Renault fête ses 120 ans à Rétromobile

C’est peut-être le stand le plus fourni de tout Rétromobile, hors maisons de vente. C’est en tout cas le plus complet, le plus chronologique, le plus aéré, et ce pour fêter un événement majeur pour la marque au Losange : son 120ème anniversaire. De la Type A au Scénic, en passant par l’Alliance américaine et les utilitaires, il y avait beaucoup à dire, voyons tout cela !

Tout commence par la Renault Type A de 1898

Lors de la nuit de Noël 1898, Louis Renault se rend chez des amis au pied de Montmartre au volant de sa première voiture. Un défi lui est lancé : peut-il gravir la rue Lepic, particulièrement pentue ? Grâce à la boîte de vitesse à prise directe de son invention, sa petite Type A y parvient. Au bout de la route, ses 12 premières commandes. L’une des plus grandes pages de l’histoire industrielle française s’écrit alors, et 120 ans plus tard, deux Type A sont présentées au salon Rétromobile. L’une, sur le stand Renault, dans un état plus neuf que neuf, n’est qu’une des répliques de Renault Classic. Superbement exécutée, elle reprend les teintes, les boiseries et les décors en laiton d’origine, ainsi que le moteur, à l’époque un De Dion-Bouton de 273 cm3.

A quelques encablures du stand Renault Classic, le stand du Musée National de la Voiture de Compiègne expose aussi une Type A, d’origine et dans son jus cette fois. L’aspect voiturette est identique, étonnamment compact et ramassé !

L’essor dans le haut-de-gamme

L’histoire de Renault débute alors à pleine vitesse : fin février 1899 la société Renault Frères est fondée. Sont lancées les Type B (une Type A couverte) puis une Type C en 1900. Jusqu’aux années 1930, l’automobile sera exclusivement un objet d’élite, accessible aux plus hautes couches de la société. Renault leur propose ses meilleurs 6 cylindres et 8 cylindres notamment dans les gamme « Stella », ornées d’une Etoile plutôt que d’un Losange, logo adopté par l’entreprise en 1925. En parallèle, le constructeur se développe aussi à pleins régimes en inventant les modèles utilitaires, et en trustant les marchés de taxis -dont le célèbre Type AG qui aida à gagner la bataille de la Marne en 1914-, camions, et autres autocars. Et aborde les modèles de grande série avec la Juvaquatre.

Vers l’automobile populaire

Devenue Régie Nationale en 1945 après nationalisation, Renault devient le constructeur qui fait rouler la France de la Libération avec la 4CV, présentée dès 1946. Imaginée en réalité dès 1941 au nez de l’Occupant, celle qui n’avait que 2-portes lorsqu’elle s’appelait « projet 106  » devient la première voiture française produite à plus d’un million d’exemplaires. Renault développe également la Colorale, notamment pour les colonies. Puis, en 1962, le constructeur lance celle qui reste à ce jour son plus grand succès : la Renault 4. Rustique, fiable, solide, pratique, dotée d’un hayon, elle domine toutes les routes, résiste à tout et accompagne jusqu’à son crépuscule l’usine historique de la Régie, celle de l’île Seguin à Boulogne.

Dans les années 1970, Renault réinvente encore l’automobile populaire avec la Renault 5, protégée par des pare-chocs plastique et -déjà, mais en toute petite série- électrique. Un tel engagement dans la grande série coûte à Renault son statut de constructeur de luxe. La Frégate, absente de cette rétrospective, est un échec et la Renault 30, guère meilleure dans les ventes. Alors, lorsque Renault perce dans le haut-de-gamme, il le fait avec des modèles intelligemment pensés : la Renault 16 en 1965, puis l’Espace avec Matra à partir de 1984. Dans les deux cas, il s’agit de « voitures à vivre », le nouveau credo du Losange.

Les voitures à vivre à l’honneur

C’est là que s’ouvre le dernier chapitre de ce voyage historique proposé par Renault à Rétromobile : l’avènement des voitures à vivre. Slogan talisman des années 1980 imaginé par Publicis, il vit encore dans la signature actuelle, « La vie, avec passion ». Renault Classic le célèbre en mettant en avant de très belles Twingo (1992) et Scénic (1996).

Les autres Renault de Rétromobile

En marge de cette histoire officielle de Renault, quelques autres voitures au Losange se trouvent dans les allées. Chez Youngtimers notamment, où l’on trouve une Supercinq Baccara et un Avantime de l’Amicale Avantime. Une Renault 5 Turbo aussi, se trouvait dans les allées, de même qu’une 4CV sur le stand Chapal. Mais si l’on revient au stand Renault Classic, l’on note la présence de l’Alliance, berline sur base de Renault 9 qui s’écoula aux Etats-Unis dans les années 1980. Une épopée qui s’acheva en 1987 avec la vente d’AMC, narrée notamment avec notre découverte de la Renault Medallion.

Deux anniversaires pour finir

Remarquons aussi la célébration des 50 ans de l’Estafette, la première traction avant de Renault! Elle était présente avec l’adorable Glacière, faisant office également de boutique, dans un état proche du neuf ! L’occasion de saluer également Hugues Portron, responsable du patrimoine, et Jean Ragnotti, qui nous ont accueillis pour une visite complète du salon.

Et, de l’autre côté du stand Renault, côté Alpine, après la grande rétrospective historique de 2017, place au sport en 2018 avec l’hommage rendu à la victoire aux 24 Heures du Mans 1978. Quarante ans plus tard, Renault Classic réunit les 4 prototypes Renault Alpine A442b ensemble, pour se remémorer cette grande épopée ! On y ajoute même une Alpine A110 exposée au Hall 2.2.

Que réservera Renault pour 2019 après un si riche programme ? Les anniversaires sont nombreux, de la Reinastella (90 ans) à la Renault 12 (50 ans), sans oublier les 35 ans des R25 et Espace… Espérons en tout cas que la disposition façon « petit musée rétrospectif » adoptée cette année puisse être, un jour, accessible au plus grand nombre via la collection Renault Classic et ce pour le long-terme. Serait-ce pour bientôt ? Les 120 ans le mériteraient sans nul doute.

Crédit photos : The Automobilists – François M., Christian C., Celia H.


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