Rencontre avec la Citroën DS 21 Cabriolet Export USA

De toutes les Citroën DS, la carrosserie Cabriolet est probablement la plus belle. Imaginée par le carrossier Henri Chapron en 1958, cette variante donne lieu à des séries ultra limitées jusqu’en 1971. Mais à partir de 1960, la DS découvrable intègre le catalogue du constructeur aux chevrons : c’est la DS Cabriolet « Usine », toujours produite par les ateliers Chapron. En parallèle, la carrière de la DS bat son plein aux Etats-Unis. De ce croisement historique naît notre rencontre du jour : la DS 21 Cabriolet Usine Export USA.

Une décennie de divinité

La DS Cabriolet « Usine » exista au catalogue d’août 1960 à 1971. D’abord proposée en DS 19 et ID 19 jusqu’en 1965, elle est remplacée par la DS 21 jusqu’en 1971, qui partagera les ateliers de Chapron avec la DS 21 Injection Electronique pendant une courte période (1969-70). Les moteurs sont similaires à ceux des berlines. Au lancement, le bloc L4 1,9 l de 75 ch dote la DS 19, l’ID recevant le même bloc en version dégonflée à 63 ch avant que l’une et l’autre ne finissent par être équipées de la même puissance, 83 ch chacune. La DS 21 permet de passer à 109 ch SAE en 1965 (100 ch DIN avec 2 175 cm3) avec boîte hydraulique à 4 rapports, puis 115 ch en 1968, et même 123 ch avec l’injection électronique en 1969.

Si l’on connaît aujourd’hui la DS Cabriolet, c’est aussi pour ses records de vente. En 2009 à Rétromobile, le record historique est battu avec une DS23 IE Cabriolet de 1973 vendue 344.850 euros par la maison Bonhams, tarif ahurissant pour un cabriolet presque unique puisque les  » 23  » sont arrivées après la fin de production des « Cab ». Au total, 1365 DS et ID Cabriolet Usine sont produits, soit environ 130/an. C’est peu, mais c’est toujours un tout petit peu plus que les 236 cabriolet signés Chapron, produits de 1958 à 1972, dont la moitié l’ont été sous les carrosseries Caddy, Croisette et Palm Beach.

Export USA : la plus belle des DS Cabriolet ?

Comme chaque française vendue aux Etats-Unis, quelques différences apparaissent sur la DS par rapport à nos versions européennes. La modification la plus connue intervient lors de la phase 2 à partir de 1968. En effet, Citroën a été contraint de supprimer la vaste glace des projecteurs, ce qui transforma -et lui fit perdre beaucoup de charme- la partie avant de la voiture. Mais avant cela, les DS « Export » présentaient déjà une particularité : les répétiteurs de clignotants ronds, sous les optiques, de couleur orange pour être bien identifiés.

A l’arrière, les clignotants se font ronds et petits. Ainsi remaquillée, la DS est non seulement conforme aux normes mais presque plus jolie que d’ordinaire ! Le léger rajout de chrome cintrant l’optique est particulièrement discret et harmonieux. En outre, les pare-chocs sont renforcés et quelques équipements sont indisponibles au catalogue US. Au total, 38.000 DS furent écoulées aux Etats-Unis, un très beau résultat pour une voiture qui s’est depuis illustrée à l’écran, de Retour vers le Futur jusqu’à la série « Mentalist ».

Cette DS 21 Cabriolet date de septembre 1966

AC 416. Deux lettres, trois chiffres, qui signent la robe de cette superbe DS 21 Cabriolet. Cette teinte, Rouge Rubis, sied parfaitement à la déesse et se marie à merveille avec son intérieur crème. Seuls 121 DS 21 Cabriolet Usine ont été produites en 1966, et celle-ci en version Export est encore plus rare. A Paris, c’est la seconde que l’on peut découvrir car, lorsque DS n’était pas encore séparé de Citroën, le C_42 exposait, au printemps 2013, une autre DS Cabriolet Export USA. Cette dernière était un peu plus ancienne, de 1964 exactement, et également issue d’un prêt de collectionneur privé.

Entre les millésimes 1965 et 1967, une différence de taille : l’arrivé du liquide hydraulique minéral LHM, plutôt que du LHS synthétique, pour l’ensemble du fonctionnement du circuit hydraulique. De couleur verte, il est adopté à partir d’août 1966 et est d’une utilisation plus fiable, en condition de pression comme en température. Ainsi pourvue et motorisée, la DS est plus que jamais la reine de la route. Et ainsi décapotable, rare et hors du temps, la DS 21 Export USA est la plus belle expérience du chic automobile à la française.

A découvrir avec l’exposition sur Marilyn Monroe jusqu’au début de l’année 2018 au DS World Paris, 33 rue François Premier, 75008, Paris.
Crédit photos : The Automobilist


Commentaires

Plus d'articles