Le dicton veut que « jamais deux sans trois » : Mercedes l’applique à la lettre en commercialisant ces jours-ci le Classe E Coupé 2017, qui vient logiquement s’intercaler entre les Classe C et Classe S Coupé. Nous l’avons essayé dans sa livrée la plus puissante, dotée d’un V6 Biturbo de 333 ch.

Mercedes Classe E Coupé 2017 : un positionnement revu

Mercedes aura été rapide : un an après le lancement de la berline Classe E, et quelques mois après la version break (essayée en version All-Terrain ici), le constructeur allemand renouvelle le Coupé Classe E. L’évolution est notable puisque la marque en profite pour le resituer dans la gamme, pour une meilleure cohérence interne. Ainsi, le nouveau coupé croît de 12,3 centimètres en longueur, pour mesurer au total 4,83 mètres. L’empattement quant à lui augmente de 11,3 centimètres, et la largeur de 7,4 centimètres.

Des données chiffrées qui, à défaut d’être reluisantes, ont leur importance : grâce à ses nouvelles mensurations, le Classe E Coupé se positionne entre le Classe C Coupé (4,69 mètres) et le Classe S Coupé (5,02 mètres), et remplace donc efficacement l’ancien Classe E Coupé qui malgré son appellation, tenait plus de la Classe C que de la Classe E, aussi bien en termes de taille (il mesurait 4,70 mètres) qu’en termes de prestations.

Vous suivez toujours ? Bon. Eh bien sachez que le reste est facile, car le Classe E Coupé 2017 joue pleinement son rôle d’intermédiaire : il s’intercale parfaitement entre les Classe C et Classe S Coupé, notamment de par son design.

C’est l’histoire d’un Mercedes Classe S Coupé qui aurait rencontré un Classe C Coupé…

Dire que le Classe E Coupé 2017 n’est rien d’autre esthétiquement qu’un Classe C Coupé en plus gros (ou qu’un Coupé Classe S en plus petit, à vous de voir !) serait prendre un raccourci. Certes, à l’image des berlines Mercedes, le lien de parenté est troublant entre les trois coupés : les phares en forme de goutte d’eau, les feux arrière longilignes, ou la silhouette athlétique en sont autant de marqueurs.

Plus classique que ses compères

Malgré tout, le Classe E Coupé 2017 semble un peu s’émanciper : à l’extérieur, il paraît plus classique et moins « voyant » que les coupés Classe C et Classe S. Ces deux-là arborent par exemple une ceinture de caisse « courbée » extrêmement marquée sur le profil, qui leur donne un côté ramassé. Aucune exubérance de la sorte sur le Classe E Coupé 2017, dont le profil semble bien lisse. Aucun décroché de vitre non plus, comme sur un Classe C Coupé : les vitres forment ici un parfait arc de cercle. Tout juste le Classe E Coupé 2017 s’autorise un double bossage sur le capot.

Un classicisme qui fait écho avec les berline et break Classe E : un bon point pour la cohérence de gamme. Finalement, Mercedes pense sans doute que les acheteurs potentiels du Classe E Coupé 2017, comme ceux de la Classe E (berline ou break), cherchent du classique. Cela n’empêche quand même pas le Coupé Classe E d’avoir, sur les finitions Sportline, Fascination et Edition 1 (réservée au lancement – voir détail de la gamme plus bas) un pack « AMG Line » qui rend les boucliers avant et arrière plus agressifs.

L’AMG Line pour le look sportif

Notre modèle d’essai (un Edition 1), « Blanc Cachemire Magno » (Mat), en disposait, ainsi que de jantes de 20 pouces. Ces éléments lui conféraient une belle prestance, sans pour autant tomber dans le mauvais goût. Par ailleurs, inutile de dire qu’avec ses 4,83 mètres de long, « notre » Classe E Coupé 2017 en imposait ! Je reconnais cependant avoir eu une préférence pour le design des boucliers « normaux » (voir photos du Classe E Coupé rouge), plus adapté à mon sens à la voiture.

Sachez enfin que douze teintes de carrosserie sont disponibles, et un beau panel de jantes à regarder ci-dessous. Maintenant, je vous invite à découvrir l’intérieur.

L’intérieur du Mercedes Classe E Coupé 2017 : effet « waouh » garanti

Pas de doute à l’intérieur : le Mercedes Classe E Coupé 2017 tient plus du Classe S Coupé que du Classe C Coupé. C’est grand, c’est beau et c’est techno ! De nombreuses ambiances sont proposées, combinant cuir pleine-fleur et bois précieux (ou placages en aluminium, ou noir laqué, ou imitation carbone…). Bien-sûr, les plus belles configurations valent leur prix (un petit tour sur le configurateur suffit pour s’en convaincre).

