Après des années de promesse et d’attente, elle est enfin là cette Alfa ! Celle qu’espéraient tous les alfistes du monde entier, depuis si longtemps ! Celle que l’on nous promet comme « le » nouveau souffle du Biscione : l’Alfa Romeo Giulia. Nous avons pu la tester dans sa motorisation Diesel 2,2 l 180 chevaux, sur les lacets du Luberon : voici nos impressions.

Sommaire :

  1. Contexte et présentation
  2. Design : découverte de la macchina !
  3. Comment se présente l’intérieur ?
  4. A conduire… Que dis-je, à piloter !
  5. Gamme, tarifs et conclusion

L’Alfa Romeo Giulia, l’arlésienne de Milan enfin devenue réalité !

De plans de relance en hypothèses hasardeuses, d’évocations nostalgiques en reports exténuants, cette nouvelle Alfa aura fait parler d’elle bien avant sa sortie. Dans les allées des Salons automobiles, dans les bureaux d’études, aux comptoirs des bars de quartier comme au sein des groupes de passionnés de voitures, sans parler des nombreux débats qu’elle n’a pas fini de susciter sur la toile, toute nouvelle Alfa ne laisse jamais indifférent, et encore moins quand le sort de la marque toute entière semble reposer sur ses épaules…

Toute nouvelle Alfa n’est, tout simplement, pas une nouvelle automobile comme les autres. Car enfin, ce qui caractérise avant tout la marque lombarde, c’est la passion, et c’est ce sentiment de pouvoir acheter, aussi, une part d’un patrimoine automobile historique italien, tellement riche qu’il donnerait le vertige à n’importe quel acrobate de cirque ! Alors, face à tant d’attentes de la part du public, face à l’enjeu de l’avenir du biscione toute entier qui repose sur ses épaules, la Giulia fait-elle le poids ? Rappelons quelques éléments de contexte avant tout. Nous explorerons ensuite la voiture sous toutes ses coutures.

Le contexte

Alfa Romeo, ce n’est un secret pour personne, semble à ce jour une marque moribonde, qui parvient tout juste à immatriculer 60 000 véhicules par an, lorsque ses concurrents désignés, et parfois « historiques », frôlent ou dépassent le million d’exemplaires fabriqués dans le monde. Oui, si Alfa a l’histoire et la légitimité pour se mesurer à BMW, Audi, Mercedes, elle en est encore très loin dans les statistiques.

Il est apparu nécessaire au groupe FCA, sous la férule de l’administrateur délégué Sergio Marchionne, de commencer par affaiblir la marque en lui supprimant sa berline de segment D, la 159. Puis, d’attendre six longues années avant de préparer la relève, une éternité pour les fans, les clients, et le réseau commercial. L’horizon promis est cependant souriant : il s’agit de signer le grand retour d’Alfa au sein des constructeurs premium de renom, et pour cela, la mission de la Giulia est capitale : c’est celui du retour à la propulsion, au plaisir de conduire, à l’exclusivité, avant d’envisager  une extension future de la gamme.

Cette gamme, elle se compose de la confidentielle 4C, qui est un jouet magnifique mais une auto exclusive et peu utilisable au quotidien, soit un véhicule image au milieu d’une gamme désuète, composée des Mito et Giulietta, ces dernières venant d’être restylées. La Giulia arrive donc avec plusieurs missions : reconquérir les anciens clients des 156 puis 159, tirer un trait sur la traction avant, pour renouer avec la mythique famille Alfetta/Giulietta II /75 des années 70 et 80.

Toute la question est de savoir si les moyens ont- été mis à la mesure de cette ambition : voyons cela.

Les choix de la firme milanaise

Alfa Romeo a donc choisi de signer son grand retour à la propulsion, et la synthèse proposée est plus qu’alléchante, puisque la casa del biscione est partie d’une page blanche. Châssis, moteurs, boîtes de vitesses, tout est nouveau et quelques brevets ont même été déposés.

Ce qu’il faut retenir :

  • Répartition des masses 50/50,
  • Cx de 0,25 (mais 0,32 pour le modèle essence le plus puissant, la QV de 510 ch, allez comprendre !),
  • Utilisation massive de l’aluminium pour la carrosserie,
  • Arbre de transmission en fibre de carbone,
  • Une suspension arrière à 4 bras et demi, qui a été brevetée par Alfa Romeo : elle a pour but d’assurer plaisir de conduite et confort en relation avec un train avant à double bras oscillants et axe semi-virtuel, qui optimise la filtration, en permettant de tourner rapidement et avec une grande précision
  • Le rapport de direction le plus direct du segment avec 11,8 pour 1
  • Un tout nouveau système de freinage (IBS) réduisant sensiblement les distances de 100km/h à 0 ; le système de freinage intégré IBS est un système innovant électromécanique combinant le contrôle de stabilité avec le traditionnel servofrein. Il garantit une réponse instantanée du freinage en apportant optimisation du poids et réduction des vibrations lors du déclenchement de l’ABS.
  • des moteurs inédits et innovants, dont le V6 essence biturbo « Quadrifoglio » de 2,9 l et 510 cavalinos rampantes, car en fait c’est un V8 Ferrari amputé de 2 cylindres qui propose un système de désactivation des cylindres pour moins consommer, et donc, moins polluer (!).

Au lancement, déjà très en retard puisque la voiture fut présentée le 24 juin 2015, les acheteurs pourront opter entre 3 moteurs diesel de 2,2 l disponibles en 3 puissances (136 ch, 150 ch, et 180 ch), les deux derniers étant livrables en BVM6 (boîte manuelle Getrag à 6 rapports) ou en BVA8 (boîte automatique ZF à 8 rapports, avec un couple supérieur), ainsi qu’avec en essence la fameuse et sûrement confidentielle Quadrifoglio Verde de 510 ch.

D’autres moteurs essence sont prévus d’ici l’automne, ils afficheront une cylindrée de 2,0 l et ne seront, pour l’instant du moins, disponibles qu’en BVA 8 avec des puissances de 200 et 280 ch. Rien en-dessous à venir « pour le moment », paraît-il… Une stratégie qui interpelle quand on sait que, si les gros blocs sont nécessaires pour l’image, ce sont les plus modestes qui font les volumes de ventes et donc, la rentabilité du projet.


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