Après de longs mois d’attente, voici qu’arrive enfin la Renault Mégane GT dCi 165. C’est la version mazout de la belle compacte sportive du Losange, déjà essayée en version essence par Eric à son lancement. Les metteurs au point et motoristes de Renault Sport qui s’y sont penchés ont-ils réussi à transfigurer la Mégane ? Véritable sportive ou routière rapide, voici notre verdict !

Extérieur : moderne et attractive

Extérieurement, disons-le tout de suite : la Renault Mégane GT dCi est un peu passe partout. Non pas que le design ne soit pas réussi, bien au contraire. Mais les similitudes avec la masse de Mégane GT Line circulant sur nos routes ne sont pas à l’avantage de notre modèle. Pourtant, la teinte Bleu Iron (650 euros en option) relève les lignes de la compacte.

Les petites touches de gris clair viennent appuyer le look sportif de l’auto, rendant l’ensemble incroyablement bien réussi à mes yeux. Oui, incroyablement. Notre modèle d’essai est pourvu des phares à LED qui habillent le regard, souligné par la virgule inférieure. Ces optiques sont en adéquation parfaite avec le reste de la gamme. De face, cela devient relativement difficile de faire la différence avec une Talisman par exemple.

Discrète, la Mégane GT dCi…

De profil, la Renault Mégane GT joue la discrétion. Hormis quelques détails comme les rétroviseurs ou les fausses ouïes latérales de refroidissement moteur, il n’y a pas grand-chose de différenciant. Les très belles jantes en 18 mettent bien en valeur les courbes, sans pour autant tomber dans l’outrance. La ligne de caisse remonte à partir du montant B pour réduire la taille des vitres arrière. Cela dynamise la ligne et évite le « plat » d’une Peugeot 308 par exemple.

A l’arrière, un sigle Renault Sport vient mettre la puce à l’oreille (ou à l’œil !) des connaisseurs alors que deux canules d’échappement viennent asseoir le style de l’auto. C’est large, très large même. Mais bon, soyons honnêtes, la sortie d’échappement de droite ne sert à rien, et celle de gauche sert de cache misère, comme c’est à la mode en ce moment sur nombre de véhicules. Entendez par cache-misère un petit tube disgracieux qui vient s’échouer au milieu d’un bel élément de style.

C’est d’autant plus dommage que l’on retrouve cet artifice sur un grand nombre de modèles aujourd’hui sur notre planète, de la 208 à la Lamborghini Aventador. Rien que ça. L’ensemble du coffre de la Mégane est surplombé par un aileron de coffre assez imposant… Mais sans lequel le hayon serait bien nu. Un élément indispensable donc.

Ainsi parée, mes collègues mais aussi des inconnus dans la rue sont venus admirer cette Mégane IV. Pour l’extérieur, elle fait quasiment un sans-faute. Il est juste dommage qu’elle ne se distingue pas assez mais la Mégane IV RS devrait corriger le tir.

Intérieur : en net progrès !

A bord, l’habitacle reprend les éléments des Mégane de gammes inférieures. Il se voit toutefois souligné de barrettes en plastique imitant du carbone bleu, bien peu gracieuses, qui courent sur toute la longueur. C’est assez étrange, tant de vue qu’au toucher. C’est entre le cheap et le sportif ! Au moment de la découverte, c’est très beau pour l’œil. Mais lorsqu’on s’en rapproche et que l’on touche un peu l’ensemble, l’on est tout de suite moins convaincu.

Les sièges sont de magnifiques baquets en Alcantara qui, au premier abord, semblent avoir un très bon maintien. Des sièges baquets, on en retrouverait presque à l’arrière tant la banquette est creusée et les assises rigides. Entre les dossiers bout de bois et les sièges avant très présents dans l’espace arrière, les passagers de grande taille à l’arrière ne seront pas forcément à l’aise sur les longs trajets. L’ensemble de l’habitacle de notre modèle GT tire du noir vers le gris pour les habillages, tandis qu’un grand nombre de détails bleus sont présents. Ils viennent rappeler la couleur extérieure, ainsi des surpiqûres de sellerie ou des fameuses barrettes « carbone ».

