La Ford Mondeo, familiale américano-germanique par excellence mise sur le marché en 1993, n’a jamais connu le succès de ses concurrentes premium Série 3, A4 et Classe C dans le cœur de ses clients potentiels. Généraliste, sa version SW s’oppose frontalement aux Renault Talisman Estate, Peugeot 508 SW, Mazda 6 Wagon ou Volkswagen Passat SW.

Présente sur le marché depuis 2014, la quatrième génération de Mondeo est aujourd’hui à l’honneur sur The Automobilist en version SW, pour une prise en main de quelques jours dans le nord ouest de la région parisienne, histoire de voir où se situe cette soute tout-terrain en degré ST-Line sur le marché actuel. 

Partie 1 : Une allure de sportif
Partie 2 : A toute allure

Un look à part

La première impression lorsque je récupère cette Mondeo est plutôt heureuse : elle est dotée d’une très belle teinte Candy Red (une option à 1100€). Une auto allemande colorée, en France, j’avais presque enfoui l’idée loin au fond de ma tête ! Élégamment chaussée de belles jantes bicolores (1000€), équipée du pack ST-Line, cette Mondeo SW impressionne, tapie au fond de son parking souterrain.

Extérieurement, la Ford n’impressionne pas par ses dimensions mais par le caractère qui émane de l’ensemble. Elle fait compacte et ramassée, un paradoxe pour un break de 4m87. Elle est bien aidée par ses roues de 19 pouces, sa large calandre évoquant le passé commun de l’ovale bleu avec Aston Martin, son pack ST-Line et son capot bombé.

Ses lignes tendues courent le long de la voiture, ses projecteurs sont acérés, et ses rétroviseurs énormes. L’ensemble apparaît sportif, jeune et dynamique, parfait pour une clientèle…. sportive, jeune et dynamique. Bon, le raccourci semble facile, mais avec cette belle peinture rouge métalisée, on est très loin du dessin classique des breaks traditionnels allemands Schwartzmetal destinés aux plus de 50 ans.

Sombre et spacieuse

A l’intérieur, on retrouve toute l’austérité allemande de rigueur dans un grand break du pays de la bière : sièges noirs, tapis noirs, tableau de bord noir, console centrale noire, insert en plastique brillant noir, etc. Seuls le ciel de toit gris clair et le toit ouvrant panoramique (1000€) de notre modèle d’essai apporteront de la luminosité bienvenue à l’intérieur, inondant la banquette arrière de la lumière du jour.

Les deux passagers avant trouvent place dans un bel espace où l’on se sent vite comme chez soi. Les fauteuils de rang 1 sont plutôt agréables à l’œil avec leur aspect baquet tout en étant bien confortables. L’ensemble de la console centrale est accessible aussi bien au conducteur qu’au passager et offrira tout un tas de réglages à ses deux occupants (sièges chauffant, climatisation bi-zone, musique, téléphone, navigation) grâce au système intégré SYNC de 3ème génération équipé pour la première fois d’un écran entièrement tactile.

Au rang 2, les 3 places s’articulent autour d’une banquette 1/3-2/3, mais on évitera la place centrale pour les longs trajets tant celle ci s’avère impraticable. L’accoudoir central qui fait lieu de dossier sera le plus souvent de sortie, pour le bonheur des passagers arrière. Nous signalerons également la présence aux deux extrémités de ceintures avec airbags : ces deux coussins gonflables, présents aussi sur le Edge, viendront aider l’airbag rideau dans la protection arrière en venant se déployer sur le thorax, augmentant la surface d’appui du corps contre la ceinture afin de mieux répartir les efforts sur la cage thoracique. L’espace aux jambes est plus grand que chez les concurrentes, cependant si votre conducteur fait plus d’1,85 m et vous aussi, vous aurez peut-être du mal à monter derrière lui !

En ce qui concerne le coffre de cette Mondeo SW, avec 550 dm3 en configuration 5-places, il sera largement suffisant pour 4 grosses valises. Il vous donnera même la possibilité d’embarquer 1740 dm3 une fois la banquette arrière rabattue. Ça a l’air bien, mais ça correspond à quoi ? Dans 1740 dm3, vous pourrez mettre, au choix : 190 packs d’eau, 2 armoires normandes (en planches), une vingtaine de cadavres (selon le volume du corps humain donné par votre navigateur Internet préféré), ou plusieurs vélos empilés les uns sur les autres, des avions radiocommandés de plus de 2 m d’envergure, ou plus simplement, tout ce que vous voulez ou presque !

Notons tout de même que l’ouverture motorisée du coffre n’est pas de série sur notre modèle d’essai et que ce hayon pèse relativement lourd. C’est plutôt énervant à l’usage, lorsque l’on a l’habitude de ce genre de confort… auquel on s’habitue vite.

Prise en main

Le lieu de démarrage de l’essai, Paris intra-muros, et le moment de la semaine, un mardi à 18h, permettent de tester les limites de douceur de la boîte de vitesses très rapidement. L’essai commence ainsi par 1h10 d’embouteillage, me laissant (beaucoup) le temps d’apprécier l’onctuosité de la boîte automatique Powershift 6 qui rend presque le moteur inexistant à basse vitesse.

C’est également le temps de découvrir le SYNC 3 (option à 500€), le cœur de la vie à bord. Doté d’un écran de 8 pouces entièrement tactile, ce système gère l’ensemble des réglages internes à l’exception des positions des sièges et de la commande du toit ouvrant. Climatisation, sièges chauffant, musique, GPS, téléphone, réglages du véhicule, tout passe par l’écran central et/ou la commande vocale, très pratique à l’usage.

