argent à 10 branches et revêt une agréable robe d’un blanc cristal métallisé du plus bel effet.

Ce raffinement statutaire est appuyé par une poupe encore plus charismatique et imposante. En effet, le design arrière de Volvo n’est pas connu pour laisser place à la discrétion et c’est à nouveau ici le cas avec des feux très larges qui suivent la découpe de la malle avant de venir rejoindre, sans le toucher, le nom « VOLVO » au centre de la malle. Même si ce choix stylistique audacieux ne mettra pas les goûts de tout le monde d’accord, ce dessin de 2,02 mètres de large (rétroviseurs inclus) assoit l’auto et ne laisse clairement pas indifférent. Cela nous en ferait d’ailleurs presque oublier les deux sorties d’échappement et la bande du diffuseur chromées, derniers éléments extérieurs spécifiques à la finition Inscription Luxe, qui allègent quelque peu la massivité de l’arrière.

Si les yeux de cette Volvo S90 T8 attirent les regards, la ligne générale de cette berline attise beaucoup de curiosité et hypnotise certains. Preuve qu’il ne faut pas forcément en faire « des caisses » pour être regardé sur la route. Ici on retrouve une certaine élégance bourgeoise qui impose un statut haut de gamme sans pour autant jouer les « m’as-tu vu » avec prétention.

A bord de la Volvo S90 : Confort et volupté

Si certains doutaient encore du segment auquel s’attaque cette Volvo S90 T8 avant de s’installer au volant, le bruit feutré de la fermeture de porte nous confirme que nous sommes bien à bord d’un modèle haut de gamme. Et c’est à cet instant précis que Volvo nous embarque dans son univers à la fois élégant et reposant. Le style reprend tous les codes des autres modèles de la gamme et on se sent très vite à l’aise. La maîtrise du design intérieur est frappante.

De larges sièges motorisés avec fonction mémoire (à l’avant) nous accueillent en présentant une agréable sellerie cuir Nappa Anthracite perforée et ventilée. Les très nombreux réglages (lombaires, maintien latéral, assise, hauteur…) raviront tous les gabarits et toutes les préférences de conduite. Pour cela, de classiques boutons sont à manipuler sur le côté du siège, dont une molette initialement difficile à prendre en main. À défaut, les réglages les plus précis peuvent aussi se faire sur l’écran central, notamment la configuration des différentes fonctions de massage particulièrement relaxantes.

Ce large écran tactile de 9 pouces trône d’ailleurs au centre de l’habitacle et, à l’instar du design Tesla, il permet de contrôler toutes les fonctions ou presque de la voiture. La prise en main nécessite quelques minutes pour appréhender l’ensemble des fonctionnalités de cette tablette, mais on se familiarise finalement très vite avec les trois écrans d’affichage dont le fonctionnement est assez proche à celui d’un smartphone. Il suffit de slider vers la gauche ou vers la droite pour passer d’un affichage à un autre, ou de slider vers le bas pour découvrir tous les paramètres à configurer. C’est en tout cas avec cet écran que l’on gère la climatisation, mais aussi la navigation, l’audio, son téléphone connecté ou encore les paramètres de conduite.

Deux grands aérateurs verticaux viennent entourer cet écran. Là-encore, l’élégance est de mise et on ne peut que remarquer le souci du détail avec un raffinement des plus luxueux. L’ouverture/fermeture de l’aération s’exécute grâce à une simple molette qu’il suffit de tourner.

Le reste de la console centrale se montre assez épuré et évite le superflu. Aucun élément ne vient déranger l’œil hormis peut-être la jonction moins travaillée entre la planche de bord et la console centrale qui peut faire débat pour certains, mais absolument rien de rédhibitoire.

Des panneaux décoratifs Linear Walnut viennent égayer l’ensemble assez sombre de notre finition d’essai. Ce bois de noyer mat au style très moderne n’est pas sans rappeler le bois utilisé par Tesla (décidément !) et renforce l’esprit haut de gamme de l’intérieur. Il est délicatement intégré au niveau du tableau de bord, de la planche de bord et des contre-portes.

La plupart des matériaux utilisés sont d’ailleurs très nobles, tant à la vue qu’au toucher de par la sensation d’authenticité et de raffinement qu’ils dégagent. On se sentirait presque dans un salon de luxe si Volvo n’avait pas eu la mauvaise idée (comme ses concurrents allemands) d’utiliser certains plastiques peints et chromés plutôt qu’un réel acier. Une matière plus haut de gamme à la place de ces plastiques, qui tentent de tromper nos yeux, trouverait ici toute sa place au niveau des poignées de porte ou des baguettes mettant en relief les lignes de la planche de bord et des contre-portes. Les cuirs à l’inverse semblent de bonne facture, surtout à l’avant, tout comme leur solidité ou les alignements des pièces qui inspirent grande confiance.

