Essai Opel Insignia Grand Sport 1,5l Turbo 165 ch essence

C’est l’histoire d’une berline oubliée, abandonnée par la majorité des acheteurs de véhicules de ce segment en France : l’Opel Insignia Grand Sport. Se plaçant directement en face de nos franco-françaises Peugeot 508 et Renault Talisman sur le marché des grandes berlines non-premium, la grande allemande jouit pourtant d’excellents chiffres de ventes pour ses premiers mois, laissant a priori entrevoir un bel avenir. Mais que vaut-elle vraiment ? Quels sont ses atouts et ses petits défauts ? Pour le savoir, nous sommes partis 10 jours à son volant, dans une belle et rare version berline Grand Sport dotée d’un moteur essence turbo 1,5 l de 165 ch avec une boîte automatique.

Essai Opel Insignia

Un design extérieur assumé

Dans sa teinte blanc pailleté, l’Opel Insignia Grand Sport n’est pas passe-partout. Elle est élégante. Elle est longue. D’emblée, elle apparaît statutaire, appartenant à ces autos que l’on imagine d’office prévues et développées comme voiture de flotte d’entreprise. Elle est même un peu sportive avec son kit OPC Line, en option à 1400 euros. Bref, elle ne laisse pas indifférent : elle impressionne même, car malgré un bon démarrage, on la croise encore peu.

Son long et large capot impose un rythme dans les lignes de notre Opel. C’est sobre, il n’y a pas pléthore de lignes, mais c’est incisif. Chaque trait de la face apporte du dynamisme et de la sportivité. Attention, on parle ici de sportivité dans les lignes d’une berline, pas d’une voiture de course ! La calandre est imposante, mettant bien en avant le logo au blitz, bien qu’un peu caché dans l’ailette en plastique chromée qui l’entoure. Les phares IntelliLux vous regardent d’un œil perçant et affûté : optionnels, ils possèdent 32 segments de LEDs qui permettent un bon éclairage en toute circonstance.

Le profil est tout en longueur, tendu comme un coureur de fond. La ceinture de caisse est haute, la ligne de toit plutôt basse, et les 2 longues portières participent aussi de cette impression. Et le coffre vient lui aussi confirmer cette tendance. Si les malles ont tendance à disparaître du paysage petit à petit, profusion de SUV, de breaks ou de compactes oblige, la soute est ici bien présente, et allonge la ligne encore un peu plus. Totalisant 4,90 m, la longueur de l’Insignia Grand Sport n’est pas qu’une impression. Notre modèle est chaussé avec des jantes de 18 pouces diamantées. Elles semblent légèrement sous-dimensionnées mais améliorent le confort sur nos routes. Cependant, elles débordent un peu des pneumatiques : il faudra être prudent lors des manœuvres.

Notre modèle est également équipé du kit OPC Line. Il se remarque à sa lame avant, bien intégrée dans le bouclier et qui assoit visuellement la voiture. de profil, l’Insignia se pare de bas-de-caisse qui débordent un peu de la carrosserie. Enfin à l’arrière, c’est ici que le travail est le plus intéressant : ils sont dessinés dans la continuité des jupes latérales, non sans rappeler les bas-de-caisse des autos de BTCC des années 90. De plus, et c’est le détail le plus appréciable sur cette berline, il n’y a pas de sortie d’échappement visible. Bien cachée derrière le pare-chocs, elle ne vient pas berner le conducteur qui vous suivrait, car c’est avant tout une berline tranquille. Que de l’esthétique donc sur ce kit, mais une volonté stylistique très axée sur la sportivité, au contraire de certains kits de marques concurrentes –Volkswagen, bonjour.

Concernant l’extérieur, arrêtons-nous enfin sur les différents blocs optiques, plutôt bien travaillés et agréablement réussis. Notons d’ailleurs les cinématiques bien travaillées des LEDs à l’ouverture, ressemblant à un ballet lumineux. C’est complètement gadget, certes, mais c’est sacrément réussi ! Petit point négatif pour les radars avant et arrière qui se retrouvent mal intégrés selon l’emplacement.

