Plus classique que le modèle qu’elle remplace mais surtout plus grande et plus spacieuse, la Mini Clubman de deuxième génération sait faire tourner les têtes dans la rue grâce à son minois tellement reconnaissable. Mais là où elle est exceptionnelle, c’est grâce à son moteur de 231 ch… oui, oui, vous lisez bien ! Un déluge de puissance, que nous avons pu essayer dans le Morvan avec ses chemins escarpés et ses épingles serrées, pour un break… rapide !

Une bouille indémodable qui traverse les années

C’est sûr, depuis le rachat de Mini par BMW en 1994 et la présentation de la nouvelle génération de Mini en 2000, les codes stylistiques de la petite anglaise ont bien changé. Mais à force de retro design, de chromes et de teintes acidulées, l’allure des Mini est restée très identitaire, et inimitable. Bien entendu, face à la première génération de Mini de 1969, celle-ci a beaucoup été transformé mais on retrouve toujours les yeux de la Mini comme le profil très compact de cette petite bombinette.

La bouille de la Mini est ainsi reconnaissable entre toutes. Ayant essaimé jusqu’à faire une gamme complète, la Mini compte aujourd’hui un SUV, une variante 5-portes et même… 6-portes, avec le break Clubman. Et ce Mini Clubman n’échappe pas à la règle du rétro design. Il reprend la face avant complète de la Mini standard, accentuée ici par le kit carrosserie John Cooper Works très marqué par ses grosses entrées d’air. Les quelques touches de rouge brillant renforcent le côté bestial de l’engin, que l’on retrouve également sur le pavillon et les rétroviseurs personnalisables.

De profil, là où précédemment le Mini Clubman adoptait une seule et unique mini porte sur le côté droit, cette nouvelle génération en perd peut-être le style mais se range dans le coté utile avec ses 4 vraies portes. Bien plus pratique pour les passagers arrière qui n’ont plus à se contorsionner pour rentrer. Il perd aussi la fluidité de la ligne de caisse de son aïeul et se montre plus massif… un peu dommage mais il faut bien rentrer dans le rang de temps en temps.

A l’arrière, même si ce nouveau Clubman se bonifie avec le temps, on retrouve les codes du modèle précédent notamment avec les deux portes à ouverture « façon camionnette ». Et c’est unique sur le marché des breaks ! Ainsi pourvue, la Clubman arrive à 6 ouvrants, record de la gamme. Bien entendu, cela n’échappera à personne mais cette version JCW se pare également d’un kit arrière avec un pare-chocs plus musclé et englobant deux pots d’échappement bien visibles… et qui n’est pas là que pour le style !

A l’intérieur, bien plus Mini qu’il n’y paraît…

Quand on entre à l’intérieur de ce Mini Clubman, force est de constater que la ressemblance avec la Mini standard saute aux yeux. On retrouve le fameux cockpit si caractéristique de la marque anglaise remis au goût du jour avec cette nouvelle génération. Avec son grand écran central regroupant ici le GPS et toutes ses fonctionnalités, le Mini Clubman donne le ton : on s’y sent bien. La position de conduite est idéale avec notamment une assise assez basse, presque au ras du sol et bien desservie par la sellerie Dinamica/cuir Carbon Black de notre modèle d’essai.

Cependant, malgré un habitacle bien pensé, on est assené de boutons et de commodo, qui sont localisés un peu partout sur le volant ou encore sur la console centrale. On a du mal à savoir à quelle fonction appartient tel ou tel bouton et on peut s’y perdre très facilement. C’est un peu le problème de toutes les technologies que nos nouvelles voitures embarquent mais sur ce Mini Clubman, cela pousse à l’exagération !

A l’arrière, rien à redire en revanche. Malgré ses 4,25 m de longueur, ce Mini Clubman sait accueillir très confortablement deux adultes sur de longs trajets. Avec son accès facilité par l’adoption des deux vraies portières, les passagers arrière profitent également d’un espace aux jambes plus que suffisant pour de longues destinations. Enfin, à noter que la hauteur sous plafond est plus qu’acceptable pour des personnes de grande taille. Un bon point pour un si petit break.

Enfin, pour terminer sur l’habitabilité de ce Mini Clubman, le fameux volume de coffre. Avec ses 360 litres et son plancher plat, il a même de quoi faire rougir certains de ces concurrents, comme notamment le Volvo V40, pourtant plus long (4,37 m) mais cubant seulement 335 litres. Même si certains diront que l’ouverture des doubles portes du Mini Clubman pourrait rendre l’accès plus difficile au coffre, et bien non… mais chacun devra tester de son côté.

Maxi ou Mini technologies ?

La plupart des véhicules qui embarquent les nouvelles technologies sont des voitures de luxe (Mercedes-Benz Classe S, BMW Série 7 ou encore la toute dernière Audi A8) mais dans tous les cas, elles se retrouvent par la suite dans des véhicules plus « banals ». Le Mini Clubman n’échappe pas à la règle et profite de la cascade de plus en plus rapide des technologies embarquées de BMW. En effet, l’écran central se pare du système GPS tactile Navigation multimédia Professionnal. Bien que mis à jour depuis le système iDrive de BMW, il se trouve toujours un peu compliqué à utiliser avec les menus et sous-menus dans lesquels il faut sans cesse naviguer avant de trouver la bonne fonction. Un point qui reste à encore améliorer.

