Essai Opel Grandland X Ecotec Turbo 130 Elite

En plus de son Mokka X, Opel s’offre un SUV familial de segment C, le Grandland X. Concurrent frontal d’un Kadjar ou un Tiguan, il trouve également face à lui un trio de SUV français signés PSA, dont il est le lointain cousin. En effet, le travail des designers est passionnant : à partir d’une même plate-forme, ils peuvent donner des caractères différents aux produits finis. A part les passionnés, qui pourra croire que du Peugeot 3008 dérivent les DS 7 Crossback, Citroën C5 Aircross et l’Opel Grandland X ? C’est ce dernier que nous essayons pour voir s’il n’y a que le design qui varie.

Opel 3008 ou Peugeot Grandland X ?

Nous n’allons pas vous représenter l’Opel Grandland X, vous le connaissez et François vous en a déjà parlé début décembre. Conception commune, gabarit proche, ces cousins sont en concurrence immédiate et ne se copient pas l’un l’autre.

D’extérieur, leurs lignes sont si différentes qu’il est difficile de leur reconnaître un air de famille. Les arrêtes du Peugeot 3008 ont disparu pour faire place à des lignes plus rondes, plus musclées et plus tendues. Le résultat est très élégant. Surtout ici en couleur blanc Perle, avec le toit noir, les jantes 5 branches de 18 pouces et les phares Leds. Avec la nouvelle Insignia, c’est sûrement l’une des Opel les plus réussies du moment en termes de style. Comparé à ses cousins PSA, il ne se confond avec aucun autre et présente un design très équilibré et homogène.

A l’intérieur, c’est plus classique. Bien plus classique que le Peugeot 3008. Le compteur est visible au travers du volant et non par dessus, la console centrale est basse. Et noir, c’est noir : sièges, planche de bord, contre-portes… Heureusement, une ambiance plus claire en tissu existe également au catalogue. L’ensemble est nullement désagréable car l’ergonomie est bonne. Il y a moins de risque que les associations de couleur se démodent, même si cela manque d’une petite touche d’originalité.

Seuls les connaisseurs retrouveront des détails issus du 3008 : l’angle du montant A, les rétroviseurs ou les poignées de porte, le mécanisme pour rabattre la banquette arrière, la modularité du coffre (crochet, support tablette…). C’est qu’ils voient le jour dans la même usine PSA à Sochaux ! A tout le moins, ces deux modèles proposent deux offres bien différenciées, et l’Opel Grandland X a bien à la fin une vraie personnalité.

Opel Grandland X, Elite accessible?

Nous avons essayé le Grandland X dans sa version Elite, niveau 3 sur 4 proposés par la marque à l’éclair. Nous avons le droit à quelques technologies de pointe :

  • Ecran tactile 9″ avec Navigation, compatible Appel CarPlay et Android Auto
  • OnStar avec point d’accès wifi
  • Caméra Opel Eye avec correction de voie
  • Aide au stationnement avec gestion de la direction

On a aussi le droit au limiteur / régulateur, pack cuir Siena Noir (avec sièges dont l’ergonomie est certifiée AGR) hayon motorisé, climatisation bi-zone. Une très bonne dotation de base donc, qui comprend également les excellents phares LED avec la désormais traditionnelle signature à double filament en angle.

Nous avons aussi droit à une caméra de recul à 360° qui n’en est pas tout à fait une. Basée sur 2 caméras (avant/arrière), l’écran n’affiche que ce qu’il a déjà vu… Et parfois, il n’y a rien à afficher. Embêtant, d’autant que l’image s’affiche avec retard, un défaut déjà observé sur le Peugeot Traveller et commun en outre au DS 7 Crossback. Le Grandland X se rattrape avec de nombreuses options : toit et coques de rétroviseur de teinte noire, toit vitré panoramique, radio numérique terrestre, antibrouillards avant, prise électrique 230 V, pare soleil aux vitres latérales arrière, pédalier aluminium, recharge smartphone par induction, roue de secours galette, et enfin la très jolie peinture métallisée Blanc Perle.

