Le nom de la Kia Carens n’est pas le plus connu du monde automobile. Ses ventes n’en font pas un modèle qu’on peut voir à tous les coins de rues. Chez The Automobilist, quand nous nous demandons « Pourquoi ? », une réponse doit être trouvée. Analyse dans les lignes qui suivent.

La Kia Carens, monospace compact du sud-coréen, en est à sa troisième génération depuis 2013. Au Mondial de l’Automobile 2016 a été présentée sa version restylée que nous avons ici en essai avec son nouveau moteur diesel 1.7 CRDi 115 ch couplé à une boîte de vitesses manuelle à 6 rapports.

Quoi de neuf dans le restylage du Kia Carens ?

Réponse : une calandre plus imposante, des boucliers plus agressifs, mais surtout, un écran tactile de 8 pouces dont on reparlera plus bas. Dans les faits, la face avant reprend la calandre « tiger nose » propre à la marque, mais les images ci-dessous me disent que je dois manquer de LSD pour trouver une quelconque ressemblance. Cependant, cette fois-ci, elle se montre bien plus massive et s’étend entièrement jusqu’aux phares. L’effet de relief, malgré le plastique noir, reste du plus bel effet.

De profil, la Kia Carens est loin de faire l’effet « gros monospace » comme ce fut le cas pour le Carnival : on se rapproche de la ligne d’une petite citadine légèrement rallongée. Les arêtes sont très marquées, les reliefs creusés, et l’effet général est fluide, agréable à l’œil et ne devrait pas vieillir de sitôt !

L’arrière gagne de nouvelles optiques et un bouclier très légèrement modifié, mais pour le reste, rien ne change par rapport à la version précédente. Pas de folie, ça reste sobre, mais le tout est bien intégré.

Il n’y avait pas déjà un moteur 1.7 l diesel avant ?

Si, mais 2016 a vu chez le groupe Hyundai-Kia une légère refonte du moteur D4FD, que ce soit dans sa version LP (Low Power, 115 ch) ou HP (High Power, passant de 136 à 141 ch). Dans les faits, la version 115 ch conserve la même puissance qu’avant et le couple reste à 260 Nm. Au-delà des chiffres, ça sera surtout à l’usage que ce petit moteur devra convaincre ! Et tout ça passera par l’étagement des rapports sur la BVM6 et de la courbe de puissance du moteur.

Au volant

Quand on me dit « 115 ch » dans un monospace compact frôlant les 1600 kg, je m’attends à quelque chose d’assez mou, confortable, limite fait pour conduire « comme un vieux ».

Dans les faits : la banane est au programme du début à la fin puisque le moteur ne rechigne pas à grimper haut dans les tours (tout est relatif pour un diesel…), et fait sentir qu’il veut se faire cravacher. La boîte est parfaitement étagée : les 3 premiers rapports sont courts, les 3 derniers sont longs. De quoi s’amuser en ville et sur les petites routes et consommer peu sur les longs trajets !

Et ce n’est pas fini ! Les pneus Hankook Ventus Prime 2 en 225/45 R17 (91V) remplissent brillamment leur rôle ici. Ce ne sont certes pas les meilleurs pneus en termes d’adhérence sur le sec ou le mouillé, ni ceux offrant le plus de toucher de route, mais en termes d’entretien : ils sont loin d’être les plus chers, et on parle ici d’un monospace compact, pas d’une sportive. Seul petit regret, la direction est floue, même avec la direction assistée en mode sport. À voir s’il s’agit du réglage des suspensions ou si cette sensation provient des pneus. Malgré son rôle de monospace familial, il reste important de savoir un minimum où sont posées nos roues pour de simples raisons de réflexes et de sécurité.