Essai Opel Insignia

Opel Insignia ou palace roulant ?

Voici LE point fort de cette Opel Insignia Grand Sport : la place avant est impressionnante. Remarquablement large et cossue, on s’y sent vraiment bien. La console centrale paraît peut-être un peu haute mais doit pouvoir accepter une transmission intégrale selon les options choisies, on lui pardonne donc. Le volant est évidemment réglable en hauteur et en profondeur, et cache un ensemble de compteurs moitié avec des aiguilles compteurs, moitié avec des aiguilles numériques. A voir à l’usage mais l’ensemble fait, dès le début, légèrement daté. D’ailleurs, ce sont deux écrans qui habillent cet intérieur.

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Un premier au niveau des compteurs donc, qui vient afficher diverses informations. Une mention spéciale sera faite pour la jauge de température d’huile, cette petite jauge qui a tendance à disparaître sur le reste du monde automobile. Seconde mention spéciale à l’indicateur de chargement de la batterie, absent d’une auto de grande série depuis plusieurs années. Back in the 90’s, une nouvelle fois, pour le meilleur. Cet écran permettra l’affichage des données de conduite classiques comme le kilométrage partiel, la consommation, les directions du GPS ou le niveau d’huile restant dans le moteur. Un chronomètre est disponible également, permettant de mettre en avant le temps perdu dans les embouteillages.

Le second écran, particulièrement bien intégré au milieu du tableau de bord, vous permettra de mieux vous perdre dans les données d’informations de la voiture, votre musique, la carte GPS ou bien encore les menus de vos téléphones via Apple Car Play ou Android Auto. L’affichage tête-haute est paramétrable avec 4 modes, chose suffisamment rare pour être évoquée. Vous aurez le choix entre afficher :

  • Compte-tours + vitesse
  • Vitesse + GPS
  • Vitesse + musique
  • ou bien Vitesse + lecture des panneaux.

Il est à noter enfin que le volant est chauffant, une tradition chez Opel, dès la petite citadine Karl.

Côté passager avant, on est aussi bien accueilli que derrière le volant, avec une place aux jambes démesurée, une grande boîte-à-gants ainsi qu’un siège chauffant, ventilé et massant. La console centrale récupère elle un ensemble de prises 12V et USB, un grand rangement central avec encoche pour maintenir un smartphone, et plein d’autres petits vide-poches très pratiques pour y déposer clefs de maisons, téléphone, etc.

Grand espace à l’avant, donc place minuscule à l’arrière ? Eh bien non, les places arrière sont tout bonnement immenses, jouissant d’un espace pour les jambes que l’on avait presque oublié. Vous vous souvenez de ces Renault R25 et autre Fiat Croma (la berlines des années 90) ? C’est un peu de la même veine. Exit la place aux jambes des BMW Série 5 ou Audi A6, ici, les passagers ont la place d’une Rolls ou d’une Phaeton, le confort en moins. En effet, la banquette est un poil raide. Cependant, avec près de 20 cm de distance entre vos genoux et le siège devant vous, on acceptera la relative dureté du siège (essai réalisé avec une personne d’1,80 m à l’avant et à l’arrière). Comme toute berline qui se respecte, l’Insignia est vendue comme une 5 places mais nous plaindrons celui ou celle qui devra voyager sur la place centrale ! L’assise de droite et l’assise de gauche sont chauffantes, et disposent chacune d’une prise de recharge USB. Un mot sur le coffre, uniquement pour dire qu’il est immense avec ses presque 500 litres (voire 1450 L une fois les différents sièges rabattus).

