Essai Audi S3 Sportback 2.0 TFSI 310

Longuement boudée par les amateurs de compactes sportives la trouvant trop lisse, l’Audi S3 est finalement parvenue à conquérir le cœur des plus sportifs de ses acheteurs, à en croire ces derniers. En l’attente d’une Renault Mégane IV R.S. prévue affûtée, en face d’une Seat Leon Cupra R démoniaque ou d’une Peugeot 308 GTi précise à souhait, que vaut l’Audi S3 maintenant qu’elle a reçu 10 chevaux supplémentaires avec son restylage ? Nous partons essayer le bolide d’Ingolstadt, dans sa version Sportback, le temps de quelques jours, afin d’essayer de comprendre la philosophie de cette automobile et de ses 310 chevaux… sportifs.

Audi S3

Audi S3 ou A3 S-Line ?

Commençons de suite par la couleur, le Bleu Ara Cristal, en option à 1.200 €. C’est probablement la plus belle teinte au catalogue de cette Audi S3. Soulignant l’ensemble des lignes de la compacte allemande, ce bleu s’avère presque pailleté par endroits, nacré à d’autres, et mat selon les angles. De quoi s’y perdre un moment.

Notre configuration Sportback nous donne accès à une compacte 5 portes, déjà essayée en version plus sage par Fabien. Je regrette personnellement l’abandon des 3-portes dans le cœur des acheteurs car elles sont définitivement plus sportives à mes yeux. Mais bon, toutes les autos ou presque y sont passées, et les acheteurs ont suivi. Les 2 portes latérales donnent un aspect break assez intéressant à l’auto et lui donne l’impression d’être plus longue qu’elle ne l’est vraiment. Le pack brillance noir Audi Exclusive (une option à 605 €) dynamise l’avant de l’auto par la présence d’un contour de calandre noir, vraiment agréable. Sans ce pack, l’ensemble serait de couleur aluminium et alourdirait réellement la ligne, nous avons pu le constater sur certains modèles croisés dans la rue. Ce pack concerne aussi l’entourage des vitres et le diffuseur arrière.

Le pare choc avant se distingue à peine des modèles S-Line qui envahissent la rue, et c’est bien dommage. Les  projecteurs antibrouillards disparaissent et laissent place à de véritables prises d’air.

En revanche, à l’arrière, la quadruple sortie d’échappement ne laisse personne dupe. Elle annonce à elle-seule la véritable nature de l’auto. Finie la discrétion, finie la délicatesse, place à ici quelque chose de sportif ! Les quatre sorties d’échappement sont accompagnées d’un diffuseur imposant qui viendra asseoir l’auto au sol visuellement. Posées par terre, c’est aussi la sensation que donnent les quatre jantes en aluminium bi ton Audi Sport de 19 pouces (en option à 1.490 €). Ainsi, l’Audi S3 se reconnaît principalement une fois qu’elle vous est passé devant, tant la ressemblance avec une simple Audi A3 S-Line est grande. Quoi qu’il en soit, notre modèle donne l’impression d’être inconfortable au possible, alors que l’on n’est pas encore monté dedans. Allons donc vérifier cela !

L’Audi S3 Sportback, vue de l’intérieur

A l’ouverture des portières avant, une lumière projette le logo Audi au sol. A mon sens, c’est un peu gadget mais cela plaît aux clients -et d’autres constructeurs le font aussi. Les deux sièges « Sport S » (770 €) de sellerie noire et rouge (comprise dans le pack Audi Design Selection rouge Express à 1.550 €) sont très beaux, et font face à une planche de bord des plus… sobres. Rien ne vient gâcher la ligne de l’intérieur. Si d’ordinaire j’aime beaucoup les intérieurs qui n’en font pas trop, là il n’y en a presque pas assez.

Une fois le contact mis, l’écran central sort, et le Virtual Cockpit s’allume. Voilà de quoi commander l’ensemble de la voiture. Sans refaire l’analyse complète du système, l’infotainment de la voiture vous donnera accès aux réglages de l’audio, de la voiture, du téléphone, du GPS et plus encore. L’ensemble sera retransmis soit dans le Virtual cockpit, soit dans l’affichage tête-haute.

Les sièges se montrent bien confortables. Relativement durs, bien enveloppant, et positionnés très bas, c’est une vraie réussite. Depuis le siège conducteur, tout tombe sous la main. C’est suffisamment rare pour être signalé, et par conséquent il n’y a pas de défaut à énoncer. Seul l’écran semble un peu loin mais il se contrôle via la molette de sélection que l’on retrouve un peu en retrait du levier de vitesse. Bien que notre modèle soit équipé d’une boîte automatique à double embrayage, saluons une nouvelle fois le design de ce levier qui laisse un petit moment planer le doute sur le type de transmission utilisé. Mais, un rapide coup d’œil au niveau des pédales vous apportera indéniablement quelques réponses.

