Nous voulions en savoir un peu plus sur le roi des VTC, celui qu’on croise à chaque coin de rue dans les grandes villes, nous parlons bien entendu du Mercedes-Benz Classe V. C’est lors d’un grand weekend qu’on l’a mis à rude épreuve. Au programme du test, une traversée de la France pour relier la région Parisienne à la Côte d’Azur.

Une camionnette pas comme les autres

Quand on pense aux monospaces pour transporter la famille, les modèles comme Citroën C4 Picasso, Renault Scénic ou encore Volkswagen Touran sont surement les premiers qui vous viennent à l’esprit, mais il existe un choix pléthorique dans une catégorie oubliée : les utilitaires légers !

Du Peugeot Traveller, au Toyota ProAce en passant par le Renault Trafic ou encore le VW Multivan, c’est dans une fourchette de prix assez large qu’on peut aisément trouver une voiture à notre guise tout en allant jusqu’à transporter 9 personnes avec le permis B classique. Si plusieurs années en arrière il s’agissait uniquement d’une variante vitrée de la version utilitaire, depuis quelques temps les constructeurs font de réels efforts pour nous fournir des voitures abouties avec un style dans l’air du temps.

Revenons-en à notre modèle d’essai, le Classe V. Extérieurement on est très proche du Mercedes-Benz Vito, la version proposée en utilitaire mais également pour le transport de personnes (Vito Tourer), à la différence que vous aurez un intérieur beaucoup moins cossu (pour la petite anecdote, le Classe V est d’ailleurs la seule voiture de ce segment à proposer une planche de bord différente en version VU et VP). Des Vito, on en croise d’ailleurs beaucoup dans des configurations telles que ambulance ou même corbillard (mais pour le coup c’est moins joyeux) tandis que les Classe V se retrouvent plus régulièrement en Taxi ou VTC.

Le tour du propriétaire

A l’occasion de l’essai, c’est un Classe V Long 220d Executive qui nous a été mis à disposition. Il s’agit du 4ème niveau de finition sur les 7 proposés par Mercedes-Benz, une addition qui le positionne déjà sur un tarif de 55 888,80 €.

Dans cette version longue, les dimensions sont de 5,14 m x 1,88 m. Idéal pour accéder à 90 % des parkings grâce à sa hauteur, pour la longueur il faudra se faire au gabarit et s’aider de la caméra 360° bien utile.

Après un trajet retour depuis le parc presse de Mercedes-Benz utilitaire dans les bouchons, j’ai pu étudier la place conducteur sous toutes ses coutures et profiter du confort qu’offre la voiture. Je n’ai aucun doute quant au fait que le voyage sera agréable. Avant le départ et alors que mes amis m’ont rejoint, une idée nous traverse la tête… et si on le passait en configuration salon en inversant les sièges du rang 2 pour les mettre dos à la route ? J’ai vu des photos sur internet, la procédure est indiquée dans le manuel d’utilisation mais rien n’y fait ! Au bout de presque une heure nous décidons de lâcher l’affaire. Finalement tous les sièges dans le même sens ce n’est pas si mal. Niveau modularité c’est donc en dessous de la moyenne que je situerais la note si on me demandait d’en donner une.

Parlons aussi d’autres choses qui fâchent. Comme toujours chez les constructeurs allemands entre le prix de base et la version finale il y a un cap à franchir. Certes, notre modèle d’essai est bien équipé mais en même temps il dispose tout de même de presque 20.000 € d’options avec un tarif public de 73 540,80 € TTC. A ce tarif il reste cependant encore un grand nombre de cases à cocher avant d’arriver sur un véhicule toutes options. Aucun doute sur la clientèle visée par Mercedes-Benz, on est ici dans le premium. Le tableau ci-dessous est un récapitulatif de l’évolution du prix avec les options.

Chauffeur, direction Fréjus SVP

Prenez place à bord, c’est parti pour 900 km de route. Les bagages sont chargés, j’ai enfilé mon costume, me voilà transformé en VTC. Bon OK je plaisante : je n’ai pas mis de costume même si mes amis auraient apprécié le geste. Toujours est-il qu’un peu plus de 8 heures de trajet nous attendent alors il ne faut pas trainer pour partir.

Propulsé par un moteur 2,2 litres de 163 ch couplé à la boite de vitesse à convertisseur 7G-Tronic nous ne devrions pas avoir de soucis sur la route. Trouvant la boite un peu lente j’ai décidé d’essayer le mode Sport, mais celui-ci n’est pas optimisé pour la voiture. En effet lors des reprises pour doubler quelqu’un, la boite de vitesse rétrograde beaucoup trop haut dans les tours et procure des à-coups peu agréables accompagnés d’un bruit de moteur assez intense. Le mode Confort m’accompagnera le reste du trajet.

Déjà un peu juste niveau reprise dans sa version 220d, le Mercedes-Benz Classe V existe également en 200d : il s’agit alors du même 2,2 litres mais avec seulement 136 ch. Sans doute pas idéal quand il est entièrement chargé ou qu’il transporte beaucoup de passagers.

Après une bonne heure de trajet les premières réactions arrivent de mes passagers et de moi-même. Bien que très confortablement installés, les passagers de rang 3 regrettent tout le même l’absence de suspensions pilotées. En effet, même en mode Sport, rien n’y fait, la voiture tangue dans les virages et rebondi sur les aspérités du bitume. Aucun incident à signaler sur la totalité du parcours mais les personnes sujettes aux nausées en voiture privilégieront les places avant.

