Les SUV et autres 4×4 plus ou moins authentiques sont particulièrement à la mode en ce moment. Au point qu’on puisse légitimement en faire une indigestion. Sauf que tous, loin s’en faut, ne peuvent pas prétendre au savoir-faire de Land Rover dès qu’il s’agit de sortir des sentiers battus. Une caractéristique que la marque à l’ovale vert, très attachée à son histoire et à son image de véhicules authentiquement tout-terrain, aime à rappeler avec force. En pratique cela se fait au travers des journées Land Rover Experience.

Nous y avons participé en Alsace le week-end dernier et y avons pris un grand plaisir qu’il eût été bien dommage de ne pas partager avec vous.


Encadrés

Le propre des Land Rover Experience est d’abord de vous faire profiter d’une expertise et d’une connaissance que nous n’avons généralement pas. Il ne faut en effet pas se voiler la face : prendre un chemin de sous-bois ne pose aucune difficulté majeure ni pour la plupart des véhicules du marché, ni pour leurs conducteurs mais cela n’a pas grand chose à voir avec la pratique du tout-terrain. Cette dernière, en particulier dans des exercices très inhabituels de franchissement, nécessite une connaissance et une maitrise qu’il est toujours enrichissant de commencer à acquérir.

Land Rover fait donc appel à des moniteurs diplômés et, forcément, expérimentés. Pour beaucoup d’entre eux ils ne sont d’ailleurs pas seulement spécialisés dans la marque Land Rover mais, de façon plus générale, dans la conduite en tout-terrain (et pas que…) quel que soit le véhicule ou l’environnement. Nous en avions déjà croisé certains lors de nos essais de l’Evoque (de même qu’en version restylée) ou du Discovery Sport à Strasbourg, à l’image de Joan Lavigne que nous avons retrouvé avec plaisir. Mais nous avons aussi eu la joie d’en rencontrer d’autres lors de cette demi-journée et même de constater que certains d’entre-eux nous suivent sur les réseaux sociaux 😉

Car ils ont tous clairement en commun une authentique passion pour l’automobile et surtout un vrai savoir-faire dans le domaine du 4×4 ainsi que dans celui de la pédagogie. Et c’est très important car, on le verra plus loin, on se retrouve dans des situations de conduite totalement en dehors de nos références et durant lesquelles il faut savoir garder son sang froid.

L’équipe commence donc par se présenter à l’ensemble des participants. Elle en profite, tout naturellement, pour évoquer rapidement l’histoire étonnante de Land Rover ainsi que les très nombreuses caractéristiques techniques de nos futures montures. Terrain Response, boîte courte, contrôle de vitesse en descente, contrôle de progression en tout-terrain, suspension pneumatique, garde au sol, empattement, angle d’approche… Pour des non-spécialistes, les termes positionnés sur les panneaux de présentation peuvent vite s’avérer barbares, voire carrément rébarbatifs de prime abord.

Il est pourtant absolument nécessaire de les détailler, au moins sommairement, pour comprendre les bases de la conduite offroad. Ce d’autant plus qu’ils sont également les outils indispensables qui vont permettre à nos Land de grimper dans les arbres. Et ce n’est presque pas une image…

Équipés

Passée cette présentation il est temps de rencontrer les engins mis à notre disposition. Pour faire simple Land Rover ne lésine pas sur les moyens puisque c’est tout simplement l’intégralité de sa gamme que le constructeur propose aux participants pour ces Land Rover Experience. Dans le détail cela signifie pour nous 7 véhicules : 4 SUV et 3 franchisseurs, une nuance qui prendra tout son sens sur le terrain.

Les 4 SUV étaient donc ici deux Evoque TD4 180 ch, un cinq portes et un cabriolet, et deux Discovery Sport TD4 180 ch. Du côté des franchisseurs on retrouvait un Range Rover, un Range Rover Sport et le petit nouveau de la gamme (en attendant le Velar) un Discovery. Tous les trois étaient motorisés par le 6-cylindres diesel de 3,0 l et 258 ch, et toute cette cavalerie était équipée en boîte automatique à 8 ou 9 rapports selon les modèles.

SUV ou véhicule de franchissement, il faut choisir

La nuance entre SUV et véhicule de franchissement doit immédiatement être précisée. Tous les Land Rover présents à ces journées d’initiation sont naturellement des véhicules équipés d’une transmission intégrale. Ils permettent donc déjà de rouler avec aisance sur d’autres surfaces que l’asphalte. Pour autant il est important d’avoir conscience que tous ne sont pas conçus pour les mêmes capacités.