A l’arrière, les places ne sont ni grandes, ni minuscules. On est dans la moyenne de la catégorie en termes de place. Côté design, le dessin est bien marqué, laissant un effet sportif sur les places arrière, du plus bel effet. Le coffre est quant à lui assez restreint avec 365 L. C’est certes dans la moyenne de la catégorie mais on aurait espéré un peu plus. Cependant, il permettra de partir en week-end à 4 confortablement sans grand problème.

L’Audi S3, véritablement sportive ?

On appuie sur le bouton de démarrage, moteur. Enfin, silence presque. De l’intérieur, la sonorité sportive attendue pour aller avec le look n’est clairement pas présente. De l’avant de la voiture, un bruit proche de celui d’un Diesel se fait entendre alors qu’à l’arrière, un son rauque sort des échappements. On passe le sélecteur de notre boîte automatique S-Tronic sur Drive et on laisse l’auto démarrer. Étonnamment, en plein Paris, le confort est agréable, la voiture se jouant des aspérités de la route de façon assez surprenante. Rien à voir avec ce que le look laissait présager. On quitte les grands axes du mieux que l’on peut et on file vers la campagne environnante. Les premiers petits virages en sous-bois apparaissent, de quoi voir comment se comporte la voiture.

Audi S3

Train avant rivé au sol, les premières sensations laissent apparaître un caractère très sous vireur, typique des 4 roues motrices. Mais c’est aussi assez différent de la Golf VII R précédemment essayée qui avait tendance à vite basculer la puissance du train avant au train arrière, ce qui était parfait. La transmission Quattro a été revue et me laisse pour l’instant sur ma faim : on retrouve les même reproches que ceux formulés aux précédentes générations. Pourtant, au fur et à mesure, on sent l’arrière vouloir partir grâce aux transferts de masses exagérés. Bon, l’ensemble est extrêmement progressif et repart vite en ligne grâce aux 4 roues motrices et au moteur 2.0 L de 310 ch et 400 Nm. Cela semble difficile de la faire bouger plus de sa trajectoire tant les pneus de 225 mm de large accrochent au bitume.

Avec 10 chevaux gagnés depuis le restylage, l’Audi S3 totalise donc 310 chevaux. Les 1505 kg (conséquence des 4 roues motrices) de la voiture se meuvent de 0 à 100 en 4,6 secondes officiellement, et cela semble tout à fait plausible tant l’accélération est franche ! Avec une vitesse théorique annoncée à 250 km/h, la petite Audi se place finalement un peu au-dessus de ses rivales en termes de performances pures. Le moteur est plein à tous les niveaux et les reprises sont suffisamment franches pour vous faire risquer votre permis à chaque accélération. Un véritable avion de chasse sur route !

Comparée à ses rivales, la S3 Sportback n’est pas aussi précise qu’une Mégane III R.S. sur le train avant, et l’on ne retrouve pas non plus le fun de la Peugeot 308 GTi. Les Seat Leon Cupra et Volkswagen Golf R, ses cousines du groupe VW, ont cependant face à elles une compacte pleine d’arguments, plus confortable, mieux finie, pour venir jouer sur le même terrain qu’elles. C’est en quelque sorte une bataille interne que se livrent ces 3 modèles, si proches techniquement… mais ayant chacun leur petit caractère.

Conclusion : la S3 à l’heure du choix

La catégorie exige que la voiture soit sportive, c’est un fait. Venant se mesurer à des modèles de réactivité, l’Audi S3 Sportback se voulait peut-être trop bourgeoise, trop raffinée et finalement peu sportive. Dans sa dernière mouture, on obtient une auto facile à vivre au quotidien, profitant d’un confort très agréable, mais sachant également se faire sportive et technique à conduire. Prouesse d’ingénierie, elle allie les performances au savoir-faire, la sportivité au confort. Moralité, on obtient une auto à double personnalité. Et bien moins exigeante qu’une Audi RS3, également essayée par le passé sur le site.

On obtient un prix aussi, avec 53.350 € comme mise de départ. Pour un modèle comme le nôtre, la facture grimpe jusqu’à près de 66.000 €. Alors à ce prix-là, c’est sûr, vous aurez d’autre choix possibles. On est bien au-delà de ce que fait la concurrence en termes de tarifs, mais également de compromis. Il en reviendra donc à chacun de choisir selon ses goûts. Nous concernant, nous n’arriverions pas à faire le choix, tant chacune des petites compactes a son caractère… Mais le bleu Ara Cristal de cette Audi S3 est juste à tomber !

Audi S3

Textes et photos : The Automobilist


Commentaires

Plus d'articles