Essai Mini Countryman Cooper SE : Du sport en mode écolo ?

Depuis son renouveau en 2001, la marque Mini a réussi à s’imposer dans le monde des véhicules urbains. Même si elle est passée par des modèles éphémères tels que les Mini Coupé, Paceman ou Roadster, la marque britannique a su développer des véhicules bien identifiés dans le paysage automobile, y compris en versions 5 portes ou parmi les SUV avec le Mini Countryman. Pour se démarquer de ses concurrents, le Countryman se voit enrichi d’une version hybride forte de 224 ch, le Mini Countryman Cooper SE ! Mais est-elle en mesure de montrer sa puissance tout en consommant moins ? Réponse dans cet essai mêlant routes, autoroutes et sentiers battus.

Countryman Cooper SE : Toujours aussi Mini que les autres ?

Clairement, quand on regarde cette version hybride du Mini Countryman, rien ou presque ne permet de la distinguer des autres versions de la gamme. Seul un œil plus averti remarquera les différences. En effet, esthétiquement parlant, cette version reprend le fameux kit carrosserie de la version Cooper S tout en y ajoutant quelques subtilités… Vous ne les avez pas vues ? Pourtant, c’est tout simple, elle gagne des logos S jaunes sur la calandre et le hayon !

Autre différence notable et non des moindres, la trappe latérale côté conducteur dissimule la prise qui permet de brancher le Countryman SE sur secteur ou à une borne de recharge rapide. C’est un détail stylistique que l’on retrouve également de l’autre côté afin de ne pas dénaturer la symétrie des deux flancs du Mini Countryman. Pour information, il faut un peu plus de 3 heyres sur une prise standard ou à peine 2h30 sur une Wallbox pour recharger à 100% la batterie du Countryman, mais nous en reparlerons un peu plus tard dans l’article.

Un intérieur différent ou une adaptation ?

Fondamentalement, l’intérieur reste identique à une version standard. Bien entendu, les plus férus remarqueront que le bouton de démarrage passe au jaune (couleur emblème des versions hybrides de Mini). De même, le compte-tours indique la charge de la batterie, et un sélecteur de modes apparaît sur la console centrale. Mis à part cela, rien ne vient changer les habitudes des aficionados de la marque britannique.

Comme sur les autres versions, on retrouve le fameux écran central rond (comme sur la Mini Clubman, essayée en version Cooper JCW) ou encore la jante assez imposante du volant à 3 branches. Et une fois habitué, l’on se sent vraiment bien dans ce Mini Countryman. Tout tombe sous la main et tout en restant mini…maliste.

Nonobstant une positionnement de conduite typée crossover, l’assise à l’avant reste confortable et l’on n’a pas la sensation d’être dans un véhicule haut perché. Seul petit bémol, on aurait aimé un maintien latéral plus enveloppant au niveau du dossier. Passons maintenant à l’arrière où l’on soulignera que malgré l’adoption des batteries implantées sous l’assise de la banquette, la banquette reste fréquentable et confortable pour 3 personnes.

À noter que les batteries ont quand même un impact : elles font perdre près de 45 litres au volume de coffre (qui descend ainsi à 405 litres en version 5-places contre 450 pour un Contryman classique. Surtout, ces batteries suppriment le système coulissant de la banquette arrière, assez pratique sur ce genre de véhicule urbain. Le volume de chargement en version 2-places reste assez conséquent (1390 litres tout de même).

Merci qui ? Merci BMW !!!

Il faut bien le dire, Mini a été piocher dans la banque d’organes de BMW pour rendre sa Countryman hybride. Et les ingénieurs ne sont pas allés très loin puisque le système provient de la BMW 225xe Active Tourer qui partage sa plateforme. On retrouve ainsi le moteur 1,5 l essence de ses 136 chevaux couplé à un moteur électrique de 88 ch venant se positionner sur le train arrière. Ainsi pourvu, le Mini Countryman SE dispose donc de 224 ch. Mais surtout cet ensemble motopropulseur lui permet d’être soit une traction, soit une propulsion ou alors une version à 4 roues motrices lorsque les deux moteurs fonctionnent en même temps.

Mais comment savoir si on est en mode électrique ou hybride ? Pour cela, c’est tout simple puisque grâce au sélecteur de mode de l’écran, on peut ainsi choisir quel type de conduite on aborde. En tout, 3 modes existent :

  • Mode Auto eDrive : activé par défaut, il permet de déterminer au mieux la combinaison la plus efficace entre moteur électrique et thermique. Il essaie de privilégier le mode 100% électrique jusqu’à 80 km/h.
  • Mode Max eDrive : conduite en 100% électrique jusqu’à 125 km/h et si on a besoin de plus de puissance, un petit kick down sur la pédale et le moteur thermique se lance.
  • Mode Save Battery : le moteur essence recharge la batterie ou la maintient à 90% de charge. Mais en ville, le système veillera à ne fournir que de l’électrique.

Peur de vous y perdre dans tous ces modes ? Sachez que le mode Auto eDrive se gère tellement bien seul que l’on n’a presque pas besoin de switcher entre tous ces modes. En plus, le système permet de détecter les tracés de la route (montagnes, plaines, ville…) et d’anticiper le mode le plus adéquat sur le trajet du système de navigation.

