Qui a dit que les breaks étaient forcément moches et de simples voitures pour relier un point A à un point B ? Si vous voulez rouler avec du style, alors vous prendrez peut-être le volant de notre voiture d’essai du jour. Nous vous invitons ainsi aujourd’hui au volant du break Mercedes-Benz CLA Shooting Brake. En version 250 4-Matic, finition Fascination équipée de la boîte de vitesses 7G-DCT, nous allons tenter de prouver que la première phrase de l’article est bien une erreur.

Sommaire :

1 – Un break habitable ?
2 – Une routière de choix
3 – Conclusion et galerie photo

1 – Un break habitable ?

Avec sa ligne plongeante du plus bel effet, on se pose immanquablement une question : qu’en est-il de l’habitabilité d’une telle voiture ? La Mercedes CLA est une version berline aux allures de coupé de la Classe A, la version Shooting Brake est donc un break issu de la berline coupé… ça devient presque complexe cette histoire ! Pour simplifier la tâche, on va la comparer aux breaks compacts. Si au sein des constructeurs « premium » elle n’a pas réellement de concurrence (ou peut-être l’Audi A3 Sportback mais le volume est tout de même bien différent), c’est en se tournant du côté des généralistes qu’on peut trouver une gamme équivalente avec les Peugeot 308 SW, Renault Mégane Estate ou encore Seat Leon ST.

Niveau dimensions, Mercedes-Benz a fait fort, puisque pour passer du CLA au CLA Shooting Brake, il n’y a pas 1 mm de plus en longueur comme en hauteur ! 4,63 x 1,78 x 1,43 m, voilà pour les dimensions de cette voiture. Comparée à la version berline, on notera une augmentation de poids de 30 kg à motorisation égal,e mais également 25 litres de coffre en plus (cela nous porte à 495 litres, l’équivalent d’une Megane Estate mais également d’une BMW Série 3 Touring ou encore d’une Mercedes-Benz Classe C SW). L’ouverture n’étant par contre pas très large, il conviendra de bien faire attention à vos achats avant d’arriver avec des paquets qui ne rentrent pas dans le coffre. Concernant les places arrière, la chute du toit est beaucoup moins présente que sur la version berline, et, même si le vitrage laisse penser l’inverse, l’habitabilité est du coup largement convenable pour une personne mesurant 1,85 m.

Coté défaut on notera quand même des appuis têtes aux places arrière intégrés dans le siège qui nuisent sérieusement à la rétrovision, heureusement pour les créneaux la caméra de recul permet de combler ce manque.

Au niveau des rangements, on retrouve tout ce qu’il y a de plus classique. Celui de l’accoudoir central est tout de même assez grand et permettra de laisser quelques affaires à l’abri des regards. C’est également dans celui-ci qu’on retrouve les deux prises USB permettant notamment de connecter son iPhone à l’interface CarPlay. Toutefois, je ne reviendrai pas sur le CarPlay, cette technologie est pour moi inaboutie et est un véritable frein à l’utilisation du smartphone du fait du faible nombre d’applications compatibles.

Notre version d’essai est une finition dite « Ligne Fascination », c’est-à-dire la plus haut-de-gamme proposée par Mercedes-Benz sur ce véhicule si on exclut les très exclusives AMG. Celle-ci est proposée contre 8.225€ supplémentaires par rapport à la version « de base » (Ligne Inspiration).

Facile à reconnaître de l’extérieur avec sa calandre « diamant » ou ses projecteurs Full LED, elle se distingue également à l’intérieur par un équipement conséquent tel que le grand toit ouvrant panoramique ou encore les sièges électriques. On notera la présence d’un bouton de réglage appui-tête sur la porte alors que ceux-ci sont intégrés au siège, le bouton est lui aussi… fixe !

Équipée de l’option Comand Online (2.300€) notre CLA Shooting Brake propose un bel écran 8’ connecté à internet qui permet d’accéder à l’intégralité des réglages de la voiture ou encore de paramétrer les différents modes de conduite proposés via l’option suspension avec amortissement adaptatif (900€). Petite précision et non des moindres, ce bel écran à dalle brillante n’est comme sur le GLA pas tactile, on évite ainsi les traces de doigts mais c’est un choix étonnant vis-à-vis de la concurrence qui propose ce type de technologie.

Après un tour du propriétaire complet, il est temps de se mettre au volant et d’apprécier la voiture sur les routes de la Seine-et-Marne.

2 – Une routière de choix

Avec 1991 cm3, 350 Nm de couple, 211 ch, 4 roues motrices, sur le papier notre petit break a tout pour donner envie de se faire plaisir. Équipé du pack Keyless-Go (800€), il me suffit de presser le bouton Start et le moteur s’allume dans un silence assez déroutant (qui sera d’ailleurs présent durant tout l’essai, la voiture étant vraiment bien insonorisée). Entre le Pack AMG, les 211 ch et la couleur rouge qui donne une allure assez sportive, je m’attendais toutefois à un échappement au son plus présent. Mais il ne faut pas oublier non plus que Mercedes-Benz propose une version « Sport » du 250 4-Matic avec un échappement actif et 7 ch supplémentaires, on a ici une version sage en somme et vu le nombre de kilomètres prévu pour cet essai ce n’est peut-être pas si mal.

