Fraîchement arrivé sur le marché, le Toyota C-HR vient enfin apporter une petite touche de fantaisie au sein d’une gamme Toyota qui s’est assez peu diversifiée jusqu’à aujourd’hui. Les prestations offertes sont-elles à la hauteur de son look ravageur ? Nous l’avons essayé l’espace de quelques jours histoire de nous forger une opinion à son sujet.

Au sommaire :

  1. Présentation : Objet roulant non identifié
  2. Le cockpit : Bienvenue à bord
  3. Sur la route : que de la gueule ?
  4. Conclusion

Présentation : Objet roulant non identifié

Lorsqu’en septembre 2014 Toyota présente son concept-car C-HR à l’occasion du Mondial de l’Automobile de Paris, c’est un peu le coup de cœur. Un engin hors-norme aux lignes caricaturales joliment sculptées, bien loin des modèles de série de la gamme, au design souvent très classique. Le C-HR Concept fera une nouvelle apparition l’année suivante lors du Salon de Francfort. Entre temps, il a changé de couleur pour devenir gris.

Mais lorsque vient le moment de passer du concept-car à la série, les déceptions sont souvent à la hauteur des espoirs qu’ont fait naître les constructeurs chez les acheteurs potentiels. Pas cette fois, cela dit. En février 2016, le constructeur japonais lève le voile sur la version de série de son nouveau crossover, qui doit faire sa première apparition en public à Genève le mois suivant. La surprise est de taille, et elle est excellente. Les proportions ont certes quelque peu évolué pour passer le stade de l’industrialisation mais, dans les grandes lignes, l’essentiel est toujours là. Le C-HR de série est très fidèle au concept-car de 2014.

La face avant, plutôt agressive, est aisément identifiable au reste de la gamme Toyota, mais s’en distingue avec un caractère plus affirmé. Les phares intègrent des clignotants séquentiels (en option) très modernes, bien en phase avec l’esprit de l’auto. De profil, le C-HR révèle des gènes de coupé, avec une ceinture de caisse très haute, une surface vitrée réduite, un pavillon plongeant et des poignées de portières arrière dissimulées dans le montant C. C’est d’ailleurs la signification même de son nom : « C-HR » pour Coupé – High Rider.

La partie arrière, taillée à la hache, n’est pas en reste question originalité, et intègre un petit aileron qui achève de donner un look sportif à l’engin et un bloc optique intégralement à LEDS. Dans l’ensemble, le design du C-HR est très personnel. On aime ou on déteste mais, une chose est sûre, il ne laisse pas indifférent. Beaucoup de regards se sont d’ailleurs posés sur lui pendant notre essai.

Avec son look hors du commun, le C-HR apporte enfin à la gamme Toyota la petite touche de fraicheur qui lui manquait, sur un segment ou le constructeur japonais a pourtant été pionnier dans les années 90, avec le tout premier RAV 4. Sortie en 1994, la première génération de RAV 4, avec son design fun et ses couleurs vives, est en effet à l’origine de la catégorie des petits SUV urbains, rien de moins. Mais au fil des générations, le SUV vedette s’est embourgeoisé et a perdu son look sympathique pour devenir plus sérieux ; trop sérieux. Depuis la troisième génération, celui que l’on appelait Fun Cruiser (l’autre nom de la première génération) n’est même plus disponible en 3 portes. Le fun a quitté le navire. Avec ses lignes agressives, le C-HR joue certes dans un registre un peu différent du RAV 4 de 1994, mais conserve les ingrédients essentiels de la recette, à commencer par l’originalité, tout en les adaptant à notre époque.

