Après avoir révolutionné le style chez Peugeot, de par ses inspirations germaniques mais aussi grâce à une qualité perçue exemplaire, le best-seller de la marque sochalienne se voit – à son tour – revu et amélioré : 2017 est marqué par l’avènement de la Peugeot 308 restylée.

Sacrée voiture de l’année en 2014 et avec plus de 760 000 modèles écoulés en moins de 4 ans – dont 250 000 en France – la Peugeot 308 affiche toujours une santé de fer. Mais face à une Golf 7 récemment restylée et encore plus orientée technologie, cette remise à niveau suffira-t-elle ?

Restyling discret mais réussi ?

(Timide) remise à niveau stylistique

S’alignant sur le style des récents Peugeot 3008 et 5008, l’évolution la plus marquante de ce restyling concerne donc le bouclier avant avec une calandre verticale, l’intégration du logo sur celle-ci – réservée jusqu’alors aux finitions les plus hautes, ainsi qu’un capot retravaillé. L’ensemble reste harmonieux tout en étant plus imposant et agressif que le style précédent, notamment sur la version GTI toujours surlignée par un liseré rouge en bas de calandre.

L’identité de la 308 évolue vers celle des Peugeot 3008 et 5008

Afin de renforcer l’identité du véhicule, la signature visuelle à LED devient de série sur toutes les finitions avec un trait continu sur les versions d’accès, tandis que les versions haut de gamme conserveront la signature en guirlandes accouplée à l’éclairage Full LED.

Ce sont donc surtout les versions d’accès qui voient leur style évoluer le plus, avec un design bien plus proche des autres finitions.

Une nouvelle teinte extérieure fait également son apparition : le beige Pyrite issu du récent 3008, vient en remplacement du gris aluminium tandis que trois nouvelles jantes seront proposées, en 16 et 18 pouces.

Contrairement à la partie avant, il en est ressorti que malgré son âge, la 308 donnait toujours autant l’impression d’être bien campée sur ses roues, grâce à un style arrière bien proportionné et harmonieux. De ce fait, seuls les masques de feux sont légèrement plus foncés, tandis que les feux en formes de griffe restent continuellement allumés afin d’afficher l’identité de la marque en tout temps.

Malgré 4 années et avec cette légère évolution, le design de la Peugeot 308 restylée fait encore mouche. Le véhicule dispose encore d’une image statutaire et virile sans pour autant porter atteinte à la cote en occasion des possesseurs du modèle avant-restyling, faisant partie du programme de montée en gamme de la marque.

Si l’intérieur n’évolue pas autant qu’espéré – surtout après avoir introduit le i-Cockpit de 3ème génération sur les Peugeot 3008 et 5008 – il y a tout de même du nouveau côté technologie embarquée, que nous aurons le loisir de détailler en roulant.

La Peugeot 308 restylée conserve donc son attrayant et efficace i-Cockpit – tout du moins pour les grands gabarits – avec son instrumentation positionnée en hauteur et le petit volant permettant de recentrer l’attention sur la route ainsi qu’une bonne position de conduite.

L’intérieur est toujours aussi qualitatif et bien agencé

Le design des sièges tout comme l’excellent maintien latéral ne changent pas mais se voient agrémentés de 2 nouvelles selleries sur les finitions Active et Allure.

Une des nouvelles sellerie

La qualité perçue à bord est toujours aussi bonne avec des matériaux flatteurs ainsi que des ajustements soignés. La planche de bord reste toujours aussi épurée, recentrant les différents intérêts du conducteur vers l’écran tactile permettant de piloter les différentes fonctions du véhicule.

Si le système multimédia SMEG pouvait prêter le flanc à la critique de par ses crashs et lenteurs avant le restyling, le nouvel écran mis en avant par le constructeur sochalien corrige le tir en se dotant d’une nouvelle partie hardware et software. Celui-ci affiche dorénavant la carte en 3D, affiche la gestion du trafic en temps réel, dispose d’une bien meilleure réactivité et permet enfin d’utiliser Androïd Auto et Apple Car Play.

L’espace à l’arrière reste inchangé, permettant à 2 adultes de s’installer confortablement, tout comme le volume de coffre – de 420 à 1 228 litres – aisément accessible et se situant toujours parmi les meilleurs de la catégorie.

Peugeot a donc conservé les éléments qui font l’identité de la 308 tout en en améliorant certains à l’extérieur comme à l’intérieur. En est-il de même au niveau de la conduite ?

