Essai DS 7 Crossback BlueHDi 180 Performance Line+

C’est peu dire que le DS 7 Crossback est attendu. Attendu par DS pour relancer ses ventes, attendu par les fans de voitures françaises pour qu’enfin la marque haut-de-gamme de PSA démontre son potentiel, et attendu par la presse après un an d’annonce pour ce SUV. Alors que les premières livraisons auront lieu en janvier 2018, nous en prenons le volant dès aujourd’hui dans sa version Diesel BlueHDi 180 et en finition Performance Line+. Au programme, des suspensions Active Scan magiques, un maintien en file convaincant le tout dans un modèle -très- séduisant : voici l’essai d’une DS qui pourrait bien devenir la muse de PSA.

Le DS 7 Crossback, pionnier d’une nouvelle gamme

Une nouvelle DS, ce n’est -hélas- pas tous les jours. Ou plutôt, ce n’était, car avec le lancement de la DS 7 Crossback, la jeune marque française, indépendante de Citroën seulement depuis 2014, promet un lancement par an jusqu’en 2023. De quoi mettre sur le marché 6 voitures, pour couvrir les segments B à D, à commencer par celui des SUV de segment C.

Ainsi, le DS 7 Crossback n’est pas que le premier vrai SUV de DS en Europe après la pâle DS 4 Crossback : c’est l’ambassadeur d’une nouvelle génération de DS. Ses traits de style, ses technologies ou encore ses détails intérieurs sont autant d’éléments qui pourront se retrouver à l’avenir sur les prochains modèles de la marque.

Avec ce nouveau modèle, DS dit s’attaquer frontalement aux Audi Q3, Mercedes GLA, BMW X1 ou Volvo XC40, c’est cependant avec un format (4,57 m de long, 1,89 m de large) proche des modèles du segment D que le DS 7 Crossback débarque. Par comparaison, un Q3 mesure 4,38 m et 1,83 m, quand un Q5 taille 4,66 m et 1,89 m. Le DS 7 compte ainsi proposer à tarif égal un volume à bord supérieur. Une démarche intelligente, pour mieux faire venir à lui les clients des premiums installés.

A l’extérieur : des détails soignés

La silhouette quelque peu anonyme du DS 7 Crossback n’est de prime abord pas forcément flatteuse. On hésite entre un Lexus NX de profil et un Audi Q5 de face, et quoique ces références soient en concurrence avec lui, on aurait aimé que le DS 7 reprenne quelques des audaces qui ont fait le charme des DS 3 (aileron de requin) ou DS 5 (crosse de hockey). La teinte, Gris platinium, n’est pas plus démonstrative (le « Rouge Absolu » est là pour ça). Cependant, il se rattrape avec des détails très réussis.

Les optiques pour commencer : animées à l’avant, elles possèdent une cinématique d’accueil à 3 diodes tournantes lorsque la voiture est déverrouillée. C’est inutile ? Non, c’est ce qui fait toute la différence de cette voiture, et c’est ce qui frappera la mémoire des clients. Idem des feux, parmi les plus beaux de la production automobile. Oui, assumons de le dire : les stylistes de DS sont allés très loin dans l’attention portée à ces détails, et qu’on les aime ou pas, ce sont des efforts à saluer.

Une identité propre et discrète

Quoiqu’un peu chargée, la face avant est dans la veine du concept-car Divine. Le chrome présent sur d’autres finitions comme le degré « Inspiration Rivoli » est, sur les versions Performance Line, remplacé par un plastique texturé mat. Plus discret, il lui donne un côté original. On remarque les parenthèses de diodes, clin d’œil à la DS 3, ainsi que l’intégration réussie des 2 caméras frontales (infra-rouge et stationnement) et du radar, quasi imperceptibles.

