Ambassade de Monaco à Paris, Mardi 11 avril 2017, 9h00.
C’est là le point de départ d’une aventure d’un petit millier de kilomètres à destination de Monaco, et plus particulièrement du salon Ever, à bord des nouvelles Kia Hybrides : les Niro et Optima. Il est 10h30 lorsque nous prenons la route à bord du petit SUV Niro. En route !

Jour 1 : de Paris à Bagnols en Niro

Tout de bleu vêtu, le Kia Niro s’avère esthétiquement réussi. En tout cas, il est dans la veine du moment. Fruit d’un mélange entre un SUV, un monospace, un break mais aussi une citadine, il reste néanmoins homogène et trouve bien sa place entre les autres modèles du constructeur coréen. Campé sur des jantes de 18 », le nouveau venu de la gamme Kia affirme clairement son identité avec une calandre des plus identifiables. Le design est musclé avec une ligne de caisse très haute, et à en voir les nervures du capot, le flanc creusé, les spoilers avant et arrière à arêtes, on sent bien que monsieur le Niro n’est pas là pour rire.

Sortir de Paris ne s’avère pas bien compliqué (pour une fois), en tout cas, le Niro se prend vite en main, alternant entre électricité et essence pour se mouvoir sur le périphérique, et c’est assez confortable, je l’avoue. Sauf que… Sauf que subitement, la bête vise à me fouler le poignet, m’envoyant d’un éclair un coup de volant dans les avant-bras ! S’il n’y avait que cela… Le tout s’accompagne effectivement d’un son des plus agaçants. Mais que diable est-ce donc ?! Pas de doute, le correcteur de trajectoire s’avère bien trop sensible à l’approche des pointillés. Pas d’autre choix alors que de le désactiver. C’est chose faite, mais pourtant, le Niro refuse toujours de m’offrir la liberté de conduire. Ainsi, lorsque je tends à m’approcher un peu trop de la voiture qui me devance, c’est encore une petite alarme bien agaçante qui vient hurler à mes écoutilles. Et oublierais-je le fameux détecteur d’angle mort ?! C’est à moi qu’tu parles ?! Irrité, je déconnecte tout car Paris n’est que trop dangereux pour de pauvres petits capteurs.

Au sortir de Paris, l’autoroute ouvre ses bras de bitumes à la première véritable accélération du colosse. Et là… Non, le moteur résiste, il rugit à gorge perdue mais pourtant, rien de transcendant ne se passe, la puissance cumulée annoncée de 141 chevaux n’est clairement pas présente et l’on se demande même si les 105 chevaux du moteur essence seul ne sont pas tranquillement dans leur box à Chantilly. La boîte de vitesses n’est pas en reste, elle semble lutter avec le moteur pour trouver quel rapport serait le bon pour grimper cette côte que l’on approche à 130 km/h quand après quelques mètres et quelque perte de vitesse, elle se décide à rétrograder dans un soubresaut assez dérangeant, avouons-le.

Une fois lancé, à la bonne vitesse, dans le bon rapport, et sur route plate, Robert [tiens oui, si l’on l’appelait Robert ce Niro ?] fait son travail, il transporte son monde doucement mais sûrement, on est à l’aise à son bord et les nombreux équipements qu’il porte en lui apportent leur touche de luxe au petit SUV-monospace-break-citadin. GPS à écran tactile, compteur LCD couleur, sièges chauffants et ventilés, en cuir, à réglages électriques, volant chauffant en cuir lui aussi, régulateur de vitesse adaptatif, chargeur du téléphone par induction, système audio JBL… La liste est longue comme le bras d’un amateur de soirées mondaines !

Après quelques heures d’autoroute, nous arrivons en Bourgogne pour un bon repas dans une bonne auberge. Après quelques menues discussions avec l’équipe Kia pour comprendre le placement de ces nouveautés hybrides face au marché, nous reprenons la route, toujours vers le plein sud, mais cette fois, je monte à droite, ce qui me donne alors de quoi découvrir un peu plus l’intérieur de ce bleu Niro !

