Essai Dacia Duster 2018 dCi 4×2 EDC et 4×4 BVM

Sans surprise, le Dacia Duster nous a convaincus dans sa version essence TCe 125. Mais sur un segment où le Diesel est roi, qu’en est-il de l’attrait du Duster 2018 ? Dacia avance avec deux atouts : la transmission à double embrayage EDC, qui vient renforcer une gamme également forte d’une proposition 4×4. On passe au volant de ces deux versions pour se faire une idée du potentiel de la voiture, et une question s’impose : que reste-t-il aux SUV généralistes ?

Dacia Duster dCi boîte EDC : deux fois plus d’embrayages

Je ne vous ferai pas l’affront de vous présenter une nouvelle fois le Duster : d’une part, je l’ai déjà fait lors de l’essai de la version TCe 125. D’autre part, j’ai la flemme de faire un copier-coller. Contentez-vous d’admirer le beige Dune, qui est avec l’orange Atacama l’autre nouvelle teinte de ce Duster 2018.

Une couleur sobre, un peu trop lorsque l’on a été séduit par l’orange Atacama mais d’autres y trouveront leur compte. Et une fois que ceux-ci sont faits, on découvre que le Duster dCi 110 EDC est disponible à partir de 18 850 € en finition Confort. Notre modèle d’essai en finition haut de gamme Prestige s’échange contre 19 950 €. Ajoutez le Pack City Plus (4 caméras et alerte d’angles morts à 400 €), la peinture métallisée (500 €), la carte mains libres (200 €) et la sellerie cuir (600 €, ce n’est pas de l’épiderme rectal à ce tarif) et vous culminerez à 21 650 € pour notre modèle d’essai. Très compétitif pour un SUV de ce gabarit, avec un Diesel 110 ch, une boîte à double embrayage et un équipement plutôt complet.

A bord, la nouveauté par rapport à la version essence précédemment essayée est, outre l’absence de pédale de gauche et le sélecteur de vitesse EDC, la présence notable d’une sellerie baptisée « nouvelle sellerie cuir », comme pour s’excuser de celle de l’ancien Duster, particulièrement cheap, il faut dire. Pour ce nouveau Duster, Dacia propose un garnissage nettement plus valorisant bien que n’ayant recours qu’à peu de cuir. Ce n‘est pas une Renault Initiale, BB sera donc rassurée de voir que peu de vaches auront été sacrifiées pour habiller votre Duster. Mais si vous voulez mon avis, faites l’économie des 600 € et contentez-vous du tissu de série, plutôt valorisant. Le Dacia Duster EDC ne propose pas de palettes au volant, le mode manuel n’étant accessible que depuis le sélecteur au plancher. Rien de dramatique, toutefois, il faut bien faire des économies.

Au volant, on retrouve les bruits de mobilier dont souffrait la version TCe, à savoir des rossignols émis par les pare-soleil et le plafonnier. N’ayant pas dépassé les 90 km/h, je n’ai en revanche pas entendu de bruits aérodynamiques comme dans l’autre. A voir sur un essai plus approfondi. Pour le reste, les vitesses passent en douceur, de manière presque imperceptible. On n’avait jamais vu autant de feutré dans une Dacia, c’est presque étonnant. A la polyvalence d’utilisation, s’ajoute une douceur à l’usage. Le tout avec une consommation assez maîtrisée : 5,8 l / 100 km sur ma boucle d’essai (courte), réalisée essentiellement sur nationale. Dynamiquement, le Duster 1.5 dCi EDC affiche 60 kilos de plus que le 1.2 TCe sur le train avant, sans que l’équilibre de la voiture ne soit franchement différent. C’est neutre, sans surprise. C’est un SUV moyen, en somme. Mais un SUV très recommandable.