Proposée en option à 916 €, la climatisation des places arrière TEMPMATIC manque de puissance et ne procure pas une ventilation suffisante pour offrir une température idéale aux passagers. Aux places avant aucun soucis à ce niveau si ce n’est un système assez bruyant quand on lui demande de rafraîchir fortement la voiture (et dans le sud, il fait chaud !).

Pour ma part j’ai deux remarques à faire : une déception vis-à-vis du décor en faux bois qui manque clairement de classe, heureusement un décor aluminium est proposé en option gratuite, mais un gros coup de cœur en revanche pour le au système audio Burmester. J’ai essayé un grand nombre de voitures et pour le moment il surclasse toutes celles-ci. Le son est bien spatialisé dans l’habitacle et ne sature pas même sur des volumes hauts, il procure des basses et aigus de qualité. Dommage que l’interface audio soit elle en retrait avec notamment l’impossibilité d’écouter avec le port USB de la musique via des applications tierces telles que Deezer ou Spotify.

Le bord de mer est enfin là, nous voici arrivés à Fréjus. Trajet sans encombre mais de nouveau quelques remarques bonnes et mauvaises à faire.

Le freinage est un peu sous dimensionné, en effet une fois lancé la voiture peine franchement à ralentir. On s’y fait avec le temps mais au départ c’est assez étonnant au point de faire peur aux passagers. Il faut dire qu’avec un poids de 2145 kg on freine forcément moins fort qu’avec une petite sportive. En parlant de poids il est important de parler un peu de la concurrence, en effet si le VW Multivan joue dans la même cour avec un poids de 2224 kg, les récents Peugeot Traveller, Citroen SpaceTourer et Toyota ProAce jouent eux les poids plume avec leurs 1719 kg. 400 kg de différence sur la balance ce n’est pas négligeable.

Concernant le confort, et exceptées les petites remarques évoquées plus haut, rien à redire. Plusieurs de mes passagers l’ont d’ailleurs fortement apprécié en dormant sur la majeure partie du trajet. Pour ceux qui ne dormaient pas, heureusement qu’il y avait la clim (même si celle-ci n’est pas optimum on l’a dit) puisque les portes latérales ne proposent pas de vitres qui s’ouvrent même avec un système de coulissement, dommage.

Pour finir sur la partie trajet, j’ai été agréablement surpris par la consommation. Si celle-ci n’est pas au niveau des chiffres annoncés par le constructeur, je trouve tout de même raisonnable de faire 10 l/100 km pour une voiture de ce gabarit avec 6 passagers et leurs bagages.

Des équipements pratiques, mais pas que

Au niveau des équipements on retrouve un peu de tout… du gadget comme du très utile, petite revue de ceux-ci.

Accessible depuis la vitre de hayon ouvrante, le couvercle (j’aurais plutôt appelé ça une tablette moi) de coffre EASY-PACK permet de charger des bagages lourds sur deux niveaux sans se préoccuper de ce qui se trouve en dessous. Fixé sur les mêmes rails que les sièges celui-ci est amovible et coulissant à l’endroit que vous souhaitez si vous enlevez une rangée de siège par exemple. Les deux casiers présents à l’intérieur sont bien pratiques notamment pour transporter les courses si vous n’avez pas de sac sous la main.

L’amplification vocale, c’est ce genre de petit gadget bien pratique dans un van, car lorsque vous avez de nombreux passagers il est parfois difficile de se faire entendre par ceux tout au fond : Mercedes-Benz à du coup pensé à presque tout ! Un petit micro situé au niveau du plafonnier répercute le son au rang 3, c’est juste dommage qu’ils n’aient pas pensé à mettre également un micro au rang 3 pour qu’on les entende quand ils nous répondent.

Le pack stationnement comprend une fonction de parking automatique (la photo ne représente pas le résultat d’une manœuvre réalisée par la voiture je vous rassure) mais également une caméra 360°. Si sur des citadines ou des compactes on apprécie déjà la technologie, sur une voiture de plus de 5m de long c’est limite indispensable. Bien que particulièrement maniable, le manque de visibilité qu’on peut parfois avoir est comblé par cette option.

Pour en finir avec cette revue des équipements, je vous laisse en compagnie d’un gadget inutile donc indispensable… ici photographié dans sa livré bleu cyan, il est possible via les menus de la voiture de changer la couleur de l’éclairage pour une teinte blanche ou orange. Sympa non ?

En conclusion ?

Après 2 300 km et 29 heures de trajet à son bord aussi bien sur routes de campagne que sur autoroutes je pense avoir un ressenti de la voiture dans sa globalité. Pour partir en vacances avec des amis ou comme outil de travail pour transporter des personnes à longueur de journée, c’est typiquement le genre de voiture idéale. Il est clair en revanche qu’une personne célibataire ne saura que faire d’autant de place et n’aura aucun intérêt à dépenser autant d’argent. Mais ce n’est certainement ce n’est pas le cœur de cible du constructeur à l’étoile ici…

Malgré les quelques défauts énoncés dans l’article, la voiture est dans l’ensemble très homogène et particulièrement agréable pour le conducteur et ses passagers mais également visuellement, en effet rare sont les utilitaires à soigner autant leur look.

Pour bien apprécier celui-ci je vous laisse en compagnie d’une galerie photo regroupant l’intégralité des photos de l’essai.

Texte et photos : Julien HUET pour TheAutomobilist.fr


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