En outre, une option intéressante de ce modèle est le Pack All Road, qui comprend le système IntelliGrip. Équivalent au Grip Control de Peugeot, il permet de gérer l’adhérence en fonction du terrain. Le pack impose les jantes 5 branches et des pneus All Season M+S.

Notre modèle est équipé du seul moteur essence de la gamme à ce jour. Il s’agit du 1.2 l Ecotec Turbo de 130 ch, associé à la boîte automatique à 6 rapports. Il se nomme PureTech dans la nomenclature PSA.

Proposé à 33.300€ en finition Elite, notre modèle d’essai s’affiche à 36.360 € avec ses options. Pour comparer, nous nous sommes basés sur un Peugeot 3008 GT Line de même motorisation, avec les options les plus proches. De 32.850 € en boîte mécanique, nous arrivons à 39.170 € avec options. Auquel il faudrait encore ajouter 1.600 € pour la boîte automatique afin d’être vraiment comparable, mais elle est… indisponible avec cette association moteur / finition. Ça fait cher la Lionne en tout cas et ça rend le Grandland X plutôt attractif !

Le grondement de l’Opel Grandland X

Côté CO2, ce modèle est annoncé à 127 g/km avec les options, soit 173 € de Malus à ajouter selon le barème 2018. Et côté assurance, la puissance administrative est de 7 CV. Et pour clore le chapitre des chiffres, sachez que nous avons consommé sur les 1005 km de l’essai 8,22 l/100 km très précisément. C’est loin des 5,5 l/100 km annoncé, mais nous l’avons peut-être un peu cherché, on vous explique pourquoi.

Une fois à l’intérieur, on démarre via le bouton Start (à appui long, comme le Peugeot 3008) et là, on entend un grondement. Étonnant. A tel point qu’on se demande si nous n’avons pas à faire à un Diesel. Mais non. C’est bien un bloc essence et, plus surprenant encore, on a tendance à apprécier sa sonorité et à vouloir appuyer sur l’accélérateur. C’est gratifiant. Sans compter que la voiture a du répondant.

On oublie le gabarit de l’Opel Grandland X et son poids (1370 kg en ordre de marche). On oublie également que le moteur n’est qu’un 1.199 cm3. C’est impressionnant. Merci au Turbo. Le moteur est vivant, il a du répondant et on prend vraiment du plaisir. Merci au Turbo (oui, on l’a déjà dit !) Alors bien sûr, ce n’est pas le moteur le plus performant du marché mais il est plus agréable que le Diesel équivalent testé sur… un 3008.

L’Opel Grandland X sur la route

Alors oui, on a envie de s’amuser un peu avec ce moteur. Et sans faire d’écart avec le code de la route. Mais un bon moteur dans une Opel, ça tient la route ? Même si la marque n’avait pas réputation dans le domaine, depuis quelques années les modèles proposés par la marque se sont améliorés. Et depuis le rapprochement avec PSA, assiste-t-on à un bond en avant?

Oui, bien sûr, le charme et les qualités de la plateforme EMP2 agissent. Mais ce n’est pas un copié-collé du Peugeot 3008. Les suspensions nous ont ainsi semblé un peu plus souples. N’ayez crainte, c’est sans impact sur le châssis et, dans la plupart des cas la voiture vire à plat. Néanmoins, à vive allure, du roulis sera présent. Mais ce sera surtout le signe qu’une première limite a été dépassée. L’Opel Grandland X suit cependant sa voie sans broncher. C’est juste un peu d’inconfort ajouté.

Nous avons eu le plaisir de conduire sur les bords de la Mer du Nord, lors d’une tempête. Malgré son gabarit, l’Opel Grandland X est assez peu sensible au vent. Merci à la largeur du véhicule, on s’y sent en sécurité. Et doubler un camion dans ces conditions ne le perturbe qu’assez peu.

