1 – Duster, du luxe.

2 – T’es sérieux, TCe ? 

3 – Bien né, il arrive à maturité. 

On ne dirait pas comme ca. On le voit tous les jours, sans y faire attention, et pourtant…

… et pourtant, le Dacia Duster est une auto particulièrement représentative de notre époque, « incarnant » à lui seul deux tendances plus fortes qu’un simple effet de mode : le low-cost, et l’engouement pour les SUV qui représentent 22,5% du marché européen en 2015. Souvenez-vous : il y a vingt ans seulement, la voiture française moyenne était une berline compacte type Peugeot 306 d’environ 4 m de long pour 1,70 m de large, mue par 90ch quand tout allait bien, et globalement chichement équipée. L’auto que nous essayons aujourd’hui a beau ne coûter que 19.000 euros, elle est autrement plus spacieuse qu’une 306, forte d’un bloc turbo de 125 Ch et 205 Nm de couple, nantie d’une transmission intégrale, de quatre vitres électriques, de la climatisation et du GPS. Cet apparent progrès ne peut cacher notre besoin de consommation toujours plus important… Mais cache-t-il quelque anguille automobile sous roche ? Grimpez à bord…

Déjà âgé de six années, le Duster est encore en 11ème place des ventes françaises. Malgré une baisse de 14% entre 2014 et 2015, cela reste un beau score au sein d’une gamme qui a le vent en poupe : Dacia s’est permis d’enregistrer une hausse de 16,8% sur les trois premiers mois de 2016 ! La marque a su sentir les besoins du public, et il n’est pas difficile d’observer une « premiumisation » du low-cost : le gros Duster turbo 125 ch nanti du cuir et du GPS que nous vous proposons à l’essai aujourd’hui n’a pas grand chose à voir avec la Logan à 7 500 euros des débuts en 2004…

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Duster, du luxe ? 

Cette montée en gamme, particulièrement visible sur cette version « prestige », ne date pas d’hier. Déjà en 2013, le Duster profitait d’un restylage pour étoffer sa gamme et améliorer son insonorisation. Ainsi, « notre » auto dispose d’un équipement tout à fait complet comprenant (en plus de ce qui a été évoqué plus haut) un régulateur-limiteur de vitesse, des jantes en alliage et un ensemble audio avec prise USB. Maintenant que les présentations sont faites, il est temps d’admirer la bête.

Suis-je le seul à ne pas trouver désagréable l’esthétique de ce baroudeur sans prétentions ? Visiblement non, puisque près de 35.000 clients ont acheté cette auto en 2015. Loin des coups de crayons inutiles et des formes torturées que l’on trouve trop souvent aujourd’hui, le Duster joue la carte d’une simplicité finalement bienvenue. Large (1,83 m), et haut (1,63 m) il en impose face à la concurrence : un Opel Mokka X mesure 4 cm de moins en longueur et 5 de moins en largeur. Il se paye même le luxe d’être assez nettement plus large qu’un Peugeot 4008 vendu près de 35 000 euros dans son unique version diesel de 115 ch !

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L’ambiance à bord ne risque pas de déclencher une crise de fou-rire impromptue. Nous avons connu plus primesautiers, mais après tout c’est également l’époque qui veut cela, car la concurrence ne fait pas forcement plus gai ou plus lumineux. De nombreux rangements viennent compléter le tableau, dont les classiques porte gobelets. Certains esprits chagrins voire chafouins regretteront l’absence de tapis au niveau du rangement au dessus de la planche de bord : les objets peuvent glisser, ou faire du bruit. On s’amusera à retrouver les mêmes commandes de réglage de rétroviseur que dans les années 90, ou un levier de vitesse de Laguna II, par exemple.

Rassurez-vous, on vous épargnera le couplet sur la qualité des plastiques, qui importe assez peu lorsque vous conduisez. Nul doute que leur aspect parfois brillant et sec cache une certaine robustesse. Méfiez-vous de l’option sellerie cuir : proposée à un prix d’ami (600 euros), elle mélange en fait le vrai et le vrai… skaï, dixit notre expert es-cuir, Eric E (toujours de bon conseil pour les soirées cuir/moustache). Vous pourrez toujours dire à vos voisins que Jaguar ne s’est pas privé d’en faire autant jusqu’à une époque récente ! La sono est tout à fait honnête, mais l’écran de GPS est franchement placé trop bas. Un défaut d’autant plus regrettable que la caméra de recul vient de faire son apparition, rendant encore plus fréquent l’usage de cet écran. Mais la vie, la vraie, ce n’est pas l’écran, mais loin devant, comme aurait pu dire Jean-Jacques Goldman. Comme dirait Claude Czechowski, il est temps de prendre la Ruth !


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