Pour le reste, la Kia Carens sait très bien enchaîner les virages sans abuser du roulis malgré sa hauteur, et si vous êtes joueur, il faudra aller chercher assez loin la limite d’adhérence pour commencer à faire partir l’arrière du véhicule. Mais si vous n’avez pas envie d’aller aussi vite, sachez que le frein à main électronique fonctionne sans problème en roulant, et sans biper dans tous les sens. Le fonctionnement sera similaire à celui d’un frein à main hydraulique en moins ergonomique, mais la porte du fun est ouverte si l’envie vous en prend ! Du coup, si vous avez des enfants qui ont tendance à toucher à tout, faites quand même attention où ils mettent les mains…

Étrangement, l’assistance au contre braquage n’a pas réellement fonctionné, ou est tout du moins calibré différent de celui de la précédente Kia Picanto Sport. La dérive était contrôlable à souhait dans mon cas (sur sec et mouillé), mais il est possible que contrôlant d’avantage au pied droit qu’au volant, l’angle de contre-braquage ne soit pas suffisant pour que le système entre en jeu et commence à exécuter ce qu’il fait de mieux : maintenir la voiture en état de tourner « normalement » et lui permettre de freiner en toute sécurité de façon droite.

Un Kia Carens sportif ?

L’agrément de conduite est là, et si la direction était plus communicative, on pourrait se croire dans une petite sportive. On se demande si c’était réellement voulu sur le cahier des charges du restylage ou si les pilotes d’essais ont voulu pimenter la chose, mais le résultat est là. Seul la forme du volant limitera peut-être la durée du plaisir, car aucun creux n’a été fait pour accueillir vos pouces et il faut avouer qu’après de longues heures de route, la jonction pouce-index commençait à souffrir un peu. Paradoxalement, la Kia Picanto se retrouve avec un volant bien plus agréable à prendre en main à tous les niveaux.

Il y a maintenant un point noir dans la conduite en ville : la visibilité sur les côtés. Les piliers A, bien qu’assez minces, se séparent en « Y » avant d’arriver au pare-brise. J’ai rarement autant transpiré pour sortir d’un parking ou voir ce qui arrivait dans les autres voies d’un rond-point. Ce manque de visibilité à l’avant se traduit du coup par un grand manque de prise de conscience de l’espace qu’on occupe réellement sur la route. Difficile de sentir instinctivement où sont posées nos roues, de situer le train arrière du véhicule, etc… (pourtant, une Cadillac CT6 de 5,20 m de longueur ne m’a pas fait sourciller). Moralité : prendre toutes ses précautions dans les petites manœuvres ou les croisements avec du trafic pour éviter d’érafler la jolie carrosserie.

L’aide au démarrage en côte fonctionne à merveille, mais le Start & Stop se montre légèrement capricieux. Là où tout se passe bien au niveau de l’extinction du moteur, le redémarrage a parfois du mal à s’engager.

Le régulateur de vitesse est facile à prendre en main, mais manque de quelques réglages pour optimiser la consommation. Et quitte à insérer TomTom Live dans le véhicule, pourquoi ne pas lier les limitations de vitesses au régulateur afin de rendre l’expérience encore plus dingue ?

L’insonorisation est dans la bonne moyenne, mais les rétroviseurs auront tendance à générer un petit bruit à partir de 110 km/h. Heureusement que la qualité du système audio est dans le (très) haut du panier pour compenser ça !

Infotainment, ergonomie & qualité audio

Il est rare de trouver des voitures dans cette gamme tarifaire offrant une qualité audio digne de ce nom sans option supplémentaire facturée à 4 chiffres. Dans le cas de la Kia Carens, l’intégralité de la plage de fréquence est superbement restituée mais il sera nécessaire de passer par la case égaliseur et bidouiller légèrement pour réduire le léger « voile » présent dans le son. Impossible de le supprimer pour avoir un son parfait, mais si j’ai été satisfait, vous le serez aussi !

Avec plus de 1700 kilomètres à bord étalés sur une bonne trentaine d’heures (vous êtes déjà partis la veille d’un week-end de 3 jours en région parisienne ?…), la fatigue auditive ne s’est à aucun moment faite sentir, et ce quel que soit le type de musique passé. Que ce soit la douce voix de Melanie Martinez, les rythmiques accrocheuses de The Pretty Reckless ou encore le côté jazzy de Postmodern Jukebox, tout passe au poil en remplissant bien les oreilles.
Si on veut vraiment torturer la sono, il suffit de passer notre classique test avec Animals As Leaders, Red Seas Fire, et Meshuggah pour se rendre compte si on finit avec une purée sonore ou avec des notes bien distinctes. Étonnamment, rien ne semble faire sourciller notre Carens !

