Fort des 750.000 ventes européennes de son Mokka X et suite à l’abandon du Meriva, Opel sort le Crossland X. Cette nouvelle traction se veut le meilleur du SUV et du monospace. Un crossover familial multi-usages, au dessin chic comme l’Adam. Mais qui sait aussi être discret, avec des petits moteurs turbo. Le tout à prix compétitif. Afin de savoir comment il affronte ville, route et autoroute, nous avons posé le Crossland X sur les strade de la Vénétie. Entre la Mer Adriatique et les Préalpes italiennes, sous un grand soleil et des pluies diluviennes, découvrons le Crossland X.

Le Crossland X en vidéo

Opel délaisse donc le monospace. C’est une tendance qui vient de loin. Si on considère que monospace signifie spacieux, même Renault ne fait plus d’Espace. On se cogne la tête en rentrant dans son modèle 2017. Le monospace est fini. Quelques centaines d’acheteurs sont inconsolables -avez-vous lu ces posts qui pleurent la mort du C8 et du 807 ? Restent des millions de familles qui s’en fichent comme de leur premier emprunt immobilier. Opel leur propose le Crossland X, un crossover dont l’esprit pratique/ludique et la grande personnalisation le rapprochent de l’Adam.

Le design du Crossland X n’est pas sans rappeler celui de l’Adam.

 

L’Allemande possède des arguments face au Captur et au 2008.

L’Opel Crossland X, vu de l’extérieur

Le Crossland X est élégant. Il possède une partie basse typée SUV avec des contours de roue renforcés en plastique noirs. Plus haut, le véhicule joue la sobriété 100% Opel. Se faire remarquer n’a jamais été de truc de la marque. Si l’on met à part la GT et le Speedster pour le favorablement et la Cascada pour le -mon dieu… défavorablement. Même l’Adam est un véhicule dont l’intérêt réside davantage dans sa conduite sportive très années 80 que dans son look.

La signature lumineuse d’Opel est présente.

Le nouveau SUV d’Opel est tout en formes douces très travaillées. Il ne dévoile pas son charme au premier coup d’œil. La casquette arrière empruntée à l’Adam (proposée en trois tons différents de la caisse) n’est pas proéminente. Sur la grille avant, les ailettes qui entourent le logo à l’éclair lui donne un cachet états-unien.

Les deux éclairs LED des phares avants et arrières, situés aux extrémités de la caisse, se répondent et soulignent la signature lumineuse d’Opel. La coupe de gouge des portières avants de la nouvelle Insigna et la ligne de chrome des vitres vue sur l’Adam, donnent de la dynamique au profil de la voiture. Un profil magnifié par un chemin de verre qui débute de la custode avant pour finir au phare arrière.

Une fois fait le tour de ses réussites esthétiques, on devine que l’Allemande aura des arguments à faire valoir face au Captur et au 2008, ses concurrents frontaux. Le seul côté ostentatoire du Crossland X vient des jantes sportives de 17 pouces montées sur nos véhicules d’essai.

Un chemin de verre débute par la custode avant pour finir au phare arrière, souligné par une ligne chromée.

Longueur (m)    4,21 
Largeur (m)     1,76 
Hauteur (m)     1,59 
Coffre (litres) de 410 à 520 et 1.455 banquette rabattue

Découvrir l’habitacle du Crossland X

Le tableau de bord

On pénètre dans un Crossland X au tableau de bord épuré. Les commandes sont regroupées sur la console centrale. La touche Opel est présente avec son fameux volant au look sportif avec surpiqures et ses cerclages chromés disposés çà et là autour d’éléments noirs et gris. La qualité ressentie n’est pas exceptionnelle. La faute à des plastiques bon marché, surtout autour des commandes de climatisation. Seule la casquette du tableau de bord, comme dans l’Adam – qui évoque celle qui coiffe la voiture – offre une belle qualité.

La qualité ressentie de l’intérieur avant mérite un 12/20.

Pour finir, le double étage de tachymètres devant le volant est du plus bel effet et le frein à main, comme sur l’Insignia, évoque un manche à balai d’avion.

Nos modèles d’essai étaient équipés de l’affichage tête haute (350 € en option). On trouvera également en série ou en supplément le volant chauffant, la caméra de recul à 180°. Mais aussi l’assistance parking ou encore l’alerte de somnolence du conducteur et le freinage d’urgence avec détection des piétons.

