Essai Mini Cooper S 192 ch restylée Hatch 5-portes

S’il y a bien une marque automobile qui a su traverser les âges tout en conservant un certain cachet, c’est Mini. Autrefois anglaise et aujourd’hui sous contrôle allemand, la marque a su revenir sur le devant de la scène en lançant sa nouvelle berline en 2001, sous l’égide de BMW. La 4ème génération, commercialisée en 2014, a droit à de légères évolutions afin de rester dans la compétition. Car si autrefois la marque était précurseur, la tendance est toute autre aujourd’hui avec une offre concurrentielle agressive. Ce repoudrage de nez sera-t-il suffisant pour conserver son leadership ?

Une Mini conservatrice avant tout

Représentant 24% des ventes, la version 5-portes de la Mini Hatch a su se faire une place dans la gamme. C’est donc vers cette dernière que nous nous sommes tournés pour cet essai.

Si l’on peut accuser les marques allemandes de faire preuve d’une certaine paresse dans l’évolution de leur design, principalement lors des restylages, les gens de chez Mini ont cependant réussi à faire encore plus fort.

En effet, les changements à l’extérieur ne portent essentiellement que sur… le masque des feux arrière, qui adopte le design de l’Union Jack, le drapeau britannique. C’est du plus bel effet, avouons-le, mais cela réclame un supplément sur la plupart des versions… A ceci s’ajoute un nouveau logo adoptant le flat design ainsi qu’un cerclage des phares en noir laqué.

Le nouveau logo fait partie des rares nouveautés

Bien évidemment, vous trouverez 3 nouvelles teintes, telle que l’Emerald Grey équipant notre version Cooper S, ou encore une nouvelle sellerie couleur caramel.

On peut effectivement pinailler sur de tels détails, il faut tout de même reconnaître qu’après quatre années de commercialisation, ce design fait toujours son petit effet, avec ce côté néo-rétro et cette bouille de batracien à l’avant. La version la plus puissante (en dehors de la John Cooper Works) de la gamme essence dispose du pack esthétique John Cooper Works, donnant un air plus agressif, avec une grille en nid d’abeille et un bas-de-caisse plus travaillé.

La Mini conserve, malgré les années, tout son charme

Le profil reste bien évidemment inchangé tandis que la partie arrière gagne encore plus en capital sympathie avec ces nouveaux masques à LED équipant les finitions les plus hautes. Finalement, pourquoi changer intégralement une recette qui fonctionne ?

Un intérieur sans révolution

A l’intérieur, les changements sont encore moins perceptibles, exception faite d’un nouvel insert de tableau de bord qui s’illumine lors qu’il fait sombre ou encore du levier de vitesse de cette nouvelle boîte à 7 rapports, à double embrayage.

L’ensemble se veut tout de même cohérent, renvoyant une impression de chic toutefois pas intégralement assumée, avec quelques boutons au design et à la texture peu flatteurs. Fort heureusement, le volant gainé de cuir au design épuré, ou encore les compteurs rétro et l’écran tactile de 6,5 pouces, sont là pour les faire oublier. Le reste des matériaux renvoie une impression de qualité tandis que les ajustements font sérieux. Côté assise, on est bien calé dans un fauteuil à la fois enveloppant et permettant d’accéder aux commandes de la planche de bord sans difficulté.

Le côté néo-rétro est préservé mais certains détails de qualité font tiquer

S’agissant d’un restyling, l’accès aux places arrière (et donc la découpe des portières) ainsi que l’espace aux jambes n’évoluent pas et sont une vraie gêne au quotidien. Le coffre conserve également sa capacité de 278 l, ce qui reste correct sur le segment des citadines premium mais insuffisant face aux généralistes.

Très timide, ce restyling s’explique avant tout par la volonté de Mini de reprendre le leadership en terme de personnalisation du véhicule, notamment grâce à l’aide de la technologie d’impression 3D. La marque propose ainsi dorénavant la possibilité de changer l’insert de tableau de bord, les ouïes latérales, les seuils de porte ou encore le projecteur de logo à LED qui s’illumine lors de l’ouverture de la portière.

L’impression 3D permet de personnaliser l’intérieur de votre Mini

En revanche, les services connectés évoluent profondément avec l’apparition d’une fonction conciergerie, de l’appel d’urgence et de l’application Mini Connected permettant de configurer certaines fonctions du véhicule à distance.

Esthétiquement, la Mini restylée n’évolue donc quasiment pas d’un point de vue stylistique. Qu’en est-il de son comportement routier ?