Sous un soleil radieux comme sous la pluie, durant cet essai j’ai eu droit à tout type de météo. J’ai également pu rouler aussi bien sur autoroute, sur nationale mais aussi sur des petites routes de campagne au cours des quelques 750 km réalisés. Soyons franc, la voiture est à l’aise quel que soit le terrain. Une grosse différence tout de même entre les différents parcours : la consommation. Sur un trajet principalement autoroutier, la moyenne descendra aux alentours des 8 l/100 km alors que sur routes de campagne en la cravachant un peu on n’aura pas de mal à frôler les 13 l/100 km. Sur la totalité de l’essai c’est une consommation moyenne de 10,5 l/100 km que j’ai réalisé. Compte tenu du gabarit de la voiture ce n’est pas réellement étonnant mais on est bien loin des 6,9 l/100 km annoncés par Mercedes-Benz.

Pour revenir sur les types de route, il est temps de parler du système 4-Matic de Mercedes-Benz : c’est le nom marketing des 4 roues motrices de la firme allemande. Si l’on souhaite un CLA 250 Shooting Brake en boîte automatique, le 4-Matic est imposé, de même si l’on souhaite une boîte de vitesses manuelle on ne pourra pas bénéficier de la transmission intégrale et ce, quelle que soit la motorisation choisie.

Je n’ai jamais eu l’occasion de rouler une Mercedes-Benz de cette gamme en traction, mais le 4-Matic est franchement bluffant. Couplé à des pneus Goodyear Eagle F1 en 225/40 R18, je n’ai pas réussi à mettre la voiture en défaut même en insistant. Pour autant les aides électroniques ne se manifestaient pas de manière intempestive, preuve que le châssis est réellement bon et non pas aidé par des capteurs en tous sens.

Par ailleurs et contre toute attente, malgré la monte taille basse proposée sur la voiture, le confort n’est pas en peine. Le choix du mode de conduite influant sur les suspensions pilotées, cela est assez peu ressenti aux places avant néanmoins vos passagers des places arrière vous remercierons d’utiliser un mode « confort » car pour eux, ça devient très vite inconfortable sur longue distance.

La très agréable boîte automatique 7G-DCT associée aux palettes de commandes au volant est une réelle invitation à la conduite. Les rapports s’enchainent sans souci et permettent en mode sport d’aller chatouiller la zone rouge. Pour les personnes non habituées aux automatiques de chez Mercedes-Benz ce sera tout de même déroutant au premier abord de ne pas avoir de levier de vitesses mais uniquement un commodo derrière le volant (le C4 Picasso le fait aussi), mais une fois pris en main il est difficile de retourner sur une boîte classique tant la commande est simple d’utilisation.

Sous ses airs d’autoradio pas très moderne c’est un système hifi de la marque Becker qui est proposé sur notre CLA Shooting Brake d’essai, pas forcément esthétique il est néanmoins de très bonne facture et propose un son de qualité sans avoir à piocher dans le catalogue d’options ou il est proposé un kit Harman Kardon composé de 12 hauts parleurs ainsi qu’un amplificateur 500 W pour un supplément de 825€.

Pour finir cet essai, marquons l’attention sur un point très particulier de cette voiture : l’absence de cadres au niveau des portières avant comme arrière. Si cette technologie est régulièrement utilisée sur les coupés, il est très rare de retrouver ceci sur des berlines et encore plus sur des breaks, pourtant c’est un réel argument niveau look qui en plus aidera à justifier le prix de la voiture.

3 – Conclusion

Très bien équipée et avec un moteur dans la gamme haute de ce que propose le constructeur, la CLA que nous avons eue est une configuration à 58 175€. C’est bien là qu’intervient le souci : s’il est très difficile de trouver des réels défauts à cette voiture, que ce soit sur le plan stylistique ou dynamique, le prix est un gros frein à l’achat selon moi. La qualité de fabrication est exceptionnelle comme toujours chez Mercedes-Benz mais à gamme équivalente la concurrence se place à des tarifs nettement inférieurs. Pour un client lambda, ça fera un gros budget mais la voiture est du coup réellement intéressante pour une personne qui pourra prendre un leasing pour amortir le prix de la voiture sur la durée.

A y regarder de plus près, on en viendra quand même à se demander si une Renault Mégane 4 GT Estate (pour exemple) toutes options à 20.000€ de moins (ce n’est tout de même pas négligeable) ne serait pas un meilleur choix pour une personne raisonnable. Si toutefois le budget de la CLA n’est pas un frein on peut également s’imaginer au volant d’un véhicule de gamme supérieur au niveau taille.

Pour en revenir à la problématique lancée dans l’introduction, l’on peut clairement dire que le CLA Shooting Brake est la preuve qu’on peut encore concilier break avec belle voiture mais également avec plaisir et passion sous couvert que le budget soit en accord.

Comme à l’accoutumée je vous laisse en compagnie d’une galerie regroupant l’intégralité des photos réalisées durant l’essai.

Texte et photos : Julien HUET pour The Automobilist


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