La console centrale, écran, GPS

Le système multimédia est en écran sept pouces sur la version Edition et huit pouces sur l’Innovation. Mention bien à la présence de deux prises USB, dont une servira à reproduire l’écran de son mobile sur le LCD du Crossland X ou d’utiliser le Apple CarPlaye et l’Android Auto. On téléchargera l’appli Opel sur IOS ou Android pour communiquer avec la voiture et on placera son téléphone mobile dans l’espace chargeur par induction. Avec Opel Onstar, la marque propose une connexion wi-fi 4G avec version d’essai gratuite. Vous pouvez créer trois profils utilisateurs qui concernent le GPS, les réglages de l’auto et l’audio.

Notre GPS était équipé de la navigation 5.0 IntelliLink, facturée 600 € sur l’Edition et  500 € sur l’Innovation. Son paramétrage et son utilisation sont satisfaisants. L’affichage est dynamique dans la moyenne haute de cette technologie. Un bon point, le GPS n’a jamais perdu le signal malgré nos pérégrinations de flanc à flanc de montagne.

A l’arrière

A l’arrière du Crossland X, Opel a bien offert le meilleur du monospace. La banquette 1/3, 2/3 est très habitable grâce a une bonne garde au toit. On profite de la voiture, de son ouverture vers l’extérieur, sauf si l’on se retourne. La vitre arrière est assez petite du fait d’une imposante sécurité passive. En option, une banquette coulissante sur 15 cm booste le volume du coffre de 410 à 520 litres et 1.455 litres les banquettes rabattues. Pas mal du tout.

Dommage que les passagers arrières ne bénéficient pas d’un rappel de clim et d’une prise USB. Un conflit est à prévoir entre enfants et parents. Et qui dit modulable et familial devrait proposer des tablettes rabattables. Il n’en est rien.

La conduite du Crossland X

Construit à Saragosse, en Espagne, et partageant sa plateforme avec le futur C3 Aircross – le châssis plus avancé de la 2008 – le Crossland X est le fruit de la collaboration technique pour l’Europe de PSA et de General Motors. PSA, on le devine au bout d’une centaine de mètres de conduite: faut reconnaître, c’est pas du brutal. C’est de la suspension typiquement Citroën. C’est souple de chez souple, ça aimera votre dos et ça fera fi de celui des ânes, enfin, des dos d’ânes. Et ce roulis n’est pas compensé par la nervosité des moteurs, loin s’en faut, mais nous y reviendrons.

Les routes du nord de l’Italie, lieu de nos essais.

Le choix d’une telle suspension se comprend. Le Crossland X cible les familles, qui apprécieront les trajets urbains à son volant. Mais le Crossland X est haut sur ses quatre toues et nous sommes hauts en position de conduite et cela renforce la sensation de roulis. Ceci étant dit, la souplesse des suspensions ne gâche pas trop la conduite, même si on aurait aimer pouvoir sélectionner quelque chose de plus raffermi. Pour cela, il faut voir le Mokka, on change alors de gamme de prix. Car le Crossland coûte en effet entre 18 et 25.000 euros. C’est également légèrement plus cher que les tarif du 2008, mais ça ne permet pas de proposer une suspension à la carte.

Les sièges ergonomiques manquent un peu de maintien latéral.

Ajouter également que les sièges ergonomiques manquent un poil de maintien latéral eu égard à la souplesse des suspensions. On se sait quoi penser. Certes, les virages en épingle ne transforment pas le Crossland X en diligence du XIXe siècle. Ca tangue, mais le véhicule garde le cap. On regrette quand-même le roulis et les sensations artificielles envoyées par la direction.

Un petit bon point qui en ravira certains: contrairement à beaucoup de ses concurrentes, la voiture ne sonne pas à tout bout de champ. Pas de bip intempestif pour chaque oubli. En revanche, les alarmes de proximité remplissent leur office. Autre petit plus, lorsque vous faite une marche arrière par temps de pluie essuies-glaces en fonction, l’essuyage arrière démarre automatiquement.

La visibilité est très bonne malgré une surface vitrée dans la moyenne. Le pare brise avant se situant bien devant le conducteur, ses deux larges montants n’obstruent pas la vue et un fort soleil ne vient pas chauffer l’habitacle. On ne louera jamais assez la position haute du Crossland X qui permet d’anticiper sa conduite surtout si l’on enchaine montées, descentes, virages serrés et, pour les provinciaux, petits sentiers.

Le Crossland X, côté moteurs

Opel propose quatre moteurs à essence PSA . Un bloc 1.2 trois cylindres est décliné en version atmosphérique 80 chevaux, turbo et turbo EcoTec 110 ch et, enfin, 130 chevaux. Et c’est tout. La marque l’a répété en Italie, aucune cylindrée supérieure ne viendra coiffer la gamme essence. L’époque est au downsizing, à produire des moteurs de petite cylindrée suralimentés afin de respecter les directives environnementales qui limitent les émissions de CO2 . Fort bien, mais cette solution moteur n’est pas productrice de plaisir au volant. Downsizing est un terme économique qui signifie compression de personnel. Ici, c’est le couple qui a été remercié.

