Voilà 3 années que le Jeep Renegade continue son petit bonhomme de chemin avec les honneurs. Redressant la barre de la marque américaine sur le Vieux Continent, il a su s’imposer dans la jungle des petits crossovers urbains. Mais afin de mieux comprendre son succès, nous avons voulu le tester avec une énergie qui est de plus en plus appréciée par les futurs clients de ce type de segment : l’essence. Alors en route pour l’aventure avec le moteur 1.4 MultiAir de 140ch et surtout en version Limited qui plus est !

Jeep Willys quand tu nous tiens

Fabriqué en Italie sur les chaînes de production de la Fiat 500X, ce petit Jeep Renegade adopte la même plate-forme que celle-ci. Vendu au nombre de 8466 unités sur l’année 2016, le Jeep Renegade ne cesse de plaire avec +18% de part de marché comparé à l’année 2015. Un vrai coup de fouet pour la marque américaine qui était prêt à quitter le Vieux Continent en 2009 avant le rachat par la marque Fiat. Mais afin de se démarquer de sa consoeur, le Jeep Renegade a su tirer son épingle du jeu en adoptant un design très atypique.

 

Alors c’est sur quand on regarde le Jeep Renegade, on pense tout de suite à son aïeul : la fameuse Jeep Willys qui eut son moment de gloire lors du débarquement du 6 Juin 1944. Calandre horizontale à 7 branches encerclant les phares ronds typique de Jeep, la face avant massive en impose et on sait que l’on est bien en face d’un modèle de la marque. Son compartiment avant très court accentué par les arches de roues trapézoïdales renforce l’appartenance avec la Jeep originelle.

De profil, on retrouve également la ligne horizontale, caractéristique évoquant sans nul doute la Jeep Willys. A l’arrière, le coffre très droit donne un aspect de robustesse typique des véhicules de la marque, trait faisant allusion d’ailleurs à tous les SUV américains. Petit détail et non des moindres, les feux arrières adoptent un dessin de croix faisant référence aux jerrycans que portaient les Jeep Willys lors du débarquement.

A l’intérieur du Jeep Renegade : 2 poids, 2 mesures

Afin de se différencier de sa consoeur, le Jeep Renagde a mis le paquet. Quand on rentre à l’intérieur, on voit tout de suite que la marque américiane a voulu donner le ton. La planche de bord très droite renforce son appartenance aux SUV américains mais avec une ergonomie plutôt bien soignée. Le combiné central adopte une double technologie : analogique pour les cadrans et numérique en son centre. Seul petit hic pour sa différenciation : le volant identique à la Fiat 500X avec sa multitude de boutons où l’on s’y perd assez vite (notamment ceux de l’arrière du volant).

Côté habitabilité, les sièges hauts permettent d’avoir une bonne assise et offrent un bon maintien. A l’arrière, pas de grosse surprise non plus même si on aurait aimé un meilleur maintien au niveau de l’assise. Petit rappel de l’histoire de la marque : un relief de la calandre typique de Jeep sur les sièges avants, un petit pictogramme de la Jeep Willys sur le bas de pare-brise ou encore l’inscription « Since 1941 » se trouvant au dessus du système multimédia.

Même si le gabarit du Jeep Renegade reste assez compact (seulement 4,26m de long), celui-ci offre une modularité assez appréciable (rangements très pratiques dans les contre-portes ou même la console centrale bien carrée pour y cacher des objets) avec une configuration 1/3-2/3 qui de déplie en deux temps trois mouvements. Un point à soulever vu l’espace assez restreint de l’engin au final et sa compacité. Enfin, dernier équipement qui colle bien avec le côté décalé du petit SUV urbain, le Jeep Renegade s’offre un système audio Beats par D.Dre avec 6 haut-parleurs, bien calibré d’ailleurs au niveau des basses.

Alors niveau coffre, le Jeep Renagde n’est pas le meilleur de sa catégorie (351 litres comparé à un Renault Captur avec ses 377 litres) mais il jouit d’un double coffre très pratique pour cacher des objets précieux ou encore de la prise 12V. A noter aussi sur cette version Limited, la présence d’un toit ouvrant qui apporte une réelle impression d’ouverture vers l’extérieur, tout à fait appréciable vu l’espace plutôt confiné de ce type de véhicule

Au top de la technologie ? Non peut-être pas mais plutôt bien équipé

Côté technologie embarquée, le Jeep Renegade dans cette version Limited n’en est pas avare et tant mieux d’ailleurs. Outre le système multimédia avec GPS intégré qui réagit au quart de tour ou encore le démarrage sans clé devenu monnaie courante, le petit SUV adopte une caméra de recul. Celle-ci se révèle très pratique car la vision arrière est tellement limitée que l’on a du mal à juger sur les derniers centimètres qui nous reste lorsque l’on se gare. Bon point aussi sur le système GPS qui retransmet les informations de guidage sur le combiné central avec un affichage des directions à prendre.

