Essai Range Rover Evoque Cabriolet

On a souvent tendance à faire le raccourci entre Range Rover et des véhicules de franchissement bruts de décoffrage. Vous savez, ce Range antédiluvien du grand-père, qui passe-partout, un peu comme l’illustre et regretté Land Rover Defender. On a aussi souvent tendance à oublier que le moto de Range Rover est de franchir, certes, mais avec une certaine classe. Un style particulier. L’image rustique de la marque qu’on peut avoir en safari est complètement oubliée une fois dans un showroom. Il va se passer du temps avant que les modèles contemporains de celui de cet article ne finissent dans les champs, et cet Evoque Cabriolet en est l’exemple parfait. Nous allons découvrir au fil des kilomètres le plus atypique des véhicules du catalogue Land Rover.

La question que l’on peut d’entrée se poser est légitime : peut-on être à la fois un SUV, un coupé et un cabriolet ? Mais surtout, peut-on être bon dans tous les domaines à la fois ?

Chapeau melon et bottes de 20 pouces

Malgré le mauvais temps du début du mois d’août nous avions pris le pari risqué de prendre la route de la Normandie. Le générateur d’improbabilité infinie ayant joué en notre faveur, c’est donc sous un ciel normand radieux que nous avons découvert ce RRE (oui, le Range Rover Evoque). Les plus observateurs d’entre vous remarqueront l’arche de roue avant-gauche légèrement abîmée. Tranquillisez-vous, ce n’est pas le fait de votre serviteur qui, malgré une conduite digne d’un orang-outan sous stéroïdes, arrive encore à éviter les murs !

RRE : Rencontre du troisième type

Si vous êtes comme moi allergiques aux SUV, vous avez certainement de lourds a priori stylistiques les concernant. Le fait est que l’Evoque est un des rares SUV que l’on peut approcher les yeux ouverts. Et dans ce cas précis, plutôt grands ouverts même. Il me tape particulièrement dans l’œil en livrée Orange Phoenix. Mais soit, pensons à la revente, évitons le orange. Pour la petite histoire c’est bien la première fois que deux jeunes femmes m’interpellent, en roulant, sur le périphérique parisien pour me complimenter sur ma belle… hum… voiture.

Il est vrai que les designers de Land Rover ont bel et bien réussi le tour de main de faire passer un véhicule massif pour élégant. Ce modèle de démo était équipé du Black Pack Extérieur (option à 3673 €) incluant les boucliers noirs, les jantes 20 pouces noires, l’inscription sur le capot, l’entourage de calandre et des feux et antibrouillards assombris. Ces détails donnent à l’avant du véhicule un air sportif et une allure dynamique.

Allure dynamique qui perdure tout du long des 4,37 m du véhicule. Les lignes filent toutes vers l’avant de la façon la plus simple possible, la ligne droite. Les arches de roues lui donnent un air bodybuildé, on en oublie presque les enjoliveurs d’arches de roues en plastique noir. Même si visiblement, leur présence a évité à son ancien essayeur de rayer la carrosserie.

Glamour or not glamour ?

Malheureusement, cet Evoque n’est réellement sexy que lorsqu’il est décapoté. Mais qu’un SUV cabriolet arrive à être qualifié de sexy est déjà un exploit en soit ! Le filet anti-remous ne joue pas en sa faveur non plus mais il est indispensable pour la conduite extra-urbaine. Nous reviendrons sur celle-ci plus tard.

Avec ces 2,09 m de large rétros déployés, notre star à un arrière train « kardashianesque ». Par le volume du moins, et globalement son manque de discrétion. Mais il est d’une élégance que la pop-star susnommée a rarement, voire jamais, atteint. Même si pour ma part, j’éviterais d’ouvrir un compte Snapchat à cet Evoque de peur d’y voir fleurir des selfies.

On retrouve encore une fois le bouclier et l’inscription Range Rover en noir sur cette face arrière. Les feux sont plutôt sympathiques et bien intégrés. Les lignes sont simples, pas de fioritures ici. Seul bémol, et pas des moindres, les deux fausses sorties d’échappement en dessous du bouclier qui sont à la limite du mauvais goût. Est-il nécessaire de rappeler qu’une ex Spice Girl a été Design Consultant pendant la phase de design de l’Evoque ?

A l’intérieur, ni tweed ni thé !

Même si le RRE a des capacités de franchissement certaines, l’habitacle n’est quant à lui pas conçu pour la vie provinciale. Les tongs pleines de sable sont envisageables depuis l’invention de l’aspirateur mais les bottes pleines de boue devront rester loin des tapis et de la sellerie. Cela dit, une fois que vous avez payé la facture, libre à vous de tout saloper !