Côté tôlerie, on apprécie le méplat du capot, qui prolonge le logo DS « Performance » propre à cette finition. Les flancs bénéficient d’une arrête à méplat, léger détail mais qui nous change des traditionnels traitements « flame surfacing ». Et à l’arrière, c’est un hayon autoclave qui, dans un esprit très Audi, vient conclure un design qui regarde fort Outre-Rhin : les barres de feux dans le pare-chocs ne vous rappellent rien ? Les jantes de 19 pouces « Beijing » sont spécifiques à notre modèle et sont diamantées.

A l’intérieur : un cocon de qualité

L’habitacle de cette DS 7 annonce les nouveaux traits de famille des intérieurs de la marque. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette famille ne ressemblera pas à grand-chose de connu sur le marché.

Montre centrale, gigantesque écran tactile, mise en avant de matériaux nobles, cette planche de bord est un sans-faute pour un modèle premium, ce à quoi s’ajoutent des assemblages qui ne souffrent aucune critique. Les plastiques moussés se marient efficacement à l’Alcantara qui recouvre tout le tunnel -dont la partie inférieure sonne légèrement creux cependant- et tout le bandeau passager. Pour les adeptes, c’est un plaisir. Si vous ne l’aimez pas, DS propose de le remplacer, selon les finitions, par du cuir ou du bois mat… C’est chic.

Chics aussi, les boutons. C’est bête à dire mais, dans la production automobile, tous les boutons se ressemblent. Dans une DS, non. Les lève-vitres impulsionnels par exemple, plutôt que d’être dans les portières ils sont sur la console centrale, avec des boutons mêlant plastique et aluminium. Cela coûte peut-être plus cher à faire, mais c’est ce que le client touchera au quotidien… Puisse-t-il y être réceptif dès l’essai avant d’acheter. Idem du bouton d’allumage du moteur, situé sous une montre BRM qui se déploie lorsque l’on démarre la voiture. Idem des aérateurs, aux boutons de réglages inédits. Partout cet habitacle regorge de détails qui flattent l’œil, pour peu qu’on y soit vigilant. Même le plafonnier, avec ses petites lumières à déclenchement tactile optionnel en formes de losanges, est d’un joli style.

Connectivité de dernière génération

Profitant d’une base commune aux 3008 et C5 Aircross, ce DS 7 Crossback inaugure le grand écran de 12 pouces tactile. Bien intégré, placé pas trop bas, il est très réactif et doté d’une barre de boutons, tactiles eux aussi en-dessous. La molette, en aluminium, est sertie de caoutchouc pour la rendre adhérente au toucher. Il n’y a guère que les feux de détresse qui sont un peu loin (mais qui, selon les pays notamment les Etats-Unis, doivent être accessibles du passager).

Les menus de cet écran répondent au nouvel univers d’infographie de DS, fait d’angles et de losanges, et de deux ambiances : l’une aux reflets rouges et l’autre baptisée « Champagne ». Claire, bien organisée, cette tablette est aussi compatible avec CarPlay, Mirror Link et Android Auto -nous n’avons testé que cette dernière, l’intégration était sans reproche. Les smartphones sont les bienvenus, le rangement devant le levier de vitesse possède un dock de rechargement par induction. Hélas, à l’avant, il n’y a qu’un seul port USB… contre 2 pour les passagers arrière.

Les rangements sont corrects pour un modèle de ce niveau de gamme aux prétentions non-familiales : boîte à gants profonde, vaste rangement dans le tunnel central, petite encoche pour smartphone ou carte parking au centre, sans oublier les bacs de portière. L’attention à proposer des plastiques flatteurs, non-brillants, et agréables au toucher a partout été tenue. Remarquez les buses des haut-parleurs, au style spécifique.

La sono, d’ailleurs, est à nouveau un bon point pour cette DS. Les aigus sont clairs, limpides, et c’est peu dire quand on sait que la production automobile les martyrise souvent. La Callas pourra chanter à plein volume sans vous vriller les tympans, je vous l’assure ! C’est moins vrai pour les basses, un peu sourdes, mais rien de très grave -il se fait bien pire chez les concurrents.

