Prise en main Ford Fiesta Vignale

Après nos essais de la nouvelle Ford Fiesta en version normale comme en version ST-Line 140 sur le circuit du Castellet, et en attendant une première approche de la sportive ST de 200 ch, nous avons pu prendre en main la Fiesta dans sa définition Vignale. Avec ses chromes, ses cuirs et ses monogrammes distinctifs, elle représente le haut-de-gamme du best-seller de Ford. Que cache le vernis chic de cette Fiesta : nous a-t-elle déçus ou convaincus ? Direction le soleil d’Aix en Provence au volant d’une Fiesta Vignale dotée du bloc essence Ecoboost 1.0 l de 100 ch couplé à la nouvelle boîte automatique 6 vitesses.

Que vaut la Fiesta en finition Vignale ? Réponse ci-dessous !

Vignale : le vernis de l’histoire

Avant de commencer cette prise en main, une légère mise au point sur ce qu’est la finition Vignale. Ford l’a lancée il y a 4 ans, d’abord sur la Mondeo, puis les SUV Edge et Kuga ainsi que le S-Max, avant de la faire « descendre » jusqu’à la nouvelle génération de Fiesta. Griffe voulue haut-de-gamme, Vignale est aussi un clin d’œil assumé à la Carrozzeria Vignale, fondée en 1948 par Alfredo Vignale. A la tête de son officine de design et de carrosserie, le carrozziere crée des robes uniques à de belles italiennes, notamment des Lancia, des Ferrari, des Fiat et des Maserati.

Ayant travaillé précédemment à la Stabilimenti Farina, devenue Pininfarina, on doit à Alfredo Vignale les premiers véhicules monocoque sans cadre. A la tête de la Carrozzeria Vignale, il va signer le design de voitures produites en série comme les Maserati Mexico et 3500 GT Spyder, et commence en 1961 à produire ses propres voitures sur base Fiat à Grugliasco, une usine qui produit aujourd’hui les Maserati Quattroporte et Ghibli.

Hélas pour lui, sans descendance, Alfredo Vignale cède ses activités en 1969 à Alejandro de Tomaso, qui fusionne la carrozzeria à la griffe Ghia. Cette dernière, très proche de Ford, est reprise par le constructeur américain en 1973 et en devient le bureau de style avancé. Les premières esquisses de la « Bobcat », la future Fiesta, se dessinent déjà… et Vignale devient ainsi propriété du géant de Dearborn.

Les plus Fordistes d’entre-nous le savent : Ghia a longtemps été la signature des modèles haut-de-gamme de la marque, jusqu’au milieu des années 2000 où Ford l’abandonne. Puis, en 2013, la belle endormie est réveillée et Vignale revient à la vie, sous le concept d’une finition supérieure avec des matériaux choisis, permettant à Ford de proposer, comme Renault avec ses Initiale Paris, un « access-premium » afin de suivre la tendance du marché, qui voit les constructeurs généralistes pris en tenaille entre les low-cost et les marques premium.

Vignale : vernis supérieur pour la Ford Fiesta

A l’occasion du lancement de la 7e génération de Fiesta, Ford a décidé -judicieusement, si l’on regarde les ventes qui sont dans le vert– de démultiplier sa gamme et de proposer des versions pour tous les goûts : ST-Line pour les sportifs, Active pour les baroudeurs, Titanium pour les fans de technologie et Vignale pour ceux qui veulent une citadine chic. Pour parvenir à se distinguer de ses consœurs, la Fiesta Vignale se dote, extérieurement, de badges Vignale disposés sur les ailes, d’une calandre spécifique ou encore de jantes alliage 17 pouces à 10 branches ou, telles que présentes sur notre modèle d’essai, des 18 pouces à 8 branches chromées – en option à 300 euros.

A l’intérieur, l’habitacle n’est pas révolutionné mais harmonieusement équipé d’une agréable sellerie en cuir/tissu, d’une coiffe de tableau de bord tendue de cuir, d’un bandeau à la discrète couleur prune ainsi que des tapis de plancher en velours. Si vous souhaitez pousser l’expérience encore plus loin, les sièges cuir Windsor à motif hexagonaux et couleur prune sont également disponibles pour 700 euros.

La valeur ajoutée d’une telle finition – 2650 euros plus chère qu’une finition Titanium – se situe également aux niveaux des équipements, avec le système SYNC 3 à écran tactile de 8 pouces, le système sans clé KeyFree ou encore les vitres électriques arrière.