Les garnitures de portes sont simples et sobres. Recouvertes de cuir noir assorti à la sellerie. On retrouve sur la porte conducteur les commandes de mémoire de position du siège ainsi que les lève-vitres et boutons de réglages des rétroviseurs. Le cinquième bouton vous permet de lever ou abaisser toutes les vitres en même temps, comme au bon vieux temps de l’Avantime.

La sellerie cuir a une belle allure sportive. Le maintien est au top. La poignée sur le haut rabat le siège, l’autre commande électrique sert à faire avancer ou reculer le siège. Pour faire monter vos compagnons de route, faites preuve de patience.

Just tea for two. Just two for tea.

Puisque nous somme sur le sujet des places arrière, les sièges arrière sont juste là pour ne pas que la tôle soit à nue. L’habitabilité arrière est anecdotique pour toute personne ayant dépassé 6 ans et possédant encore ses jambes. Même s’ils ne seront pas riches en espace, vos passagers le seront en rangement ! On retrouve un filet derrière chaque siège et un petit vide poche au-dessous de la ventilation arrière. La banquette arrière est tout de même isofix. On retrouve un accoudoir central, pour poser vos coudes donc. Ou vos skis, par la trappe à ski.

Il est important de noter, pour appuyer le côté anecdotique de ces places, que l’installation du filet anti-remous va rendre inutilisable les dites-places, puisqu’il se pose juste au-dessus des places arrière. Le confort sur route s’en trouve grandement amélioré. Autant par l’absence d’enfants à l’arrière que par l’effet du filet lui-même. Même s’il est superfétatoire jusqu’à 70 km/h.

Revenons à l’avant où, comme dit précédemment, on est bien assis. Le maintien est au top. La planche de bord est simple et lisible. Le bloc compteur vous propose une aiguille pour votre vitesse et une pour celle du moteur. La partie centrale est un écran LCD pouvant vous donner, au choix, des infos sur votre trajet, la voiture ou la navigation GPS.

Du classique Range Rover

L’ensemble du tableau de bord est un classique Range Rover. Planche de bord recouverte de cuir, console centrale habituelle, sur laquelle on retrouve les commandes de climatisation, frein à main, levier de vitesses et audio. Le volant quatre branches est également un classique, avec sur la gauche les commandes Bluetooth et de régulateur sur la droite.

Côté info-divertissement, on retrouve l’écran 10 pouces que l’on apprécie tant. Réactif, efficace et intuitif. Ici le passager et le conducteur peuvent regarder deux programmes différents. Niveau audio, le système Meridian est toujours bon sans être exceptionnel. Riche en basse, très correct en aiguës mais manquant cruellement de profondeur dans les médiums.

Je vous proposerais bien de baisser le son et de profiter d’un autre type de mélodie, mais le 2,0 L TD4 180 ch de ce RRE n’a pas la sonorité dans la liste de ses atouts…

Sac à main motorisé

Niveau rangements, on retrouve un petit vide poche sur la console centrale et une boîte à gants d’un volume plutôt mince. Mais là où le bât blesse, c’est bel et bien la capacité du coffre. Avec ses 251 litres de coffre, auquel on peut soustraire le volume du filet anti-remous, qui une fois replié doit bien être stocké quelque part.

La route, amicalement vôtre

Ce Range Rover Evoque est équipé du même moteur que sur la Jaguar XE que nous avions essayée précédemment. Un 2,0 l diesel Ingenium de 180 chevaux et 430 Nm de couple. Par rapport à cette XE, la prise de poids est nette. L’Evoque atteint les 2037 kg, à vide ! Moi qui m’attendais à pouvoir copier-coller le chapitre sur le comportement moteur d’un article à l’autre, je vais devoir bosser.

Niveau baie moteur, rien à redire. Les différents bouchons de remplissages et la jauge d’huile sont accessibles. Le remplissage AdBlue se trouve au niveau du tablier sous la baie de pare-brise. Sur notre trajet Paris-Honfleur, l’Evoque s’en est tiré à 7 l/100 km. En cycle urbain, si vous avez une conduite un tantinet dynamique vous n’aurez pas de mal a flirter avec les 8 l/100 km.

N’est pas danseuse étoile qui veut

Étrangement cet Evoque semble peu pataud. Il s’arrache du sol sans trop de mal et avec une certaine grâce. Malgré certains redémarrages lors de l’utilisation du start&stop soient un peu abrupts, la conduite est très agréable. En conduite souple, du moins. Ni à-coups ni soubresauts. La direction est ferme, tout comme la pédale de frein. Notre RRE se montre agile car malgré son poids, ses dimensions restant assez contenues.