Mario Mini Kart

Côté mécanique, on trouve, là aussi, peu de changements. Seuls les modèles d’accès essence Mini One voient leur cylindrée passer de 1,2 à 1,5 litre et leur couple progresser de 10 Nm, les puissances demeurant à 75 et 102 ch.

En réalité, la nouveauté vient de l’offre moteur couplée avec la nouvelle boîte 7 rapports à double embrayage sur toutes les versions essence et la majorité des versions diesel. La boîte 8 rapports est de ce fait exclusive à la version Cooper SD.

Et c’est là tout l’intérêt de cet essai, tester le niveau de cette nouvelle transmission via cette version Cooper S forte de 192 ch, aussi bien en ville qu’en dehors. Et quoi de mieux que la ville de Marseille, réputée pour ses bouchons, pour tester notre patience ? Plaisanterie mise à part, la diversité des routes environnantes nous intéresse tout autant afin de mettre à rude épreuve cette nouvelle boîte.

La nouvelle boîte Steptronic est un réel atout pour l’agrément de conduite

Contact mis, le bruit rauque émis par l’échappement vient nous chatouiller les oreilles tandis que les premières accélérations n’augurent que du bon. Reste que les premières étapes de notre périple en plein cœur de Marseille viennent rapidement casser le rythme et l’un des premiers atouts de cette boîte automatique est mis en avant. Avec une boîte manuelle, débrayer/embrayer toutes les 2 minutes s’avère rapidement fatiguant mais avec la nouvelle boîte couplée au Stop & Start, cette parade d’arrêts et de redémarrages nous paraît moins rébarbative.

Marseille et ses ruelles : le terrain de jeu idéal pour une Mini

Dans une ville aux rues aussi étroites, la Mini ressemble à l’arme idéale. Bien, qu’au fil du temps, elle ait largement grandi, son gabarit reste suffisamment contenu pour permettre de se faufiler sans trop de difficultés. Dans certaines situations, les différentes aides habituellement destinées à faciliter le stationnement (radars, caméra de recul, park assist) y contribuent également.

Reste que dans ce dédale de rues, le GPS bien que réactif, n’offre pas une lisibilité suffisante quant au trajet à effectuer et se fier avant tout aux informations projetées sur l’affichage tête-haute sera plus efficace.

L’ergonomie des commandes principales ne souffre pas de réels défauts. Toutefois, la molette du « Controller » peut s’avérer difficile d’accès lorsque l’accoudoir est mis en place. Rien d’insurmontable mais le geste à effectuer est peu pratique et risque de distraire en ville. Les habitants de la cité phocéenne étant apparemment habitués à traverser comme bon leur semble, on apprécie d’autant plus le freinage rassurant de cette Mini Cooper S, couplé au système de freinage d’urgence.

Peu pratique d’accès, la commande rotative du système multimédia est, heureusement, secondée par un écran tactile.

Entre deux feux, nous avons pris le temps de tester le service de conciergerie. L’appel est rapide et le conseiller a pu implémenter dans notre GPS la destination demandée sans même avoir eu à lui donner la moindre identification.

Urbaine par son gabarit, la Mini, dans cette configuration moteur/boîte, prend toutefois tout son sens lorsque l’on s’extrait de la vile. Si le châssis s’est montré ferme, il est également efficace.

Cette configuration mécanique fait des merveilles dès que l’on sort de ville

Les enchaînements de virages le long des côtes peuvent s’effectuer à vive allure, grâce à l’efficacité du châssis. Une progression fluide, y compris du côté de la transmission, car la nouvelle boîte ZF à double embrayage sait se montrer réactive et extrêmement douce. Motorisée par le 2,0 l turbo développant 192 ch et offrant 300 Nm de couple, la Cooper S délivre une poussée continue à l’accélération. Pour atteindre 100 km/h depuis l’arrêt, comptez seulement 6,9 s. Le moteur ne rechigne pas à prendre des tours et accompagne cette montée d’une sonorité sportive particulièrement flatteuse à l’oreille.

A la fin, malgré un certain embourgeoisement, l’impression de conduire un kart reste présente (même si cette dernière est moins perceptible que sur les précédentes générations), avec un véhicule virant à plat tandis que l’arrière train se montre plutôt joueur dans les virages en épingles à cheveux.

Du pur bonheur dans les enchaînements de virages

Mais cette nouvelle boîte a montré ses limites dans les cols de montagne parcourus, nous imposant de repasser en mode manuel à l’aide des palettes au volant afin d’optimiser la gestion des rapports. Rien de surprenant car les 3 modes proposés d’origine (Eco/Mid/Sport) qui agissent, entres autres, sur les passages de rapports (en plus de la sonorité et de la direction), conviennent les 3/4 du temps, mais ne pouvaient convenir à ces enchaînements de virages difficiles.