Eh bien, il faut avouer qu’à vue d’œil, l’habitacle présente bien, spacieux et tout ce qu’il faut ! Relativement dénuée de boutons, la planche de bord s’incline très légèrement vers le conducteur tout en s’ancrant sous le pare-brise par le biais d’un léger rehaut hémi-circulaire de toute beauté. Les rangements sont en nombre et particulièrement spacieux au regard des bacs de portières ou bien encore de l’accoudoir central. Autre point fort qu’il est indéniable de constater lorsque l’on imagine que cette auto amènera certainement bien des familles en vacances : le nombre de prises électriques est juste impressionnant, USB, 12V et autres branchements font de Robert une véritable centrale électrique.

Mais… Mais lorsque l’on daigne s’approcher trop près des matériaux, le bât blesse. En effet, les plastiques ne sont pas aux meilleurs standards du marché. Ils auraient pu lutter il y a une petite dizaine d’années contre les cadors des constructeurs généralistes, mais aujourd’hui, c’en est tout autrement. La finition du Niro est en deçà de ce qui se fait chez les concurrents, les plastiques sont rustiques et sensibles aux rayures, ce, alors que le cuir s’avère plus proche du simili que d’une véritable peau bovine. C’est alors malheureux de constater ô combien les sièges sont déjà marqués par le temps quand l’auto n’a que quelques mois et quelques milliers de kilomètres.

Outre mesure, passer quelques temps à bord, prenant ses aises, et ce sont d’autres petites choses qui viennent gâcher la fête. D’abord, cette maudite paroi entre la console centrale et le passager bien gênante lorsqu’il s’agit de poser son téléphone à l’avant du levier de vitesse. Ensuite, ce toit ouvrant dont le filet anti-remous semble vouloir reproduire le son d’un réacteur d’avion passé 80 km/h. Enfin, le système multimédia bien que capable de bien des choses se montre des plus complexes à prendre en main, l’intuition dans la poche, je me retrouve alors contraint de m’attaquer à la notice de celui-ci en plus de 300 pages.

Nous profitons alors d’un arrêt photos dans une station essence bien vintage de la Nationale 6 pour visiter plus amplement notre monture. Commençons par la banquette arrière qui semble assez correcte mais j’avoue me demander quid de sa dureté sur long trajet, sans compter que la place centrale est tout bonnement inutilisable pour un être humain de taille disons… Sensiblement au-dessus de la moyenne. Passons au coffre dorénavant. Là, rien à dire sur sa profondeur puisque les batteries sont logées sous la banquette, mais le seuil de chargement me paraît relativement haut pour une auto à vocation familiale, peut-être regretterions-nous le doux temps des monospaces ?

Après une seconde séance photos, je reprends le volant pour rejoindre notre lieu de villégiature pour la nuit prochaine, ce par les petites routes du Beaujolais. Mode sport enclenché, boîte switchée en mode manuel, c’est parti pour voir ce que donne Robert lorsqu’on le taquine un brin. Vous me direz que ce n’est pas vraiment son terrain de jeu… Je ne saurais que confirmer tant il est vite en difficulté. La direction ne se montre pas des plus précises, le moteur est toujours autant en souffrance quand l’auto toute entière semble chercher à tirer tout droit (sous-virer pour les connaisseurs) quand la courbe est un peu trop serrée, l’ESP se déchaîne et rappelle à l’ordre, rien à faire, le sport, n’est qu’un mot sur le Niro.

Nous voilà maintenant à Bagnols pour la nuit, demain, nous prendrons en main une autre bagnole : la Kia Optima Plug-in Hybrid. Et bien sûr, nous ferons le point sur ces deux conquérantes coréennes !