De l’Alcantara au menu

La sellerie de notre DS 7 est ici en Alcantara accompagné de cuir et de TEP. D’un bel aspect, avec de belles surpiqûres, elle manque juste un peu de maintien mais ce modèle n’est pas non plus d’esprit 100% sportif. A l’arrière, la banquette est inclinable électriquement de 10°, ce qui mine de rien peut faire la différence pour se reposer. Et si la cinquième place de la banquette est comme toujours avec un dossier/accoudoir, signalons que la quasi-absence de tunnel central permet d’accueillir un convive au centre sans problème. Voilà un item qu’aucun modèle ou presque du trinôme allemand ne sera en mesure de remplir.

Le coffre enfin est, une fois de plus, une belle surprise. La soute est vaste avec 555 l (mieux qu’un Q5), compartimentable, bien carrée comme il faut. Le hayon électrique se déclenche sur la porte de coffre, depuis la clé ou depuis la place du conducteur. A noter aussi que la lunette est suffisamment large pour garantir, en roulant, une bonne rétrovision pour le conducteur. Et si DS a fait l’effort louable de se doter d’un toit ouvrant vitré panoramique (1.750 €), on regrettera juste qu’il soit d’une taille finalement assez modeste ! Mais qu’il soit présent est, en soi, déjà un progrès !

Au volant : puissance et confort

Légèrement bruyant à l’arrêt, le BlueHDi 180 se révèle plein de santé une fois mis sur la route. Coupleux tout le temps, il profite de l’excellente boîte automatique EAT8 d’Aisin, qui trouve toujours le bon régime. C’est rassurant, on sait toujours que l’on peut dépasser en toute sécurité, et parfois même l’on a l’impression… de ne pas sentir la vitesse. Comme dans une voiture premium d’origine allemande, par exemple ! Quand on connait les ambitions de DS, pareille sensation ne surprend pas. Côté consommation, promise pour 4,9 l en moyenne, notre modèle indiquait un appétit de 5,7 l/100 km, correct.

La direction est un régal également. Consistante à tous les régimes grâce à une assistance électrique réussie, le conducteur en profite via un volant au diamètre idéal, ni trop petit façon Peugeot mais pas trop grand non plus, et avec une préhension agréable. La jante est épaisse, le mélange de cuir et d’aluminium avec méplat, sans reproche. A noter également que s’il demeure de nombreux boutons sur ce volant, leur apprentissage est intuitif et leur toucher, surtout celui des molettes, particulièrement soigné.

Un confort de suspension impressionnant

Le caractère sous-vireur du DS 7 Crossback, malgré un châssis EMP2 léger et incisif, est en grande partie dû à sa silhouette haute. On ne fait pas d’un SUV une supercar, et le mode « Sport » n’y change rien : il ne fait que raffermir les suspensions et vrombir artificiellement le moteur, ce qui est totalement dispensable.

Restons donc en mode « Normal » ou même « Confort » pour tester l’un des atouts-maître de cette voiture : ses suspensions DS Active Scan, de série sur le niveau Performance Line+. Ce sont les premières suspensions métalliques auto-adaptatives à lecture de la route, soit, en français, des suspensions qui s’auto adaptent en scannant la route pour en lisser toutes les irrégularités.

A l’heure actuelle, une seule autre voiture sur le marché possède un système équivalent, ni plus ni moins que la Mercedes Classe S avec un système pneumatique. Pavés, bitumes aléatoires, dos d’ânes : rien ne leur résiste ! Mieux, nous nous sommes surpris à bord à ne pas sentir le passage sur des bandes rugueuses ! Ces suspensions fonctionnent -ne leur demandez pas d’éviter un nid de poule quand même- et rendent la route plus agréable. Une prouesse électro-mécanique que ne renieraient pas les créateurs de la mythique suspension hydropneumatique de la Citroën DS.