Privés de gamme courte, de suspension pneumatique réglable en hauteur ou encore d’un système Terrain Response à 6 positions contre 4, l’Evoque et le Discovery Sport ne sont pas intégralement pensés et adaptés pour le passage d’obstacles complexes. Pour autant, et bien que cela s’avère un peu plus sportif en conditions réelles, on verra qu’ils sont néanmoins parfaitement capables de passer aux mêmes endroits que leurs grands frères.

Vallonné

C’est sur la piste de 4×4 de Steinbourg près de Saverne dans le Bas-Rhin que nous avons réalisé ces essais offroad. Un endroit très agréable et surtout très adapté à la discipline offrant une variété de conditions tout-terrain très importante. Montées plus ou moins longues et plus ou moins raides, ornières, dévers, bosses, croisement de ponts, gués, un peu de poussière, encore pas mal de boue mais un soleil radieux, toutes les conditions étaient réunies pour mettre à l’épreuve les véhicules, les conducteurs et les passagers.

A bord d’un Discovery et sous la houlette de notre moniteur nous commençons par prendre connaissance des aides à la conduite en tout-terrain dont le véhicule est équipé. Quelques clics sur les boutons de la console centrale ou sur l’écran tactile permettent de choisir le mode idéal. L’infotainment très complet nous offre également la possibilité de surveiller de nombreux paramètres ou, via les caméras, de voir où l’on pose ses roues. C’est parfois bien utile quand votre champ de vision se résume au ciel bleu. Grace à sa suspension pneumatique notre Discovery se place en position haute pour atteindre 28,3 cm de garde au sol, ce qui s’apparente fortement à un décollage. On opte pour la gamme courte avec sélection des rapports via les palettes au volant et c’est parti pour le tour de manège.

Jusqu’ici tout va bien

Les premières difficultés n’en sont pas vraiment et, en convoi avec un Discovery Sport et un Range Rover on les franchi sans même sourciller. Preuve immédiate que les véhicules sont dans leur élément. Mais au fur et à mesure que l’on avance le parcours se corse un peu et, alors que nous avions perdu de vue les deux véhicules qui nous précédaient, on en aperçoit soudain un perché sur sa montagne, prêt à la descendre. Il le fait paisiblement puis vire à droite avant la fin de la descente se retrouvant ainsi dans une position très spectaculaire.

Assister au spectacle est déjà impressionnant, surtout lorsqu’on se rappelle que le Range Rover est un bébé dépassant les 2,2 tonnes. Et lorsqu’on se lance dans ses traces, on escalade cette impressionnante butte sans coup férir et avec une facilité époustouflante. La gamme courte fait ici des miracles et la transmission intégrale, qui réparti idéalement le couple sur les roues en fonctions de l’adhérence, s’occupe du reste. S’arrêter en plein milieu de la côte est tout sauf un problème, la motricité exceptionnelle de l’engin lui permettant de reprendre son escalade sans broncher.

La descente est tout aussi aisée grâce notamment au système HDC (Hill Descent Control) et le dévers du bas de la côte ne déstabilisera pas plus notre Discovery qu’il ne l’a fait avec le Range. L’angle est impressionnant mais qu’importe le virage est effectué sans douleur. La bosse suivante s’aborde dans un premier temps avec la roue avant droite décollée du sol de 50 bons centimètres, mais est avalée aussi facilement que celles qui ont précédé. Il est même possible de réaliser tout cela « sans les pieds » grâce au système ATPC (All Terrain Progress Control), un régulateur de vitesse fonctionnant de 2 à 30 km/h dans les conditions difficiles de franchissement. Il ne reste presque plus qu’à profiter du paysage et du confort des véhicules… Vive l’électronique.

Entre SUV et véhicule de franchissement, nous avons choisi

Bien qu’ils aient la possibilité d’être équipés du même système ATPC, ce n’est pas tout à fait aussi simple avec les SUV. Handicapés par leur garde au sol plus réduite ils obligent naturellement le conducteur à rester sur le haut des ornières sous peine de se retrouver planté. L’attention doit donc être encore plus grande quant au terrain que l’on aborde avec la voiture afin de bien anticiper ses mouvements et de poser ses roues au bon endroit. Mais le plus gros handicap des SUV reste l’absence de réducteur pour la boite de vitesse. Ce qui signifie un couple idéal moins aisé à obtenir, surtout dans des situations qui en exigent beaucoup.