Cependant, à côté de cela, le Mini Clubman s’offre des technologies qui facilitent grandement la vie notamment pour un véhicule plutôt destiné à la ville. Le système Park Assist est un de ceux-ci, permettant au Mini Clubman de se garer tout seul sans toucher aux pédales ni à la boîte de vitesses automatique. Bon, bien entendu, il faut toujours avoir un emplacement de presque 1 mètre de plus que la voiture, mais force est de constater que le résultat est bluffant pour ceux qui n’aiment pas se garer en épi notamment. Enfin, pour ceux qui voudraient conserver le contrôle, sachez que ce Mini Clubman se dote d’une caméra de recul, très apprécié pour ce type de véhicule. En effet, du fait de ses doubles portes, le montant central gâche considérablement la vue arrière et la caméra apporte un plus pour la rétrovision.

Pour conclure sur les aspects technologiques de ce Mini Clubman, deux autres petits plus viennent compléter l’offre : le régulateur actif et l’affichage tête-haute. Le premier permet de réguler automatiquement la vitesse si un véhicule est devant vous. Le système est intéressant, mais même si le conducteur peut réduire l’écart avec le véhicule qui vous précède, la distance est personnellement trop longue… Peut-être une question de réglementation, qui sait ? Enfin, bien que l’affichage tête-haute apporte un plus pour le conducteur et regroupe toutes les informations nécessaires à un trajet (par exemple), on aurait aimé que l’affichage se fasse directement sur le pare-brise et non sur une lame plastique qui se révèle parfois difficile à régler… Peut-être est-ce prévu pour la prochaine génération ?

Un maxi plaisir à l’état pur

Quand on achète une John Cooper Works, ce n’est pas uniquement pour avoir une voiture au quotidien. C’est aussi pour se faire plaisir. Beaucoup, plaisir. Car oui, il faut bien le dire, les 231 chevaux de cette version John Cooper Works envoient du lourd et même du très lourd ! Le moteur 4-cylindres de 2.0 l de cylindrée ne s’essouffle jamais. Il grogne généreusement, il ne demande qu’à vivre et il pousse tout le temps. Une simple pression sur la pédale d’accélérateur et on est littéralement scotché dans les sièges sport. De plus, avec ses pots d’échappement sport, le son rauque du Mini Clubman se fait entendre à l’intérieur comme à l’extérieur. Les têtes tournent pour savoir quel engin vient ainsi perturber leurs oreilles.

Mais la mécanique ne fait pas tout, il faut aussi qu’elle soit bien servie par sa boîte de vitesses. Et sur ce point, la marque anglaise a tout prévu puisque cette version JCW est à la fois disponible en version manuelle ou en boîte automatique Steptronic à 8 rapports. C’est cette dernière qui équipait notre modèle d’essai et franchement, il n’y a rien à redire à cette transmission. Que cela soit en mode Eco/Normal ou Sport, la réactivité est assez impressionnante. Aucune perte de motricité ou perte de puissance, les vitesses s’enclenchent au bon moment. Tout en étant aussi parfaitement vivable au quotidien notamment en ville.

Avec tout cet ensemble mécanique au poil, on peut se demander si le Clubman ne va pas pâtir de son châssis rallongé, notamment par rapport au côté incisif dans les courbes ou en appui dont fait preuve la berline. Eh bien non, car les trains roulants sont bien affûtés et réagissent au millimètre lors des placements dans des courbes serrées, comme dans le Morvan, lieu de notre escapade. Bien entendu, les freins sport Brembo participent au bon positionnement de ce petit break survitaminé. Un vrai régal à conduire même avec des jantes de 18 pouces qui ne perturbent absolument pas le confort de roulage sur des routes parfois tortueuses. A noter aussi que la transmission intégrale All4 est d’un grand soutien notamment lorsque la route devient grasse après une bonne pluie d’orage. Le Clubman est aussi sportif que sécurisant au quotidien.

Alors bien entendu, notre modèle d’essai reste la version la plus décalée de la gamme Mini et d’autres versions plus civilisées font partie du catalogue du Clubman, identique à la Mini standard. On retrouve ainsi des moteurs 3 cylindres essence (102 et 136 ch) et diesel (116 ch) mais aussi des moteurs 4 cylindres de 2L de cylindrée en essence de 192 ch et diesel (150 et 190 ch). Tout ceci s’articulant sur des versions One, Cooper et Cooper S.

Mini Clubman, maxi coup de cœur…

Alors si je devais résumer cet essai en un seul mot : exciting. Vous trouvez que j’abuse ? C’est pourtant vrai : ce Mini Clubman est un véritable coup de cœur personnel, avec un moteur tellement impressionnant qu’il donne envie de le garder. Ajoutez à cela son joli minois et son côté pratique (même pour un petit break) et vous aurez du mal à lui trouver de défaut rédhibitoire. Peut-être côté consommation, car il a souvent soif… comptez 9 litres aux 100 km en moyenne, même en essayant d’avoir le pied léger.

Il demeure cependant un point qui fâche, son prix. Avec un chèque de 51.300 € à la clé, le retour à la réalité est douloureux. Pour rester raisonnable et ne pas vendre un rein pour cela, il existe des versions plus « classiques », qui vous permettront de profiter pleinement d’un petit break utile et pratique à l’usage. Comptez ainsi, 26.000€ pour un Mini Clubman équipé du moteur 3 cylindres essence de 136 ch. Et en plus pour 3-pattes, il fera un joli bruit, ce sera déjà ça !

Crédit photos : Christian CONDE


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