Dacia Duster dCi 4×4 : deux fois plus de roues motrices

Le premier prix de la version 4×4 n’est pas si accessible qu’on pourrait le croire : impliquant une montée en gamme et en motorisation, la transmission intégrale n’est disponible qu’à partir du niveau Essentiel (le second) et sur les motorisations hautes. 17 550 € pour la version TCe 125 BVM6, en l’occurrence. Côté Diesel, il faut débourser 18 450 € pour une dCi 110 Essentiel. Notre version d’essai, une Prestige dCi 110 4×4 est facturée 20 650 € hors options. Toujours compétitif pour un SUV de cette taille en version haut de gamme, qui plus est. A noter que le coffre passe de 445 à 411 l en version 4×4.

Direction un sympathique terrain de jeu pour rendre notre Duster plus dirty que Harry. Nous voici arrivés au sommet de la carrière, mais pas de la nôtre, rassurez-vous. Par rapport aux versions à traction, les Duster 4×4 ajoutent deux fonctions : la déconnexion ESP et le HDC (Hill Descent Control). Enfin, une molette sur la console centrale permet de passer de 2 roues motrices à 4 enclenchables (mode Auto), ainsi que de bloquer le différentiel. C’est dans cette dernière position et en première que nous évoluerons au long des exercices ; nos voitures disposaient de la monte pneumatique M+S de série (215/60 R17).

Première étape : descendre la pente à l’aide du HDC. On appuie, on laisse faire, la voiture fait le reste en s’occupant du freinage et de maîtriser la vitesse. S’en suivent des franchissements divers et variés (bosses, gués, croisement de pont…), tous réalisés en première. Cette dernière, très courte est clairement destinée au tout terrain, tandis que le couple du dCi (260 Nm à 1 750 tr/min) passe aisément grâce à un embrayage bien dimensionné. En ville, on peut tranquillement démarrer son Duster 4×4 en seconde, c’est même plus agréable.

Seul exercice réalisé avec de l’élan, le passage en terrain meuble : on accélère un peu, on se stabilise en seconde et la voiture motrice sans problème. La garde au sol de 210 mm ainsi que les angles d’attaque (30°) et de fuite (32°) autorisent quelques extravagances hors des sentiers battus. Ce n’est certainement pas un 4×4 pur et dur, mais le Duster peut se jouer de situations assez contraignantes sans trop d’effort. Et ce, pour un tarif à peine supérieur à celui d’une Panda 4×4 (1 000 €, en l’occurrence). Pour agrémenter sa version à transmission intégrale, Dacia propose le 4×4 Monitor sur les versions dotées de l’écran tactile : on y trouve deux inclinomètres et une boussole. On s’y croirait… mais du coup, le Medianav n’affiche plus d’autre information dans ce mode.

Conclusion : que reste-t-il aux SUV généralistes ?

Le Duster est un produit qui en offre beaucoup pour son argent, et qui se permet désormais le luxe d’offrir un certain brio et un design très présentable. La version EDC enfonce le clou avec une boîte très agréable, que l’on connaît bien sur les autres modèles Renault. Dès lors, on peut légitimement se demander ce qui reste aux marques généralistes pour séduire un client qui, en majorité, se satisfait largement d’un produit « milieu de gamme ». Le look, le prix, les équipements les plus demandés, et maintenant, une boîte à double embrayage : nul doute que le nouveau Duster saura maintenir sa troisième place de SUV du segment C le plus vendu à particulier. Le Dacia Duster 2018, largement bonifié, n’est pas exempt de défauts mais à ce tarif, une relative indulgence est de mise.

Quant à la version 4×4, elle est dans la lignée du précédent modèle : moins radicale (et plus chère…) que l’indestructible Suzuki Jimny, moins étriquée qu’une Panda 4×4, elle représente le choix de la polyvalence et du confort dans cette gamme de prix, moyennant un supplément acceptable.

O mașină foarte buna : felicitări Dacia ! Que demander de plus au Duster ? Une boîte auto avec un moteur essence ? Vu la tournure (forcée) que prend le marché, gageons que l’offre fasse son apparition dans les 2 ans à venir.


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