Essai Audi A5 Cabriolet 2.0 TFSI 252 ch Quatro S-Tronic


Comme la précédente génération, la récente Audi A5 a droit à trois variantes : coupé, Sportback et, la dernière arrivée, cabriolet. Désormais anecdotique sur notre marché, cette déclinaison se justifie encore pleinement pour un modèle qui se prétend premium et qui vise certains marchés, ensoleillés (Californie, Floride, Moyen Orient…) ou pas (Royaume-Uni, Chine). Alors que les nuages s’amoncellent depuis plusieurs semaines et que le thermomètre reste désespérément bloqué sur « froid », parcourir quelques centaines de kilomètres au volant de ce cabriolet chic, et sous le soleil s’il vous plait, s’avérait extrêmement tentant.

Une allemande, aussi, peut être élégante.

Soyons parfaitement objectif (ou pas), même si Benoit est tombé sous le charme esthétique du coupé, la plus jolie des A5 reste, sans discussion possible, celle qui se passe de toit. Ses lignes n’ont pourtant rien de surprenante : la face avant est identique à celle des deux autres déclinaisons, tout comme les feux arrière, le couvercle de coffre est très proche de celui du coupé, et le profil ne semble pas avoir évolué par rapport à la première génération du modèle. L’absence de toit donne simplement l’impression que ce modèle est plus long que les deux autres alors qu’il s’agit, au contraire, de la plus courte (4,67 m contre 4,69 m pour le coupé et 4,73 m pour la Sportback.

L’habitacle ne recèle pas plus de surprise. C’est propre, net et (presque) sans bavure. Seul reproche à faire à la planche de bord : les plastiques durs qui composent sa partie inférieure et qui sonnent creux autour des commandes de climatisation. Du beau plastique moussu, oui, mais pas partout et c’est un peu dommage au regard du prix de l’auto. La configuration de notre voiture d’essai, avec la sellerie cuir Milano brun Nougat, prouve même que l’intérieur d’une Audi n’est pas forcément d’une tristesse quasi monacale.

Une Grand Tourisme qui décoiffe parfois

Avec les 252 ch que délivre son 2.0 TFSI, l’A5 Cabriolet est capable de performances de haute volée. Si la vitesse de pointe ne dépasse pas les 250 km/h, c’est uniquement à cause du limiteur. Mais le temps dont elle a besoin pour atteindre les 100 km/h depuis l’arrêt, 6,3 secondes, donne un aperçu de ses possibilités. Bien sûr, son poids conséquent, 1 800 kg à vide pour cette version, l’empêche de faire mieux encore. Mais ces kilos sont là pour la bonne cause puisqu’ils résultent de la présence de la transmission intégrale Quattro Ultra, de la boite robotisée à double embrayage S-Tronic, dans sa variante à 7 rapports, et d’une multitude d’équipements visant autant à parfaire le confort (sellerie cuir, sièges avant électriques, clé confort…) qu’à offrir un niveau de sécurité au meilleur niveau (Audi Pre-sense City, projecteurs full led…).

Impossible de considérer ce cabriolet comme étant un véhicule sportif. Pour un usage quotidien, il offre toutefois mieux que des chronos : une sérénité totale. Déjà parfaitement équilibré sur les versions à deux roues motrices, le châssis offre un grip et une motricité encore améliorés avec l’aide du Quattro. Quelles que soient les conditions météorologiques, l’A5 ne se montre jamais piégeuse, même en jouant un peu trop avec la pédale de droite.

Couverte ou découverte, elle propose également un confort de bon niveau. A condition que les vitres latérales soient relevées, ou le filet coupe-vent optionnel (425 €) soit en place, les bruits et flux d’air ne seront jamais gênants, sauf à rouler largement au dessus des vitesses légalement autorisées dans l’Hexagone. Seules les suspensions pêchent un peu par leur fermeté. Un phénomène qu’accentuaient, sur notre auto, les sièges sport disponibles contre 400 €.

Pour apprécier au mieux cette découvrable, il vaudra mieux avoir une conduite souple, ce que les 370 Nm de couple, disponibles en continu de 1 600 à 4 500 tr/mn, permettent aisément. Dans ces conditions, elle dévoilera un autre de ses talents, son appétit contenu. Rester sous la barre des 8 l/100 km (merci le Quattro Ultra !) est, en effet, à la portée de tous, à condition d’éviter au maximum la ville. Un domaine où son appétit deviendra bien plus conséquent (12 l/100 km).

Le prix de la qualité

Depuis qu’Opel n’importe plus la Cascada dans l’Hexagone, la catégorie des cabriolets « familiaux » est la chasse gardée des marques premium. On pourrait même préciser des marques premium allemandes. Sans surprise, l’Audi A5 Cabriolet doit donc affronter une BMW, la Série 4 Cabriolet, et une Mercedes, la Classe C Cabriolet.

Notre A5 d’essai flirte avec le sommet de la gamme. Si l’on excepte la rugissante S5, le 2.0 TFSI de 252 ch est le moteur essence le plus puissant, et la finition Design Luxe est le quatrième des cinq niveaux de finition. Bien évidemment, la facture est en conséquence. Tablez, avant le traditionnel détour par la liste des options, sur 65 500 €. C’est, certes, très élevé, mais loin d’être scandaleux vu la concurrence. Ainsi, la BMW 430i Luxury Cabriolet s’affiche à 63 700 €, sans boite automatique (2 200 €) et sans transmission intégrale (indisponible avec cette motorisation), et la Mercedes C 300 Fascination Auto. Cabriolet à 59 100 €, là encore sans les 4 roues motrices.

Bilan – Comme une envie irrépressible d’aller prendre l’air

Dans un paysage automobile où seuls les SUV semblent désormais avoir droit de cité, le plaisir de parcourir quelques centaines de kilomètres au volant d’un cabriolet n’a pas de de prix. Avec sa présentation soignée, sa transmission douce, son moteur coupleux et un équipement luxueux, l’Audi A5 Cabriolet magnifie ce plaisir. Préciser que ce dernier a un prix n’étonnera plus personne, s’agissant de la marque aux anneaux. Mais quand on aime…

Crédits photos : Thomas Capiaux pour The Automobilist.fr


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