Un plaisir de conduire toujours inégalé

Si d’un point de vue stylistique, la nouvelle Peugeot 308 reste dans son ensemble sage, les évolutions mécaniques sont en revanche plus marquées. Outre l’abandon du 1.2 Puretech de 82 ch et des améliorations sur le PureTech 130 dorénavant équipé d’un filtre à particules, la compacte accueille surtout un nouveau bloc 1.5 l HDi de 130 ch ainsi qu’une nouvelle boîte de vitesses EAT à 8 rapports.

De ce fait, quoi de mieux que les routes montagneuses de la région de Salzburg afin de mettre à l’épreuve ces nouveautés !

La région idéale pour se faire plaisir au volant

Au démarrage de notre premier véhicule d’essai, le bruit généré par ce nouveau moteur reste contenu. Lors des premiers kilomètres en ville, ce nouveau 1.5 HDi s’est montré souple à bas régimes, avec des reprises assez vigoureuses, grâce aux 300 Nm de couple et similaires à celles du 1.6 HDi de 120 ch. Et si la masse à vide change à peine avec 5 kilos de gagnés, c’est avant tout vers les hauts régimes que ce nouveau bloc moteur sait se montrer présent.

En effet, si sur le papier il peut développer sa puissance maximale jusqu’à 3750 tours/min – soit 250 de mieux que le 1.6 HDi 120, le ressentit reste plus prononcé, donnant l’impression de ne pas s’essouffler surtout une fois lancé sur les autoroutes dépourvues de limitations.

Le nouveau 1.5 HDi de 130 ch monte plus dans les tours que le 1.6 HDi de 120 ch

En revanche, dès les premiers cols atteints, il nous a fallu jouer avec la boîte de vitesse – correctement étagée mais avec un certain débattement – afin de pouvoir se relancer sans peine.

Fidèle à sa réputation, la sochalienne reste toujours aussi agile sur la route y compris sur des versions moins typées sport, rendant la compacte sûre notamment lors de freinages plus prononcés. Ce modèle équipé de ce 1.5 HDi, saura offrir un bon compromis sur l’agrément de conduite tout en se contentant d’un appétit moindre. Peugeot annonce un gain de consommation de l’ordre de 4 à 6 % par rapport au BlueHDi 120 S&S, grâce à la réduction de cylindrée, un nouvel échangeur haute efficacité ainsi qu’un système de combustion inédit.

Nous avons certes relevé plus de 7 litres/100 lors de notre essai mais il ne faut pas oublier les conditions du celui-ci !

Enfin la suppression de l’additif du FAP permettra une baisse du coût à l’usage, tandis que la maintenance sera facilitée par la mise en place d’un remplissage de l’AdBlue à proximité de celui du carburant, ce qui explique la nouvelle trappe à essence carrée et non plus ronde.

La nouvelle trappe à carburant permettant le remplissage d’AdBlue

Pour notre second véhicule d’essai, nous nous sommes mis au volant de la version la plus puissante en diesel, avec le 2.0 HDi de 180 ch de la finition GT mais équipé cette fois-ci de la nouvelle boîte EAT 8 rapports et de palettes au volants liées à la colonne de direction.

Introduite lors du reveal du DS7 Crossback et développée par le Japonais Aisin, cette dernière permet de réduire la consommation jusqu’à 7 % par rapport l’EAT6, grâce à l’amélioration du rendement avec l’extension du Stop & Start jusqu’à 20 km/h ainsi qu’un allégement de 2 kg par rapport à l’EAT6.

La nouvelle EAT8 est une merveille d’agrément et de fluidité quelle que soit la route

Là encore, la qualité d’isolation de la Peugeot 308 se montre efficace dès le démarrage. La finition GT équipée de ces magnifiques sièges en cuirs à surpiqûre rouges fait son effet, offrant un meilleur maintient – notamment aux cuisses – ainsi qu’un niveau de confort très acceptable au quotidien, y compris chaussée de jantes 18 pouces.

La sensation de confort et de bien-être se trouve décuplée grâce aux changements de rapports s’effectuant tout en douceur et d’un bon étagement, faisant oublier rapidement l’EAT 6 et ses légers à coups. Seule ombre au tableau, les palettes non liées au volant, entrainant de légères complications lors de l’enchainement de virages en haute montagne.

L’EAT6 fait pâle figure à côté de l’EAT8 en terme d’agrément

Malgré un poids dépassant les 1300 kilos en version diesel (valeur officielle encore non communiquée), la GT dispose d’un train avant s’inscrivant parfaitement dans les virages tandis que le train arrière suit sans défaut y compris lorsque l’on hausse le rythme dans les successions de virages.

La nouvelle 308 reste toujours aussi rassurante sur la route

Côté équipement, la 308 rattrape son retard sur la concurrence et propose une pléthore d’aides à la conduite avec la surveillance d’angles morts, le détecteur de fatigue, l’alerte de franchissement de ligne avec correction au volant, la commutation feux de routes/feux de croisement, la lecture des panneaux et la caméra 180° – à l’arrière – ou le système de stationnement automatique.

