Prise en main Skoda Karoq TDI 150

Le marché des SUV n’en finit plus de se diversifier ! Faisant écho aux Volkswagen T-Roc et Seat Ateca, la marque tchèque lance son alternative succédant officieusement au Yéti, baptisée Skoda Karoq. Avec son style rappelant le Skoda Kodiaq mais aussi sa modularité aboutie, ce SUV compact, plus petit qu’un 3008 mais plus grand qu’un Captur, a la lourde tâche de compléter la gamme tout en s’imposant sur le marché. Mission impossible ? Premiers éléments de réponse lors d’une courte incursion dans son pays natal, à Prague.

Nous avons bravé le froid de Prague afin de découvrir ce mini Kodiaq

Un Karoq sérieux mais sans forte personnalité

Plus petit que le grand frère Kodiaq, le Skoda Karoq en reprend néanmoins une grande partie des attributs de style. Ainsi, les doubles optiques frontales, les passages de roue anguleux, le pli latéral, ou les feux en forme de C créent un esprit de famille, le tout en rappelant également leur cousin le Seat Ateca si l’on s’attarde sur son profil. Si l’ensemble est homogène, hélas cela paraît malgré tout assez anonyme voire passe-partout.

Plus court de 9 cm que la star des SUV de segment C le Peugeot 3008, les 4,38 m du Karoq en font une version également plus compacte que son cousin de la Volkswagen Tiguan, long de 4,42 m. Son plus proche rival est finalement l’Ateca et ses 4,36 m, chacun partageant la même plateforme MQB. Côté site de production, il est à remarquer que l’Ateca et le Karoq naissent au même endroit, à Kvasiny en République Tchèque.

Le style du Karoq, finement protégé par des éléments de plastique noir tout autour de la carrosserie, est donc pensé pour convaincre le plus grand nombre. Sans réelle fausse note, il manque toutefois à ce SUV une certaine âme pour se démarquer d’une concurrence très féroce et où, justement, la personnalité semble décisive (3008, mais aussi Kadjar ou Tucson).

Un style peut-être trop sage pour se démarquer de la concurrence

A bord du Skoda Karoq

A l’intérieur, même constat. L’ensemble est bien assemblé et fait montre d’une bonne qualité de matériaux, mais ne propose hélas une ambiance assez neutre. N’attendez ni un i-Cockpit de 3008, ni les liserés de couleur d’un Ateca ! Ainsi, le conducteur comme les passagers se sentiront à l’aise, le Karoq offrant un très bon espace à bord et étant pourvu de nombreux rangements ainsi que d’un volume de coffre allant de 588 litres à 1841 litres -pour notre modèle équipé du système Varioflex (contre 521 litres à 1630 litres sans ce système).

Ce Varioflex est d’ailleurs là apporte une modularité bienvenue pour rendre pratique ce Karoq : 3 sièges arrière indépendants qui peuvent être retirés, et un choix d’agencement complet du coffre.

On trouve également dans ce Karoq nombre de technologies désormais habituelles dans le groupe VW telles que le virtual cockpit, un  écran tactile jusqu’à 9,7 pouces (8 pouces en entrée de gamme) avec la connectivité internet LTE, plusieurs services connectés, un régulateur de vitesse adaptatif, la surveillance d’angles morts, les phares full LED, l’amortissement piloté ou encore la boîte automatique DSG 7. La transmission intégrale n’est disponible que sur ce moteur 2.0 TDI 150 ch.

L’atout du Karoq est son offre en équipements – pratiquement identique à celle de son frère germanique le VW Tiguan – pour un tarif contenu. Articulée en 3 degrés Ambition, Business et Style, la gamme débute à 25 790 euros en 1.0 TSI 116 ch essence et débute à 32 890 euros pour un 2.0 TDI 150. 2 autres moteurs sont disponibles : 1.5 TSI 150 ch en essence, et 1.6 TDI 116 ch. 

Au volant du Skoda Karoq 2.0 TDI 150

Dans les rues de Prague, lieu de notre essai, notre modèle du jour, en 2.0 TDI, fait preuve d’un confort appréciable, tant auditif que dynamique. L’insonorisation est correcte, lorsque le moteur n’est pas trop sollicité, et les suspensions absorbent bien les pavés de ce qui est l’une des plus belles capitales d’Europe. En complément, la sellerie cuir offre un maintien satisfaisant et un bel aspect, tandis que la boîte double embrayage DSG déroule les rapports avec douceur et réactivité. Toutefois, l’on reste un cran en-dessous de l’onctuosité d’usage de la boîte 8 rapports de BMW testée sur le dernier X3.

Efficace sur la route mais sans réel tempérament

La position de conduite est idéale, offrant une bonne visibilité frontale comme périphérique, tandis que le virtual cockpit aide grandement à la compréhension du trajet programmé, évitant de longs coups d’œil sur la partie centrale du tableau de bord.

La DSG7 enchaîne les rapports de manière fluide et réactive

Ainsi configuré, notre Skoda Karoq s’est montré agile dans les rues étroites tandis que le TDI 150 ch s’est montré vigoureux, grâce à ses 340 Nm de couple, facilitant nos insertions sur autoroute.

Facile à vivre, sans défaut rédhibitoire, bien pensé : ce SUV remplit donc son office mais il manque clairement le petit quelque chose qui le fera se détacher de la concurrence. Est-ce là son unique problème face à une concurrence plus identitaire ? Ou au contraire, sur un marché encombré où les acheteurs pensent surtout à la revente, son homogénéité lui permettra-t-elle de se démarquer ?

Toujours est-il que, alors que les clients se détournent massivement des Diesel, il faudra confirmer nos impressions de conduite avec un essence 2-roues motrices pour mieux prendre le pouls de ce Skoda Karoq.

Conclusion

Prometteur à première vue, nous ne manquerons pas de publier un essai plus complet de ce Karoq d’ici les prochaines semaines afin de vous faire découvrir en long, en large et en travers, le potentiel de ce nouveau SUV compact.

Article et crédit photos : Fabien LEGRAND


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