Il va d’ailleurs sans dire que, menée à ce rythme et dans ces conditions, notre Mini a vu sa consommation s’envoler, affichant 10,2 l en moyenne selon l’ordinateur de bord.

L’amour rend-t-il aveugle ? 

Lors de sa sortie en 2009, DS avait clairement exprimé son intention de venir concurrencer Mini sur le marché des citadines personnalisables. Le marché semblait disposer d’un bon potentiel, à tel point qu’Audi s’y est engouffré en 2010 avec son A1. Ces deux véhicules sont donc des cibles toutes désignées pour cette nouvelle Mini.

La Mini n’a jamais prétendu se montrer abordable et ce n’est pas ce restyling qui y changera quoi que ce soit. Avec un tarif démarrant à 29 600 euros, la version Cooper S vise, en effet, déjà haut. La finition JCW de notre modèle d’essai exige 5.500 € supplémentaires, soit un total de 35.100 euros. Ouch ! A ce tarif, la dotation de série est assez complète avec les rétroviseurs rabattables, la climatisation automatique bi-zone, le radar de recul, la suspension adaptative, l’accès Keyless ou encore le GPS couplé avec les services connectés. Rien de trop, toutefois, à ce prix.

Une Audi A1 dans sa finition S Edition et équipée du bloc 1.8 TFSI de 192 ch démarre à 33.540 euros, c’est à dire 1.560 € de moins. Mais ce gain implique quelques sacrifices en matière d’équipement. Ainsi, pour profiter du démarrage sans-clé, du GPS ou même simplement du radar de recul, il faudra faire un détour par la liste des options. Et cela annule purement et simplement la différence de prix. Il ne restera alors à l’Audi A1 que sa qualité de fabrication pour faire pencher la balance en sa faveur. Mais c’est sans compter sur la DS 3.

Au moment d’évoquer la concurrence, pas question d’oublier la DS 3. Car, en terme de personnalisation (carrosserie bi-ton et éléments spécifiques interchangeables) et de services tels que le valet, la conciergerie et les offres privilèges, la DS peut soutenir la comparaison.

Sachant que le tarif d’une DS 3 Performance, motorisée par le 1.6 THP de 208 ch, s’établit à 27.950 euros, la française dégaine un atout de poids. Mais, à ce prix, point de 5 portes ni de boîte double embrayage, tous deux tout bonnement indisponibles sur ce modèle, et une finition en retrait par rapport à la Mini et à l’Audi A1.

En revanche, la DS 3 s’avère la plus sportive et la plus radicale de ce trio, grâce à son différentiel Torsen et à son châssis réglé aux petits oignons (Julien avait d’ailleurs été conquis). En réalité, cette dernière se positionne entre une Mini Cooper S et une Mini John Cooper Works mais fait l’impasse sur quelques équipements de série tels que le GPS tactile, le radar de recul avec la caméra ou encore le freinage d’urgence. Tout cumulé, vous économiserez tout de même une belle somme et les malus imposés sur ces 3 véhicules ne changeront pas la donne étant donné que l’on se situe sur une fourchette allant de 73 euros pour la DS 3 à 540 euros pour l’A1.

Mini Cooper S Hatch 5-portes : Conclusion

Que penser de cette nouvelle Mini Cooper S au final ? Si vous optez pour celle-ci, c’est que vous aurez succombé à son charme atypique et intemporel ainsi qu’à son comportement routier polyvalent et épanouissant, mais que vous êtes aussi pleinement conscient du tarif élitiste demandé et des quelques défauts dont elle souffre, tels que le manque de praticité des 5-portes ou encore la finition imparfaite.

Si investir une telle somme ne vous fait pas peur et que vous recherchez une qualité irréprochable, privilégiez l’A1. Si vous cherchez en revanche une auto au comportement plus précis et à un tarif plus abordable, tournez-vous vers la DS 3.

L’essai de la version Cabriolet John Cooper Works, c’est pour très bientôt !

Disposant toujours de son capital sympathie, cette nouvelle Mini attire toujours notre regard tandis que le duo moteur de 192 ch/boîte à double embrayage lui permet d’être aussi polyvalente qu’efficace sur la route. Son statut d’icône est toujours préservé mais l’intérêt de cette version 5-portes peut être remis en question notamment face à la Clubman ou au Countryman. 

Texte et crédit photos : Fabien LEGRAND


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