Oubliez cependant les espaces de rangement quasi inexistants. La boîte à gants n’est pas particulièrement volumineuse, tandis que les rangements au niveau des contre-portes ou du tunnel central sont ridiculement petits. À la décharge de ce dernier, son volume est réduit pour une raison technique que l’on découvrira un peu plus tard.

Impossible de passer à côté du pommeau de levier de vitesses en cristal massif d’Orrefors sculpté à la main : un détail luxueux des plus agréables. Cette collaboration entre la maison d’art, née 1726, et le constructeur automobile suédois n’est pas nouvelle et on se souviendra par exemple de la fabrication de verres à champagne livrés avec le frigo des Volvo S80. Ce bijou d’exception est ici encerclé dans une cage en aluminium brossé et équipe spécialement les versions T8 Twin Engine, notamment les finitions Inscription Luxe.

L’éclairage intérieur, quant à lui, est de haut niveau et nous plonge dans une atmosphère huppée pleine de finesse dès la nuit tombée. On regrettera cependant le manque de personnalisation des lumières puisque seule la couleur de deux leds au plafonnier (oui, je parle bien de deux points lumineux quasi invisibles) est modifiable. Autant dire que l’éclairage n’est pas configurable, mais on se console avec une ambiance d’origine particulièrement douce à l’œil.

Au niveau des détails de cette finition Inscription Luxe, on voit l’apparition de baguettes de seuil de porte éclairés (à l’avant, comme à l’arrière), de rideaux pare-soleil pour les vitres latérales arrière, d’une prise 230V à l’arrière et d’un toit ouvrant électrique. Dommage que notre véhicule d’essai ne soit pas équipé du contrôle de la climatisation à l’arrière ou encore des sièges arrière et volant chauffants (équipements disponibles en option).

Le volant à trois rayons est bien sûr en cuir, très ergonomique et sa position se plie à toutes les exigences du conducteur. Son diamètre est le juste milieu entre une jante large pour une conduite souple et une taille plus petite pour un rythme plus soutenu. Il offre alors une prise en main aisée, quelle que soit la conduite adoptée. Je mettrais simplement un petit bémol sur ses boutons dont le son au « clic » n’est pas des plus premiums. À ce sujet, une molette sur la partie droite serait d’ailleurs peut-être plus simple d’utilisation et éviterait surtout des déformations visuelles des icônes blanches en fonction de l’angle de vue du conducteur. C’est un détail, j’en conviens mais qui en devient presque dérangeant vu le très haut niveau de qualité global. Dans la même lignée, le volant est heureusement réglable mais aucun système électrique n’est à disposition : il faut passer par un classique système manuel parfois imprécis.

Volvo S90 T8 : un salon roulant

La clé déposée dans le vide-poche central, une pression vers la droite sur le bouton de démarrage suffit pour démarrer l’auto. Par défaut la Volvo S90 T8 Twin Engine démarre en mode hybride, aucun bruit ne se fait alors entendre au moment de prendre la route. En effet, la technologie Twin Engine associe un moteur 4 cylindres à combustion interne de 320 chevaux à un moteur électrique de 65 kW (soit une équivalence de 87 chevaux). La batterie haute tension lithium-ion se situe quant à elle sous le tunnel central et explique facilement le manque de rangements dans l’habitacle… au profit de la taille du coffre qui garde 500 litres de contenance. L’avantage direct est net : on ne perd pas de volume de coffre, la batterie est dans une position idéale sur le plan de la sécurité en cas d’accident et la répartition des masses est optimisée.

Cette batterie de 10,4 kWh et 113 kg peut recevoir de l’énergie par recharge sur secteur, par récupération au freinage ou grâce au moto-alternateur couplé au vilebrequin. C’est d’ailleurs cette même batterie qui, en plus d’actionner les roues en mode électrique, alimente la climatisation pour le préchauffage ou le rafraîchissement de l’habitacle. Pas étonnant donc que, comme de nombreuses voitures électriques, la climatisation de l’auto réchauffe difficilement l’habitacle en hiver lorsque l’on roule en tout électrique.

