Après-guerre, pour courir les 24 Heures se pose un souci pour les écuries : les capacités hôtelières du Mans sont incapables d’accueillir tous les participants. Les équipes se répartissent donc dans les environs sarthois. Découvrez ainsi l’histoire croisée de l’Hôtel de France et de l’aventure Ford dans les années 60…

Tout commence à La Chartre-sur-le-Loir en 1952…

Chaque ville environnante a donc son équipe : La Flèche est le siège de Porsche, à Torrigné élit domicile Jaguar… Si vous êtes lecteurs de Michel Vaillant, cette ambiance se retrouve dans le tome Le Fantôme des 24 Heures, où l’équipe Vaillante est vraisemblablement installée à Telloché. Quant à Aston Martin, l’équipe s’installe non loin du circuit, à La Chartre-sur-le-Loir à partir de 1953.

En effet, son manager, John Wyer, découvre l’Hôtel de France à la fin de l’année 1952. On lui avait évoqué les avantages du lieu et de retour de vacances sur la côte d’Azur, il s’y arrête. Et est tout de suite séduit par les possibilités : capacité d’accueil de toute une équipe, places de garages, et surtout la présence, derrière les cuisines de l’hôtel, d’un agent Renault ! Pratique, pour faire de la mécanique. Séduit, John Wyer bloque tout l’hôtel pour les 24 Heures de 1953, effectuées avec Aston Martin. Et lorsqu’il prend la tête de l’aventure Ford, il reconduit exactement le même schéma. L’hôtel sera son QG plus de 25 ans durant.

Des dispositions optimales

C’est ainsi que les mécanos, qui dormaient dans l’annexe de l’hôtel, prenaient une semaine par an possession du Garage Fortin, mis à disposition. Et toute l’équipe, pour se détendre, pouvait profiter d’un accès au Loir et s’y baigner. Toutes les GT40, qui couchaient sur place, ont ainsi été préparées sur place. Elles partaient ensuite par la route jusqu’au circuit du Mans ! Les Porsche 917, en 1970, furent les premières voitures à quitter l’hôtel sur camion-plateau. Aujourd’hui, aucun prototype n’est à même de traverser les routes cabossées du bocage sarthois…

Avant comme après le passage de Ford, l’Hôtel de France a continué d’accueillir les concurrents du Mans. Parfois des écuries privées, comme les Triumph Spitfire ou quelques teams Ferrari. Les dernières voitures préparées sur place le seront au début des années 80. Depuis, le Garage Renault Fortin a fermé, et été rasé…

L’Hôtel de France, aujourd’hui

Depuis 2013, le vénérable établissement fondé par la famille Pasteau au début des années 1900 a été racheté par un de ses clients, qui l’avait découvert en 1922. Martin Overington, passionné d’automobile, a repris ce lieu de mémoire idéalement placé sur la route du sud-ouest. Ouvert d’avril à octobre et comptant 22 chambres, le lieu est un lieu de passage prisé des anglais venus de Calais ou d’Ouistreham avant de rejoindre l’ancienne Guyenne ! En mai y passe le club MG, puis vient le club Aston Martin, le club Bentley…

Ainsi, la façade n’a pas changé, et le personnel non plus. Christophe Lefèvre, barman de l’hôtel, est sur place depuis 1982 ! Il entretient la mémoire des lieux, avec des livres photos présentant chaque illustre concurrent du Mans passé sur place. Les pilotes sont d’ailleurs fidèles : Jacky Ickx ou Derrek Bell continue de venir dormir à l’hôtel, dans la chambre à leur nom (respectivement n°16 et n°14).

Aujourd’hui, l’Hôtel de France est l’un des derniers hôtels à célébrer cette mémoire des 24 Heures. Les passionnés ont pris le relai des concurrents, et le club GT40 honore ce mythe en y passant à chaque édition du Mans Classic. Une étape sympathique à cocher pour qui veut se plonger dans les souvenirs de la plus grande course du monde.


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