Et au 21ème siècle, l’autre ingrédient du succès pour Toyota, c’est l’hybride. Dans ce domaine aussi, le constructeur a été précurseur, avec sa célèbre Prius, et bénéficie d’une longue expérience. Le C-HR est donc un hybride. Du moins il peut l’être, car en réalité deux motorisations sont proposées. Vous avez le choix entre le 1.2 turbo de 116 ch (en boite manuelle 4×2 ou CVT 4×4) et la version hybride essence de 122 ch. Aucun Diesel n’est proposé. Avec ces deux motorisations et seulement 3 niveaux de finition, la gamme est donc relativement simple. Les tarifs débutent à 22.900 € pour la version essence 4X2 Active et vont jusqu’à 31.500 € pour une version hybride en finition haut de gamme comme celle que nous essayons aujourd’hui :

  • C-HR 1.2 turbo 116 ch 4×2 Active : 22.900 €
  • C-HR 1.2 turbo 116 ch 4×2 Dynamic : 25.900 €
  • C-HR 1.2 turbo 116 ch 4×2 Graphic/Distinctive : 28.900 €
  • C-HR 1.2 turbo 116 ch CVT 4×4 Dynamic : 27.400 €
  • C-HR 1.2 turbo 116 ch CVT 4×4 Graphic/Distinctive : 30.400 €
  • C-HR Hybride 122 ch Dynamic : 28.500 €
  • C-HR Hybride 122 ch Graphic/Distinctive : 31.500 €

La version d’appel a pour seul mérite d’être proposée sous la barre des 25.000 €. Dépourvue de motorisation hybride, des 4 roues motrices, de la climatisation automatique et même du grand écran tactile 8 pouces, elle permet surtout à Toyota d’afficher un premier prix intéressant. Les versions les plus convoitées seront naturellement les hybrides et c’est bien sur cette motorisation que compte Toyota pour accéder au succès.

En haut de gamme, les versions Graphic et Distinctive se distinguent surtout par leur présentation, la Graphic se voulant plus sport, la Distinctive plus chic. Mais ça se joue sur des détails (peinture bi-ton et barrette décorative du tableau de bord bleu sur Graphic par exemple). Pour 31.500 €, notre C-HR hybride Distinctive d’essai se dote notamment de roues de 18 pouces, de l’accès mains libres, des radars de stationnement, d’une sellerie cuir avec sièges avant chauffants ou encore d’un avertisseur d’angle mort.

A cette liste peuvent s’ajouter des packs d’option.

  • Pack Premium (feux AV et AR à LED, clignotants séquentiels, Touch&Go 2, sellerie cuir et système audio JBL) sur Distinctive et Graphic (3.000 €).
  • Touch&Go sur Dynamic (700 €).
  • Touch&Go PLUS 2 (950 €).
  • Radar de stationnement AR sur Dynamic (320 €).
  • Peinture métallisée (620 €).
  • Peinture Blanc Nacré (750 €).
  • Peinture Blanc Pur (300 €).

A priori, le C-HR n’est donc pas donné, notamment si on le compare à l’autre SUV compact hybride du marché, le Kia Niro, plus puissant et un peu moins cher. Et, mauvaise nouvelle, il n’est pas éligible au bonus écologique (le barème a évolué juste après sa commercialisation, pas de bol !). Le tarif affiché est-il justifié ? Commençons par faire un tour à l’intérieur.

Le cockpit : Bienvenue à bord

Si vous aimez l’extérieur, vous ne serez surement pas déçu par l’intérieur. L’habitacle du C-HR est en effet une très bonne surprise. Outre une planche de bord au design moderne très agréable, on est immédiatement séduit par la qualité des matériaux employés et la très bonne exécution de leur assemblage. D’un point de vue qualité perçue, Toyota a fait beaucoup d’efforts sur ce modèle et ça se ressent. Des matériaux de bel aspect, à la texture agréable, avec en prime quelques effets de style intéressants comme le moulage original du plastique des contre-portes ou les petites formes géométriques sculptées dans le ciel de toit. Ce souci du détail montre à quel point Toyota s’est investi pour soigner son véhicule.