Jour 2 : de Bagnols à Monaco en Optima Hybrid Plug-in

Tôt, il est tôt quand le réveil sonne mais il est déjà temps de partir. Notre Optima du jour nous attend fièrement sur le parking. Ce soir, nous serons à Monaco. Je monte d’abord du côté passager, alors que la voiture se meut dans le silence le plus complet, la magie de l’hybride me direz-vous. Mais la magie de l’hybride tend à disparaître lorsque le moteur essence se met en route (et ce, dès que l’on appuie un peu fort sur la pédale ou dès que l’on dépasse 45 km/h), encore une fois et comme dans le Niro, c’est bruyant ! Entre un 4 cylindres 2.0 développant 156 chevaux et un moteur électrique de 68 chevaux, l’Optima doit développer 205 chevaux une fois les deux puissances cumulées. Pourtant, on se demande une fois de plus si les chevaux sont bien présents… Certes l’auto est particulièrement lourde mais tout de même ?! Néanmoins, la boîte de vitesses automatique s’avère plus douce que celle du Niro et les à-coups sont relativement réduits.

Tout comme le Niro, l’Optima fait la part belle aux équipements divers et variés, de sécurité, de confort et de multimédia… Nous y retrouvons les mêmes GPS, un système audio Harman Kardon, le volant gainé de cuir, les sièges eux aussi en cuir, électriques, chauffants et ventilés, le toit ouvrant, le compteur LCD et tant d’autres choses utiles ou non mais bien présentes à bord ! À nouveau, nous avons affaire à quelques bouchons sur le périphérique lyonnais cette fois-ci et à nouveau, nous nous voyons vite agacés par les systèmes de sécurité de notre monture. Elle bipe de tout côté, un coup pour l’angle mort, un coup pour la distance de sécurité, un coup pour les lignes pointillées. Insupportable. Une fois sur l’autoroute, nous comprenons sa véritable fonction. Elle est faite pour ça, pour cruiser selon une bonne vitesse de croisière, s’avérant plutôt silencieuse et bien insonorisée dans cette situation précise, bien qu’à chaque péage, c’est le bruit de machine à café qui nous rattrape à l’accélération si tant est que l’on puisse appeler cela « accélération ».

Arrivés à Fréjus, nous profitons d’un repas bien mérité après ces nombreuses heures de route et nous nous attelons à la découverte même de la voiture. Esthétiquement, elle présente telle une berline tri-corps des plus classiques, mais les petites jantes, la calandre close et ce profil arrière la rende visuellement plutôt pataude. Elle fait lourde et bien peu dynamique à ce niveau. Nous reconnaîtrons tout de même un tantinet de recherche sur la face avant avec ces deux prises d’air verticales, bienvenues pour donner un peu de virilité à l’ensemble alors qu’autre détail amusant : deux petites ouvertures se créent dans la calandre lorsque le moteur nécessite de respirer plus aisément. Le tout se souligne de bleu, que ce soit au sein des phares, ou sur les bas-de-caisse alors qu’une trappe assez disgracieuse, avouons-le, prend quartier sur l’aile avant-gauche… Derrière elle : la fameuse prise « plug-in » !

A l’intérieur, c’est une planche de bord plutôt proche de celle du Niro, surlignée d’un arc de cercle, légèrement tournée vers le conducteur, et soulignée d’une jolie pièce d’aluminium encadrant à la fois écran multimédia et aérateurs. Outre le design général, c’est aussi les défauts observés dans le Niro que l’on retrouve dans l’Optima : toujours ce rebords gênant sur la console centrale, toujours ces plastiques désuets, ce cuir bien léger… Mais toujours autant de rangements, de prises et cette fameuse plaque à induction pour la recharge du téléphone.