Sur la route, l’autonomie annoncée est de 43 km tandis que l’autonomie réelle est de… 40-45 km en fonction des conditions. Bonne nouvelle ! Ces performances permettent alors des trajets quotidiens en ville ou sur route presque totalement en mode électrique. Par ailleurs la recharge de la batterie dure environ deux heures et demi sur un courant monophasé 16A (3,7 Kw) de 230V, comme la Wallbox de Volvo. Si bien sûr vous n’êtes pas équipé, pas de panique : environ 6h sur une prise de courant domestique, le temps d’une courte nuit de sommeil, et le tour est joué.

Trêve de chiffres, revenons à bord de la Volvo S90 T8 Twin Engine. Les premiers kilomètres en ville sont parcourus dans un grand silence, mais surtout avec une douceur détonante. La visibilité est parfaite et il faut dire que les nombreux capteurs autour de la voiture sont d’une grande utilité en cas de manœuvres dans des lieux étroits. Malgré son gabarit imposant la maniabilité est excellente et la S90 ne souffre pas du moindre manque d’agilité. La direction assistée électro-mécaniquement est asservie à la vitesse et offre à faible allure une légèreté et une souplesse remarquable. Il suffit ensuite d’augmenter le rythme pour voir la direction se durcir, sans jamais ressentir de gêne, jusqu’à arriver à une fermeté particulièrement bien jaugée à haute vitesse.

Je ne peux que trop peu insister sur la qualité de la direction qui est tout simplement exceptionnelle tant les remontées d’informations au volant sont nombreuses et précises. Contrairement à une Audi particulièrement avare en transmission de données au conducteur, c’est un réel bonheur de ressentir aussi bien l’auto sur la route. Aucun piège possible, la Volvo S90 T8 ne nous cache rien tout en nous offrant un agrément de conduite digne des meilleures.

C’est en tout cas d’abord en milieu urbain que la voiture montre ses talents de confort. Équipée ici de suspensions pneumatiques arrière, cette option s’est rapidement montrée indispensable. Malgré de grandes roues de 20 pouces l’absorption de toutes les imperfections de la route est impressionnante. Des routes pavées aux routes en travaux en passant par des routes instables ou non pavées, le confort est permanent. À l’avant comme à l’arrière, le résultat est surprenant. Si cette S90 était montée en pneus de 17 ou 18 pouces cette sensation de se déplacer sur un petit nuage serait sans doute encore plus exceptionnelle.

Mais comment fonctionne cette suspension arrière ?

On redécouvre la route et surtout un certain sens du confort grâce à cette suspension pneumatique arrière. C’est l’équipementier Monroe qui est derrière ce système d’amortissement dynamique. Ce système CVSAe a déjà fait ses preuves sur une quarantaine de voitures dont l’Audi Q3, la Mercedes-Benz CLS avec son système Airmatic ou le Dynamic Digital Suspension System (DSS) d’Infiniti. Sauf que Volvo n’en n’est pas resté là puisque les ingénieurs suédois ont remplacé le classique ressort à lames transversal par des réserves d’air séparées pour chaque roue arrière. Un calculateur vient alors gérer les réservoirs d’air pour s’adapter en continu à l’évolution des conditions de conduite, les paramètres de la suspension se réalignant dynamiquement toutes les 10 millisecondes afin d’offrir le meilleur confort de conduite. Et le résultat est bluffant.

Notons également que par souci de bien être à bord, la suspension pneumatique maintient en permanence la voiture à l’horizontal et à la même hauteur. Que la voiture embarque un conducteur, quatre passagers ou plusieurs centaines de kilogrammes de chargement, le système pneumatique de cette Volvo s’adaptera toujours pour conserver l’auto dans les meilleures conditions. Il suffit d’ailleurs simplement de positionner la voiture dans une descente et de quitter l’habitacle du véhicule pour très vite se rendre compte que l’arrière s’élève ou s’abaisse en fonction du nombre de personnes à l’intérieur : testé et approuvé.

Très bien, et comment se comporte la Volvo S90 T8 sur la route ?

En mode hybride, le moteur électrique et le moteur à essence fonctionnement individuellement. À basse vitesse, et jusqu’à environ 110 km/h, le moteur électrique actionne le train arrière. Avec une puissance de 87 ch et 240 Nm de couple les accélérations sont instantanées mais tout juste suffisantes pour propulser les 2 tonnes de la Volvo S90 T8 Twin Engine. Le moteur thermique prend alors le relai à la sortie d’un environnement urbain et permet d’exploiter pleinement les capacités de la voiture grâce aux 320 ch et 400 Nm délivrés sur le train avant.