Avec une ceinture de caisse haute et une surface vitrée très réduite, l’habitacle donne cependant une sensation d’enfermement qui ne plaira surement pas à tout le monde. En contrepartie, il faut aussi dire qu’on s’y sent bien en sécurité. La sensation d’enfermement est encore plus présente à l’arrière, avec des vitres minuscules qui condamnent les passagers arrière à être plongés dans une obscurité permanente et leur donnera la sensation de regarder le monde qui les entoure avec des œillères. Claustrophobes s’abstenir. Et malheureusement, aucun toit ouvrant n’est proposé pour apporter un peu de luminosité à cet habitacle, ce qui pourra rebuter certains acheteurs.

Mais la sensation d’avoir affaire à un habitacle étriqué est trompeuse car, en réalité, l’habitabilité est plutôt bonne. Si l’on est très à l’aise à l’avant, on l’est tout autant à l’arrière et deux adultes pourront y voyager très convenablement, avec un bon espace aux jambes notamment. Quant au coffre, avec 377 litres, son volume n’est certes pas extraordinaire mais fait le job, bien que le seuil de chargement soit un peu haut. On pourra peut-être trouver à redire sur la modularité, dans la mesure où il est impossible d’obtenir un plancher plat une fois le dossier de la banquette rabattu (les batteries situées sous celle-ci limitaient surement les possibilités). Le C-HR ne pourra donc pas transporter des objets encombrants. Bref, au chapitre habitabilité et modularité, le Kia Niro, avec son coffre plus grand (427 litres) et son plancher plat une fois la banquette rabattue, marque un point.

Une fois installé derrière le volant du C-HR, les commandes sont vite apprivoisées. L’ergonomie est plutôt bonne quoique pas infaillible. Ainsi par exemple si l’on apprécie énormément le grand écran tactile haut perché, bien à potée de main et permettant de ne pas quitter la route des yeux, on pestera contre les boutons tactiles de réglage du volume, fort peu pratiques à l’usage. Une molette plus conventionnelle aurait été bien plus commode. Heureusement, il y a les commandes au volant pour compenser. A côté de l’écran, on retrouve la fameuse petite horloge digitale un peu old school chère à Toyota, mais qui ici se fond très bien dans l’ensemble.

Le système d’info-divertissement et son GPS sont plutôt bons et relativement intuitifs, même s’il manque un peu de fluidité lors de la saisie d’une adresse (le temps de latence entre la saisie de chaque lettre est agaçant). Ce grand écran permettra notamment d’afficher des données relatives à la consommation en énergie du véhicule. Mais c’est surtout la sono JBL optionnelle de 576 Watts qui nous aura enchanté pendant l’essai. Le pack optionnel n’est pas donné mais si vous aimez le bon son vous en aurez pour votre argent. La qualité sonore est au top (un mode démo permet d’en avoir un aperçu plutôt saisissant).

D’autres équipements high-tech viennent évidemment compléter plus utilement le tableau pour assister le conducteur dans sa conduite : radar anti-collision, caméra de recul, radars de stationnement avant et arrière, allumage automatique des feux de croisement, alerte de changement involontaire de voie ou encore détecteurs d’angle morts dans les rétroviseurs. Je déplore toutefois l’absence de l’affichage tête haute, qui aurait été bien en phase avec le design futuriste de l’engin. Mais c’est vraiment histoire d’être exigeant. En pratique, cela n’enlève rien au charme de l’engin et au plaisir que l’on a à se retrouver derrière son volant. D’ailleurs, allons-y !

Sur la route : que de la gueule ?

D’un point de vue technique, le Toyota C-HR emprunte sa mécanique à la Prius : un 4 cylindres 1,8 L couplé à un moteur électrique de 53 kW, pour une puissance totale de 122 ch. Certes modeste, en particulier compte tenu du gabarit et du poids de l’auto (1.420 kg), cette puissance lui permet de passer de 0 à 100 km/h en 11 secondes, ce qui est tout à fait honorable. D’une manière générale, la puissance s’avère suffisante dans la plupart des situations. Ni plus, ni moins.

