Arrivée au moment du restylage opéré en 2015, la DS 4 Crossback est le pendant crossover-baroudeur de la compacte DS 4. Au programme, une garde-au-sol supérieure à cette dernière, et des protections plastiques tout autour de la carrosserie ainsi que de discrètes barres de toit. C’est en apparence suffisant pour se différencier d’une « simple » DS 4, mais ce n’est pas assez pour passer pour un véritable SUV, comme le sera le DS 7 Crossback. Qu’en est-il de ses capacités réelles ?

Pour faire vivre la DS 4 Crossback en attendant son grand-frère prévu pour 2018, DS ponctue le catalogue d’éditions et de teintes spéciales : Moondust récemment, et donc auparavant Terre Rouge. Profitant d’une finition mate, qu’apporte cette série limitée à 500 exemplaires ? Nous allons le découvrir maintenant !

Cette série limitée Terre Rouge est-elle intéressante ?

Le style : rouge de plaisir ?

Restylée il y a bientôt deux ans, la DS 4 a vu sa carrosserie muer en deux variantes : l’une qui continue de jouer les coupés compacts, tandis que l’autre a des prétentions plus orientées Crossover. Pour le reste, la Crossback reste une DS 4, à savoir une compacte de 4,30 m avec une calandre à l’identité DS –et donc dépourvue de toute mention à Citroën. Celle-ci arbore un design travaillé subtilement, notamment avec des phares xénon-LEDs renvoyant au monde de la joaillerie. Au contraire de sa sœur « normale », la version Crossback est 3 cm plus haute et exhibe des barres de toit noires, ou encore des passages de roues noirs protégés de plastique mat.

Par rapport aux finitions normales, la série limitée Terre Rouge – en rapport à la couleur spécifique Orange Tourmaline mate – propose des jantes 18 pouces noires brillant, des vitres arrière surteintées, un pédalier en aluminium ainsi qu’une sellerie de cuir noir.

Les jantes sont spécifiques à cette finition

Bien que l’apport en équipements soit menu, il faut reconnaître que cette teinte spécifique avec de subtiles intensités dans la couleur, complétée par des touches de noir, lui vont à ravir, dégageant une réelle impression d’exclusivité. On la remarque aisément dans la rue, et se différencie des autres voitures du paysage.

A l’intérieur, l’ambiance reste toute aussi soignée malgré les années. Le cuir des sièges à motif bracelet de montre, ou encore celui recouvrant la planche de bord, font toujours autant d’effet!

La qualité intérieure est encore bonne mais certains éléments commencent à accuser leur âge.

Si le volant présente toujours un design atypique auquel il faudra s’habituer, le restylage a toutefois permis d’alléger l’Interface Homme Machine (IHM) – la partie regroupant le GPS et la climatisation – en lui octroyant un écran tactile, réduisant au passage le nombre de boutons.

Malgré cela, la DS 4 Crossback accuse son âge par rapport à la concurrence, en offrant un design en décalage avec les standards du premium et notamment si l’on s’attarde sur les compteurs. Elle sauve la mise avec une qualité de matériaux ou encore des ajustements très corrects.

La DS 4 saura tout de même vous accueillir comme il se doit, avec des sièges enveloppants et confortables, aussi bien à l’avant qu’à l’arrière, et ce bien que seuls 2 adultes pourront prendre place à l’arrière.

Comme sur les autres finitions proposées, de nombreux rangements facilitent la vie à bord, dont le tiroir sous le siège du passager avant et un autre réfrigéré et éclairé pouvant contenir jusqu’à quatre bouteilles de 50 cl.

D’ailleurs si vous souhaitez embarquer un maximum de bagages afin de partir en week-end, il faudra composer avec un seuil de chargement assez haut ainsi qu’un volume de coffre un peu juste au regard de ce que proposent les Peugeot 308 ou Renault Mégane, allant de 385 litres à 1021 litres.

La DS 4 Crossback a encore quelques beaux restes devant elle mais cela commence à devenir insuffisant au regard d’une concurrence renouvelée récemment. Son comportement routier peut-il sauver la mise ?

Sur la route : rouge de colère ?

Le Diesel 2.0 BlueHDi de 180 ch choisi pour notre prise en main, couplé obligatoirement à la boîte automatique EAT6, vient chapeauter l’offre de motorisations mise à jour. Ce n’est pas un inconnu pour autant, puisqu’il équipe déjà les DS 5, Citroën C5 ou encore le récent Peugeot 3008.

Au 1er tour de clé, le claquement à froid du moteur se fait entendre malgré une insonorisation convaincante à l’arrêt. Mais qu’importe, car fort de ses 400 Nm à partir de 2000 tr/min, ce 2.0 Diesel sait se montrer réellement présent lors de la moindre sollicitation à l’accélérateur, et permet d’abattre le 0 à 100 km/h en 8,6 secondes.

