Essai Peugeot 3008 BlueHDi 120

Commercialisé depuis le Mondial de l’Automobile, nous n’avions pas repris la route au volant du Peugeot 3008 depuis nos premiers essais en novembre 2016. Cette fois-ci nous le testons en BlueHDi 120 en version boîte manuelle 6 vitesses. Est-ce que ce moteur est encore dans le coup alors que la fin de sa production est annoncée pour fin novembre ? C’est ce que nous allons voir.

3008 : le nouveau sacré numéro de Peugeot

Est-il nécessaire de présenter à nouveau le Peugeot 3008 ? Présent de plus en plus sur nos routes, son succès ne se dément pas au point qu’il est entré dans le top 3 du marché français. Sa ligne particulière et son intérieur à nul autre pareil plaisent. Dans cette couleur Metallic Copper associée au toit Black Diamond (2 options à 650 et 350 €), il se fait encore plus remarquer dans le paysage grisâtre du marché français. Et puis, Peugeot sait bien utiliser l’effet diamanté des jantes : c’est encore le cas avec ces jantes « Washington » qui remplissent bien les passages de roue avec leur taille de 19 pouces.

Les couleurs utilisées à l’intérieur sont plus classiques : pas besoin d’en faire plus avec cette planche de bord futuriste. Le tissu Evron Guérande par son aspect apporte une ambiance chaleureuse à l’ensemble. Nous avons cependant un petit doute quant à son entretien, certaines zones étant difficilement accessibles.

Et puis le I-Cockpit fait aussi son effet. Différents menus y sont accessibles et prolongent bien l’écran central. C’est d’autant plus pratique la nuit quand celui ci est éteint, pour déranger le moins possible la sieste des passagers. Le menu est accessible au choix via l’écran, le volant ou avec certains raccourcis présents sous forme de touches de piano.

Peugeot 3008 : le nouveau monospace ?

Les rangements de proximité sont bien conçus : bacs de portières, boîte à gants et rangement central, mais aussi zone pour y placer son téléphone portable, avec recharge par induction (compatible seulement avec les derniers smartphones). Seul bémol, les porte-gobelets sont placés trop haut, leur utilisation avec certaines tailles de bouteille ou canette peut donc gêner la manipulation du levier de vitesse.

L’habitabilité arrière est suffisante, et même meilleure que certains concurrents monospaces dont les tablettes aviation peuvent empêcher de placer les genoux convenablement. La banquette est presque aussi confortable que les sièges avant. Le coffre est suffisamment grand pour une utilisation quotidienne (591 l). Sa modularité, bien que moins poussée que la génération 1 du Peugeot 3008, reste satisfaisante. Les sièges peuvent se rabattre depuis le coffre.

3008 Allure : un cœur de gamme suffisant ?

Une fois assis, il est très facile de trouver la bonne position de conduite. On est assis dans de bons sièges et les quelques heures passées à son volant le confirmeront. Le volant est petit et pas totalement rond, c’est perturbant au début mais on s’y fait vite. Les manœuvres sont faciles, bips et caméras font leur travail parfaitement. Deux points moins positifs auront cependant retenu mon attention : la caméra à 360° tout d’abord qui ne fonctionne que si et seulement si les caméras ont déjà pu scanner le paysage -car seules 2 caméras sont présentes, il n’y a pas de petites économies. Le mode caméra de recul ensuite, où les lignes dessinées sur les écrans sont plus étroites que le gabarit de la Peugeot 3008 ! N’oubliez donc pas de jeter un œil aux rétroviseurs.