Suffisante, elle l’est en tout cas incontestablement en agglomération. D’autant plus que l’on a facilement tendance à accélérer avec délicatesse pour profiter du démarrage en mode tout électrique, totalement silencieux. Un plaisir qui ne dure pas bien longtemps cela dit, le C-HR ne pouvant parcourir que 2 km en mode électrique. Mais le déclenchement du moteur thermique est à peine perceptible. Autre point appréciable en milieu urbain, la maniabilité du C-HR, avec un très bon rayon de braquage.

Mais le C-HR a aussi ses défauts, au premier rang desquels, vous vous en doutez, la visibilité… ou disons plutôt l’absence totale de visibilité, qui est heureusement en partie compensée par le système de détection dans les angles morts intégré dans les rétroviseurs, très pratique pour lors des changements de file (même s’il ne dispense évidemment pas de jeter un œil). Les radars avant et arrière compensent quant à eux lorsque le moment est venu de se garer.

Sur route et voie rapide, les 122 ch montrent vite leurs limites. et il faudra souvent y aller pied au plancher et pousser le moteur pour gravir une cote ou effectuer un dépassement. Mais, dans l’ensemble, les performances sont honnêtes si l’on prend le C-HR pour ce qu’il est et qu’on adopte une conduite paisible et raisonnable. Les amateurs de conduite sportive pourront passer leur chemin, en revanche. Dommage, car le comportement de la voiture est sain et rassurant et le C-HR assumerait volontiers une motorisation plus musclée.

Le Toyota C-HR est donc une voiture qui se conduit paisiblement. La boîte CVT qui l’équipe est plutôt adaptée à cet usage et offre des passages de rapports doux et sans a-coups. Elle a simplement tendance à faire crier le moteur plus que de raison dans les cotes (ou plus généralement lors des phases d’accélération) sans pour autant qu’il ne se passe grand-chose dans les faits. C’est assez dommage car cela nuit au confort acoustique d’une voiture pourtant bien insonorisée. A vitesse stabilisée, le C-HR se montre en effet très silencieux.

Du point de vue du confort, il n’y a pas grand-chose à reprocher à C-HR. Les sièges sont très confortables et l’amortissement l’est tout autant (bien qu’un peu ferme). Le voyage est également rendu plus agréable au conducteur par les différentes aides à la conduite proposées, comme le radar anti-collision couplé au régulateur de vitesse, simple d’utilisation et efficace. La gestion automatique des feux de route est elle aussi appréciable et fonctionne très bien sur ce C-HR. Le véhicule détecte parfaitement les voitures arrivant de la voie opposée ainsi que celles qui vous précèdent sur votre voie, afin de ne pas les éblouir. Tous ces équipements améliorent grandement l’expérience de conduite.

Et l’expérience de conduite pourra se prolonger un long moment sur un seul plein. Malgré la capacité modeste du réservoir (43 l), l’autonomie est excellente. L’hybridation révèle toutes ses qualités avec une consommation très contenue pour un véhicule de près d’1,5 tonnes. La consommation moyenne affichée par l’ordinateur de bord à la fin de notre session d’essai était de 5,5 l/100 km. Mais il doit y avoir moyen de faire mieux. On compte sur vous pour ça. 😉

Conclusion

Avec son look hors du commun, le Toyota C-HR prouve enfin que les véhicules hybrides peuvent eux aussi se montrer funs et désirables. Bénéficiant du savoir-faire de Toyota sur ce genre de mécanique et d’un contenu technologique intéressant, le C-HR ne brade certes pas ses charmes, en particulier compte tenu de sa modeste puissance et du manque d’aspects pratiques. Mais le C-HR c’est avant tout une gueule. Une voiture coup de coeur  pour ceux qui ont envie de rouler moderne et décalé, sans pour autant rechercher la puissance à tout prix. Malgré ses quelques petits défauts, ses grandes qualités en font incontestablement un crossover très recommandable.

Crédit photographique : Fabien Legrand, Arnaud Lrx et François M – The Automobilist


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