L’Opel Grandland X sur le sable

Mais l’Opel Grandland est surtout un tout-chemin. D’autant plus avec l’option pack All Road qui comprend le IntelliGrip. Comme le Peugeot 3008, ce n’est pas une transmission intégrale, mais une gestion optimisée de l’antipatinage. Pour avoir un tout-terrain pur, il faudra se tourner vers l’Opel Mokka X, plus compact. Ou aller voir la concurrence.

L’IntelliGrip se présente sous forme de molette sur la console. Et vous laisse le choix entre un mode normal, neige, boue, sable ou encore ESP désactivé. Malgré le temps hivernal, nous n’avons pas croisé de neige. Nous n’avons pas trouvé de chemin boueux non plus. Rabattons-nous sur le sable.

Autant vous le dire de suite, ce n’est en rien bluffant. Mais ce mode a l’avantage de pouvoir zigzaguer dans le sable, de glisser un peu tout en maintenant le cap. Associé au bruit du moteur, on a envie d’y jouer sans s’arrêter. Le tout-chemin, voiture plaisir? Pourquoi pas finalement. On a aussi testé le mode sable sur la route, pour voir. Bon, évidemment, c’est sans intérêt…

A noter qu’après cette exercice sur la plage nous avons utilisé le lave-glace. Efficace, ce n’est pas qu’un petit jet qui en sort, mais un jet plus continu qui permet aux essuie-glaces d’être bien efficaces.

Une voiture à voyager

Un SUV, ça se vit aussi à l’intérieur. Nous ne reviendrons pas sur l’ambiance très sombre, qui n’est pas gênante au quotidien. Surtout que l’Opel Grandland X est ici équipé du toit vitré panoramique. Sans montant intermédiaire, on profite pleinement de la lumière naturelle zénithale. Il est aussi équipé d’un store électrique. Mais il n’est pas totalement occultant et il a la particularité de diffuser la lumière. C’est même assez agréable par temps gris, car il amplifie la clarté. Par contre, impossible d’avoir un filtre totalement opaque.

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Côté sièges, la première impression est que l’assise est dure ! C’est assez étonnant. Mais heureusement, au fil des kilomètres, ce n’est pas si gênant. Le dossier paraît moins dur tout en étant plus rigide que les produits français. A l’inverse, le dossier manque cruellement de maintient, et le siège n’est pas assez enveloppant. Sur ce point, le Peugeot 3008 fait mieux. Et les sièges d’un Renault Kadjar passeraient pour ceux d’une sportive en comparaison.

Par contre, l’amplitude des réglages est large. Elle permettra de trouver une position de conduire adaptée au plus grand nombre. On est au niveau du Peugeot 3008. Messieurs Nissan Qashqai ou Renault Kadjar, vous devriez vous en inspirer. Un trajet autoroutier se fait au final dans un grand confort, on est bien assis dans le Grandland X. Oubliée l’impression de dureté après un long voyage : on s’y sent bien ! L’étiquette AGR (Action Gesunder Rücken soit Campagne pour la santé du Dos Allemande) n’est donc pas du bluff. Surtout que les trajets se font dans un certain silence. Ah, en fait non ! On a toujours le petit grondement sympathique du 3-cylindres en fond, mais il demeure discret tant qu’on n’appuie pas trop sur l’accélérateur.

Une voiture à vivre

La boîte automatique est douce, et les passages de rapport sont discrets. Il peut y avoir quelques hésitations à bas régimes mais rien de rédhibitoire. Particularité : la commande de boîte est en escalier, ce qui permet de bien identifier où on en est à la manipulation. A noter également, le Start & Stop se gère via la pédale de frein pour l’arrêt moteur, et à l’accélérateur pour redémarrer. On ne peut pas doser comme chez Renault par exemple avec le frein pour empêcher l’arrêt du moteur à un Stop par exemple. Dommage.

