Essai Fiat Tipo SW GPL

Si dans certains pays le GPL est un carburant qui se porte plutôt bien, force est de constater qu’en France sa part de marché reste anecdotique. On compte seulement 325 immatriculations en 2017, alors que la part des véhicules électriques ne cesse de croître (près de 31.000 immatriculations). Et l’on peut se demander pourquoi certains constructeurs comme Opel ou Fiat continuent à proposer ce type de bi-carburation. C’est ce que nous avons voulu savoir en prenant en main la Fiat Tipo SW GPL. Bonne ou mauvaise voiture ? Bon ou mauvais choix ? Partons pour un essai… plein gaz !

Un style extérieur simple mais efficace

Comparé à la berline 5 portes, cette Fiat Tipo SW a grandi en longueur sans pourtant dénaturer l’allure générale. En effet, les lignes restent classiques mais on retrouve à la fois la bouille de la version 5 portes tout en apportant une certaine élégance avec cette déclinaison break. Il est même vrai que cette version break donne plus envie que la berline, un peu fade au goût de certains.

Longue de 4,57 m, soit 20 cm de plus que la version 5 portes, cette Tipo SW profite surtout de cet accroissement au niveau du coffre. L’empattement reste le même avec ses 2,64 m et tant mieux d’ailleurs. En effet, grâce à cela, la ligne est peu altérée et permet d’avoir une seule et même unité centrale au niveau de la conception. Seul le porte-à-faux change et permet à Fiat de réduire les coûts sur la conception du véhicule.

Comme dit précédemment, la face avant reste identique entre les 3 carrosseries proposées (5 portes/4 portes et SW) et seule la partie arrière diffère. Bien que les versions 4 et 5 portes pâtissent d’un design plus rabougri, ce break Tipo arbore un dessin de malle arrière plus harmonieux. Moins droit et plus en rondeurs que la version 5 portes, ce coffre donne un cachet plus en adéquation avec le style de la Fiat.

Intérieur moderne et modularité sans faille

Même si on retrouve un intérieur identique pour les 3 versions de la Fiat Tipo, il est à noter que celui-ci reste moderne et sans fioriture. Soi-disant « low cost » comme le veut le positionnement du véhicule, il reste plaisant à regarder. Bien entendu, si on commence à approfondir les détails, certains ajustements ou même la qualité des plastiques pourraient laisser à désirer. Mais on ne recherche pas la qualité d’une voiture haut de gamme. En tout cas, on s’y sent bien et on est à l’aise dans cette Fiat Tipo.

D’ailleurs lorsqu’on s’installe au volant de cette Fiat, on s’aperçoit que tout a été bien pensé. Le tableau avec le combiné d’instrumentation est très lisible. Les boutons du volant sont fonctionnels et on comprend très rapidement leur utilité (même ceux situés derrière le volant : volume et tune de la partie radio). Sur la console centrale, rien à redire également : l’écran central qui regroupe toutes les fonctionnalités est facile à appréhender. Les menus et sous-menus sont faciles d’utilisation. De même, les commandes de la climatisation automatique (dont était pourvu notre modèle d’essai) se comprennent en deux temps et trois mouvements.

A l’arrière, même si l’empattement n’a pas évolué comparé à la version 5 portes, l’espace aux jambes ainsi que la garde au toit sont très satisfaisants pour de grands gabarits. On peut y loger 3 personnes de grande taille et ceci sur un long trajet. Mais ce qui reste le plus intéressant sur un break, c’est le volume de coffre.

Face à la version 5 portes, cette version SW gagne près de 110 litres de chargement pour atteindre 550 litres en combinaison 5 places et culminer à 1 650 litres lorsque la banquette arrière est rabattue. Comparé à une Dacia Logan MCV (principale concurrente sur le marché low cost), c’est près de 70 litres de plus. A noter aussi le plancher plat qui facile le chargement. Cependant, on perd l’espace dédié à la roue de secours puisque la bombonne du système GPL vient s’y loger.

Mais cela fonctionne comment le GPL du coup ?

Même si les débuts du GPL ont été légèrement chaotiques, les systèmes ont été bien plus renforcés et sécurisés. Alors c’est sûr que de se balader avec une bombonne de gaz dans le coffre peut déplaire à certains mais franchement, il ne faut plus en avoir peur. Même si à un moment, les véhicules GPL étaient considérés comme dangereux dans les parkings, depuis tout a bien évolué. Chaque véhicule est équipé d’une vanne de sécurité donc plus de souci à se faire.

Maintenant, passons au réel fonctionnement du système GPL et surtout comment on passe d’un mode à l’autre ? Rien de plus simple, au démarrage, le moteur essence fonctionne durant 1 à 2 minutes en mode essence afin de permettre une bonne montée en température. Puis lorsque le contrôle de gestion moteur estime que le rendement est bon, le GPL rentre en action. Le conducteur n’a strictement rien à faire, la distribution en bi-carburation se gère toute seule.