Sur la route en Opel Insignia : faites ce qu’il vous plaît

Notre modèle s’équipe du moteur 1,5 Turbo essence de 165 ch et 250 Nm de couple. Cette motorisation est accouplée à une boîte de vitesse automatique 6 rapports. L’ensemble est doux et silencieux, et ne demande pas à être poussé ou malmené. La gestion de la boîte à convertisseur de couple impose un rythme plan-plan à l’auto. Changeant les rapports dès 2000 tr/min, elle n’incite pas à chercher le chrono, même si en cas de franche accélération le moteur grimpe dans les tours pour aller chercher les 6000 tr/min. En conduite que nous qualifierons de normale, le moteur se fait oublier tant l’insonorisation de l’Insignia est efficace (mais notre modèle d’essai était doté du pack Silence à 300 euros). L’ensemble est tout de même un peu décevant tant on aimerait parfois un peu plus de couple pour les reprises, sans avoir besoin de descendre deux rapports.

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Pour continuer sur les deux défauts de notre modèle d’essai, abordons la consommation. Avec 10,3 l/100km en moyenne sur notre essai, la consommation est plus proche de celle attendue par une essence de plus de 200 ch. Ces données sont cependant à remettre en lien avec nos conditions d’essais, relativement peu roulantes. Avec de la route et de l’autoroute, on doit pouvoir réellement retomber sur des consommations proches de 8,5 l/100.

L’Opel Insignia Grand Sport est bien dotée en aides à la conduite : régulateur de vitesse adaptatif, avertisseur de franchissement de lignes et correction de l’angle du volant, contrôle d’angle mort sont au programme via le Pack Driver à 1000 euros. Ces aides alliées à la boîte automatique permettent de réaliser un test de semi-conduite autonome. Elles ne sont certes pas prévues pour cela mais c’est toujours intéressant de voir à quel moment la voiture vous dit « Stop, reprends les commandes ». De mon expérience personnelle, l’essai de la Ford Mondeo équivalente m’avait un peu laissé mitigé, la voiture vous obligeant à garder les mains sur le volant.

Ici, dans le cas de l’Opel, la voiture nous autorise, via le contrôle de franchissement de ligne, à lâcher le volant et à faire fonctionner l’outil. Le système autorisera jusqu’à 4 corrections sur autoroute avant de vous avertir de son auto-déconnexion. Par contre, le régulateur adaptatif est un des meilleurs du marché. Il nous a permis de rouler plus de 55 km en région parisienne (et son trafic surchargé) sans toucher les pédales. Insertion sur le périph’, sortie de voies rapides, feux rouges, rond-points, le système est réellement au point. Attention toutefois à ne pas oublier que ce n’est pas le but premier de la voiture. Sur des départementales, le test est à proscrire car la caméra gérant les lignes a tendance à vite être perdue.

Un dernier mot concernant la conduite avec les feux adaptatifs à Intellilux LED de notre modèle d’essai (à partir de la finition Elite). Bluffant, c’est à ce jour le meilleur système que j’aie pu tester sur une auto de cette catégorie, venant jouer dans la même cour que les Matrix LED d’Audi ou les feux LED BMW, tant au niveau de l’éclairage en lui-même que de sa gestion dans le trafic.

Conclusion

Cette Opel Insignia Grand Sport est une réelle surprise pour moi. Agréable à rouler comme à regarder, silencieuse, confortable, logeable, elle saura vraiment soigner ses 4 passagers. Impressionnante de technologie, elle embarque avec elle des systèmes électroniques embarqués jusque-là réservés aux modèles de gammes supérieures. Nous noterons cependant une consommation un peu élevée vis-à-vis de la taille du réservoir (62 l, c’est peu pour une routière essence). Vient la question du prix, comme toujours. En 1,5 Turbo essence, l’Insignia débute à 21.650 euros avec seulement 140 ch ; dans notre version Elite BVA 165, comptez 30.300 €. Et avec les options, du blanc nacré tricouche à 800 euros en passant par le Kit OCP Line notamment, on tutoie les 40.000 euros. C’est un peu plus cher que les concurrentes Talisman et Octavia (autour de 36.000 euros pour des autos équivalentes) mais bien moins cher que la triplette Audi A4/A6, BMW Série 3/5, et Mercedes Classe C/Classe E.

C’est donc une excellente auto pour qui ne poussera jamais dans les tours mais voudra une auto sûre, agréable, et au design moins consensuel que la concurrence.

Essai Opel Insignia

Texte et photos : The Automobilist


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