Côté ergonomie, toutes les commandes sont bien positionnées. Oubliés les nombreux boutons des anciennes gammes Opel. L’écran tombe bien sous la main, bien qu’un 1 cm ou 2 plus proche du conducteur et il eût été parfait. Contrairement au Peugeot 3008, la console centrale n’est pas du tout imposante. Mais les portes gobelets sont un peu trop grand pour stabiliser une petite bouteille d’eau. Sous l’accoudoir se cache un petit rangement. Trop petit. Mais on peut y glisser un téléphone portable pour le recharger via l’induction. Cependant, il n’y a pas de connexion USB pour profiter d’une connexion filaire avec l’autoradio. Il faudra alors le disposer dans le compartiment devant le levier de vitesse en mode Bluetooth.

Quand la nuit tombe, l’éclairage intérieur est agréable. Des Leds rehaussent les vagues dessinées sur les contre-portes. Les compteurs sont bien lisibles. Et l’écran central peut s’éteindre complètement pour rester concentrer sur la route. Mais un point est exceptionnel : l’efficacité des phares. On en viendrait à ne conduire que la nuit. De plus, on a le droit à un efficace éclairage latéral dans les virages. Normal, une ampoule est dédié à cette fonction. Et pas l’antibrouillard qui s’allume comme bon nombre de concurrents. Voilà un excellent point à noter, comme ce fut le cas avec la dernière Opel Insignia essayée récemment.

Grandland X des petites familles

Le conducteur s’y sent bien dans l’Opel Grandland X, mais quid des passagers ? Ils profitent du silence bien sûr. Les sièges leur semblent durs aussi, mais pas de plainte de mal de dos à la fin. Forcément, le passager avant profite de la même habitabilité que le conducteur. Mais il ne profitera pas des réglages électrique : on passe en mode manuel. Petite mesquinerie d’Opel à ne vouloir flatter que le conducteur.

A l’arrière, l’habitabilité est bonne. Est-on loin de certains monospaces ? Le Renault Scénic ne fait pas nécessairement beaucoup mieux. Mais la banquette sera plus agréable à deux qu’à trois. Le coffre est assez logeable, suffisamment pour le quotidien en tout cas. Le coffre s’ouvre électriquement, et contrairement au Peugeot 3008, un petit bip accompagne la manœuvre. Notre crâne n’a pas souffert cette fois-ci !

Astuce de designer, le plastique de bas de caisse remonte jusqu’au hayon : vous n’aurez pas de crainte d’abîmer la peinture. La modularité du coffre est similaire à celle d’un Peugeot 3008 avec une manette pour rabattre les dossiers 1/3-2/3, l’accoudoir masquant une trappe à ski et un rangement sous tablette qui peut accueillir la roue de secours optionnelle). L’accessibilité par les portières est bonne aussi et comme son cousin, elles recouvrent les bas-de-caisse. Ainsi, les portes gardent la saleté mais nos pantalons ne seront jamais souillés lors de la descente, chic attention. Autre attention typiquement Opel cette fois, le répétiteur de clignotant, situé sur l’aile.

En conclusion

Que peut-on reprocher à l’Opel Grandland X ? D’avoir un nom trop long ? D’être un SUV ? En vérité, nous ne lui avons pas trouvé de gros défaut. Certes, l’intérieur est un peu trop classique. Surtout à côté des autres PSA. Mais en même temps, est-ce bien gênant ? L’offre sur le segment est d’autant plus variée. Et il en faut pour tous les goûts. Et par ses sièges, ses équipements, ainsi que son style général, le Grandland X a autant d’atouts pour se différencier et attirer le chaland.

Côté prix, il est bien mieux placé que son frère au Lion. Reste à voir s’il aura des délais d’approvisionnement plus courts ! Quant au moteur essence, il nous a clairement convaincu. Certes il est un peu gourmand, mais il est plus agréable que le Diesel 120 ch que nous avions pu essayer au volant du Peugeot 3008. Alors, vraiment, pourquoi hésiter ?

Crédit photos : The Automobilist


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