Notons la présence d’un judicieux taquet pour maintenir la tablette afin d’accéder à la roue de secours (ou au rangement si celle-ci n’a pas été sélectionnée parmi les options). Le hayon s’ouvre électriquement. Attention cependant avec la commande de pied : peu réactive et sans signal sonore, on a tendance à recommencer la manœuvre plutôt que de s’en éloigner. Mon crâne peut vous en parler depuis une tentative de fermeture nocturne…

3008 BlueHDi 120 : un Diesel recommandable ?

Les premiers tours de roues à bord du Peugeot 3008 se font dans Paris. Le moteur répond présent et la boîte est bien étagée. Le moteur surprend pas sa souplesse et sa vivacité à se faufiler dans la circulation. Il est encore plus à l’aise sur le périphérique parisien et les routes qui permettent de s’éloigner de la capitale. Le tout dans un bruit assez contenu : pas de bruit ou claquement typiques d’un Diesel, peu de bruits d’air et de contact avec la route.

Une fois sur l’autoroute, le même confort se fait ressentir, merci aux suspensions. Le régulateur de vitesse avec fonction adaptative fonctionne bien, et permet de rouler sereinement. Il est même possible de changer de vitesse sans couper le système, ce que le concurrence n’offre pas toujours. C’est aussi la cas avec la fonction limiteur de vitesse. Cependant, malgré une certaine souplesse du moteur, ce dernier montre vite ses limites quand le relief du paysage est plus marqué. Il ne faut pas hésiter à rétrograder pour maintenir la vitesse de croisière du Peugeot 3008. Bien sûr, le moteur BlueHDi se fait alors plus présent à bord, même si le bruit reste acceptable.

Généreusement gourmand !

Côté décélération, les freins font bien leur travail, même si nous les avons pas testés en mode freinage d’urgence. Dans tous les cas, on n’a pas le sentiment d’être dans une voiture lourde, même avec 4 occupants. Malheureusement, les consommations ne sont pas aussi basses qu’annoncées : nous avons consommé 6,7 l/100 km. Sur catalogue, le Peugeot 3008 est annoncé en consommation mixte à 4,0 l/100 km par le constructeur…

Heureusement, pour faire passer la pilule, on peut profiter des quelques extra que propose la catalogue d’options. Tout d’abord, la sono signée Focal. Nous ne sommes pas tous experts en la matière, mais écouter la musique est très agréable à son bord. Et puis il y a l’option siège massant : plusieurs modes sont proposés, et celui en mode « pattes de chat » est étonnamment agréable. Attention cependant de ne pas en abuser, les points acupunctures sont un peu petits et peuvent devenir désagréables.

Et si vous souhaitez continuer vos soins par des bains de boue, le Peugeot 3008 ira volontiers s’y promener. Ce n’est bien sûr pas un tout-terrain, mais les chemins boueux ne lui font pas peur. Il ne faut cependant pas oublier que sa garde au sol est limitée, et que nous avions ici des pneus route. Mais un peu de glisse apporte du fun dans ces conditions. Bon point côté protection, les portes recouvrent les bas de caisse : on ne se salira pas à la descente. Revers de la médaille, la boue qui peut remonter sur la porte ne partira pas au passage au rouleau, il faudra nettoyer à la main une fois à la maison.

Chère Peugeot 3008

On s’attache vite à la Peugeot 3008, et à toutes ses petites options. Mais tout cela a un prix : 32.950 € pour la version catalogue Allure, mais notre version d’essai et ses nombreuses options montait à 37.610 €. On s’éloigne du segment C pour s’approcher de la concurrence plus haut de gamme. Un Renault Espace dCi 130 avec un équipement proche n’est qu’à quelques milliers d’euros supplémentaires. Et sûrement négociable plus facilement.

Mais pour revenir au Peugeot 3008 BlueHDi 120, son concurrent le plus direct est finalement le Peugeot 3008 BlueHDi… 130. Ce moteur 1,5 l est plus récent et le remplacera dans quelques semaines. Alors, si vous n’êtes pas tentés par un moteur dernier cri, c’est peut être l’occasion de vous lancer dans une négociation potentiellement plus à votre avantage malgré le succès indéniable du Peugeot 3008. Car en dehors d’une utilisation en montagne, il remplit parfaitement son contrat : se déplacer avec confort et avec une certaine vivacité.

Texte et photos : The Automobilist


Commentaires

Plus d'articles