Véritable ovni dans le paysage automobile Français, la découverte de la déclinaison radicale du pickup F-150 – baptisée Raptor – est de ces invitations suscitant envie et curiosité. Ni une ni deux, nous avons pris la direction du circuit de la Ferté Gaucher – déjà utilisé pour les Performances Days – afin de mieux approcher et juger des capacités de ce monstre mécanique engendré par Ford.

The Beast : massif, viril et populaire

Comment un tel engin peut-il susciter de la curiosité ? Tout simplement parce que le F-150 est le modèle de base non commercialisé en France (nous l’avions essayé ici). Il faut dire qu’avec de telles proportions, l’engin n’est clairement pas destiné à nos routes nationales et encore moins à nos villes et leurs rues étroites. Si toutefois la passion prend le pas sur votre raison, il vous en coûtera entre 90 000 et 100 000 euros en fonction des équipements pour acquérir ce dernier en import.

Non, le cœur de cible du F-150 est le reste du monde – US en tête – avec 55 000 unités vendues par mois dont 1000 Raptor. Ce pickup, dont le 1er modèle est apparu en 1948, fait dorénavant parti intégrante du paysage Américain, en étant tout simplement le modèle de pickup le plus vendu sur ce territoire depuis 1981.

Faute de réelle concurrence, le F-150 en est à sa 13ème génération issue du concept-car Atlas présenté en 2013 au salon de Détroit. Le pickup s’est vu allégé de plus de 300 kg grâce à un recours massif à l’aluminium et apporta son lot de mises à jour technologiques en plus d’un design marquant.

Relativement peu sale, cette couleur bleu sied bien au Raptor

Vraiment ? Oui, car le moins que l’on puisse dire c’est qu’à côté du Ford Ranger – que nous avions testé précédemment – ce dernier fait office de modèle réduit.

Avec une longueur de 5 mètres 58, une largeur de 2 mètres 45 et une hauteur de 1 mètre 99, ses proportions m’ont fait passées pour un enfant malgré mon bon mètre 80 ! Et que dire de cette gueule béante, ce gigantesque logo FORD sur la calandre ou encore les pneumatiques en 315/70 qui viennent exagérer et renforcer l’aspect massif du véhicule ?!

 

Illustrant parfaitement le proverbe « l’habit ne fait pas le moine », le F-150 Raptor cache très bien son jeu sous ses airs massifs. Affichant un poids « plume » – pour cette catégorie – de 2 tonnes 5, celui-ci devient aussi vif qu’un guépard dès que le V6 Ecoboost de 3.5 l développant 450 ch se trouve sollicité. Avec pas moins de 510 Nm de couple disponibles, le Raptor peut alors abattre l’exercice du 0 à 100 km/h en 5.3 s et peut aussi tracter 2 tonnes 7, enterrant définitivement les clichés.

Amélioré de toutes parts, avec un poids allégé de 500 kg, des amortisseurs FOX dotés d’absorbeurs de chocs plus grands ou encore des pneumatiques BF Goodrich KO2 dédiés, le Ford F-150 Raptor semble être le véhicule ultime.

Les améliorations technologiques font du Raptor un fauve agile et vif

Mais pourquoi faire finalement ? Il faut savoir que la clientèle ciblée pour ce genre de véhicule, est cadre ou entrepreneur. Celle-ci cherchant avant tout le côté pratique du tout terrain, l’aspect familial – avec la capacité d’embarquer 5 à 6 personnes – ou encore la sportivité d’une Mustang sans pour autant faire une concession sur la qualité perçue. Si sur le territoire US, le prix moyen au catalogue d’un pickup est de l’ordre de 32 000$, le prix de transaction dépasse souvent 40 000 voire 50 000$ pour les modèles plus luxueux (finition Lariat pour le F-150). Le Raptor est affiché entre 50 000 et 60 000$.

Reste que pour ce tarif, le constructeur Américain vous propose un pickup bardé d’options avec le Hill Assist Control, la caméra 360°, le système SYNC de 3ème génération incluant un écran tactile de 8 pouces, l’aide au maintient en ligne, la détection des piétons, les phares et essuie-glaces automatiques ou encore les sièges chauffants et ventilés. Cerise sur le gâteau, la qualité de finition et d’assemblage est à la hauteur (les clichés américains ont la vie dure) !