Les quelques heures me ramenant chez moi sont aussi l’occasion de constater le bond en avant de la qualité des matériaux et assemblages internes. Ce n’est certes pas similaire à Audi ou BMW, mais on s’en rapproche. Les plastiques durs disparaissent presque en totalité au profit de plastiques moussés ou de cuir. Il ne reste plus que le contour du SYNC 3 et le bas de la console centrale, au niveau de vos pieds, qui restent peu agréables au toucher (mais facilement nettoyable). Les ajustements entre les différents éléments ne montrent aucun jeu qui viendrait dégrader le tableau. Depuis les places avant, rien à redire ! L’environnement arrière sera plus passe partout et relativement vide d’occupation pour les occupants.

Sur la route : à toute allure

Une fois sur autoroute, le maître mot est le confort… la rigidité des suspensions. La combinaison autoroutes de banlieue dégradées et jantes de 19 pouces n’est pas le meilleur choix. Il est quasiment sûr que cela serait compensé par des jantes en 18 pouces. Le moteur se fait plus présent (pour un 2.0 diesel) et on viendrait presque à regretter l’absence de 7ème rapport, qui viendrait de nouveau faire disparaître le son du moteur et amoindrir la facture de carburant, plutôt salée. Avec 4,9L/100km annoncés en extra urbain (bien), 6.1 l relevés  à faible allure (moins bien), il est à signale que dans l’ensemble la consommation s’installa à plus de 8 l/100km (pas bien), loin des 5,4 l de moyenne annoncés.

Bon, hormis ces deux points plutôt universels (le confort avec des jantes de 19 et la consommation NEDC toujours plus basse que la réelle), la Mondeo SW affirme ses qualités de routières, avec une tenue de route imperturbable.

Imperturbable, c’est bien le mot. Avec son système Lane Assist combiné au régulateur de vitesse adaptatif de notre modèle d’essai, la voiture reste tout seule dans sa voie à bonne distance de la voiture de devant tant que vous ne mettez pas le clignotant. Une sorte de conduite autonome pour conducteur distrait. A la longue, pour quiconque fait attention à sa route, le Lane Assist peut gêner le conducteur : la direction se durcit tant que vous essayez de franchir une ligne alors qu’elle redevient normale une fois que vous l’avez franchie, impliquant un changement de cap brutal. Vous pourrez cependant réduire les vibrations dans le volant au minimum pour avoir un ressenti de volant le plus lisse possible tout en gardant une correction « au cas où », ou encore couper la correction automatique d’une simple pression sur le commodo de gauche, sans passer par le menu des ADAS du SYNC. Une astuce à garder en tête, et une efficacité corroborée par l’avis de Fabien lors de son essai de la Ford Focus ST.

Pourtant, avec son moteur 2.0 TDCi de 180 ch, ses 4 roues motrices, sa gestion de boîte sportive avec commande au volant et son châssis plutôt typé sport, le break allemand ne demande qu’à être mené rapidement sur routes sinueuses. La tenue de cap est inamovible et la voiture vire presque à plat dans tous les virages. Les mouvements de caisse sont contrôlés tant longitudinalement que transversalement et on se surprend vite à mener ce break de presque 5m comme une Mégane R.S. Certes, la Mondeo SW ST-line sera quand même moins rapide, moins joueuse et un poil moins précise du train avant. Le train arrière, bien aidé par les 4 roues motrices intelligentes, viendra corriger naturellement le sous virage en redistribuant la puissance aux roues arrière et c’est presque avec plaisir que vous essayerez de « claquer » un temps entre n’importe quels points A et B d’un trajet lambda Le tout sans jamais monter dans les tours ni perturber la consommation ou le confort.

Bilan : allure homme (et femme) sport

Pour résumer, cette Ford Mondeo SW a su me convaincre sur ces quelques jours d’essai par ses nombreuses qualités. Bonne routière équipée d’un ensemble châssis/moteur très plaisant permettant de s’amuser de temps en temps, la voiture présente de très bonnes qualités dynamiques et seule la boîte de vitesses se cherchera un peu dans les rond points ou les virages serrés, hésitant entre 2ème et 3ème, générant des à-coups pas forcément bien maîtrisés. L’intérieur monte en gamme et se rapproche du trio germanique premium, avec une pléthore d’options en tout genre dont certaines que je n’ai pas même eu le temps d’essayer. Le style extérieur, suffisamment passe-partout pour ne pas attirer l’attention de tout le monde mais plutôt agressif et unique dans le segment, garantit une allure décalée à son conducteur.

Reste à trouver la clientèle pour ce genre d’auto. A première vue, il s’agit de personnes plutôt jeunes et dynamiques ayant besoin de place. Avec un prix de départ à moins de 35 000 €, la Mondeo SW ST-line se place judicieusement face aux BMW Série 3 ou Audi A4 mais pâtit de l’existence de sa sœur la Mondeo, en finition Titanium, qui répondra d’une façon plus homogène au statut de routière. Sa concurrente directe, essayée dans nos colonnes également en rouge, est la Mazda 6 Wagon 4×4 en SkyActiv-D 175. Notre modèle, équipé de presque toutes les options possibles, revient à un peu plus de 46 000 €, loin, très loin, des 65 ou 70 000 € d’une BMW 3-Touring ou Audi A4 Avant aux options équivalentes. Presque une bonne affaire si l’on n’a pas mal au dos !

Texte et photos : The Automobilist


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