Le Crossland X possède six motorisations et deux boîtes de vitesses, toutes PSA.

Notre première voiture d’essai est dotée du 1.2 turbo 110 chevaux. Clairement, le couple moteur est aux abonnés absents. Le trois cylindres n’est pas le patron de la voiture. Il peine a compenser les suspensions souples du Crossland X. Et il n’est pas aidé par une boîte automatique peu précise et jamais pressée de passer ou de rétrograder ses six rapports. Lorsque nous nous engageons dans les lacets des Préalpes, c’est pire. Le duo moteur/boîte démissionne.

Aucun mode sport n’étant proposé sur la gamme, de guerre lasse, on conduit alors avec le mode manuel. Il nous permettra de gérer la puissance du moteur et d’entendre le son très « cylindre à plat » du Crossland X, assez incongru sur un SUV, il faut le dire.

On n’ose imaginer la conduite de la version de base sans turbo de 81 chevaux et ses consommations moyennes supérieures au modèle à 130 chevaux… A réserver à un usage urbain.

Le double étage de tachymètres devant le volant est du plus bel effet.

Le 130 chevaux, justement. L’histoire est toute autre lorsque l’on dispose de cette motorisation avec boîte manuelle à six rapports. La version maximum est le minimum pour conduire un Crossland X qui devient alors convaincant aussi bien en ville que sur (toutes les) routes. Le trois cylindres associé à une boîte beaucoup mieux étagée prend le leadership. Son couple devenu raisonnable atténue l’effet de roulis du véhicule. Sur autoroute, il nous a permis des relances franches en sixième. Le plaisir est au rendez-vous.

Et quand le soleil a fait place à un copieux orage et dix centimètres d’eau sur les voies, ralentissant violemment la voiture, les 130 chevaux du Crossland  X n’ont pas failli, tout comme le comportement de la voiture qui est resté sécurisant (avec un dégivrage rapide et très efficace sur une aussi grande surface vitrée).

Côté diesel, Opel propose un 1.6 TD PSA qui se décline en EcoTec 99 et 120 chevaux. Sur route, le haut de gamme avec la boite manuelle six font aussi bien que le 130 chevaux essence bien que légèrement en retrait côté reprises et accélérations. Le plaisir n’est pas aussi complet, mais nul doute que cette version peu gourmand trouvera son public.

La présentation du Crossland X a eu lieu dans une prestigieuse cave à vins par un responsable de la marque sobre.

En conclusion

Opel propose une vraie voiture à vivre, chic et bien pensée, dotée d’une habitabilité au dessus de la moyenne. Le confort et les multiples équipements, dont les aides à la conduite, vont faciliter la vie des familles, public visé par la marque au blitz. On regrettera à peine la qualité perçue de certains plastiques et le léger manque de maintiens des assises avant.

On ne commentera pas d’avantage le parti pris d’une suspension un peu chewing-gum tant on connaît l’appétit du public pour des véhicules confort avant tout. Notre réserve visera uniquement les couples moteur-boîtes proposés. Comme dirait un célèbre sorcier de la littérature anglaise à ses compagnons, « fuyez ! » Fuyez la boîte automatique PSA et son étagement long comme un dimanche de pluie. Fuyez les motorisations essence d’entrée de gamme qui peinent à rattraper les prises de roulis.

Hormis peut-être avec le 1.2 81 chevaux essence, le Crossland X transportera votre petite famille dans le confort et le silence quelques soient ses motorisations. Mais si vous voulez un baroudeur dynamique, sécurisant, qui repart d’un coup d’accélérateur dans toutes les situations et vous offre le petit plus que l’on appelle plaisir de conduite, le 1.2 essence 130 cv en boîte mécanique est le bon choix.

Photos Olivier RODRIGUEZ

Disponible dès juin 2017.

 Opel Crossland X                     Edition                   Innovation
  Essence
  1.2 81ch BM5 (+ GPL fin 2017)       18 300 €                   20 150 €
  1.2 Turbo ECOTEC 110ch BM5          19 800 €                   21 650 €
  1.2 Turbo 110ch BVA                 21 100 €                   22 950 €
  1.2 Turbo 130ch BM6                                            22 650 €
 Diesel
  1.6 Turbo D ECOTEC 99ch BM5         21 100 €                   22 950 €
  1.6 Turbo D 120ch BM6                                          23 950 €

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