Essai Nissan Leaf 2018

A l’heure où conduite autonome mais également voitures électriques sont au cœur des débats, nombreux sont les constructeurs à proposer des solutions alternatives au thermique.

En 2017, l’électrique n’a représenté qu’un peu plus de 30.000 ventes, soit 1,2% du marché automobile français. Mais c’est toujours une progression de +14% par rapport à 2016, et même de… 90% par rapport à 2011. Alors forcément, les marques automobiles, à vrai dire un peu contraintes, se mettent à proposer leurs modèles du genre. Par exemple, Mercedes-Benz va lancer d’ici 2019 son premier modèle 100% électrique, décliné du concept-car EQ. D’autres, ont déjà des voitures électriques dans leurs gammes depuis quelques temps : Renault, Citroën, BMW… mais aussi Nissan. Et c’est bien le constructeur japonais qui va nous intéresser aujourd’hui, puisque les premières livraisons de la nouvelle Leaf vont débuter en février. Sauf qu’alors que l’ensemble des constructeurs n’en sont, avec leurs voitures électriques, qu’aux premières générations de modèles, Nissan lance le deuxième opus de sa Leaf, commercialisée depuis fin 2010 (voir nos essais de la première Leaf ici, et ). Preuve de l’importance de ce lancement pour le japonais, qui compte bien creuser l’écart avec ses concurrents.

Nissan Leaf 2018

Nissan Leaf 2018 : un contexte favorable

Le lancement d’une nouvelle voiture est toujours intéressant, à plus d’un titre. D’un point de vue économique bien sûr, pourquoi pas esthétique (puisque l’on découvre les lignes d’un nouveau modèle), technique (si le modèle en question innove en la matière), mais aussi, communicationnel. En effet, le lancement d’un nouveau modèle porte toutes les attentes, et éventuelles craintes, de son constructeur. Prenez l’exemple de Renault lors du lancement de la Talisman : derrière toute l’euphorie et la volonté affichée de conquête, se cachait une grande pression, celle de faire oublier la mauvaise réputation de sa devancière, la Laguna.

Pour la Nissan Leaf, le contexte est tout de même assez différent, puisque la nouvelle génération vient remplacer une voiture qui compte, selon un sondage Nissan, 94% de clients « pleinement satisfaits« . Par ailleurs, la Nissan Leaf de première génération s’est écoulée à plus de 283.000 exemplaires dans le monde depuis 2010 (dont 12.000 en France – son deuxième marché après la Norvège), ce qui en fait le modèle électrique le plus vendu. Alors du côté de Nissan, on se montre plutôt très satisfaits. Mais pour le constructeur japonais, la nouvelle Leaf n’est pas seulement une voiture électrique. Elle s’inscrit au cœur de la stratégie « Nissan Intelligent Mobility », constituée de trois axes :

  • un axe « Intelligent Power » (considérant la motorisation, électrique en l’occurrence),
  • un axe « Intelligent Integration » (qui cherche à établir des connexions entre les véhicules et leur environnement immédiat),
  • et enfin un axe « Intelligent Driving », avec comme fer de lance, la conduite autonome.

Nissan Leaf 2018

La nouvelle Leaf est censée confirmer ces trois piliers, à travers sa motorisation électrique bien sûr, mais également certaines innovations comme le ProPilot (qui inclut le régulateur de vitesse intelligent et l’aide au maintien du véhicule dans sa voie) ou la technologie e-Pedal, qui permet d’utiliser quasi-exclusivement la pédale d’accélérateur, pour accélérer comme pour… freiner, ou s’arrêter. Deux éléments sur lesquels nous reviendrons.

Maintenant que le contexte, et que le discours (optimiste !) de Nissan sont posés, nous allons véritablement débuter l’essai de la nouvelle Nissan Leaf ! En commençant par un tour du propriétaire.