Sous réserve d’apprécier l’abondance de chrome sur les jantes, le style de cette Fiesta reste dans la continuité de ce qui est proposé sur les autres modèles de la gamme, tout en restant fidèle à sa base.

Si l’on exclut les jantes optionnelles, le style de la Vignale reste sobre

Quid maintenant du comportement routier sur cette version 1.0 Ecoboost de 100 ch et équipée de la nouvelle boîte automatique à 6 rapports ?

Fiesta Vignale : une citadine bien vernie

Avant toutes choses, ayant été propriétaire d’une Fiesta EcoBoost de l’ancienne génération, il me tardait de vérifier si ses atouts – le toucher de route, le dynamisme et la facilité d’utilisation au quotidien – étaient toujours présents. Sur notre version de prise en main, nous retrouvons donc le 3-cylindres turbocompressé de 100 ch introduit lors de la précédente génération.

Contact mis, ce dernier délivre toujours une sonorité agréable et lors des premières accélérations, le pep’s qui animait sa devancière est toujours là. Il développe 170 Nm de couple, largement suffisant pour que la petite puisse s’insérer comme s’extraire du trafic urbain sans trop de difficultés.

Petit mais toujours aussi costaud ce 1.0 Ecoboost 100 ch !

Une fois sortis du cadre citadin, le duo boîte/moteur peut enfin s’exprimer. C’est d’ailleurs une des nouveautés mécaniques introduites sur la nouvelle Fiesta. Remplaçante de la boîte double embrayage 6 rapports, cette nouvelle boîte automatique à convertisseur de couple 6 rapports est uniquement disponible avec le 1.0 100 ch Ecoboost. Ainsi pourvue, la Fiesta offre un bon rapport entre agrément au quotidien, performances et consommation.

Le combo moteur + boîte idéal pour partir hors de villes sans contraintes

La boîte automatique 6 rapports sait rendre le moteur discret et adopter le régime le plus adapté pour une conduite coulée. En revanche, haussez le ton et elle montrera ses limites avec un rétrogradage un poil trop tardif. Ce n’est toutefois pas sa vocation première que d’être sportive, si bien qu’elle conviendra parfaitement à 90 % des utilisations.

Le plein de technologies

A contrario de cet excellent duo, le choix des jantes 18 pouces reste à justifier. En cause, le feeling de direction qui a fait preuve une certaine lourdeur lors de notre essai. En effet, les jantes de 18 chaussées en 205/40 n’y sont pas étrangères et altèrent l’expérience, tandis que l’alerte de franchissement de ligne n’arrange rien en parasitant le tout.

Toutefois, il s’agit là de la seule option technologique que l’on peut estimer dispensable. Les autres équipements constituent de réels atouts pour cette nouvelle Fiesta, et renforcent sa montée en gamme. C’est le cas de l’éclairage intelligent des feux de route (ils s’adaptent aux véhicules d’en face pour ne pas les éblouir), du régulateur de vitesse adaptatif, de la surveillance d’angles morts ou encore de la reconnaissance des panneaux.

La Fiesta chic et distinguée

Dans son Dictionnaire du Français non conventionnel, Alain Rey estime que, par le passé, lors des expositions, les tableaux vernis avaient plus de chance que ceux qui ne l’étaient pas. Par extension, dans le langage courant, les peintres « vernis » étaient « chanceux » et une personne « vernie », un(e) veinard(e). Habillée de cette finition Vignale, on peut dire que la Fiesta est, elle aussi, vernie. Chic tout en étant efficace sur la route – si l’on reste avec les jantes de 17 pouces – elle offre une expérience de conduite à la hauteur des attentes pour un tarif s’étalant de 19.300 euros en 1.0 Ecoboost 100 ch à 22.900 euros en 1.5 TDCi 120 ch. Notre version, en 5-portes BVA, se négocie à partir de 21.725 €.

Et puis, si la passion prend le pas sur la raison et que la puissance vous manque, la version ST Line 140 ch aura visiblement de quoi vous donner le sourire, à rythme plus soutenu selon notre essayeur, aussi bien sur la route… que sur circuit.

La finition Vignale apporte son lot de distinction et d’équipements spécifiques

Article : Fabien Legrand
Crédit photos : Ford France / Fabien Legrand


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