Si le Raptor semble concilier beaucoup d’aspects, qu’en est-il de son comportement routier ?

The Beauty : soigné et respectueux

Confortablement installés dans les sièges en cuir au bon maintient latéral, nos passagers sont également traités avec respect, disposant d’un espace aux jambes satisfaisant tandis que la benne offre un volume de 1495 litres, suffisant pour charger votre matériel comme une moto.

De quoi y loger votre matériel ou votre équipement!

Top départ pour une prise en main de 30 minutes montre en main ! Lâché au sein des pistes de terre du circuit de la Ferté Gaucher, c’est en toute impunité que le moteur Ecoboost feule dès le démarrage. Si la sensation d’évoluer au-dessus du moindre obstacle se dressant sur notre chemin est plaisante, le gabarit du véhicule et son immense capot, nous posent rapidement des problèmes après avoir grimpé sans difficulté les premières buttes.

Non, l’angle de cette photo n’a pas été retravaillé!

Si être haut perché est appréciable pour admirer la vue, savoir où l’on va par la suite relève du défi. Fort heureusement, la caméra frontale est là pour nous aider à amorcer la descente en douceur, aidé par le Hill Assist Control.

Sans cette caméra, il est impossible de voir où l’on va. Un comble vu la hauteur d’assise!

Retour au plat avec des belles lignes droites qui s’avèrent idéales pour tester la réactivité du Raptor. La pédale d’accélération est assez chatouilleuse pour lancer le pickup à vive allure tandis que la boîte automatique 10 rapports (développée avec GM) enchaîne les vitesses sans le moindre à-coup. Malgré une surface accidentée, le train avant encaisse sans broncher les à-coups tandis que le train arrière vient se replacer instantanément, réduisant les mouvements de caisse au strict minimum.

La boîte 10 rapports est fluide et réactive

Le sourire rapidement trouvé vint cependant s’estomper lorsque l’on aperçu une énorme bosse de terre nous faisant craindre un heurt des plus violent.

Et pourtant, dans un calme olympien, notre instructeur nous ordonne de freiner une seule fois de manière prononcée – nous laissant moyennement convaincu sur le mordant du freinage – puis de relâcher la pédale afin d’encaisser le monticule sur notre lancée. Et à cet instant, un miracle s’est produit grâce à la capacité d’absorption des chocs du Raptor. Les amortisseurs FOX Racing Shox que l’on pouvait apercevoir en observant les passages de roues, s’avèrent bluffants.

Le travail effectué sur l’amortissement est tout simplement bluffant

Autre défi relevé par le Raptor, hausser le rythme sans pour autant sacrifier la motricité. Les différents modes de la boîte automatique sont alors là pour recalibrer le moteur, la transmission, le freinage ainsi que le contrôle de stabilité.

Entre les modes normal, pluie, boue/sable, Baja, rochers, confort et sport, le best-seller de Ford saura répondre présent à chacun de vos caprices.

Petit focus sur le mode Baja qui permettra de raffermir la direction ainsi que le freinage – offrant plus de mordant – tout en augmentant la réactivité du moteur et du contrôle de châssis. C’est donc lancé comme une fusée que nous avons pu enchaîner les virages – grâce également à l’action du Torsen – dans la terre sèche comme humide avant de revenir sur un terrain plus propice à un usage quotidien.

Car oui, le Raptor peut aussi être utile pour la vie de tous les jours sans faire sombrer vos finances dans le rouge, avec certes une consommation de 14 l/100 mais aussi une valeur résiduelle à 87,8% de son prix initial, après 2 ans. Avouez que pour ce rapport poids/puissance, c’est là encore une belle prouesse de Ford !

Un monstre inarrêtable, voilà comment qualifier le F-150 Raptor

Après un tel essai, on peut comprendre pourquoi le Ford F-150 reste un best-seller aux US et encore plus ce qui peut séduire la clientèle du Raptor. Ce dernier a effectivement tout pour plaire entre sportivité, praticité, sécurité et confort, difficile de résister à l’appel de ce mastodonte talentueux.

 Article et crédit photos : Fabien LEGRAND

 


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