Nom de Zeus

Pourquoi une anecdote tirée de la trilogie de « Retour vers le futur », me direz-vous ? Eh bien, vous allez comprendre pourquoi. Installé derrière le volant on lance la voiture dans un silence absolu. Un vrai régal d’utilisation à chaque redémarrage, on a l’impression d’être dans un cocon voire en apesanteur comme dans le deuxième volet de la trilogie avec la DeLorean volante (vous voyez mieux ?). En plus, le mode électrique dure assez longtemps : Mini annonce 42 km lorsque la batterie est totalement chargée mais à l’usage, il faut compter plutôt aux environs de 30 km, ce qui reste assez conséquent pour des déplacements du quotidien.

Grâce à cette « petite autonomie », le Mini Countryman SE se sent à l’aise pour faire des trajets maison/travail sans utiliser le moteur thermique et donc en rejetant 0 g de CO2 sur ce type de trajet. En plus, comme expliqué précédemment, on peut recharger aisément son véhicule durant ses heures de travail avec la prise plug-in (environ 2h30 de recharge à 100 % sur les prises rapides). Testée sur une prise normale, en 1h30, la batterie s’était rechargée à environ 85 %.

Outre ces petits trajets du quotidien, qu’en est-il lorsque les trajets deviennent plus long ? Hélas, c’est là où le bât blesse. Bien que les 136 ch du moteur 1,5 l de cylindrée soient volontaires, ceux-ci montrent très vite leur peine. C’est sûr qu’avec 190 kg de surpoids pour la batterie, ce Mini Coutryman SE dépasse la barre des 1,7 tonne (1735 kg pour être pour précis tous pleins faits).

Ce bloc thermique se montre certes présent et hargneux, mais il a plus de mal dans les accélérations franches, surtout s’il se trouve seul pour tracter le petit SUV et recharger les batteries (notamment en mode Save Battery). Comme dans le dernier volet de la trilogie de « Retour vers le futur », on aurait presque aimé avoir une locomotive pour booster l’engin. Avec des bûches à incandescence améliorée. Oui, voilà aussi pourquoi je parlais de la trilogie de « Retour vers le futur » !

Une vraie Mini à l’usage ?

Mais il faut le noter, lorsque le système est en mode hybride, on profite d’un véhicule à 4 roues motrices (mode thermique pour l’avant et électrique pour le train arrière). De plus, avec ce mode engagé, on gomme très habilement les défauts de motricité et des passages de vitesse de la boîte automatique à 6 rapports. Un vrai bonus au niveau du confort lorsque l’on se retrouve sur des chemins légèrement escarpés.

Parlons du confort d’ailleurs. Étant donné la charge plus importante avec les batteries sur le train arrière, la marque a dû retravailler les suspensions pour les rendre plus raides. Même si le confort de roulage est le maître mot de ce Mini Countryman, cela n’entache pas le côté joueur du petit SUV et avec sa direction très précise, on s’amuse très facilement. Un point que certains trouveront peut-être regrettable notamment pour la clientèle de ce type de véhicule… Mais on ne boude pas son plaisir qui est celui de retrouver les sensations typiques de conduite de la marque britannique.

Dernier point à aborder et non des moindres, la consommation. Quand on parle d’hybride, on va forcément se demander si ce Mini Countryman SE est écolo ou plus économe à l’usage ? Écologique, c’est sûr avec les différents modes que l’on peut utiliser. Mais économique, cela reste à voir. Avec ses 7,5 l aux 100 km de moyenne et son petit réservoir (les batteries l’ayant réduit à 36 l de carburant contre 51 l sur une version standard), le Countryman Cooper SE ne dispose que d’une autonomie de seulement 450 km (avec la batterie pleine) et l’on se retrouve assez fréquemment à la pompe. C’est vraiment regrettable, surtout si vous faites souvent de longs trajets ou que vous empruntez les autoroutes.

Fun en mode écolo mais coûteux à l’usage

Alors que dire de ce Mini Countryman SE au final ? C’est sûr qu’en ajoutant cette version hybride à la gamme, la marque britannique sait se démarquer du lot… surtout avec presque aucune concurrence en face d’elle (en tout cas pour le moment). Si on prend l’Audi Q2 comme concurrent, il n’a pas de version hybride prévue, et seul le nouveau Volvo XC40 pourrait lui faire face avec une version hybride prévue dans le courant de l’année 2018).

Facile d’usage en mode 100% électrique, le Mini Countryman souffre d’un système légèrement à la peine lorsque le mode hybride est lancé. Bien que le moteur arrive à gommer les soubresauts de la boîte, on aurait aimé un véhicule plus punchy, surtout avec 224 ch sur le papier. De plus, le rayon d’utilisation reste limité avec un réservoir à la contenance réduite par rapport à un Contryman classique, et une autonomie électrique qui chute très rapidement sur autoroute (car on puise très vite dans les batteries).

Le Countryman Cooper SE côté tarif

Et côté tarif ? Eh bien, proposée à partir de 38.900€, la facture peut vite grimper (on s’approche des 45.000€ sur notre modèle d’essai). Si l’on compare cette version hybride au modèle Cooper S, on peut se poser la question du choix. Malus pour l’une, bonus écologique pour l’autre et on arrive à un tarif presque équivalent mais avec une version plus débridée pour la Cooper S. Alors fibre écologique ou envie de se faire plaisir ? Le choix peut être cornélien pour certains… Pour moi le choix est fait : vive la puissance à l’état brut !

Crédits photos : Christian Condé – The Automobilist


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