Le Groupe PSA a toujours su montrer une réelle efficacité en matière de trains avant, et seul l’américain Ford arrive à faire jeu égal en tant que constructeur généraliste. De ce fait, malgré une conduite sur route grasse et un couple assez important, le train avant ne s’est jamais trouvé dépassé tandis que la tenue de route s’est montrée toujours aussi convaincante, grâce à son train avant pseudo-McPherson et un train arrière à traverse déformable.

Les trains avant et arrière sont aussi efficaces sur route que sur les chemins de terre

Bien que la DS 4 Crossback dispose d’une garde au sol rehaussée, la voiture sait parfaitement contenir les mouvements de caisse, d’autant que le maintien latéral des sièges assure une bonne tenue des occupants. Vous pourrez alors hausser le rythme sur les routes vallonnées tout en gardant une consommation raisonnable de 7,2 l/100 km, d’autant que la boîte EAT6 nous a grandement et agréablement surpris par sa douceur et sa réactivé – et ce alors qu’il ne s’agit pas d’une boîte à double-embrayage.

La boîte EAT6 fait preuve de beaucoup de douceur

Si sur grande route la DS 4 saura prendre soin des occupants, le confort n’est pas autant préservé sur route accidentée ou revêtement particulier. Equipée de jantes de 18 pouces montée en pneus 225/45, la Crossback s’est montrée un peu ferme sans pour autant générer un inconfort insupportable, les sièges cuir tout comme le massage des lombaires – en option – sont là pour adoucir quelque peu les aspérités de la route.

Et pour faire oublier les longs trajets, la DS 4 s’est remise à niveau avec une connectique USB et Bluetooth ou encore la fonction Mirror Screen qui vous permettra d’accéder rapidement aux fonctions de votre smartphone sur l’écran tactile du véhicule.

L’interface standard du GPS comme des différents écrans ne devrait pas vous distraire trop longtemps de la route, et si jamais il y a besoin de freiner en urgence les pneumatiques Michelin offrent un bon grip tandis que le freinage ne manque pas de mordant.

Les disques de freins ainsi que les pneus Michelin offrent un freinage suffisamment rassurant

Si vous pouvez donc appréhender sans risque ce qu’il se passe devant, la DS 4 Crossback n’est malheureusement pas aussi prévenante à l’arrière, avec une visibilité réduite et potentiellement gênante lors de certaines manœuvres. Cependant, la caméra de recul disponible de série sur les finitions hautes permettra de s’affranchir de bien des sueurs froides.

Si DS à consenti quelques efforts – mais limités faute d’un budget qu’on imagine serré – pour remettre à niveau sa berline d’un point de vue technologique, le comportement routier de la DS 4 reste un de ses points forts.

DS 4 Crossback côté tarifs : rouge de honte ?

Aussi étrange soit-il, la version Crossback ne dispose pas des mêmes choix de motorisation que sa variante normale. Ainsi, les blocs THP 210 et BlueHDi 150 ne sont pas disponibles, ne laissant que le choix entre 4 versions essence et diesel : le 1.2 PureTech 130, le 1.6 THP 165 couplé à l’EAT6, le 1.6 BlueHDi 120 et 2.0 BlueHDi 180 lui aussi couplé à l’EAT6.

La série limitée Terre Rouge inclut de série un pack regroupant à la fois la climatisation, les essuie-glaces automatiques, le rétroviseur intérieur jour/nuit et diverses aides à la conduite dont les radars avant/arrière, la caméra de recul, la surveillance des angles morts. Enfin, cette version spéciale offre également les DS LED Vision ainsi que le Mirror Screen.

La surveillance des angles morts fait partie des équipements intéressants

Un avantage non négligeable en apparence, mais aujourd’hui faisant jeu égal avec une finition Sport Chic suréquipée et au tarif final similaire. De quoi remettre en question l’exclusivité de la teinte.

DS 4 Crossback Terre Rouge BlueHDi 120 BVM6 : 37.450€
DS 4 Crossback Terre Rouge BlueHDi 120 EAT6 : 39.150€
DS 4 Crossback Terre Rouge BlueHDi 180 EAT6 : 41.850€

DS 4 Crossback Terre Rouge Pure Tech 130 : 36.100€
DS 4 Crossback Terre Rouge THP 165 EAT6 : 39.050€

Par rapport à la concurrence dont le cercle est très restreint si l’on s’en tient aux variantes baroudeuses, vous trouverez uniquement l’Infiniti QX30 – longuement essayée lors de notre road-trip en Ecosse – comme éventuelle alternative.

La Japonaise se voit certes dépourvue de sièges en cuir sur sa première finition mais propose de son côté de série les 4 roues motrices ou encore plusieurs aides à la conduite telle que la reconnaissance des panneaux, l’avertisseur de franchissement de ligne ou tout simplement un volume de coffre plus important avec 430 litres de base. Le coup de grâce sera porté par un tarif débutant à 39 800 euros…

Reste que malgré quelques lacunes et avec du recul, la DS 4 à tout de même pour elle une meilleure tenue de route ainsi qu’un freinage plus sécurisant. A vous de choisir !

Il faut reconnaître que le restylage de la DS 4 Crossback est réussi

Article et crédit photos : Fabien Legrand


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