La transition entre motorisation électrique et motorisation thermique est presque imperceptible. Douceur et fluidité sont au programme d’une conduite privilégiant le confort. En ville comme sur route ou autoroute, ce dernier est permanent et la puissance cumulée de 407 ch sort la voiture de toutes les situations avec beaucoup d’aisance.

Il est bien sûr possible de charger la batterie électrique grâce à la récupération d’énergie au freinage. C’est sur le tableau de bord digital de 12 pouces que l’on peut voir le niveau de recharge en fonction de l’intensité des freinages. Mais il est également possible de charger la batterie en roulant grâce au moto-alternateur couplé au vilebrequin du moteur thermique qui crée de l’énergie électrique. Un passage sur la tablette tactile centrale permet alors d’actionner cette fonction qui se révèle particulièrement pratique sur de longs trajets. En effet, afin de maintenir une consommation de carburant raisonnée, on peut charger par exemple la batterie sur autoroute afin ensuite de profiter pleinement de la motorisation électrique à l’abord des villes et ainsi baisser les coûts de carburant.

Par ailleurs, plusieurs points sont à noter concernant la consommation de sans-plomb. Avec 320 chevaux pour un moteur de 2 litres dans une voiture de 2 tonnes, le moteur thermique consomme autant de carburant qu’un sportif boit de l’eau à la fin du marathon de la Muraille de Chine. En ville, le moteur thermique monte aisément la consommation autour de 15 litres aux 100 kilomètres : d’où l’utilité de recharger la batterie en roulant. À l’inverse sur autoroute, la Volvo S90 T8 consomme entre 8 et 8,1 litres aux 100 kilomètres en fonction du vallonnement de la route. Raisonnable vu la puissance de l’auto mais ce qui est le plus remarquable est qu’il ne coûte que 0,1 litre aux 100 kilomètres en plus si on met la batterie en charge en roulant. Efficace pour éviter de rouler à l’essence en ville et découvrir le fond de son portefeuille.

En consommation mixte, s’il est vraiment compliqué de descendre aux 2 litres aux 100 kilomètres annoncés, comptez plutôt sur une moyenne réelle entre 7 et 8 litres de carburant aux 100. Avec une utilisation urbaine/semi-urbaine, une moyenne autour de 4,5 litres est atteignable sans trop s’arracher les cheveux.

Dans tous les cas, le réservoir de 50 litres se vide assez rapidement au vu de la facilité pour enchaîner les kilomètres. Le plus surprenant sur de longs trajets est d’ailleurs la performance du régulateur de vitesse qui, contrairement à bon nombre de concurrents sur le marché, ne surconsomme pas du carburant. Bien au contraire, il est même difficile de consommer moins d’essence lorsque cette aide n’est pas enclenchée. Le secret de Volvo ? Un régulateur plus intelligent que la moyenne puisqu’il s’autorise à dépasser légèrement la vitesse maximale définie par le conducteur en descente afin de conserver de l’élan dans la montée qui suit, ce qui réclame évidemment moins d’effort de la part du moteur et donc de carburant.

Dans toutes les situations, le comportement global de ce système est doux et rassurant. Il suffit de régler la distance précédent la voiture devant nous et la Volvo S90 T8 ralentit avec fluidité en cas de besoin. L’auto peut même s’arrêter et redémarrer seule, sans la moindre action du conducteur, ce qui est particulièrement pratique dans les embouteillages parisiens. Impossible cependant d’obtenir une autonomie totale de la voiture, il faut tout de même s’occuper de la direction dans cette situation.

T8 Twin Engine : deux moteurs pour deux fois plus de plaisir ?

Si vous êtes avides de sensations fortes et que vous souhaitez plutôt profiter d’un univers radicalement plus performant, il suffit d’actionner la molette de commande en alliage située sur la console centrale pour enclencher le mode Power. Les compteurs sur le tableau de bord deviennent rouges et on voit apparaître un réel compte-tours, mais rassurez-vous ce n’est pas tout. Cette fois-ci le moteur électrique fonctionne en parallèle avec le moteur thermique : les roues avant et arrière sont motrices. La suspension est raffermie, la direction est plus dure, la réponse aux pédales plus rapide et la motorisation est beaucoup plus expressive.

Les 407 chevaux s’expriment pleinement et propulsent l’auto de 0 à 100 km/h en tout juste 4,8 secondes. L’accélération est tout simplement impressionnante et le bruit du moteur thermique est réellement envoûtant pour un 4 cylindres. Mais ce n’est rien à côté du dynamisme et de l’agilité de la Volvo S90 T8 en virages. Non, ce modèle n’est pas seulement à l’aise en lignes droites et sur autoroute.