Jetons un œil à l’arrière. C’est immense, tout simplement, la place aux jambes est considérable même si du côté du plafond, il semble un peu bas pour quelqu’un de plus d’1,85 mètre, en tout cas, avec mon petit mètre 75, ma chevelure s’y sent un peu à l’étroit, surtout sur la place centrale où ma tête touche tout bonnement le plafond. Certes, il y a de la place, mais pas de quoi en faire une limousine. Il manque alors les tablettes aviation, la climatisation réglable de l’arrière et tant d’autres petites choses qui rendent le voyage moins contraignant pour qui souhaite travailler sereinement sur cette banquette. Enfin, il est clair que le coffre est impacté par la présence des batteries. Il paraît en effet bien petit, bien peu profond et l’on n’y mettra pas les bagages de quatre personnes pour une semaine, surtout qu’il n’y bien entendu pas de hayon.

Lorsque nous parvenons enfin à Monaco, les batteries sont vides, il n’y a alors plus moyen de rouler en électrique car elles ne se rechargent que bien trop peu en roulant. De ce fait, après 1000 kilomètres en Kia hybrides, nous n’avons parcouru qu’une dizaine de kilomètres en électrique. C’est il faut l’avouer, assez décevant sur ce point sachant que la consommation apparaît par conséquent bien au-dessus des valeurs annoncées par le constructeur : entre 6 et 7 litres aux 100 km selon le terrain.

Oui, nos deux montures avaient des qualités, à l’instar de leur équipement pléthorique et aussi, dans le cas du Niro, de son style. Pourtant, je ne saurais trouver réelle raison d’acquérir l’une ou l’autre de ces deux autos, si ce n’est l’envie de montrer que l’on est touché par l’écologie et donc vraisemblablement l’afficher par les quelques badges « hybrid », « eco », « plug-in » et autres logés sur les carrosseries de ces Kia. En toute objectivité, l’hybridation chez Kia n’est pas au point, elle n’est pas au niveau des références japonaises ou allemandes et demande encore bien du travail pour rentrer dans la danse. Quant au prix, le Niro que nous avons essayé s’affichait à plus de 34 000€ alors que l’Optima elle, frôlait les 46 000€ ! Or, c’est là le principal problème pour ces deux Kia. Comment justifier mettre autant dans des autos produites par une marque qui se définissait à l’origine comme offrant plus pour moins cher ? Alors certes, parmi les concurrentes de ces dernières on ne trouvera jamais autant d’équipements à tarif équivalent, mais cela suffira-t-il ?

Finalement, j’oserais dire que le marché du crossover SUV ou quoi ou qu’est-ce est aujourd’hui particulièrement bien fourni et je pense que le Niro aura bien du mal à percer en son sein. Batailler entre les Peugeot 3008, Seat Ateca, Skoda Kodiaq, Ford Kuga, Nissan Qashqai, Renault Kadjar et tous les autres sera pour notre Coréen un véritable défi ! S’il s’en sort, nul doute que ce sera grâce à son équipement bien fourni ainsi qu’à sa garantie 7 ans, batteries comprises !

Pour ce qui est de l’Optima, il est à savoir qu’elle était proposée, en 2014 en version hybride « standard » (soit, sans plug-in) pour moins de 35 000€. Aujourd’hui, avec des équipements relativement similaires, elle est proposée, dans le cas de notre version d’essai, à près de 46 000€… Or, elle y perd là tout son avantage que celui de la compétitivité. En effet, elle rentre par ce tarif dans la cour de la Lexus IS300h, disponible à partir de 40 000€ (hybride non rechargeable, toutefois). Oui, l’équipement de la Kia sera toujours largement plus complet que sur la nipponne, mais le système hybride de cette dernière se montre nettement plus au point et plus convainquant à l’usage, sans parler de la qualité des matériaux… De ces deux Coréennes, mon bilan est certes assez mitigé, mais nul doute qu’elles sauront faire de leurs qualités un atout en faveur de leur succès commercial !