Deux premières pour une DS

Autre première de PSA pour la conduite, le Night Vision ou vision nocturne. Via une caméra thermique, la voiture affiche au conducteur le profil nocturne de la route. Si nous n’avons pu le tester en de véritables conditions, le système se déclenchant seulement quand l’obscurité point, il semble également au point et fait de ce DS 7 la première voiture française à en être dotée.

Côté aide à la conduite, signalons aussi le « Lane Keep Assist », le maintien de file avec régulateur adaptatif. C’est un pas de plus vers la conduite autonome -attention, il faut garder les mains sur le volant- mais c’est une aide intelligente supplémentaire pour assister le conducteur. Il fonctionne, s’adapte aux ralentissements, changements de voies, et demande toujours confirmation pour suivre à hausse ou à la baisse les limitations de vitesse. Un bon point supplémentaire pour ce DS 7, qui se couple à un système de détection de l’hypovigilance via plusieurs caméras à bord qui viennent étudier votre visage et détecter d’éventuels signes de fatigue ou des erreurs de conduite répétées.

Côté freinage, les 1.535 tonnes de « notre » DS 7 freinent de façon progressive, droite, autant que ferme. Puisqu’il fallait bien lui trouver un défaut, on en a trouvé un : la caméra de recul. Indigne du prestige et du tarif de la voiture, ses graphismes sont quelconques, et sa réactivité mauvaise -elle n’est pas en direct. Dommage, quand les concurrents font des visions 360° avec des caméras plus efficaces… On se rattrape avec les rétroviseurs qui s’abaissent automatiquement quand on passe la marche arrière, une belle attention.  A suivre, l’aide au stationnement Park Pilot, promise lors des présentations début 2017 mais indisponible sur notre modèle d’essai.

Conclusion :
Un DS 7 apparemment bien né !

Peu de défauts, un excellent couple moteur/boîte, un comportement et des innovations de conduite bluffantes accompagnées d’un intérieur très flatteur : ce DS 7 Crossback m’a plu, vous l’aurez compris. En même temps, pourquoi « casser » un modèle inutilement ? Tout n’est pas parfait, côté caméra de recul, côté ergonomie, ou encore côté insonorisation à bas-régime, mais ce sont loin d’être là des points rédhibitoires.

Notre version Performance Line+ est en effet disponible à partir de 46.200 €, en BlueHDi 180 comme en THP 225. Avec les options, il monte à 48.840 €. C’est autant qu’un Q3, plus exigu et petit, et 10.000 € plus accessible qu’un Q5 chichement doté. Mais, il demeure une question : la clientèle va-t-elle accepter de s’acheter une voiture made in France, d’une marque de seulement 3 ans d’âge, à près de 50.000 € ?

La réponse pourrait surprendre mais elle est multiple. D’abord, rares seront ceux qui signeront un chèque de ce montant, d’aucuns préféreront une LOA ou une LLD. Pour une bonne part, le DS 7 devrait aussi se vendre auprès des flottes, pour lesquelles un degré « Business » est dédié. Et l’argument de l’âge de la marque ne tient que peu car si DS est jeune, c’est avant tout un produit que l’on vient chercher et, tel qu’il se présente, ce SUV, bien fini, confortable, puissant, est totalement séduisant. On lui pardonnerait presque sa silhouette discrète.

Une nouveauté prometteuse

Ainsi donc, DS, et par extension PSA, signent une nouveauté jusqu’à présent réussie. Des évolutions sont d’ores et déjà prévues avec l’arrivée au printemps d’un moteur essence PureTech 225, puis en 2019 de l’hybride rechargeable E-Tense de 300 chevaux. Un produit au top niveau, une animation de gamme jalonnée, et des innovations assumées : PSA ne nous y avait plus habitué depuis longtemps. A l’issu du test de ce premier modèle d’une nouvelle gamme de 6 modèles, un seul constat s’impose : que DS continue ainsi !

Crédit photos : Maurice Nguyen – The Automobilist


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