Si vous vous intéressez un peu à la décoration d’intérieur et aux accessoires pour la maison, vous connaissez peut-être Muji. Fondée en 1980, Muji est une enseigne de magasins japonais qui commercialise une vaste gamme de mobilier et d’articles pour la maison. L’enseigne est présente en France, où elle possède 7 boutiques, 6 d’entre elles étant à Paris (la 7ème est à Lyon). Du cintre en aluminium au canapé convertible, en passant par les ustensiles de cuisine, on trouve de tout chez Muji, même des vêtements.

Mais, pourquoi je vous raconte tout ça ? The Automobilist aurait-il soudainement perdu la raison ou été racheté par Valérie Damidot ? Non, rassurez-vous, rien de tout cela. Si j’ai choisi de vous parler de Muji aujourd’hui, c’est parce que le japonais a aussi vendu des voitures. Ou plutôt, une voiture : la Muji-Car. Voici donc l’histoire de la voiture qui n’avait pas de nom.

Pas de nom ?

Eh oui, pas de nom. Cela vous rappellera sans doute la très belle anecdote qui vous était contée par Eric en février dernier, au sujet de la Ford Focus 1. Sauf que la Muji-Car, elle, n’a jamais eu de nom ; pour de vrai. Si vous connaissez Muji, alors vous savez certainement que les produits commercialisés par l’enseigne se caractérisent par leur minimalisme. C’est là toute la philosophie de Muji, qui propose des accessoires, meubles et autres vêtements basiques et sans marque. « MUJI » est d’ailleurs l’abréviation du japonais « Mujirushi Ryohin », qui signifie : « produits de qualité sans marque ».

En 2001, Muji et Nissan se sont rapprochés pour commercialiser une voiture. Une idée curieuse n’est-ce pas, mais l’expérience devait servir d’exercice pour MUJI, afin de tester leurs méthodes de marketing en ligne. En pur produit Muji, la Muji-Car se devait d’être un véhicule totalement anonyme et sans marque. Ou presque, car si l’on veut être tout à fait précis, l’auto était désignée comme la Muji-Car « 1000 », en référence à la cylindrée de son petit moteur 1.000 cc, mais aussi au nombre d’exemplaire produits, limité à 1.000 (les plus tatillons objecteront peut-être que 1.000 est déjà un nom en soi).

Voici donc la Muji-Car 1000 :

Vous la reconnaissez ? Eh oui, il s’agit à la base d’une Nissan March (K11), plus connue chez nous sous le nom de Micra.

Contrairement à sa cousine de chez Nissan, la Muji-car n’arbore aucun logo ni signe distinctif. C’est juste une voiture, qui s’appelle… voiture. Esthétiquement, la Muji Car se distingue de la March par sa calandre spécifique, délibérément anonyme, mais également par ses feux arrière spécifiques, ultra basiques. La Muji Car arbore des pare-chocs et rétroviseurs en plastique brut et repose sur de simples jantes tôle.

Ce souci du minimalisme se retrouve dans l’habitacle, où la seule fantaisie notable est la présence de compteurs sur fond blanc, afin de rappeler le style Muji. Dans le même esprit, la clé de contact est blanche, elle aussi, et est donc différente de celle de la March. Autre spécificité, la banquette arrière, rabattable en deux parties, est en skai. Vous noterez également la présence du logo Nissan sur le volant. Le coût de fabrication d’un nouveau volant, en série très limitée, était surement trop élevé pour que Muji se donne la peine de pousser le vice du désiglage jusqu’au bout.

L’automobile réduite à sa plus simple expression

Le minimalisme voulu par Muji pour sa voiture n’est pas seulement esthétique, la Muji-Car n’offrant aucun choix au client dans ses caractéristiques : une seul moteur, une seule couleur (le blanc ou « Marble White » pour les intimes) et presque aucun équipement de série, hormis un autoradio CD, les vitres électriques et la clim’. L’automobile réduite à sa plus simple expression, ou presque. L’essentiel était bien là et même un peu plus (rétros réglables électriquement et fixations ISO FIX pour siège bébé).

L’unique moteur équipant la voiture est le petit 1.0 L essence de 55 ch que nous avons aussi connu en France sur la Micra de cette génération. Il est ici associé à une boite automatique à 4 rapports. Si la puissance peut sembler modeste, il faut bien garder à l’esprit que la Muji-Car ne pesait que 750 kg, soit à 3 à 400 kg de moins qu’une Micra actuelle, de quoi assurer des performances plus qu’honorables à une petite voiture de ville.

1.000 exemplaires seulement

La Muji-Car a été produite et vendue au Japon à 1.000 exemplaires à partir d’avril 2001, exclusivement via le site internet de Muji (au rayon voitures, je suppose…). Réservable en ligne à partir du 20 avril 2001, elle s’échangeait contre 930.000 yen (7.117 €), soit 20.000 yen de moins que la March de base. Les concessionnaires Nissan étaient chargés de la livraison et de l’entretien des voitures. En bonus, les clients qui l’ont réservée avant le 10 mai se vont vus offrir un vélo pliant MUJI (blanc, naturellement) pour aller avec.

Petit extra, le site muji.net proposait une maquette en papier téléchargeable de la voiture. La Muji-Car 1000 a également existé en miniature.

Si la Muji-Car faisait office de test pour le marketing Muji, on ne peut s’empêcher d’observer qu’elle est arrivée seulement quelques mois avant la commercialisation de la nouvelle March (K12), lancée au Japon début 2002. C’était peut-être là aussi un moyen pour Nissan d’écouler quelques stocks…

L’histoire, j’en ai bien peur, s’arrête là. A notre connaissance, l’expérience n’a jamais été renouvelée. Mais si vous êtes des inconditionnels de Muji et avez pour obsession de posséder tous les accessoires commercialisés par l’enseigne, vous savez maintenant ce qu’il vous reste à faire. Bon courage…

Via Muji, Nissan (photos via divers sites japonais)


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