Étant passé d’un Discovery à un Discovery Sport nous avons pu nous en rendre compte. Là où le Discovery et le Range Rover passent sans difficulté il nous aura fallu nous y reprendre à deux fois pour gravir une sévère côte en Disco’Sport. La difficulté y était renforcée par la nécessité de gérer à la fois la trajectoire (avec des ornières très marquées et un dévers important) mais aussi la pédale de gaz de la voiture. Un peu trop de gaz et vous patinez, pas assez et vous ne montez pas. Trop d’irrégularité dans la pression sur la pédale et vous maitrisez plus difficilement l’engin.

Il faut dire, pour sa défense, que le Discovery Sport est plus lourd et doté d’un empattement plus long que l’Evoque, ce qui explique son passage rendu encore plus ardu. Le petit frère s’en sort globalement mieux sur ces terrains. Il n’empêche qu’une fois qu’on a bien saisi le truc on constate que, tout SUV qu’il soit, le Discovery Sport va passer sa bosse aussi bien que les autres. Avec certes un peu plus d’efforts mais finalement sans coup férir non plus. Impressionnant.

La différence entre les franchisseurs et les SUV est donc évidente. La facilité affichée par les premiers (qui sont aussi les plus lourds par ailleurs) est déconcertante. Mais l’Evoque et le Discovery Sport sont déjà loin d’être ridicules et peuvent clairement en remontrer à nombre de leurs concurrents directs dans ce domaine. Au final, ces Land passent donc peu ou prou partout.

Gagné ! (enfin, presque…)

La demi-journée passe bien plus vite qu’on ne le souhaiterait naturellement mais, avant le sympathique repas, comporte encore un atelier. Elle ne saurait en effet se terminer sans un petit challenge entre les participants. Nous avons appris des choses en situation, il est temps de les restituer et de s’en servir dans un contexte légèrement différent.

A bord des trois franchisseurs (Range Rover, Range Rover Sport et Discovery), l’objectif est désormais de réaliser un parcours jalonné de piquets à travers lesquels il faudra passer. Sans les toucher bien entendu, sous peine de se voir infliger deux points de pénalité, ni faire de marche arrière sanctionnée pour sa part d’un point de pénalité.Un pilote dans la voiture, toujours assisté du moniteur, et un co-pilote à l’extérieur pour le guider, pas de limite de temps, tel est le défi que l’équipe de The Automobilist a relevé. La répartition des tâches est vite décidée et nous procédons tout d’abord à une reconnaissance à pied. Peggy prend place à bord du Range Rover pendant que je m’attelle à lui prodiguer ce que je crois être les meilleurs conseils de direction.

A droite et puis à gauche. Non l’autre gauche !

Et c’est pour le coup une autre caractéristique de l’engin qui apparait. Ce très gros bébé de 2,2 tonnes, 5 m de long pour 2,07 m de largeur (rétroviseurs rabattus sinon c’est 15 cm de plus… et de trop sur ce parcours) et 1,83 m de hauteur – pardon, 1,90 avec sa garde au sol rehaussée en mode tout-terrain – s’avère presque aussi agile qu’une petite Twingo en ville. Mais sur un terrain autrement plus difficile.

Il faut tenir compte des obstacles, anticiper sur les rayons de braquage nécessaires au passage de la porte suivante et rester très doux sur l’accélérateur mais ça passe absolument partout ! Sauf sur la dernière porte quand le co-pilote a oublié qu’il y en avait encore une… obligeant ainsi la pilote à réaliser une marche arrière. Nous terminons donc notre parcours avec une faute nous plaçant ainsi à une très satisfaisante deuxième place de ce sympathique challenge auquel tous les équipages ont participé avec enthousiasme et bonne humeur.

Une ambiance très agréable à l’image de cette très belle demi-journée remarquablement organisée, très divertissante mais également très instructive que nous vous engageons vivement à tester si vous en avez l’occasion. Vous retrouverez de nombreuses informations sur les différentes formules proposées sur le site de la marque.

Et maintenant il ne reste plus qu’à passer un coup de Kärcher… ou deux.

Remerciements à l’équipe de Land Rover de Strasbourg, à Thomas Thias et à tous les moniteurs présents.

Crédit photos et rédaction : Peggy P.-S. et Eddy P.


Commentaires

Plus d'articles