Mais aussi bon que soit le son à l’avant, le constat est très différent au rang 2, et encore pire au rang 3 ! Vos passagers ne profiteront jamais de l’expérience (c’est le mot) dont vous jouissez à l’avant. Le son est creux, manque de corps et de rondeur et ne serait-ce qu’au niveau du volume, on a presque l’impression qu’il n’y a pas de haut-parleurs à l’arrière. Ce n’est pas sans avoir positionné la centralisation du son sur le rang 2. Rien n’y fait.

La vraie question est : est-ce un réel problème ? Si chacun a son casque ou ses écouteurs à l’arrière : non. Mais si l’esprit familial est là, possiblement. Tout dépend en fait de comment vous voyagez !

L’écran sur lequel toute notre playlist passe est comme dit au début d’une diagonale de 8 pouces. Ses menus défilent avec une fluidité digne d’un smartphone dernière génération fraîchement déballé et la prise en main est immédiate : le meilleur des deux mondes est réuni. C’est d’ailleurs étrangement l’écran le plus réactif qui m’ait été donné de tester avec celui du Volvo XC90. C’est en tout cas légèrement supérieur à la réactivité d’un R-Link de Renault Scénic.

La navigation GPS se dote d’une cartographie TomTom, et on en est bien heureux ! Par rapport à la référence qu’est Waze, les itinéraires sont identiques dans 100% des cas pour les longs trajets (un Biscarosse -> Paris par exemple). En ville, le smartphone aura l’avantage d’un info-trafic bien plus précis que ce que proposera la voiture, même si les gros bouchons y sont indiqués (nécessite la connexion 3G/4G du téléphone).

La caméra de recul est bien placée (comprendre par là qu’elle ne prendra pas les projections d’eau et de boue) et sa définition est plus que suffisante pour exécuter vos manœuvres.

Vie à bord du Kia Carens 2017

L’espace intérieur est grand et plus que vivable sur les rangs 1 et 2. Quant aux deux dernières places dans le coffre : ça reste étonnamment supportable mais on ne vous cache pas qu’on s’y sent un peu à l’étroit. Mais dans les faits, le choix se faisant entre du volume de coffre et ces deux places, il est peu probable que vous fassiez un trajet de 300 km à 7 personnes.

Le toit ouvrant panoramique est un réel plaisir pour décolorer naturellement votre chevelure au vent par la force des UV. Il sait surtout se montrer extrêmement isolant une fois fermé malgré un ensoleillement intense.

Les rangements

Niveau rangement, des porte-gobelets sont présents pour 6 des 7 passagers possibles. Le 5e passager au milieu devra se contenter de tenir les boissons de ses voisins puisque son siège fait normalement office d’accoudoir et de porte-gobelets, ou les forcer de déployer leurs tablettes. Tablettes qui permettent de poser sans souci un ordinateur portable et autres bricoles (on évitera cependant les modèles de 19 pouces pour d’évidentes raisons…).

Si vous pensiez manquer de place, sachez qu’il existe deux zones de rangements cachées sous les tapis de sol à l’arrière. De quoi faire passer de la contrebande ou votre repas (ou ce que vous voulez en fait).

L’accoudoir contient de quoi tenir quelques bouteilles de 50 cl, ou quelques objectifs d’appareil photo.

Le confort à l’arrière est rudement bon grâce à un espace aux jambes supérieur à beaucoup de modèles (clin d’œil au Renault Scenic IV…).

La boîte à gants est réfrigérée (via la climatisation) et est suffisamment grande pour caler quelques bouteilles de 50 cl.

Le coffre

Le volume du coffre quant à lui, dépend grandement du nombre de places assises que vous désirez laisser. Démarrant à 103 litres avec 7 places, il gonfle à 536 litres avec 5 places et culmine à 1650 litres avec l’intégralité de l’arrière rabattu.

Grand regret concernant le rideau de coffre : une fois retiré pour déployer les 6e et 7e places, il faut savoir que cette grande barre ne rentre absolument nulle part puisque trop large. Si vous habitez en appartement sans box, attendez-vous à faire un aller-retour jusqu’à chez vous… Le hayon s’ouvre et se referme facilement, mais peut-être manquera t-il un second creux dans le plastique afin que les gauchers puissent fermer plus facilement (ils sont parmi nous…).