Nissan Leaf 2018 : le tour du propriétaire

Une voiture commence à s’appréhender à l’extérieur. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que concernant son design, la Nissan Leaf n’a jamais fait l’unanimité. Avec son look de berline « monospacisante », haute sur pattes, elle en a même rebuté plus d’un. Un look original et « rondouillard » que ne conserve pas la nouvelle Nissan Leaf. Déjà, elle est un peu plus basse, en passant de 1,56 m à 1,53 m. Ensuite, elle gagne en agressivité. Son design, et notamment sa face avant, s’inspirent beaucoup de la dernière génération de Micra, produite à Flins. Que l’on aime ou pas, il est tout de même intéressant de constater que Nissan semble vouloir instaurer une identité visuelle, avec cette calandre en V à l’avant qui fait le lien avec les Qashqai / X-Trail et Micra… même si certains pourront reprocher à la Leaf une trop grande ressemblance avec la citadine !

Ci-dessus, la première génération de Nissan Leaf. Plutôt différente, n’est-ce pas ?

Quoi qu’il en soit, la Leaf reste originale esthétiquement, tout en mettant de l’eau dans son design. Un bon point, selon nous. Côté mensurations, elle gagne 4 cm en longueur (pour s’établir à 4,49 m) et 2 cm à largeur (1,79 m). Étonnamment, la voiture paraît pourtant plus petite visuellement que sa devancière. Cela est sans doute dû à son design plus agressif et un peu plus « râblé ».

La nouvelle Leaf est proposée en neuf coloris (dont trois gris, un rouge et un bronze). Elle dispose d’enjoliveurs 16 pouces en entrée de gamme, tandis que sur les versions haut de gamme, les jantes sont de 17 pouces.

Maintenant que vous connaissez mieux la Leaf, rentrons à présent dans l’habitacle !

Nissan Leaf 2018 : un intérieur plutôt classique

A l’intérieur aussi, la Leaf première du nom jouait la carte de l’originalité, avec sa planche de bord très enveloppante. Une carte que ne semble pas avoir tirée sa remplaçante ! En effet, le design du tableau de bord rentre dans le rang. C’est (beaucoup) plus sobre, mais peut-être finalement plus plaisant. En tout cas, d’emblée, l’ergonomie paraît intuitive, avec notamment des boutons suffisamment gros et pas trop nombreux. Le risque de cette trop grande sobriété ? Que l’on trouve l’intérieur triste ! Il est clair qu’en noir, l’intérieur de notre modèle d’essai, aussi bien dessiné et plutôt bien construit (les assemblages sont bons – mis à part dans la partie basse de la planche de bord – et les matériaux utilisés agréables au toucher) soit-il, ne respirait pas la joie ! Peut-être que la sellerie beige, également proposée, rend l’habitacle plus chaleureux.

Nissan Leaf 2018

Pour continuer sur l’intérieur, on constate une position de conduite assez haute. Certains aimeront, d’autres non. Quoi qu’il en soit, nous le verrons, c’est plutôt en phase avec le comportement routier de la Leaf. A l’arrière également, l’assise est haute (ce qui est dû au plancher de type « sandwich » qui accueille les batteries). Cela peut poser des problèmes de garde au toit même si personnellement, en mesurant 1,83 m, je n’ai pas eu de soucis. Il est par ailleurs à souligner que la banquette, épaisse, s’avère très confortable et moelleuse.

Le coffre gagne 65 litres, pour atteindre le volume tout à fait honorable de 435 litres. Un bon point, malheureusement noircit par la position haute des sièges arrière qui empêche d’avoir, dossiers rabattus, un plancher plat. Dommage pour une voiture à vocation familiale.

Côté techno, la Nissan Leaf 2018 profite de la dernière génération de système multimédia NissanConnect avec écran central tactile de 7 pouces, et des dispositifs Apple CarPlay et Android Auto. Une application, téléchargeable sur smartphones permet de suivre l’état de la charge de sa Leaf, ou encore, le matin avant de partir au travail par exemple, de lancer le chauffage à distance.