Le châssis de cette Volvo, basé sur la toujours très efficace plateforme SPA (Scalable Product Architecture), ne recule devant rien et enchaîne des courbes sans relâche. L’auto est collée au sol et nous ferait presque oublier ses 2 tonnes. Le freinage est à la hauteur, même s’il n’est évidemment pas le plus endurant du monde, et nous sommes propulsés dans un univers sportif que l’on pouvait peiner à imaginer de façon aussi radicale. La Volvo S90 T8 démontre un potentiel énorme qui place cette fois-ci le conducteur au centre de l’auto, lui procurant un plaisir de conduite immense sur des routes sinueuses.

Même la boîte de vitesses automatique Geartronic à huit rapports ne faiblit pas et devient un outil de joie au service de la performance grâce aux palettes fixes au volant. On lui regrettera cependant un léger manque de réactivité lorsque l’on met le pied au plancher en mode tout automatique, mais elle se rattrape dans toutes les autres situations. Déplacer si rapidement un véhicule avec autant d’aisance n’était pas gagné d’avance mais Volvo a relevé le challenge. Ainsi, même si son créneau de prédilection est le confort, la S90 T8 Twin Engine n’a pas à rougir en conduite dynamique et se place sans hésiter parmi les meilleures face aux berlines concurrentes hybrides.

Suprématie auditive

S’il y a un autre domaine dans le lequel Volvo surperforme, c’est celui du son. L’insonorisation est parfaitement maîtrisée, quelle que soit la situation. Le moteur thermique se fait très discret (au point de se demander parfois si l’on roule avec le moteur électrique), tandis que les bruits de roulement marquent les voyageurs par leur absence. Le silence s’impose comme un maître à bord, sauf dans trois situations :
– Lorsque l’on actionne le mode power et que l’on prend plaisir à jouer avec la puissance du moteur thermique
– Lorsque l’on souhaite profiter du toit ouvrant qui est malheureusement beaucoup trop bruyant, quelle que soit la vitesse de roulage
– Lorsque l’on allume l’extraordinaire (et je pèse mes mots) système audio Bowers & Wilkins.

Rien qu’à la vue, les caches des haut-parleurs d’aigus et de fréquences moyennes sont déjà remarquablement élégants grâce à leur confection en inox. Il en est de même avec les cônes jaunes qui se distinguent derrière ces grilles. Un ampli à 12 canaux, une sortie à 1400 W et pas moins de 19 haut-parleurs équipent ce système audio contrôlé par l’écran central. On y retrouve notamment un sub-woofer à l’air libre et un haut-parleur central tweeter on-top qui produisent un son d’une rare qualité pour les passagers à l’avant. Au-delà encore de la fiche technique, les ingénieurs sont allés jusqu’à mettre au point une technologie de transformation spatiale avec Dirac Research. Le résultat ? L’un des systèmes (si ce n’est le meilleur) audio les plus aboutis au monde dans sa catégorie.

Trois types de configurations audio sont proposées en fonction du son diffusé. On retrouve d’abord un mode « studio » au son parfaitement clair, précis et avec des basses prononcées. Imaginez-vous ensuite au beau milieu d’une foule en délire d’1,5 million de personnes sur une plage de Rio pour assister à l’un des plus grands concerts des Rolling Stones : c’est ce que le mode « scène » arrive à vous faire penser alors même que vous êtes au volant d’une luxueuse berline suédoise. Enfin, le dernier mode, et pas des moindres est le « Gothenburg Concert Hall » qui, comme son nom l’indique, reproduit l’acoustique de cette fameuse salle de concert. Ce dernier est probablement l’un des plus merveilleux pour la plupart des sons et il vous fait voyager dans un univers musical parallèle.

Honnêtement, tout comme les suspensions pneumatiques, ce système audio optionnel à 3400€ est un indispensable. Là où un système Bang & Olufsen échoue avec des basses peu intenses, Bowers & Wilkins nous livre sur un plateau des basses profondes et détaillées qui n’assourdissent pas. Nos oreilles continuent de nous remercier avec des aigus dynamiques mais surtout avec des mediums parfaitement bien séparés qui retranscrivent avec brio toutes les nuances des musiques. Vraiment, chapeau bas. Pour les plus pointilleux, on peut toujours se plonger dans les nombreux réglages individuels en fonction du type de musique écouté, mais il n’y a absolument pas de quoi être déçu des configurations « de base ». Oubliez cependant la musique diffusée en Bluetooth, et privilégiez Spotify ou encore des fichiers FLAC de haute qualité qui vous donneront envie de ne plus jamais éteindre le système audio.