Des ambiances par centaines…

C’est une affaire de goût, mais l’ambiance interne du Classe E Coupé 2017 Edition 1 est plutôt pas mal avec son mélange de cuir noir et blanc, et ses inserts décoratifs noir laqué. Les amateurs de plastiques moussés seront par ailleurs comblés : comme dans la Classe E berline, même les parties basses en disposent, notamment au niveau de la boîte à gant. Les aérateurs (au nombre de six sur la planche de bord : quatre au centre, deux sur les côtés) apportent également leur touche esthétique : leur style a été revu par rapport à ceux de la berline, et semblent avoir un effet de profondeur (qui rappelle un peu des turbines) juste superbe. Je ne pensais pas dire cela un jour à propos d’aérateurs !

C’est la seule véritable distinction qu’offre la planche de bord du coupé Classe E en comparaison avec la berline. Pour le reste, l’horloge analogique, les deux écrans de 12,3 pouces (non tactiles – l’un est situé derrière le volant, l’autre au centre), les guides lumineux personnalisables ou encore le « pad » central qui permet de se diriger au sein des menus du système de navigation, sont les mêmes.

Cuirs, inserts : faites vos choix !

Un vrai coupé 4 places !

Quoi qu’il en soit, les sièges voient leur design modifié, avec des appuies-têtes qui semblent « s’encastrer » dedans à l’instar des autres coupés Mercedes. Et puisque l’on parle de sièges, il a été agréable de constater que le Classe E Coupé 2017 est un vrai coupé 4 places : grâce à des assises creusées, on est très confortablement installé à l’arrière. Même avec mon mètre 83, je ne touchais pas le plafond. Un bon point, renforcé par les vitres ouvrables complètement et sans pied de milieu. Mais vu le temps qu’il faisait lorsque nous avons essayé la voiture, nous n’avons pas testé ! Malgré tout, même fermées, les vitres aux surfaces relativement grandes donnent une belle impression de luminosité, qui confirme le positionnement « confort » du Classe E Coupé 2017.

Enfin, le volume de coffre est de 425 dm3, soit 25 dm3 de plus que le Classe C Coupé et… 25 dm3 de plus également que le Classe S Coupé ! C’est pas mal du tout pour un coupé.

Comme vous vous en doutez, le Classe E Coupé 2017 fait le plein d’équipements technologiques, de base comme optionnels.

Techno-parade

Avant de rentrer dans le détail, un petit point sur la gamme du Classe E Coupé s’impose. Si l’on excepte la finition de lancement Edition 1, trois niveaux sont proposés : Executive, Sportline et Fascination.

Pour une meilleure lisibilité, je vous invite à regarder les images ci-dessus, détaillant les équipements de chaque niveau. Facturée 6300 € de plus que l’Executive, la finition Sportline vaut plus pour ses éléments stylistiques typés sport que pour les équipements fonctionnels qu’elle apporte, puisque seuls les sièges avant électriques (et fonction mémoire) ainsi que la détection d’angle mort complètent l’offre.

Pour 13700 € de plus (!), vous accédez au niveau Fascination, qui ajoute à la finition Sportline, outre des éléments de style, le système multimédia Comand Online, l’affichage tête haute, le pack d’Aide au Stationnement avec caméras 360° et le pack Keyless-Go : avec fermeture à distance du couvercle de coffre et fonction  « Hands-free access » qui permet d’ouvrir le coffre d’un simple mouvement du pied sous la voiture.

Sans pour autant que cela soit sa qualité première, force est de reconnaître que le niveau Executive est déjà bien équipé. Ce n’est pas noté, mais il propose d’emblée le sélecteur de conduite « Dynamic Select » constitué de cinq modes : Sport, Sport +, Eco, Comfort et Individual.

Au rayon des options, on relèvera le dispositif de conduite semi-autonome Drive Pilot (facturé 1800 euros il a plusieurs vertus, comme lire les lignes blanches sur autoroute ou les panneaux de vitesse pour ainsi « descendre » à la vitesse adéquate – Karim l’avait testé sur la Classe E berline), ou encore le Remote Parking Pilot qui permet de garer son Coupé Classe E depuis un smartphone sans être à son volant.

A présent, passons à la conduite de ce Mercedes Classe E Coupé 2017 !

Au volant du Mercedes Classe E Coupé 2017

Au lancement, quatre motorisations sont disponibles, un diesel et trois essences : E220d (194 ch), E200 (184 ch), E300 (245 ch) et E400 (333 ch). C’est cette dernière version, équipée d’un V6 BiTurbo et d’office proposée avec la transmission intégrale 4MATIC, que nous avons essayée.

Pour les aficionados des chiffres, sachez que le couple de ce moteur est de 480 Nm (disponible à 1600 trs/min), qu’il rejette 183 g de CO2/km, que la consommation mixte annoncée est de 8,1 l/100 km et qu’il atteint selon Mercedes les 100 km/h en 5,3 secondes.

Et en pratique, cela donne quoi ? « Confort » semble, comme dans l’habitacle, être le maître-mot. Si le couple et la puissance du moteur sont amplement suffisants pour permettre de belles accélérations et/ou de belles reprises, il n’y a pas de doute quant à la philosophie du Classe E Coupé 2017 : même doté du V6 Biturbo de 333 ch, il joue pleinement dans la cour des coupés grand-tourisme plutôt que dans celle des coupés sportifs.

