Essai Volkswagen Kombi T2 Last Edition

C’est, à n’en pas douter, le plus célèbre des vans, le précurseur de tous les monospaces et la voiture préférée des hippies. Commercialisé dès 1949, il perdure aujourd’hui sous le nom de Transporter en configuration utlitaire, Combi, Caravelle ou Multivan lorsqu’il se fait minibus, et même California dans sa déclinaison « camping-car ». Il en est aujourd’hui à sa sixième génération.

Lui, c’est bien sûr le Volkswagen Kombi (ou Combi en France). Sa version la plus célèbre, c’est la deuxième génération qui répond au nom de code de T2. Un modèle qui fut commercialisé en Europe entre 1967 et 1979. C’est ce véhicule que nous avons pu essayer. Mais pas question d’un essai rétro : le Kombi qui est passé entre nos mains affichait toujours quelques mois et seulement 1 000 km au compteur. Comment est-ce possible ? La réponse ci-dessous.

A 9 415 km de sa base

Pour offrir des modèles abordables à certaines contrées au faible pouvoir d’achat, les constructeurs automobiles y ont souvent fait perdurer des modèles qui ne répondaient plus aux goûts ou aux normes en vigueur sur notre continent. L’exemple de la Coccinelle, retirée du marché européen en 1985, après avoir cessé d’y être produite en 1979, a vu sa production perdurer au Mexique jusqu’en 2004, est certainement l’exemple le plus connu. Son dérivé minibus T2 a, lui aussi, connu un destin similaire.

En 1979, donc, Volkswagen Utilitaires lance le T3 en remplacement du T2. Mais celui-ci est toujours assemblé de l’autre côté de l’Atlantique, dans l’usine de São Bernardo do Campo, au Brésil. Cette production ne prit fin que le 31 décembre 2013 car, le lendemain, les normes brésiliennes imposèrent la présence de l’ABS et d’un airbag sur toutes les voitures neuves. Deux équipements qui auraient imposé de trop profondes modifications sur le T2, qui ne s’écoule déjà plus qu’à quelques milliers d’exemplaires par an. Pour saluer la sortie de scène de son emblématique minibus, Volkswagen lui offre une ultime série limitée à 1 200 exemplaires, la Last Edition. Après un voyage de plus de 9 000 km, c’est le numéro 262 de cette série qui nous attend à Paris, pour passer quelques jours à son volant.

Le Volkswagen Kombi, un look à part

La ligne de ce Kombi brésilien ne diffère pas de celui que nous avons connu en Europe. Il se reconnaît immanquablement à son profil de parpaing. La face avant est toutefois affublée d’un « groin » noir, inconnu chez nous. Celui-ci abrite le radiateur car, durant ses dernières années de production, le Kombi était doté d’un moteur à refroidissement liquide, seul capable de répondre aux normes anti-pollution en vigueur au Brésil.

La série limitée « Last Edition » ne se distingue pas seulement par les quelques stickers ’56 Anos Kombi Last Edition’ qui ornent sa carrosserie. Celle-ci arbore une peinture bicolore, bleu ciel et blanc. Un blanc que l’on retrouve sur les flancs des pneus et sur les pare-chocs. Ces deux teintes habillent également la sellerie en simili-cuir. Pour compléter cette panoplie qui fleure bon les années 1950, on trouve de petits rideaux pour les vitres latérales arrière. Les plus observateurs remarqueront aussi la présence d’un troisième feu stop et de clignotants avant blancs.

La planche de bord, très minimale, n’a que peu évolué au fil des ans. Seul le bloc compteurs a été modernisé dans un style que chacun jugera. Il en est de même pour le volant, toujours de grand diamètre (et nous verrons un peu plus tard que ce n’est pas une coquetterie) et doté de deux branches seulement. Mais attention, comme toute Volkswagen qui se respecte, il est désormais moussé.

Changement de repères

Après avoir admiré ce Kombi sous toutes les coutures, il est temps d’aller parader à son volant. L’effet est immédiat : des dizaines de têtes se dévissent à notre passage, et à chaque arrêt il y a toujours une poignée de curieux qui nous interroge sur l’état exceptionnel de notre « vieille » voiture. Imaginez leur tête quand nous leur expliquons qu’en réalité, il est neuf et n’a que 1 200 km au compteur !

Faire sensation au volant de ce Kombi, c’est sympa, mais cela se paie cher. Première épreuve, s’installer au volant. Ici, comme tout dérivé d’utilitaire digne de ce nom, on grimpe à bord. Attention, il faut viser juste pour se glisser entre le siège et le volant au diamètre XXL. Une fois à bord, les réglages sont vite effectués : il suffit d’avancer ou de reculer le siège. Réglage en hauteur de l’assise et du volant n’ont ici pas droit de cité. Pour les rétroviseurs, il faudra procéder à l’ancienne, comprenez que l’on doit ouvrir la fenêtre pour agir directement sur le miroir. Inconfortable est alors le mot qui désigne le mieux la position de conduite.

Au premier coup de démarreur, le 1.4 flexfuel s’ébroue sans peine. Volkswagen annonce une puissance de 78 ch lorsqu’il fonctionne au sans-plomb et de 80 ch lorsqu’il est abreuvé d’éthanol. Dès les premiers tours de roue, on comprend que ces chiffres, en apparence modestes, suffiront amplement. En effet, le volant affiche un jeu impressionnant, la direction, non-assistée, impose de sacrés biceps pour évoluer à basse vitesse, et le freinage semble aux abonnés absents. Quant à l’amortissement, il n’a rien à voir avec ce qu’offre une voiture moderne.

Avec le Kombi, oubliez toute notion de contrôle du débattement. En ville, donc, ce vénérable papy est une véritable séance de torture. D’autant qu’il faut, en plus, veiller à ne pas érafler sa carrosserie. Malgré cela, les kilomètres passés à son volant resteront un pur bonheur. Vous avez dit masochisme ?

Sur route, les choses sont plus simples. Il suffit d’anticiper les courbes, afin de ne pas se trouver en position de devoir effectuer un freinage d’urgence, de garder ses distances avec les voitures qui précèdent pour les mêmes raisons, et d’évoluer tranquillement à 70-80 km/h pour instantanément arborer la « banane ».

Bilan : La voiture de collection sans les inconvénients… ou presque

Si la conduite et les prestations générales de ce Kombi version 2014 n’ont que peu évolué par rapport au modèle que nous connaissions en Europe, il devrait, au moins, offrir un niveau de fiabilité sans commune mesure avec celui des modèles européens, âgés, au minimum, de 40 ans. Heureux Brésiliens, ils ont pu s’offrir un morceau d’Histoire sans les incertitudes liées à l’utilisation d’une voiture affichant plusieurs décennies au compteur. Un privilège qui était toutefois réservé à une petite frange de la clientèle. La série spéciale Last Edition s’affichait, en effet, à l’équivalent de 26 500 € (85 000 reals à l’époque) ! Le prix d’un morceau d’histoire que l’on ne trouve plus, même sur place, que d’occasion.

Crédit photos : Thomas Capiaux – The Automobilist


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