Un savant mélange entre sécurité et voiture connectée

Durant un essai automobile il y a certaines fonctionnalités des voitures que l’on ne souhaite pas forcément tester, par souci de sécurité. Mais, parfois, l’imprévisible arrive sur la route et nous saute dessus. C’est précisément ce qui est arrivé lorsqu’un nid-de-poule a croisé ma route un 25 décembre à 22h. Avec des pneus taille basse de 20 pouces, l’incident n’est pas pardonné et la crevaison est instantanée. Sans pneu de secours et avec pour seul équipement un inutile kit anti-crevaison, un changement de pneu est indispensable afin de pouvoir reprendre la route.

Dans un tel contexte, deux solutions s’offrent à nous : paniquer et ne pas savoir quoi faire pour se sortir de cette situation, ou appuyer sur le bouton « On Call » situé sur le plafonnier de l’auto. Offert durant les 3 premières années de la voiture, Volvo On Call est un service d’abonnement proposant différents services sur une application smartphone (tableau de bord du véhicule, localisation de la voiture, verrouillage/déverrouillage des portes à distance, journal de conduite…) mais aussi une assistance 24h/24 et 7 jours sur 7.

Deux secondes de pression sur ce bouton embarqué dans l’auto démarre une mise en relation avec le service d’assistance. En moins de cinq secondes un conseiller nous répond, géolocalise notre position grâce au GPS du véhicule et prend entièrement en charge la situation. Quelques minutes plus tard, un dépanneur vient chercher la voiture, un taxi nous ramène à un logement et l’auto est remorqué dans un centre du réseau Volvo le plus proche. Entre temps un suivi par SMS est assuré avec les coordonnées de chaque intervenant. Tout est mis en œuvre pour se laisser guider en toute confiance. La qualité et l’efficacité du service On Call atteignent ici un niveau très élevé. Il n’y a en plus aucune raison de s’en priver après les trois premières années gratuites puisque l’abonnement est excessivement abordable au vu du service rendu : 40€ pour un an ou 66€ pour deux ans.

Des technologies par dizaines

Volvo ne s’arrête pas là et propose de nombreux équipements technologiques. Certains sont disponibles de série sur la S90, d’autres en options. On retient pour commencer les systèmes Apple CarPlay ou Android Auto qui permettent de relier son téléphone à la voiture et ainsi d’utiliser certaines applications pour profiter du contenu de son smartphone en toute sécurité. Tout n’est malheureusement pas parfait et l’incompétence de plus en plus frappante d’Apple aura mis en erreur plus d’une fois mon téléphone.

Impossible d’envoyer un SMS par commande vocale avec Siri, idem pour lancer un appel. L’application de navigation Waze aura aussi bien eu du mal à fonctionner. En effet, si j’avais le malheur de lancer Waze après avoir connecté mon téléphone à la voiture par câble USB, l’application affichait un écran noir et devenait inutilisable. Il est d’ailleurs toujours tristement impossible d’afficher Waze sur l’un des écrans du véhicule. C’est d’autant plus dommage que le système Sensus Navigation de Volvo est loin d’être à la hauteur du niveau de l’application mobile israélienne. À l’inverse, Waze est à présent fonctionnel sur Android Auto mais… impossible d’afficher la carte sur le tableau de bord ou l’affichage tête haute. Seul l’écran central de 9 pouces nous montre une carte qui oblige donc à quitter la route des yeux, dommage.

L’affichage tête haute est d’ailleurs d’une qualité notable. Aucune vitre transparente n’est nécessaire pour afficher des informations et le confort visuel s’en trouve grandement amélioré. Cependant, peu d’informations sont présentes dans cet affichage mais j’imagine que cela ne peut être qu’un parti pris de la part de Volvo afin d’offrir une présentation épurée qui ne perturbe pas la vision.

C’est d’ailleurs sur cet affichage tête-haute, mais aussi sur le tableau de bord digital, que sont projetées les limitations de vitesse. Extrêmement performant, un système de lecture de panneaux nous avertit en permanence des limitations, des interdictions de dépasser, etc. Ce système mélange une lecture optique des panneaux et un système de géolocalisation pour afficher les informations les plus précises possibles. C’est ainsi que les panneaux de signalisation temporaires ou de travaux sont également pris en compte. Même les panneaux « rappel » sont lus par le système et indiqués au conducteur. Il suffit ensuite d’associer la lecture des panneaux au limiteur de vitesse et vous pouvez être certain de ne pas vous faire arrêter par les gardiens de la route.