Alors bien entendu, lorsque le réservoir s’épuise et ce jusqu’à 20%, le contrôle de gestion passe en mode essence et c’est quasiment transparent pour le conducteur. Enfin pas vraiment car une petite icône verte de jauge s’allume pour spécifier au conducteur que le moteur n’est plus alimenté qu’en essence. Et pourquoi 20% ? Tout simplement pour une question de sécurité au moment du remplissage.

Après la théorie, la pratique

Sur les routes entre Thoiry et Mantes-la-Jolie, lieu de notre escapade, notre Fiat Tipo SW s’est montrée tout à fait confortable tant au niveau des suspensions que du comportement mécanique. Bien aidé par sa boîte mécanique à 6 rapports, le moteur se montre vaillant et ne rechigne à la tâche. Les 120 ch du 1,4 L T-jet sont bien présents que cela soit en essence ou en GPL.

Bien que l’on puisse entendre (si on tend bien l’oreille) une légère différence de sonorité quand on est en carburation GPL, le moteur reste quand même peu audible. Même lorsque l’on monte dans les tours lors des dépassements. En tout cas, c’est appréciable sur ce type de véhicule familial.

Pour le comportement, cette Fiat Tipo SW remplit bien ses objectifs. Chaussée de pneus à flancs larges et surtout bien aidée par son essieu arrière de torsion à roues interconnectées, elle rend le voyage serein sans avoir des phénomènes de roulis ou de tangage.

Petit bémol, cependant, sur la position de conduite qui reste un peu trop haute. C’est un peu dommage car on se croirait à bord d’un petit SUV. Une position due à la plate-forme Small-Wide qui a été destinée à la base pour la Fiat 500L, avec un typage plus SUV que berline. Du coup, cette Fiat Tipo hérite de traverse de siège avant haute et même si on peut jouer avec la hauteur du siège, on a cette sensation d’être surélevé.

Mais pourquoi choisir alors une version GPL face à la fée électricité ?

C’est un peu la vraie question qu’il faut se poser car peu de choses nous permettent de différencier cette version GPL d’une version essence classique. Mais c’est surtout sur l’autonomie qu’il faut se tourner pour comprendre l’achat raisonné d’une version GPL. Et aussi réduire son empreinte carbone en évitant d’acheter des véhicules diesel…

Pour résumer, il faut faire quelques calculs (pas forcément très savants) pour voir l’intérêt d’un GPL ou d’une voiture électrique. Actuellement, l’achat d’un véhicule électrique (une Renault Zoé par exemple) avoisine les 27 000 euros (sans compter la location de batteries dans certains cas) et vous permet de faire seulement 250 km voire 300 km quand tout va bien. Il faut voir aussi dans cet achat, l’adoption d’une prise rapide chez soi, la possibilité de recharger sa voiture à son travail… Bref, des contraintes qui peuvent très rapidement faire pâlir certains d’entre vous.

Maintenant, prenez en compte notre Fiat Tipo SW GPL. Tout d’abord, le tarif s’élève à 22 600 € (en finition Active soit 1 500 € de plus que la version essence 1,4 l T-jet de 120 ch). Un surcoût pas si rédhibitoire, surtout si on prend en compte le gain en autonomie : la bonbonne de 53 litres permet de faire environ 400 km. Ainsi, cette Fiat Tipo SW GPL bénéficie de près de 900 km avec les deux réservoirs à plein. Et en plus, niveau gabarit, il n’y a pas photo : la Fiat Tipo offre une plus grande facilité au quotidien.

Bien entendu, la surconsommation en carburation GPL de près de 2 l aux 100 km peut décourager mais beaucoup de stations permettent de faire le plein en GPL (avec un tarif peu élevé, comptez 0,80 € en moyenne pour un litre). Et puis si vous arrivez sur la panne sèche, vous pouvez effectuer un plein d’essence traditionnelle (SP95 ou SP98). Alors que pour un véhicule électrique, c’est un peu plus compliqué…

Alors bonne ou mauvaise idée cette Fiat Tipo SW GPL ?

Quand on m’a parlé de tester une version GPL, je me suis dit : « Mais cela existe encore le GPL ? Et puis j’ai jamais essayé, c’est dangereux ?« . Des a priori très vite oubliés après cet essai. En effet, le GPL permet une belle alternative face à la fée électricité pour toute personne n’ayant pas les moyens de recharger chez soi ou faisant suffisamment de kilomètres par jour.

Si on prend en compte la peur de la panne sèche en électricité ou même la facilité de trouver une station offrant du GPL (1750 stations en France), ne cherchez plus cette Fiat Tipo SW GPL saura vous convaincre. De plus, avec la raréfaction des diesel dans les prochaines années, la bi-carburation permet d’offrir une autonomie très appréciable.

Reste le style, mais tout n’est question de goût face au dessin de cette Fiat Tipo SW. Personnellement, elle m’a beaucoup plu. Son design reste contemporain, elle offre une habitabilité et une modularité très intéressante et se donne même le chic d’offrir des options utiles au quotidien comme le mode City. Bref, une bonne auto à vivre.

Crédits photos : Christian CONDÉ/The Automobilist


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