Un tour dans le paradis bleu

Bleu, l’éclairage intérieur et les compteurs pourront également l’être. Ceci est rendu possible par l’éclairage adaptatif lié au Multi-Sense de Renault, qui gère les différents modes de conduite. Ces ambiances lumineuses sont un peu excessives de nuit. Mais après avoir fait plusieurs centaines de kilomètres de nuit à essayer les différentes couleurs, je n’ai pas perçu d’effets notables sur la fatigue cérébrale.

Un petit mot sur le coffre tout de même. Il permettra d’aligner facilement 4 bagages cabine, ou de partir un week-end à 4. Le volume est loin d’être ridicule face à la concurrence avec 385 litres (350L pour une 308, 380L pour une Golf ou une i30). L’on peut même aller jusqu’à 435 litres sans l’option Bose (à 600 euros) qui loge un caisson de basse dans le faux-plancher.

 

La perfection n’est pas encore totalement de ce monde

Au chapitre de l’intérieur toujours, quelques défauts de présentation sont à noter. On retrouve le très salissant et peu pratique écran central de 8,7 pouces. Il contrôle tout ce qui concerne la musique, GPS et Coyote, la climatisation, les réglages de conduite etc. Également au programme, les très moches plastiques durs en bas de la console. Ces remarques ont déjà énoncées lors de l’essai de la grande sœur Talisman. L’ensemble reste cependant réussi, et en très net progrès par rapport à la Mégane III qu’elle remplace.

Conduite : entre perfection et déception

Nous découvrons la voiture aux abords de la capitale et nous retrouvons très vite confrontés à une série d’embouteillage (2 heures pour faire 36 km). C’est le moment idéal pour découvrir les différents packages de conduite répartis en 4 modes :

Mode Neutre : C’est le mode par défaut de la voiture. Le confort est un peu raide mais les sièges somme toute confortables pour du Renault Sport. Le moteur lui se fait un peu oublier tant la boite égrène les rapports en toute discrétion, jouant sur le couple du moteur. La lumière d’ambiance tend vers le beige.

Mode Confort : La lumière passe au bleu, le moteur est légèrement plus discret mais sinon, c’est tout comme le mode précédent à la conduite.

Mode Eco : L’amortissement ne change pas, la pédale d’accélérateur agit plus progressivement sur le moteur qui donne l’impression d’avoir quitté le navire. Tout devient lent, mou, et asthmatique. La lumière devient verte, parce que c’est écolo, mais la consommation descend.

Mode Sport : L’amortissement… ne change toujours pas. La boîte tombe un rapport et a tendance à les garder plus longtemps. Le son du moteur est exagéré dans l’habitacle. Ah ! et la lumière passe au rouge, parce que le rouge, ça va vite, évidemment.

Alors sur la route, le mode de prédilection de la voiture sera sans aucun doute le mode Neutre. En effet, comme les suspensions sont à réglage unique, il devient bien peu utile d’user du mode Sport. Et si les changements de rapports du mode Neutre ne sont pas à votre goût, les palettes au volant vous permettront de corriger le tir. Cependant, j’ai utilisé les palettes 3 minutes lors de ces quelques jours d’essais… La boîte de vitesses passe en effet les rapports toujours au moment souhaité.

Une Mégane GT rendue imperturbable par le 4-Control

Quel que soit le mode, la Mégane GT est rivée sur la route comme si rien ne pouvait la déloger de sa trajectoire. Les 4 roues directrices sont un véritable plus, et il est très difficile de s’en passer une fois revenu dans une auto qui n’en n’est pas pourvue ! Tournant dans la direction opposée à basse vitesse (jusque 50 km/h), et dans la même direction que les roues avant au-dessus, ce train arrière facilite grandement la vie en ville alors que la stabilité est accrue sur les grands axes.

