Essai Range Rover Velar

Nouveau venu chez Land Rover, le Range Rover Velar vient s’inscrire dans un nouveau créneau, entre le Range Rover Sport et l’Evoque. Mais si le Velar vient combler un creux entre deux segments, nous sommes ici plus proche du haut que du milieu de la gamme. On le remarque d’ailleurs aisément en jetant un œil sur la tarification et en constatant qu’elle atteint des sommets : plus de 101.600€  pour notre modèle d’essai ! Le catalogue démarre toutefois bien plus bas mais il y a néanmoins matière à s’interroger sur les qualités de ce nouveau Range Rover. Le flacon vaut-il l’ivresse ? Réponse dans ces lignes.

Un style qui fait tourner les têtes

En termes d’allure, le Range Rover Velar fait une bonne synthèse des segments qu’il côtoie. Très imposant mais plus bas qu’un Range Rover Sport, dont il reprend le design pour ses projecteurs notamment. Il est en revanche beaucoup plus imposant et statutaire qu’un Evoque, auquel il va pourtant piquer certaines dynamiques de style, sur le vitrage par exemple.

Mais le Velar affiche aussi un grand nombre d’éléments distinctifs qui lui donnent sa propre identité. On pourra notamment apprécier sa fluidité générale, renforcée notamment par ses poignées qui rentrent dans la carrosserie, comme une Aston Martin, et confèrent un aspect épuré aux flancs de ce Range Rover Velar.

Ce dessin lui permet de jouer la carte du dynamisme esthétique grâce à la ligne tombante du toit, fuyant vers l’aileron, très bien intégré, et au contraste bien appuyé avec le vitrage latéral. Les faces avant et arrière sont mises en valeur par des feux très sculptés et des lignes musclées. C’est particulièrement le cas pour les versions R-Dynamic et Première Edition qui profitent d’un style plus sportif sur la face avant, mais ce n’est pas le cas sur notre modèle d’essai. Tous ces éléments donne un caractère puissant au Velar : ainsi pourvue, la configuration de notre modèle d’essai, portant une livrée Bleu Byron (936 €), est sobre et élégante.

Un intérieur exquis

Oui, à l’intérieur, le Velar est tout simplement exquis. Le cuir perforé “Oxford” (à 6518 €, quand même) aux tons blanc crème et noir offre un côté frais et agréable à l’habitacle. On s’y sent bien et l’odeur du cuir est délicieuse, comme chez Jaguar. Installé depuis le siège conducteur, l’ergonomie est excellente. On est bien assis, les réglages du siège sont faciles d’accès comme d’interprétation et, sur notre modèle, il est aussi possible de régler la pression des supports de lombaires.

Pour ce qui est des interfaces numériques, pas moins de 3 écrans sont à notre disposition : un tableau de bord entièrement numérique et deux écrans tactiles sur la console centrale, avec lesquels on peut contrôler l’intégralité des fonctions de la voiture. Et si cela fait beaucoup d’espace numérique à gérer, cela présente l’avantage d’avoir un accès immédiat à la climatisation et au GPS par exemple, ce qui n’est souvent pas possible ailleurs lorsque les boutons ont disparu. L’accoudoir central est large et confortable, parfait pour en profiter avec un passager, qui bénéficie lui aussi de tous les équipements de confort disponibles pour le conducteur.

Le velux du Velar

Au niveau des places arrière, bien que l’on soit installé confortablement et qu’un réglage de l’inclinaison du dossier soit disponible, on regrette le côté un peu ferme des sièges qui, il faut le dire, offrent un niveau de confort inférieur à celui des places avant. On trouve en revanche des buses de ventilation, deux écrans multimédia (option à 2351 €) avec des prises HDMI, USB, ainsi que Jack de très bonne facture à disposition dans les portières, un éclairage d’ambiance comme à l’avant, et une vue imprenable grâce à l’immense toit panoramique coulissant, en option lui aussi, pour la modique somme de 1779 €.

Le souci du détail

Plus on passe de temps à regarder les détails de cet intérieur très fourni, plus on remarque le soin qui leur a été apporté, que ce soit dans le choix des matériaux ou en ce qui concerne leur traitement. Le contraste de couleurs et de textures entre le cuir et les éléments noir laqué est ainsi des plus puissants. Tous les matériaux sont très agréables au toucher, sans exception, ce qui est remarquable. Même l’aspect des nombreux rangements, des commodos, des palettes au volant ou encore des lève-vitres a bénéficié d’une attention bien au-dessus de la moyenne. En bref, tout est fait pour que l’on se sente bien dans ce Velar.

Par exemple, le siège et le volant qui, à la manière d’un groom d’hôtel de luxe, s’écartent automatiquement pour mieux vous laisser rentrer ou sortir. La grande classe. Mais attention, vous aurez le droit a ce traitement de faveur uniquement si avez coché l’option « colonne de direction réglable électriquement », encore 416€ ici, dommage que ce ne soit pas disponible de série sur un tel modèle. 

