C’est en ce début septembre qu’avait lieu, comme chaque année depuis 4 ans maintenant, le concours d’art et d’élégance de Chantilly, organisé par Peter Auto. Evénement de qualité voulu familial, cette édition n’a pas dérogé à la règle et nous a présenté, l’espace d’un dimanche, un parterre de voitures toutes plus belles et plus historiques les unes que les autres, dans le cadre magnifique du domaine de Chantilly. Et si le soleil n’a fait que de rares apparitions, nous avons, contrairement aux différents rallyes de la veille, évité la pluie et l’orage. Récit d’une journée où l’on fête l’automobile.

Concours d'Art et d'élégance 2017

Cadre grandiose

Si il a fallu se montrer patient pour entrer ce dimanche dans l’enceinte du château, nous pouvons vous dire que ça valait le coup. Une fois la grille principale franchie, la route du Connétable vous amenait au sommet du parvis en traversant les clubs de voitures italiennes. Fiat et Alfa Romeo d’abord, puis Maserati, Ferrari, Lamborghini et enfin Iso Grifo et Lancia. Ces voitures, toutes magnifiques, amenaient ensuite le visiteur vers un alignement de jeux picards et jeux de palets. Une fois sur le parvis, sous la statue d’Anne de Montmorency, il nous était possible de découvrir quelques voitures de différents genres. Quelques DS 7 Crossback, une McLaren 570S Roadster, et les deux somptueux concepts Mercedes SLR Vision, coupé et roadster, datant de 1999.

La suite de la visite nous emmène sur le haut de l’escalier principal. De là, nous pouvions admirer l’étendue des jardins. Directement sous l’escalier, comme chaque année, le podium et le lieu de défilé des deux concours (concours d’état et concours d’élégance). Nous découvrions ensuite sur les côtés, les différentes protagonistes automobiles du concours d’élégance et, sur l’étendue des jardins, la multitude d’automobiles de collection participant au concours d’état.

Concours d’état

Le concours d’état, regroupant les automobiles historiques, faisait la part belle aux carrosseries uniques, magnifiques, sublimes même, intemporelles… Si les adjectifs nous manquent, c’est parce que nous sommes restés subjugués devant tant de beauté. Le concours d’état s’organisait selon pas moins de 16 classes !! Cette multitude de classes peut paraître importante, mais cela permet à tout le monde de trouver chaussure à son pied. Des automobiles à transmission par chaîne aux prototypes du Mans de cette année 2017, il n’y a qu’un -très grand- pas que les organisateurs ont décidé de franchir, pour notre plus grand bonheur. Cela impose cependant quelques classes un peu « clairsemées » avec parfois seulement 3 voitures inscrites et en lice pour le podium. Au commande du concours, Max Girardo qui anime le défilé en français et en anglais, essayant d’amener une anecdote sur chacune des autos.

Le concours d’état est remporté par la magnifique Bugatti Type 57 Atlantic de Peter Mullin :

Concours d’élégance

Le concours d’élégance regroupait les véhicules modernes, concept car ou véhicule de série, associés à un mannequin habillé par un grand couturier. Cette année étaient en lice le concept CXpérience de Citroën associé au couturier Yang Li, le TreZor de Renault avec la maison Balmain, une Aston Martin Vanquish Zagato Volante en association avec Ann Demeulemeester, une McLaren 720S avec Haider Ackermann et le DS 7 Crossback Présidentiel associé lui à Eymeric François. Comme vous le remarquerez, nos photographes ont eu leurs préférences.

Les deux concepts Renault et Citroën finissent sur le haut du podium, à égalité, après délibération du jury, composé de Jean Todt, Margaux Laffite, Christophe Bonnaud et Paul Belmondo. Du lourd avez vous dit…

Les clubs

Comme chaque année, Peter Auto et son organisation avaient laissé une grande place aux différents club de France et d’Europe. Ainsi, le club Fiat se voit récompensé, après 3 années sur le podium, par le grand prix des clubs. C’était, il est vrai, le plus accueillant et varié des exposants.
Ainsi, on notait la présence de nombreux modèles classiques (Fiat 500, 850), mais également quelques modèles plus anciens des années 40, et même une sublime Ferrari 250 California, le tout bien exposé et aéré, au contraire du stand Alfa Romeo voisin, qui, si il était bien garni, n’engageait pas à aller le voir, du fait de voitures bien trop serrées.

La multitude de clubs permettait aux visiteurs de voir un véritable musée ambulant, avec de très nombreux petits food trucks d’époque. Une mention spéciale The Automobilist pour l’Aston Martin Owners Club, incroyablement bien représenté, le club Jaguar Eventer pour la qualité du plateau, et Facel Vega pour l’alignement presque sans fin de véhicules de la marque.

Le mot de la fin

Au final, pour sa quatrième édition Chantilly parvint à rassembler une nouvelle fois, un plateau de choix ! Avait-on déjà vu tant de 365 GTB Daytona Groupe IV réunies ? Et encore ce n’est qu’un exemple car il faut avouer qu’en terme de carrosseries, il y avait de quoi s’y perdre. En outre, le dress-code est toujours autant respecté, au grand bonheur des photographes mais surtout des yeux. Aurais-je envie de dire qu’à Chantilly, tout le monde est beau ? Pourtant… Pourtant, Chantilly Arts & Elegance semble stagner depuis sa première édition. On aurait pu s’attendre à une réelle montée en puissance au fur et à mesure des années, seulement, l’inverse aurait-il lieu ? Effectivement, l’ambiance dans la journée était bien calme, pour ne pas dire relativement amorphe, serait-ce la rude concurrence que subit l’événement au cours de ce week-end du 10 septembre avec, au même moment, le Goodwood Revival en Angleterre, et les 70 ans de Ferrari à Modène ? Ou bien serait-ce le signe d’un carnet d’adresse s’étouffant petit à petit ? Car oui, cette année, sur les pelouses, nous retrouvions quelques autos offrant un arrière gout de déjà-vu : La Ferrari 512S, la Chrysler Town Country… D’autant plus que lors de la remise des prix, quelle ne fut pas notre surprise quand deux vainqueurs furent désignés à la fois pour le concours d’état comme pour le concours d’élégance… Quatre vainqueurs pour un même concours, c’est original et même si chaque auto méritait de gagner, ce résultat reste pour le moins étrange.

Au final, la faiblesse de Chantilly A&E pourrait bien être son principal but… N’être porté que sur le concours d’élégance et en laisser mourir le spectacle. La région regorge pourtant d’un potentiel dingue qui permettrait de rivaliser avec un Goodwood Festival of Speed ! Aujourd’hui, après quatre ans à voir des merveilles garées sur des pelouses, effectuer un petit tour de fontaine et revenir à leur place, le public dont nous tous faisons partie, souhaite voir des autos rouler ! C’est tout ce qu’il manque à Peter Auto pour créer la plus grande fête automobile à la française jamais créée.

Texte: Antoine Lesbroussart & Loïc Maschi

Photos: Antoine Lesbroussart, Loïc Maschi, David Donckerwolcke & Thomas Capiaux pour The Automobilist


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