Mais Peugeot ne s’arrête pas là et la 308 devient le premier modèle du Groupe PSA à être équipé du régulateur de vitesse adaptatif, capable de gérer seul l’arrêt et le démarrage du véhicule dans les embouteillages. Il ne sera cependant disponible de série qu’avec la boîte automatique. 

Une bonne affaire?

Ayant revu sa copie, Peugeot en profite pour faire évoluer les finitions ainsi que les tarifs de la berline. Ceux-ci s’échelonnent dorénavant de 20 550 euros pour la version 1.2 PureTech de 110 ch à 33 850 euros pour la GT Line en 2.0 HDi 150 EAT6 – étant donné que nous n’avons pas de prix encore annoncé pour la GT Diesel équipée de l’EAT8 mais que l’on peut l’estimer aux alentours de 35 900 euros.

Cela représente au final une différence de 350 € sur les trois premiers niveaux, 700 € sur les finitions supérieures et 950 euros pour la version SW, par rapport aux tarifs de la berline. La version GTi quant à elle, sera vendue à 38 700 euros soit 1500 euros de plus.

La GTi voit son tarif augmenter mais pas ses performances

Sur la version d’entrée de gamme Access, vous aurez l’air conditionné, le régulateur/limiteur de vitesse, les enjoliveurs 15 pouces, un autoradio de base ou encore les vitres ainsi que les rétroviseurs électriques. Assez pour vous transporter d’un point A à un point B.

La planche de bord en finition Active offre une bonne qualité de finition pour ce niveau.

Cependant, la concurrence se distingue sur quelques points à ce niveau de finition. Ainsi, la Golf 7 dispose de la détection de fatigue ainsi que d’un écran de 6.5 pouces tandis que la Seat Leon propose les jantes 16 pouces et la climatisation. De son coté la Renault Mégane reprend les équipements principaux tout en y ajoutant l’aide au démarrage en pente.

Si l’on se base sur le premier niveau de finition, c’est la Mégane (TCe 100) qui dispose du prix le plus bas à 19 400 euros, suivie de la Seat Leon (TSI 110) à 19 990 euros puis de la 308 (PureTech 110) à 20 550 euros. La Golf quant à elle ne s’offre qu’à partir de 21 300 euros (TSI 110).

Sur les finitions hautes, autres que celles sportives, la 308 propose de série les projecteurs Full LED, un écran tactile de 9,7 pouces, le système keyless, les jantes 17 pouces, les radars avant/arrière couplés avec la caméra de recul ou encore toute la nouvelle technologie de sécurité active exception faite du Active Safety Brake ainsi que du régulateur de vitesse adaptatif.

La Volkswagen Golf 7 fraichement restylée reprend les principaux équipements proposés par la sochalienne, sur sa finition Carat Exclusive mais y ajoute le régulateur adaptatif et les sièges en cuir et chauffants.

Volkswagen Golf 7

La nouvelle Golf 7 restylée

La Seat Leon en finition FR reprend les équipements habituels pour un tel niveau sans pour autant disposer d’équipement de sécurité active tandis que la Mégane ne fait guère mieux que la Leon, sur ce niveau.

La nouvelle Seat Leon Restylée

Sur la partie tarifs, la Mégane est de loin la moins chère à 29 850 euros (DCi 130 BVM6). S’en suit la Seat Leon à 31 040 euros (TDI 150 DSG6) puis la Peugeot 308 à 33 850 euros (HDi 150 EAT6) et enfin la Golf 7 à 37 040 euros (TDI 150 DSG7).

Même si la lionne semble mal placée au premier abord, en comparant les équipements technologiques qu’elle propose en supplément, celle-ci se retrouve du coup très bien positionnée et peut se poser comme une réelle alternative à la Golf 7. De quoi séduire de nouveaux clients ?

Même les poissons sont restés bouche bée du bon positionnement tarifaire de la nouvelle 308 (ok, je sors).

Sous ses airs de timide restyling, la Peugeot 308 montre qu’elle en a encore sous le capot. Assez en tout cas pour replacer efficacement son offre sur tous les fronts avec une gamme de moteurs revue et parée pour les prochaines normes, une nouvelle EAT8 qui renforce l’agrément de conduite ou encore un positionnement tarifaire plutôt judicieux sur les versions haut de gamme. Nul doute que ce best-seller de Peugeot saura encore trouver sa clientèle.

Léger mais efficace comme restyling !

 

Article et crédit photos : Fabien LEGRAND

 


Commentaires

Plus d'articles