Passées ces considérations sur l’intérieur et ses technologies, intéressons-nous maintenant à nos impressions de conduite… d’autant qu’il y a des choses à dire !

Au volant de la Nissan Leaf 2018 : la Leaf attitude

Avant de commencer, il est préférable de parler chiffres, pour bien situer la nouvelle Nissan Leaf. Grâce à un nouvel onduleur et une batterie au débit amélioré, la puissance passe de 109 à 150 ch et le couple, de 254 à 320 Nm. Pas mal, d’autant que la capacité de la batterie est accrue, puisqu’elle s’établit maintenant à 40 kWh. Tout cela a des répercussions sur le 0 à 100 km/h (même si l’intérêt d’une Nissan Leaf n’est pas de « taper des chronos » !) : il est dorénavant « abattu » en 7,9 secondes, soit 2,5 secondes de gagnées. La nouvelle Leaf possède un chargeur embarqué de 6,6 kW et un port de recharge rapide pouvant aller jusqu’à 50 kW. Il faudra compter jusqu’à 21 heures sur prise domestique (220 V) pour recharger la voiture, un peu moins d’une heure pour charger jusqu’à 80 % de la batterie à l’aide d’une borne de recharge rapide à 50 kW.

Nissan Leaf 2018

Et qui dit batterie dit autonomie. De ce côté-là, la nouvelle Nissan Leaf fait de gros progrès : 378 km selon les normes NEDC… connues pour être optimistes. C’est pourquoi Nissan communique également sur les nouvelles normes WLTP, qui établissent une autonomie de 285 km en cycle mixte et de 415 km en cycle urbain. 285 km : cela commence à être intéressant, et à faire oublier la peur de la panne sèche !

A la découverte du système e-Pedal

Mais mettons-nous derrière le volant à présent. Réglages effectués, nous pouvons démarrer en exerçant une pression sur le bouton « start » et sur la pédale de frein. C’est assez ironique pour une voiture que l’on peut conduire, « 90% du temps » selon Nissan, avec la seule pédale d’accélérateur, et donc sans utiliser la pédale de frein. C’est le nouveau système e-Pedal, activable (et désactivable) via un simple bouton au bas du tableau de bord : celui-ci maximise la récupération d’énergie au lever de pied. Plus vous levez le pied, plus la voiture utilise le frein moteur et ralentit. Si vous levez totalement le pied, la voiture s’arrête progressivement.

Sur route, j’ai trouvé le dispositif globalement très agréable. Il suffit juste de savoir « doser » la pression exercée avec le pied sur l’accélérateur, pour ne pas faire ralentir la voiture trop brusquement. On s’y habitue très vite en tout cas, et le dispositif contribue à rendre la conduite de la Leaf très « zen ». Cependant, le système m’a un peu moins convaincu en ville, à l’approche des feux rouges ou des ronds-points par exemple. Effectivement, dans ces deux cas, on n’a pas toujours beaucoup de temps pour « anticiper ». Imaginez : vous vous approchez d’un rond-point, et une voiture déboule à toute allure sur votre gauche. Premier réflexe : on appuie sur la pédale de frein ! Malgré tout, le système reste convaincant, et saluons l’innovation des ingénieurs Nissan.

La e-Pedal est la principale innovation avancée par la nouvelle Leaf. Nous pouvons néanmoins citer également le système ProPilot, qui inclut le régulateur de vitesse intelligent et l’aide au maintien du véhicule dans sa voie, pour aider justement le conducteur à corriger en douceur la trajectoire de son véhicule en le repositionnant sur la voie automatiquement en cas de dépassement de ligne. Aussi, mais ce n’est pas à proprement parler une innovation et cela existait déjà dans la précédente Leaf, la sélection des « modes » (neutre, marche et marche arrière) se fait via un joystick.