Au volant du Range Rover Velar : tout en souplesse

La qualité perçue dans l’habitacle est de haut vol, couplée à une souplesse de conduite époustouflante qui sait redonner une certaine notion du plaisir de rouler. Le travail de la suspension pilotée pneumatique est réel et, sur de petites routes normandes, le confort atteint est surprenant en position moyenne et haute. On seulement commence à « sentir la route » en position basse. La course totale de la suspension est de 25 mm. Cette option apportera également le système Terrain Response et le contrôle de progression, pour la bagatelle de 867€, ce qui est très correct ici, au vu des gains en confort et en capacité tout-terrain.  Lorsque l’on vient chahuter un peu la bête, pour mettre a l’épreuve cette suspension, on est agréablement surpris par la stabilisation qui vient compenser le roulis avec efficacité.

Notre modèle est un Velar D300, soit un V6 Diesel bi-turbo de 300 ch et 700 Nm de couple. Ce bloc brille par sa souplesse, grâce à sa plage de couple maximale située entre 1500 et 1750 tr/min. Il offre des ressources puissantes et une coordination affûtée, avec la boîte de vitesses automatique à 8 rapports. Des rapports qui passent sans se faire sentir, d’autant que la boîte est capable de rétrograder sans imposer le moindre à-coup au moteur pour délivrer au mieux le couple fourni par le V6. Les dépassements deviennent alors un jeu d’enfant tant ils peuvent être rapides et explosifs, tout cela dans le calme et la souplesse de l’habitacle : un grand régal. 

Certes, ce Range Rover affiche un tarif plutôt salé, mais sa motorisation D300 V6 Diesel sait au contraire rester assez sobre avec une consommation de 10.7 l/100 km en moyenne pour la totalité de l’essai, qui aura été varié en termes de parcours et de types de conduite. On pourra sans aucun doute passer sous la barre des 10 l/100 km avec une conduite normale, ce qui est remarquable pour une voiture de 1950 kg bardée d’équipements divers.

Si le Velar offre un plaisir de conduite hors du commun, celui-ci n’est certainement pas taillé pour la conduite sportive. Car si le train avant est efficace et la motricité excellente, ce SUV est plutôt axé sur le plaisir de profiter de la route et d’avaler l’asphalte, même mauvaise. Je me suis surpris à prendre du plaisir en explorant à nouveau des routes que j’ai d’habitude horreur d’emprunter tant elles sont rudes. Le touché de direction est également agréable, plutôt précis pour un tel configuration. Le ressenti n’est pas des plus communicatifs en revanche, ce qui pourra parfois être frustrant mais cela a le mérite de contribuer au grand niveau de confort car très filtrant.

Un petit défaut pour le Velar ? Oui, un petit, les vibrations du moteur qui viennent parfois troubler la quiétude qui règne à bord lors des fortes accélérations. Ce n’est pas un show stopper mais la prestation offerte est tellement haute dans l’habitacle que l’on en vient à remarquer les moindres désagréments technologiques. 

Sur les grands axes, le confort à bord permet sans aucun doute de se préserver bien plus efficacement de la fatigue. On peut également profiter du système audio Meridian présent sur ce modèle d’essai, en option à 2507 €. Là encore, la qualité est au rendez vous, avec 12 hauts parleur repartis dans l’habitacle : le son est fidèle et chaleureux, le système montre une puissance de feu écrasante et ne cède pas au moindre grésillement. Du moins ça en a l’air, je n’ai pas pu dépasser les ¾ du volume pour ne pas risquer de devenir sourd !

Le Range Rover Velar qui sait rester polyvalent

Range Rover oblige, j’ai aussi emmené le Velar hors des routes bitumées et même hors des sentiers battus pour tester ses capacités de 4×4. Et, là aussi, il est plutôt convaincant. La masse du véhicule, quasi deux tonnes, est savamment mise au profit de la motricité. Alors que vous n’avez rien à gérer, il reconnaît et s’adapte à tous types de surfaces.  L’électronique s’occupe de tout et la transmission travaille activement pour que vous puissiez faire votre chemin. On arrive même très facilement à prendre de la vitesse et effectuer quelques figures de style. C’est très impressionnant pour un tel SUV, j’ai même pu sans difficulté faire demi tour dans un champ fraîchement labouré et franchement gras, dans le confort d’un habitacle très raffiné, encore une fois.

Conclusion

Vous l’aurez compris, nous avons été conquis par la prestation du Range Rover Velar. Ce SUV imposant, élégant et même raffiné séduit à chaque instant, par son style, son confort, ses aptitudes. Or, toute la question autour de cette auto tourne hélas autour de son tarif, qui pourra laisser songeur. La gamme D300 SE commence à 79.900 €, ce à quoi il faudra ajouter plus de 20.000 € d’options pour la configuration de notre modèle qui culmine à plus 100.000 €. A titre indicatif, un Mercedes-Benz GLE Coupé 350d (4Matic, V6, 258 ch, finition Executive) équivalent débute à 77 400 €. La tarification du Velar n’est donc pas si incohérente sur cette motorisation, qui lui va d’ailleurs très bien, mais on aurait aimé voir plus d’options disponibles de série dès l’entrée de gamme.

Ce que le Velar apporte sans aucune retenue en revanche, c’est un confort de route accompli, une qualité perçue quasi sans compromis, un style très abouti et une réelle polyvalence avec des capacités de tout-terrain qui vont au-delà de celles d’un simple SUV. Et, si le Range Rover Classic avait inventé le segment des 4×4 de luxe, l’on peut dire sans détour que ce Velar réinvente les codes des SUV premium. 

Crédit photos : The Automobilist


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