Jour 3 : Ever Monaco et son tour de NSX

Au réveil le jeudi matin, je m’empresse de rejoindre le Salon Ever, le but de notre voyage !

Il s’agit d’un salon organisé dans la principauté pour la promotion des énergies « propres » et dont Kia est l’un des partenaires principaux. On se rappellera même de l’exploit réalisé pour l’édition 2016 que fut la traversée de la France en Kia Soul EV ! Modeste, le salon est introduit par quelques automobiles hybrides et électriques placées devant celui-ci : Twizy, Optima, Niro, i3… Mais aussi une Honda NSX, mais ça, on y reviendra tout à l’heure.

A l’intérieur, nous retrouvons les habituels Toyota, Kia, Honda et BMW vantant leurs créations écologiques alors que Volkswagen présente son concept car BUDD-e, un mini-combi à la fois vintage et futuriste puisque autonome. Surtout, ce sont les solutions urbaines qui sont mises en valeur aujourd’hui, entre les voiturettes et cycles électriques dédiés aux postes et autres polices, les plus classiques vélos électriques, mais aussi le fameux bus autonome et électrique, il est clair que l’avenir de la ville et de ses mobilités sont pour l’heure l’une des principales préoccupations du futur. Enfin, l’on comprend que l’électrique peut tout autant s’appliquer aux loisirs avec notamment quelques motos cross, un bateau et une Formula E Venturi exposés ça et là dans le salon.

Une fois la visite du Prince de Monaco terminée, il m’est offert la possibilité de prendre en main la fameuse Honda NSX, celle que tout le monde attendait et qui semble satisfaire ce dernier monde. Esthétiquement, elle sait faire juste mesure entre la sobriété et la sportivité, parvenant même à rester plutôt discrète face aux supercars les plus célèbres des constructeurs d’outre Alpes et d’outre Manche. Bref, nous y voilà, l’on retrouve en quelque-sorte l’intérieur de la première NSX avec cette console centrale très inclinée, plongeant entre les sièges. Une pression sur le bouton « start » et le moteur thermique de 507 canassons s’éveille.

Retour en mode éco, le V6 essence se coupe et nous pouvons doucement nous élancer via les trois moteurs électriques. La NSX me fascine alors pour sa facilité d’utilisation quand l’on switch à nouveau vers le mode sport pour un petit lauch control. Pied gauche sur le frein, pied droit sur l’accélérateur et feu. Les 580 chevaux du monstre américano-japonais affluent subitement vers les quatre roues motrices et l’auto s’élance d’un coup. La poussée est subite, et nous propulse très vite au dessus de la vitesse autorisée en principauté. Oui, je n’ai pu faire que deux tours de pâté le long de la côte monégasque mais pourtant, j’ai pu prendre conscience du potentiel de cette merveille d’ingénierie. Je n’ai qu’une envie, c’est d’apprendre à mieux la connaître pour voir si ce comportement en virage dont on parle tant est avéré ou non.

Le tour bouclé, il est déjà temps de filer à l’aéroport pour rejoindre la capitale. Pour une fois, j’ai pu mettre de côté mon esprit fermé d’amateur de moteur thermique pour découvrir ce que beaucoup appellent : le futur. Pourtant…

Je n’arrive pas à me convaincre du réel intérêt économique de l’hybridation, du moins, je n’arriverai pas à m’en convaincre tant que l’agrément ne sera pas là tant que les économies réalisées seront moindres, tant les performances sont atteintes par l’augmentation du poids et le bridage des moteurs essence. Non, aujourd’hui, l’hybridation pour moi n’est pas chose prometteuse. Quoique, cette prise en main de la NSX m’a permis de voir ô combien les ingénieurs peuvent la mettre au service de la performance, démultipliant le couple, servant même de différentiel intelligent ! Messieurs les généralistes, s’il-vous-plaît, donnez une âme à vos hybrides, convainquez les vieux briscards de mon genre !

Photos : Loïc Maschi


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