Si le châssis est excellent, que dire du moteur ? Après tout, Renault Sport a signé la voiture, et par le passé, tout a toujours été très convaincant. Alors, tout d’abord, il s’agit d’un Diesel. Renault Sport, Diesel. Diesel, Renault Sport… Vous voyez où je veux en venir. Bon, ce n’est pas le premier coup d’essai, souvenons-nous de la Mégane II RS dCi, c’était sacrément amusant ! Elle permettait de faire des kilomètres en pagaille sans trop consommer.

Ici, c’est le 1.6 l dCi 165 ch et ses 380 Nm qui officient, accouplé à la boîte double-embrayage automatique EDC6. Première chose, un moteur Diesel de 100 ch au litre, ça m’impressionne. Je me souviens encore des Diesel de 2.2 pour 85 ch et la barrière mythique des 100 ch/L est pour moi synonyme de moteur essence bourré de caractère. Alors oui, aujourd’hui, on use de turbos et de compresseurs en tout genre, mais psychologiquement, c’est une barrière qui impose la sportivité ! Plus prosaïquement, on retrouve ce 1,6 l sur toute la gamme Talisman, Espace, Kadjar ou encore Koleos, en 130 et 160 ch.

Homogénéité plutôt que sportivité

Une fois sur la route, et en conduite coulée, ce moteur use de discrétion tant l’insonorisation a fait un bond depuis la Mégane 3. Niveau performances en mode neutre, on le sent présent sans pour autant avoir une réactivité de type on/off comme on peut retrouver sur certains moteurs. En mode sport, le moteur se fera plus réactif et plus volontaire. S’il pousse fort, longtemps, et de manière homogène, il va lui manquer ce petit quelque chose qui fait d’un moteur un moteur d’exception. Vous savez, ce petit « coup de pied au cul » passé un certain régime, ou cette allonge incroyable de certains blocs. Ici, rien de cela, ça pousse fort mais de manière continue, de 1500 à 4000 tr/min et à la longue, on en attendrait plus. Soit plus de chevaux, soit un couple qui arrive de façon exponentielle, les symptômes du bloc diesel turbocompressé en somme.

Vous l’aurez deviné, en conduite vraiment sportive, ce moteur est creux. C’est dommage pour deux raisons : la première est que ce moteur ne rend pas honneur au fabuleux couple châssis/suspensions, la deuxième est qu’il ne rend pas honneur à Renault Sport. Pour ce qui est de la conduite sportive, cette voiture est donc incroyable par son châssis, sa direction et ses suspensions, cependant, les sièges manquent cruellement de maintien du fait de leur taille XXL. Il faudra mieux aller vite, mais tranquillement, que le couteau entre les dents.

Pour finir, passons aux consommations, véritable facteur d’achat pour bon nombre de personnes aujourd’hui. Au cours de mon essai, comprenant embouteillage, autoroutes, villes, départementales, la consommation s’établit à près de 8.5L/100km. On est loin, très loin, des 4.6L/100km donnés par la marque au losange.

Conclusion

La Renault Mégane GT dCi 165 est une hatchback très réussie d’un point de vue du style extérieur. Elle devra cependant porter une couleur flashy au risque de se confondre avec les modèles de gammes plus basses. La finition intérieure est en net progrès mais comporte toujours quelques défauts communs à la gamme Renault. Le châssis est véritablement excellent… Toutefois, l’ensemble est guère convaincant, la faute à un moteur non-sportif. Alors, pour qui aime les châssis rigoureux et fait beaucoup de route, cette Mégane s’avèrera surement un choix judicieux. Sinon, mieux vaut se tourner vers sa sœur GT 205 TCe (et bientôt 225 ?), ou attendre la Mégane IV RS ! La Renault Mégane GT dCi se goûte à partir de 34 500 euros -36 950 euros pour notre modèle d’essai.

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