Dans un souci de visibilité, la Volvo S90 T8 Twin Engine est truffée de capteurs et de caméras qui offrent une vision aérienne à 360° afin de faciliter les manœuvres à basse vitesse. La qualité n’est toutefois pas impressionnante. Cependant chaque vue individuelle (arrière, avant et chaque bas de caisse) est nettement plus intéressante et permet de se garer avec précision. Les caméras sont situées sous les rétroviseurs, dans le logo de la calandre avant et sous l’ouverture du coffre arrière. Leur intégration est très discrète et très réussie.

Toujours en terme de clarté visuelle, je ne peux pas ne pas mentionner les phares LED avec correcteur dynamique de la portée accompagnés des feux de route adaptatif. Hormis peut-être le système d’éclairage laser, cette technologie Volvo met tout le monde d’accord en terme d’efficacité. Il est sincèrement déroutant de conduire en pleine nuit mais de ne presque pas en avoir la sensation tant les optiques éclairent l’environnement autour de nous. Plus surprenant encore, pas le moindre automobiliste ne se plaint d’être ébloui, le système s’avérant réactif pour adapter sa hauteur, sa puissance et son angle d’éclairage à la moindre détection de lumière. Décidément, Volvo nous offre une visibilité hors pair pour une sécurité optimale.

Bienvenue dans le monde de l’assistance

Ce n’est un secret pour personne, assurer la sécurité des voyageurs en voiture est la mission numéro 1 de Volvo et le constructeur a pour objectif de réduire à néant le nombre de mort ou blessé grave dans ses véhicules en 2020. Pour y parvenir le constructeur ne lésine pas sur les moyens et multiplie les technologies pour maximiser la sécurité.

Le système Volvo nommé Intellisafe regroupe la surveillance anti-angle mort, l’alerte trafic en marche arrière, l’alerte collision arrière avec freinage automatique à l’arrêt, l’alerte distance de sécurité, l’alerte de franchissement de ligne active, l’assistance à la direction avec la détection des animaux, des piétons, des cyclistes, des véhicules… La liste est longue et vient aider le conducteur dans de très nombreuses situations pour éviter l’accident ou l’atténuer s’il n’y a pas d’autre choix. Durant mon essai, le système Intellisafe a entièrement pris le contrôle de la voiture à deux reprises :

1/ En ville, lorsqu’un piéton a mis un pied sur la voie pavée pour rejoindre la porte conducteur de sa voiture ; la Volvo par prévention a immédiatement freiné, anticipant une potentielle traversée de la chaussée du piéton : très préventif, trop préventif ?

2/ En sortant d’un rond-point, une voiture était arrêtée sur un zébra d’arrêt de bus sur une voie latérale (non séparée par un terre-plein). Tout d’un coup la Volvo affiche un témoin sur l’affichage tête-haute, hurle à tue-tête, freine fermement et se déporte très légèrement à gauche. Je reconnais ne pas avoir compris ce qui se passait sur le moment. Mais toutes ces initiatives de la voiture m’ont fait éviter la porte conducteur du véhicule sur le bas-côté qui venait de s’ouvrir en empiétant sur la route ; très honnêtement il m’aura fallu jeter un coup d’œil dans le rétroviseur pour comprendre la situation tant tous ces événements se déroulent très vite.

À chaque fois tout se passe en l’espace de quelques dixièmes de secondes, littéralement. Je pense qu’il faut vivre ces situations totalement imprévisibles pour comprendre à quel point la rapidité et l’efficacité de ces technologies ne sont pas là pour effacer le plaisir de conduite mais pour nous protéger. Et chez Volvo, force est de reconnaître que leurs systèmes de sécurité ne sont pas seulement saisissants sur le papier, c’est aussi le cas en pratique.

Conduite semi-autonome : Volvo en avance sur Tesla ?

Si Tesla gagne sans hésiter au jeu de la communication, Volvo positionne aujourd’hui ses produits technologiques comme une réponse de poids face aux voitures californiennes. Les pilotes semi-automatiques de chacun des constructeurs font partie des systèmes les plus perfectionnés du moment. Tous deux atteignant un niveau d’autonomie de 2 sur une échelle de 5, ces systèmes supposent que le conducteur doit exercer une participation active à la conduite et le rendent responsable du contrôle, de la supervision et du comportement général du véhicule. La promesse de cette technologie ? Assister le conducteur sur l’accélération, le freinage et la direction.