En ville, le passage des rues pavées n’est qu’une formalité tant les suspensions sont confortables, et le passage des rapports, finement géré par la boîte automatique 9G-Tronic (9 vitesses), fait presque oublier le gabarit de l’auto (4,83 mètres).

Comme dit précédemment, le Mercedes Classe E Coupé 2017 profite d’un sélecteur de mode de conduite, et donne ainsi le choix entre cinq modes : Eco, Comfort, Individual, Sport et Sport+. Les deux derniers jouent sur la direction, le freinage, ou encore la réponse de l’accélérateur. Lorsque l’un de ces modes est enclenché, la boîte automatique tend à passer les rapports moins rapidement, pour faire monter l’auto dans les tours et offrir ainsi plus de répondant. Si le E400 Coupé parvient à tenir un rythme soutenu, les lacets de montagne ne sont clairement pas sa spécialité. En conduite sportive, la tenue de route reste irréprochable, mais le poids (1845 kg – dû notamment aux renforts de structure utilisés par le Classe E Coupé, pour compenser l’absence de montant B) et le gabarit de la voiture se font sentir.

Clairement, le nouveau coupé Mercedes préfère le crusing, et les accélérations sur autoroute, le tout dans un confort sans égal renforcé entre autres par l’excellente insonorisation et le volant alcantara de notre modèle d’essai, très agréable au toucher. On notera au passage que la boîte 9G-Tronic, quelles que soient les circonstances, fait parfaitement son travail : elle se « cale » rapidement en huitième ou neuvième lorsque vous ne sollicitez pas le moteur, mais sait aussi rétrograder quand vous le voulez. Les palettes au volant n’apparaissent ainsi pas vraiment utiles au vu de la philosophie de la voiture, mais c’est toujours bien qu’elles soient là au cas où le conducteur voudrait quand même prendre la main.

Sur notre parcours, long d’environ 150 km et composé essentiellement de nationales, nous avons enregistré une consommation de 10,6 l/100 km. Vous conviendrez donc que ce n’est pas un essai au long cours, mais suffisant pour se rendre compte du confort de roulement exceptionnel offert par la voiture.

Le plus compliqué aura finalement été pour moi de me familiariser avec tout l’arsenal technologique de ce Classe E Coupé 2017 : j’ai été un peu perturbé par le levier de vitesse, qui est un simple commodo à droite du volant, que l’on doit actionner vers le haut pour avancer, et vers le bas pour reculer. On finit néanmoins par s’y faire, tout comme on finit par s’adapter à la navigation au sein des menus du tableau de bord, soit via le « pad » central (qui se trouve à la place réservée habituellement au levier de vitesse), soit via les (peu nombreux) boutons de la console centale.

Mercedes Classe E Coupé 2017 : en définitive

Le nouveau coupé Mercedes ne loupe pas le coche : joli, bien fini et confortable, il étend sa grille tarifaire de 55000 (Classe E Coupé 220d 194 ch, finition Executive) à 83000 € (E400 Coupé 333 ch, finition Fascination).

C’est très cher dans l’absolu, mais il est bien difficile de situer les tarifs du Mercedes Classe E Coupé 2017 car le modèle apparaît sans concurrent direct. Les Audi A5, BMW Série 4 Coupé ou même Lexus RC, plus petits, moins chers mais aussi moins avancés technologiquement concurrencent davantage le Mercedes Classe C Coupé. Si le BMW Série 6 Coupé rivalise avec le Classe E Coupé en termes de taille (il mesure 4,89 mètres de long), sa motorisation la moins puissante développe 313 ch, et ses tarifs débutent à 86750 €, soit bien plus que le coupé Mercedes.

Finalement, la concurrence pourrait être interne, puisqu’un acheteur qui n’a que faire des places arrière et souhaitant un coupé au tempérament plus sportif peut se tourner vers le Mercedes Classe C Coupé, par ailleurs moins cher. Mais en même temps, du point de vue des équipements, le Classe E Coupé apparaît plus proche du Classe S Coupé (qui débute pourtant à 118000 €) que du Classe C Coupé… Un vrai casse-tête ! On pourrait aussi très bien imaginer qu’un client potentiel de Classe E Coupé puisse hésiter avec un GLE ou un GLC Coupé… ou même un CLS, doté de quatre portes.

Ainsi, si le positionnement du Classe E Coupé est très clair au sein de la gamme des coupés Mercedes, il l’est beaucoup moins dans la pratique. Gageons que cela ne vienne pas desservir ce modèle, pourtant plein de qualités.

Commercialisé depuis la fin du mois de mars en France, il sera rejoint dans quelques semaines par une variante cabriolet, présentée au dernier salon de Genève. Ses marchés de prédilection seront, sans surprise, les États-Unis et la Chine.


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