Bon point également sur cette version Limited, la surveillance des angles morts. Même si les rétroviseurs sont de grande taille (réglementation oblige), il reste néanmoins des situations où les véhicules autour de nous sont masqués. Grâce à cette technologie, plus besoin de se contorsionner pour vaincre l’angle mort, nous voici aidés par l’alerte visuelle. Niveau système embarqué qui se généralise sur ce type de véhicule, l’avertisseur de changement de file avec correction (assez déroutant au début) ou encore l’avertisseur de risque de collision. Comparé à celui du Suzuki S-Cross essayé il y a peu, il se montre beaucoup moins intrusif et ne se met pas sans cesse à bipper, même sur le passage d’une voie de chemin de fer.

A noter que le Jeep Renegade s’articule autour de 8 finitions (oui oui vous lisez bien 8) : Brooklyn Edition et Limited (l’entrée de gamme du Jeep Renegade), Deserthawk (plus orienté sur le look et son coté baroudeur), Limited Advanced Technologies et Limited (avec les packs technologiques qui vont bien), Longitude Business et Longitude, Sport (un look sport sur un Jeep pourquoi pas ?) et enfin, Trailhawk et Trailhawk Advanced (finition très orientée pour le tout-chemin avec une garde au sol surélevée).

Quand la mécanique ne veut pas… Pas la peine d’insister…

Alors quand on lit la fiche technique, c’est sur on se dit que 100 ch au litre ca va envoyer du lourd pour ce petit 1.4l MultiAir de 140 ch. Le moteur semble bien ronronner et réagit plutôt bien mais là où le bât blesse… c’est la transmission automatique à 6 rapports. Et oui, la boîte semble vivre sous tranquillisant et ne sait jamais quelle vitesse engager… C’est bien dommage, notamment au moment des reprises pour doubler, on dirait qu’elle a du mal à rétrograder et donne l’impression que le moteur s’essouffle. Malgré cela, côté consommation, on reste dans l’honorable puisqu’on se situe aux alentours de 7 litres aux 100kms.

Côté comportement châssis, même si celui-ci s’avère plutôt ferme comparé à la concurrence, il ne donne pas l’impression d’être trop agressif même en conduite urbaine. On aurait peut-être aimé un comportement plus soft voir neutre en ville (là où le Jeep Renegade évoluera le plus souvent) mais on ne va pas non plus se plaindre tout le temps.

En effet, grâce à ce châssis tonique, ce petit SUV urbain permet d’évoluer sur des sentiers battus assez escarpés même avec ses 2 roues motrices. Dommage que notre version Limited de 140ch ne puisse pas être disponible avec une transmission à 4 roues motrices (seule la version 170ch peut profiter de cet acabit) car nous aurions pu le comparer au Suzuki S-Cross, essayé dernièrement et voir ses aptitudes dans des situations plus difficile (dans la boue notamment). D’ailleurs, plusieurs motorisations (essence et diesel) sont disponibles sur notre petit Jeep :

  • 1.6l E.torq Evo 110ch qu’en boîte manuelle
  • 1.4l MultiAir 140ch (boite manuelle ou robotisée à 6 rapports)
  • 1.4l MultiAir 170ch  seulement en boite automatique à 9 rapports
  • 1.6l Mjet 120ch (boite manuelle ou robotisée à 6 rapports), essayée ici
  • 2l Mjet 140ch (boite manuelle ou robotisée à 6 rapports)

L’Amérique, l’Amérique… je veux l’avoir et je l’aurai…

Si on fait référence à Joe Dassin et sa fameuse chanson « L’Amérique », on peut se poser la question si ce Jeep Renegade peut plaire ou pas sur notre Vieux Continent. Côté bouille, c’est soit pile ou face… personnellement avec son style décalé et typiquement américain, il m’a beaucoup plu. Au moins, pas de complexe à avoir avec son voisin et son Renault Captur gris tellement traditionnel… aussi cher (comptez 27 000€ pour le Captur contre 28 000€ pour le Jeep Renegade) mais avec seulement 120ch pour le Captur

Malgré cela, l’habit ne fait pas le moine selon l’expression et la transmission automatique vient assombrir le tableau. Même si le Jeep Renegade s’en sort bien en milieu urbain, il décevra certains au moment des reprises et des dépassements… Peut-être qu’en version manuelle, le Jeep Renegade s’en sort beaucoup mieux ? En tout cas, son originalité pourra vous faire chavirer…


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