Seule la présence d’une prise 230V manquerait si on voulait pinailler, mais quel autre véhicule de ce segment en propose ? Mesdames et messieurs chez les constructeurs : n’hésitez pas à en mettre dans vos futurs véhicules familiaux !

Le confort

Niveau confort, la Kia Carens est dotée de boutons de lève-vitre électrique impulsionnels pour l’intégralité du véhicule. C’est encore trop rare en 2017, notamment chez d’autres constructeurs facturant plus chers…

Les sièges confortables pour les courts trajets peuvent se faire sentir un peu trop raides sur les très longs trajets. Le tissu reste néanmoins agréable au toucher et ne fait pas transpirer. Au pire, la climatisation automatique bi-zone est d’une efficacité redoutable et vous gardera au sec pour votre rendez-vous galant.

L’éclairage intérieur est à base de LEDs tirant vers le blanc froid, à l’exception du petit éclairage sous les pare-soleils.

Au final, la qualité perçue est bonne. Il y a certes mieux en termes de finition, mais à ce prix tout en offrant un système d’infotainment efficace et un équipement de série à faire pâlir la concurrence, il ne reste plus grand monde.

Consommation

Avec une moyenne de 6,6 litres / 100 km sur plus de 1700 km avec une conduite ne se prêtant pas du tout au titre de record de consommation plus de la moitié du temps, plus de 10 heures de bouchons dans la capitale et sur la A6, et de l’autoroute à 130 km/h ne se prêtant pas forcément au jeu, il faut dire ce qui est : notre voiture du jour est frugale.

Il n’est pas difficile de passer autour des 4,5 l/100 km en roulant à 110 km/h : il suffit juste de ne jamais écouter le tableau de bord quand il vous dit de passer la 6e. Restez en 5e et tout ira bien pour votre porte-monnaie. Plus de couple, plus de puissance, moins de conso, que demande le peuple ? La 6e ne sera en réalité utile pour votre consommation qu’à partir de… 130 km/h !

Prix

Notre Kia Carens 1.7 CRDi en finition Active n’a que 2 options (sur 3 disponibles) : La peinture métallisée à 630€ et le toit ouvrant panoramique, indispensable, à 800€.

Le prix de base étant de 27 890€, notre modèle d’essai voit son tarif affiché à 29 320€. Avec 120g de CO2 rejetés par kilomètre, la Kia Carens ne souffre d’aucun malus écologique.

Si jamais la garantie de 7 ans expire ou que vous préfériez faire votre entretien vous-même, sachez que le manuel de la Kia Carens s’apparenterait presque à une RTA (Revue Technique Automobile) tellement les explications sont détaillées. Un grand point positif pour le coréen !

Faut-il succomber à la version 141 ch pour 600€ de plus ?

+26 ch et +80 Nm de couple pour 600€… ça semble tentant à première vue et ça paraît moins cher que les sociétés qui vont reprogrammer votre calculateur en faisant sauter la garantie. Dans les faits, il n’en tient qu’à vous de choisir sur différents critères :

  • Transportez-vous beaucoup de charge à chaque fois ? Si oui, 141 ch.
  • Vous aimez une voiture plus réactive à bas régime ? Si oui, on reste sur les 115 ch !
  • La fiabilité sur le long terme. Un moteur qui est loin de ses limites physiques n’en sera que plus fiable (pression de turbo plus basse, etc…), à condition de l’entretenir régulièrement. 115 ch pour le long terme.
  • Faites-vous plus de ville ou de route secondaire/autoroute ? 115 ch pour le premier cas, 141 ch pour l’autre.

Une chose est sûre, après plus de 1700 kilomètres à son bord, le monospace compact coréen sait se faire désirer. La vie à bord était suffisamment agréable pour me dire « si j’avais une famille, j’y songerais sérieusement », sans compter que l’on y prend très vite ses marques. À ne pas oublier et à essayer si jamais l’adoption d’une voiture familiale est dans vos projets !


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