Personnellement, j’ai moyennement aimé son utilisation. Première chose qui m’a un peu perturbé, mais peut-être parce que c’était la première fois : que vous choisissiez d’avancer ou de reculer, le joystick revient à sa position initiale, c’est-à-dire « au milieu », ce qui m’a quelques fois laissé l’impression que la marche avant ou arrière n’était pas enclenchée. Deuxième chose : il faut pousser le joystick vers l’avant pour faire une… marche arrière, et vers l’arrière pour aller de l’avant. L’inverse m’aurait semblé plus naturel !

Nissan Leaf 2018

Mais passons, ces appréciations étant très personnelles. La conduite est également affaire de ressenti personnel mais pour le coup, nous nous accordons avec nos confrères pour dire que la conduite de la Nissan Leaf 2018 est très agréable. La voiture tient bien la route, la direction est précise, et les suspensions sont très confortables sans paraître « molles ». En fait (et cela est renforcé par le dispositif e-Pedal expliqué précédemment), la conduite de la Leaf est très zen, et procure en ce sens bel et bien un plaisir de conduite. Seule ombre au tableau (mais on va dire que cela incite à ne pas faire les fous au volant de la Nissan Leaf !) : le poids de la voiture, relativement élevé avec 1 525 kg, ce qui affecte forcément son agilité. Toutefois, en désactivant le mode « e-Pedal » on constate que la réponse de l’accélérateur est bien plus franche, ce qui donne l’illusion d’une voiture moins lourde.

Cela étant, sur notre « petit » parcours de 150 km, constitué de nationales, routes de montagne et d’autoroute, l’impression finale au volant de la Nissan Leaf est positive.

Nissan Leaf 2018 : gamme et équipements

La Nissan Leaf 2018 arrive actuellement en concessions, et les premières livraisons sont prévues pour février 2018. Au lancement, la japonaise est proposée avec les niveaux de finitions Visia, Acenta, N-Connecta et le haut-de-gamme Tekna pour les particuliers. Pour information, l’offre business est constituée des finitions Visia Business et N-Connecta Business.

Le niveau Visia est, pour une entrée de gamme, bien équipé : malgré ses enjoliveurs de 16 pouces, ce niveau comprend d’ores et déjà le freinage d’urgence intelligent, la reconnaissance des piétons et celle des panneaux de signalisation, l’alerte de franchissement de ligne, le limiteur de vitesse, l’aide au démarrage en côte, ou encore la climatisation automatique. Et dès le niveau Visia, le dispositif e-Pedal est disponible en série.

La finition Acenta ajoute les radars de stationnement avant et arrière, le régulateur de vitesse intelligent, les jantes alliages 16 pouces ou encore la connectivité smartphone (Apple Car Play et Android Auto).

Le cœur de gamme N-Connecta avance (en plus) des jantes de 17 pouces, une sellerie cuir/tissu, la vision 360° à quatre caméras… par ailleurs, le système ProPilot est proposé en option.

Enfin, la finition Tekna se dote d’une sellerie 100% cuir, de projecteurs full-LED, ou encore d’un système audio Bose. Le système ProPilot est ici de série.

Nissan Leaf 2018

Et les prix dans tout ça ? 33 900 € pour la Leaf Visia, 35 300 € pour la Leaf Acenta, 37 100 € la Leaf N-Connecta et 38 900 € pour la Leaf Tekna. A ces tarifs, il faut soustraire le bonus de 6000 € accordé aux véhicules électriques. Ce qui donne donc un ticket d’entrée de 27 900 €. Notre modèle d’essai (une Leaf Tekna), coûte donc 32 900 €.

Conclusion

En définitive, la nouvelle Nissan Leaf propose un excellent rapport prix/prestations. De plus, si l’on regarde son contenu technologique et son autonomie tout à fait acceptable, il est évident qu’elle coche de nombreuses cases. D’ailleurs, 12.000 clients européens ont déjà commandé leur nouvelle Nissan Leaf, fabriquée en Angleterre pour le marché européen sur les chaînes de Sunderland. Cela nous fait poser la question : qu’attend la concurrence ?

Crédit photos : The Automobilist 

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