La tentation de mettre pied au plancher dès l’approche d’une route sinueuse est toujours grande… Dans ce cas précis ce n’est pas sans une certaine retenue qu’on commence à attaquer les apex. Et pourtant… on est assez vite surpris. Dans le bon sens. Même si le moteur manque un tantinet de puissance à mon gout, il est pourtant suffisant à une conduite « dynamique ».

Dans ces conditions, on peut vous confirmer sans tressaillir nos impressions en urbain, la direction est nette et précise. Le retour d’informations du volant est impeccable. Le châssis est sain. On a aucun souci à lire la route d’après les mouvements du châssis. Cet Evoque n’a donc aucun mal à nous faire oublier son embonpoint. La seule réponse du RRE à une prise de virage un peu rapide est un léger sous-virage plutôt sain. Même limité par les 180 ch, le rythme est agréable.

Cela dit, ne nous méprenons pas, ce n’est pas une voiture de sport.

Flocon, cactus ou sapin ?

Comme vous avez pu le voir, nous avons essayé de rouler en dehors des sentiers battus. Dans un souci de sauvegarde de l’intégrité structurelle du véhicule, nous avons évité les franchissements extrêmes et nous nous sommes cantonnés aux chemins de terre et aux champs. A priori le système Terrain Response, dont les commandes se trouvent sur la console centrale, devrait s’occuper de tout à votre place.

Explications. Nous avons une rangée de quatre boutons qui sont les modes standard, herbe/graviers/neige, boue et ornières. Respectivement représentés par un dessin du véhicule, puis un dessin du véhicule accompagné d’un flocon, puis d’un sapin et enfin d’un cactus. Vous voilà donc à l’arrêt, en mode standard, dans un champ aménagé en parking pour l’été. Vous passez en Drive le véhicule avance doucement jusque la première petite ornière, puis plus rien…

La plus courte réponse est l’action

Avant de sombrer dans une panique profonde, pensez Terrain Response ! En effet vous n’avez pas dépensé plus de 72 000€ pour tout faire vous-même… ! Nous engageons donc le mode herbe/gravier en appuyant sur le bouton flocon et le véhicule reprend sa lente mais inexorable marche vers l’avant.

Ce système reste une aide au franchissement. Le moteur et la transmission s’adaptent au type de route demandé, mais le véhicule ne franchira pas tout, tout seul. Les obstacles un peu plus ardus que les autres demanderont une intervention de la pédale d’accélérateur. Et bien évidement la direction reste sous contrôle du conducteur (heureusement).

L’Evoque Cabrio, ironie ou génie ?

La conclusion sur ce véhicule est assez difficile… En effet, cet Evoque est superbe. Agréable à rouler et à vivre. Il attire l’œil et vous fait sourire vous, autant que les gens qu’il croise. Pour résumer, nous avons un SUV qui a de réelles capacités tout terrain, un comportement routier sympathique et qui en plus est cabriolet. Il semble que nous ayons trouvé la machine parfaite. Si je devais être demain à la tête d’une dictature éclairée communiste, j’en ferais la seule et unique voiture du régime, pour tous !

Cela dit, il y a un gros frein à cette utopie, le prix. Pour vous payer ce Range Rover Evoque Cabriolet HSE Dynamic TD4 Diesel 180 ch automatique AWD, il vous faudra débourser 63 500€. Le modèle présenté, avec options atteint 72 313€ ! Ce tarif remet les choses en perspective. 72 000€ pour une voiture fun, quasi deux places et avec un coffre rikiki.

Le cœur ou la raison

Évidement, si dans votre critère de recherche vous avez les mots clés « SUV », « cabriolet » et « coupé » cet Evoque est fait pour vous. Faute d’autres choix… Si jamais vous êtes plutôt en recherche d’un « simple » cabriolet fun pour partir en week-end à deux… là malheureusement, il y a de la concurrence. Qu’elle soit Allemande avec la SLC, Japonaise avec la 370Z, la MX-5 qui n’est plus à présenter ou sa cousine Italienne Vénéneuse. Voir si réellement vous voulez rester chez nos amis grand bretons, une Mini Cooper ou encore une F-Type Roadster en 4 cylindres ?

Même si la plupart de ces véhicules sont motorisés par des moteurs essence, ils restent quasiment tous bien moins chers. Faites la différence et mettez cet argent de côté pour le carburant et l’apéro ! Si malgré tout ça vous êtes toujours en train de trépigner en gémissant « Mais moi je voulais un Range ! Zut ! » ou que les montagnes enneigées sont plus vos terrains de jeux que les plages, cet Evoque est superbe. Vous pouvez y aller. L’Evoque devrait être mis à jour sous peu. Nous espérons juste que Land Rover continuera sur sa lancée avec un modèle Cabriolet !

Crédit photos : The Automobilist


Commentaires

Plus d'articles