Fonctionnelle jusqu’à 130 km/h sur la Volvo S90 T8 Twin Engine, il suffit d’actionner la conduite semi-autonome à l’aide des boutons de commande sur la gauche du volant. Une fois actif, un volant vert se distingue sur l’affichage tête-haute et le tableau de bord. Testé dans quasiment toutes les situations possibles, ce système s’appuie sur les lignes de circulation au sol et s’avère d’une rare efficacité :

• Sous la pluie
• Sous la grêle
• Avec un fort vent latéral
• Sur une route détrempée et face au soleil créant contre-jour
• Dans la nuit
• Dans la nuit et sous une forte pluie
• Avec une seule ligne blanche
• Avec des lignes jaunes de travaux
• Avec une ligne jaune à droite de la voie, une ligne blanche à gauche fortement effacée mais encore visible et une ligne jaune à quelques centimètres
• En ville, sans ligne blanche (mais avec des terre-pleins latéraux d’une dizaine de centimètres de haut)
• Sur des départementales avec une seule ligne centrale ou une ligne centrale et ligne en bord de route peu visible

Le Pilot Assist de Volvo est remarquable. Il gère toutes les situations et son comportement s’adapte même au cas par cas puisqu’il comprendra par exemple qu’un véhicule qui nous dépasse et se rabat brusquement devant nous roule plus vite, et donc il ne freinera pas fermement le véhicule.

Contrairement à Tesla, ses réactions sont beaucoup plus fluides, douces et confortables. Les changements de direction ne sont pas brusques, y compris lors d’un changement de voie en mettant le clignotant. Moi qui pensais que le constructeur américain de voitures électriques surpassait tout le monde avec cette technologie, j’étais loin d’imaginer que Volvo se montrait encore plus performant que Tesla malgré une communication beaucoup plus modeste. Même sur la voie de gauche du périphérique parisien un motard m’a remercié de lui avoir laissé de la place pour doubler… alors que c’est la voiture qui a tout fait. Là où Tesla affirme que l’Auto-Pilot centre mieux la voiture sur une voie de circulation qu’un Homme (ce qui n’a jusqu’à présent jamais été mon ressenti, autant sur le Model X que le S), Volvo fait mieux et gère l’imprévisible avec beaucoup délicatesse.

J’ai cependant un (énorme) reproche qui peut devenir dangereux. En effet, lorsque la voiture n’arrive pas suffisamment à lire son environnement elle désactive le Pilot Assit par sécurité. Jusqu’ici rien d’étonnant, au contraire. Sauf qu’à part la disparition du volant vert au tableau de bord, rien ne nous indique que le système se déconnecte. Pas le moindre son, pas la moindre vibration au volant. Rien. C’est évidemment regrettable mais peut-être est-ce une volonté de Volvo afin de nous forcer à rester vigilant ?

Le meilleur du haut de gamme, au prix Volvo

À partir de 82.860 € dans cette finition Inscription Luxe, notre modèle d’essai, avec ses options, atteint la coquette somme de 93.180 €. C’est le montant à dépenser pour accéder au meilleur de Volvo mais aussi du meilleur prix face aux concurrentes allemandes. En effet, à équipement équivalent la Mercedes-Benz E350e est 3.071 € plus cher tandis qu’Audi ne propose aucune motorisation hybride équivalente. BMW a le mérite de mettre en vente sa 530e pour 84.820 € mais… avec un intérieur nettement plus vieillot et des performances largement en-dessous, la faute aux 155 chevaux manquant. Seule la Lexus GS 450h se pose comme une réelle concurrente avec un équipement très complet et un tarif de 79.177 €. Finalement, peut-être qu’une de ses concurrentes les plus sérieuses est la Tesla Model S 75D qui, même avec une autonomie moins importante d’environ 150 km, délivre les mêmes performances et équipements pour 92.700€.

Cette Volvo S90 T8 Twin Engine s’attaque à une cible de clientèle assez réduite mais démontre ici tout son savoir-faire en plaçant sa berline parmi les meilleures de sa catégorie. Cette luxueuse suédoise n’est pas seulement une routière d’excellence c’est aussi une citadine silencieuse, un voiture rassurante et une mine de technologies. Plus encore, cette Volvo parvient à nous conduire aussi bien grâce au performant Pilot Assit que l’on prend du plaisir à la conduire pour apprécier notre voyage, quelles que soient les conditions.

Crédit photos : The Automobilist
Illustrations techniques : Volvo


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